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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:45 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 18

Une seconde chance




Rentrée depuis un moment de son expédition contre la Porte, la Team Slayeur était mal en point. Depuis une dizaine de minute ce dernier était en train de sermonner ses deux acolytes sur le résultat de l’opération, sous l’œil amusé de Lizandra.

SLAYEUR (hurlant) : … PAS DE MOT POUR DIRE LE FIASCO ET L’ECHEC RETENTISSANT QUE VOUS NOUS AVEZ INFLIGES ! Qu’est-ce qu’il y avait de compliqué dans le fait d’endormir des gens ou de retrouver un Nain ?! Vous avez tout fait capoter ! NON SEULEMENT NOUS NE LES AVONS PAS RETARDES, MAIS EN PLUS ILS VONT ETRE VIGILANTS A PRESENT !!!

ANTHEM (ironique) : Si c’était si facile pourquoi tu ne l’a pas fait tout seul ? Puisque tu as autant de skill ?

FOUREGUEULE : On ne maîtrise pas encore les pouvoirs que tu nous a donné. Il faut nous laisser le temps.

SLAYEUR : Le temps ? Le temps ?! Je vais vous en donner du t…

Il ne pu achever sa phrase qu’une énorme main gantée de plaque couleur violette, était apparue d’un portail magique au-dessus de lui, et l’y avait emporté avant de se refermer. Slayeur se retrouva aussitôt devant le Seigneur Gniev plus imposant et menaçant que jamais sur son sombre trône.

GNIEV (menaçant) : La seule personne habilité à dispenser du temps ici c’est moi Seigneur Slayeur !

Le Nain se plaqua à genoux, face contre terre, en osant pas regarder en face la colère de son maître.

SLAYEUR (paniqué) : Maître Gniev… Je… J’ai subit un petit contret…

GNIEV (en colère) : Un échec Retentissant ! Un erreur inacceptable ! Ne t’avais-je pas dit que tu n’avais pas le droit à l’erreur ?!

SLAYEUR (paniqué) : Si.. bien-sûr, mais il s’avère que…

GNIEV (menaçant) : SILENCE !
Je vais te donner une seconde chance… Mais pas avant de t’avoir fait payer le prix de ton échec !

SLAYEUR (appeuré) : Mais maître je vous en prie écoutez moi, il y….

Gniev le fit taire en agitant sa main, le paladin se trouvant alors incapable de parler et lévitait à présent dans les airs face au visage de l’Eredar.

GNIEV (méprisant) : La médiocrité est le luxe des faibles Maréchal Slayeur.

Le Nain commençait à suer à grosses gouttes. La voix de Gniev était devenue encore plus menaçante.

GNIEV (méprisant) : Et les faibles sont battus !

Slayeur se mit alors à se contorsionner de douleur dans les airs, hurlant au milieu de spasmes extrêmement violents. Il hurlait à l’agonie. Essayant d’agiter sa main vers son maître mais se dernier ne fit rien. Au bout de ce qui lui sembla une éternité la douleur se tut, et il s’écrasa lourdement au sol. Son œil droit avait disparu de son orbite, et au vu de ce qui restait autour de la cavité vide, on aurait dit qu’il avait fondu.

Étalé au sol, le nain gémissait encore, tandis que s’estompaient les derniers souvenirs de la douleur.

SLAYEUR (gémissant) : Ahhhhhhhhhhhh. Mon œil… Que lui est-il arrivé ?

GNIEV : Il a payé le prix de votre incurie à exécuter convenablement la tâche qui vous a été confiée. La prochaine fois je vous prendrai bien plus.
Mais c’est aussi l’assurance d’une plus grande efficacité, car il semble que jusqu’à présent je vous aie surestimé.

Une bille de lumière violette était apparue juste au dessus du visage du Nain, et commença lentement à descendre dans son orbite.

GNIEV : Cet œil magique vous permettra de distinguer plus de choses, et par là même de vous assurer plus de chances de succès. Et il me permettra accessoirement de voir ce que vous voyez.

Achevant de parler, l’œil fut totalement rentré tandis qu’un bandeau d’argent, comme ceux des ingénieurs vint le sceller. Slayeur revoyait à présent normalement, mais il avait l’impression d’avoir une seconde vue, et il voyait maintenant une quantité de choses qui jusqu’alors lui étaient invisibles.

GNIEV : A présent, je vais vous confier une tache que vous ne devrez rater sous aucun prétexte, à moins que vous ne vouliez que je fasse exploser votre tête.

Le Nain qui s’était relevé avec peine, aval sa salive d’effroi.

GNIEV : Vous allez partir avec vos deux compagnons, ainsi que l’Elfe Lizandra, le polymorphe et un de vos anciens compagnons de route qui ne tardera pas à vous rejoindre. Vous vous dirigerez vers la ville sanctuaire d’Oshu’gun, au sud de Nagrand. Et vous en rapporterez la Volonté de Draenor, puissant artefact magique, perdu depuis des siècles dans cette cité.

SLAYEUR : Comment pourrais-je la trouver ? A quoi ressemble-t-il ?

GNIEV : Il a la plus insignifiante des formes. Tellement insoupçonnable que personne ne pourrait penser à ce que c’est. Mais la chasseuse elfe que je vous ait demandé de capturer vous permettra de rentrer à Oshu’gun et de trouver l’artefact.

SLAYEUR : Lizandra connaît cet artefact ?

GNIEV : Vous découvrirez bientôt l’étendue de ses pouvoirs. Protégez là coûte que coûte. Sinon vous ne pourrez pas ressortir vivants d’Oshu’gun.

SLAYEUR (confus) : Tout ceci est assez flou Seigneur. Ne pourriez-vous pas être plus explicite ?

GNIEV : Je vous ai dit le peu que je savais sur le sujet. Et vous découvrirez bien assez tôt pourquoi Lizandra est importante. A présent il est temps de vous renvoyer d’où vous vennez. Prennez également ceci pour votre nouveau compagnon.

Une caisse, remplie d’équipement sans doute, se matérialisa dans les mains de Slayeur, qui se retrouva aussitôt renvoyé auprès d’Anthem et Fouregueule, qui furent surpris de le revoir.

FOUREGUEULE : Eh bah tu étais passé où ?

ANTHEM : Et c’est quoi ce bandeau sur ton œil.

SLAYEUR : Le prix de votre échec…

Dit-il en les giflant tous les deux. Ils le regardèrent méchamment, mais voyant la lueur violette briller avec force dans son œil, ils ne bronchèrent pas.

SLAYEUR : Nous avons une nouvelle mission, nous devons aller dans une région nommée Nagrand et récupérer un objet magique dans la ville d’Oshu-gun.

LIZANDRA (pouffant de rire) : OLOL !

SLAYEUR : On peut savoir pourquoi tu ris, elfe ?

LIZANDRA : On n’entre pas dans Oshu-gun. C’est une ville en forme de cristal géant, totalement hermétique.

SLAYEUR (amusé) : Et bien figure toi que c’est toi qui va nous y faire entrer.

LIZANDRA (méfiant) : No way ! Je m’approche pas de ce truc c’est plein de magie hyper malsaine.

Slayeur fit un signe de tête à Anthem, qui fit la moue. Mais face au regarde soutenu du Nain, elle s’avança ver Lizandra, et plongea la tête de la chasseuse dans le décolleté de sa robe. Lorsqu’elle l’en retira, l’elfette faisait une sorte de grimace de béatitude, tandis que la prêtresse repartait dignement en levant la tête.

LIZANDRA (en extase) : Mais y’a toujours moyen de moyenner. On va s’arranger.

SLAYEUR : Alors nous partons pour Nagrand !

VOIX : Pas sans moi !

Une vois venait de se faire entendre de derrière un escarpement rocheux. Ils se tinrent sur leurs gardes, jusqu’à ce que Slayeur leur fasse signe de baisser leurs armes. Boumator venait d’apparaître.À l’exception de Lizandra, ils regardèrent avancer Boumator comme s’il eu s’agit d’un fantôme, alors que pourtant c’était eux qui étaient mort. Slayeur n’était lui qu’à moitié surpris de le voir suite à ce que Gniev venait de lui dire. Boumator avança pas à pas vers eux et tomba à genoux, devant Slayeur, face contre terre.

BOUMATOR (ému) : Mein Führer ! Je n’arrive pas à en croire mes yeux ! Vous êtes vivant !

SLAYEUR (incrédule) : Mais comment… ?

BOUMATOR : Dès que je suis arrivé dans cette contrée désolée j’ai senti votre présence…
Je vous ai pisté, vous avez laissé des traces… Je n’ai eu qu’à suivre mon radar.

Mein Führer, j’ai été obligé de me cacher durant tous ces mois. Nous avons été traqués e arrêté suite à votre disparition au Pic. Les Gnomes sont à nouveau libre ! C’est intolérable !

Il serra son poing et se releva face à son chef.

BOUMATOR : Mais je reviens enfin auprès de vous pour nous purger de cette vermine !

Slayeur le considéra un moment et l’étreignit virilement.

SLAYEUR (le serrant contre lui) : Dans mes bras vieux camarade !

FOUREGUEULE (outré) : Hey ! Pourquoi j’ai pas le droit à un câlin viril moi aussi ?!

Lizandra, à qui l’initiative du Nain avait donné des idées, commençait à reluquer avec de plus en plus d’insistance la poitrine d’Anthem.

ANTHEM (chuchotant à Lizandra) : Essaye de les toucher ma cocotte et tu seras morte sept fois avant d’avoir touché le sol.

BOUMATOR (solennel) : Je sollicite le droit de parler Slayeur.

SLAYEUR : Accordé.

BOUMATOR (défiant) : Pourquoi la pochtronne et gros lolos sont avec des nains ? Ce sont des elfes. Ils sont hautains et méprisants envers notre race.

SLAYEUR (cherchant ses mots) : Vois tu mon brave Bouma… Comment dire…
Nous avons perdu une importante bataille contre les Gnomes, moi et Fouregueule y avons laissé la vie.

ANTHEM (vexée) : Et moi je pue ?

FOUREGUEULE (ricanant) : Toi tu es morte minablement poussé dans la lave !

ANTHEM (pouffant) : C’est toujours mieux que s’être fait tuer par Samantha !

FOUREGUEULE : Je préfère m’être jeté dans la lave après un contrôle d’esprit que d’y avoir été poussé d’une pichnette comme une imbécile par le rogue le moins skillé du serveur !

ANTHEM : Tu sais ce qu’elle te dit l’idiote ? Espèce de sous produit de l’hétérosexualité !

FOUREGUEULE (pleurnichant) : Oh !!! Slay ! Elle m’a traité de sous produit de l’Hétéro…

SLAYEUR (agacé) : Ça va ! Ça va ! J’ai entendu !

FOUREGUEULE : Mais je suis pas hétéro ! C’est infamant ! Elle est devenue homophobe parce que l’autre goudou lui tourne autour.

LIZANDRA (du tac au tac) : « L’autre goudou » elle sait se servir d’une arme à feu, elle.

SLAYEUR (hurlant) : VOS GUEULES !!!!
J’essayais d’expliquer quelque chose à Boumator. Je peux finir ?

FOUREGUEULE : Pas avant que cette fétichiste des boites au lettres ce soit excusée !

SLAYEUR (hurlant) : VOS GUEULES !!!! VOS GUEULES !!!! VOS GUEULES !!!!

BOUMATOR (pouffant) : Hum l’autorité a baissé on dirait !

SLAYEUR (excédé) : Oh alors toi le fugitif n’en rajoute pas, sinon tu peux retourner tout de suite de l’autre côté de la Porte.

Le silence se fit dans le malaise, mais se fit quand même. Slayeur raconta alors à Boumator tout ce qui c’était passé depuis les évènements au Pic de Blackrock (fin de la GdG1 pour ceux qui suivent pas), jusqu’à la situation présente, et la mission qui les attendait.

BOUMATOR : Effectivement ça manque un peu de skill, de bière et de couilles ici. Mais Boumy est là mes cocottes ça va changer !

SLAYEUR (fier) : Prends exemple Foure, ça c’est un mec, un vrai.

Foure qui était allongé sur le ventre, au-dessus d’un livre, remuait les jambes en l’air en chantonnant l’air distrait.

SLAYEUR : Foure ?!

FOUREGUEULE (l’air absent) : Pardon ? Tu me parlais ?

SLAYEUR : Tu as entendu ce que Bouma venait de dire ?

FOUREGUEULE : Ha non pardon, je m’occupais de mon herbier. J’ai déjà entendu ton histoire, je vais pas perdre de temps.

SLAYEUR : Ton « herbier » ?! Mais qu’est-ce que c’est que cette merde ?!

FOUREGUEULE : Bah en fait je cueille les plantes dans chaque nouvelle région que je visite, et je les colle dans ce cahier, pour compléter ma collection.

LIZANDRA (se risquant) : Euh… ça se fume ?

SLAYEUR : Boucle là Liz !
Et toi Foure tu penses que tu as rien de mieux à foutre que ton herbier à la con ? Au lieu de farm, de faire des instances, ou monter tes métiers ! Faut que tu OP-TI-MISE ton temps de jeu. Regarde Bouma, lui il joue moins que nous et pourtant il roxx du poney.

FOUREGUEULE (l’air malin) : Ouais, mais est-ce qu’il a un herbier ?

Un silence s’installa. Finalement Slayeur ne sachant pas quoi répondre, enfonça la tête de Fouregueule dans son herbier et repris la conversation où elle en était.

SLAYEUR : Bon j’ai quelque chose pour toi Boumy.

Le Nain ouvrit la caisse et donna au chasseur une tenue de Marcheur du Rift (T5 Hunt), et une orbe pour augmenter sa puissance ainsi que :

BOUMATOR (lisant syllabe à syllabe) : « Orbe de commandement animal : Vous permet d’invoquer des meutes entière d’animaux. »

FOUREGUEULE (pestant) : Bah y’a pas à dire c’est vraiment moi qui ait l’orbe la plus pourrie…

LIZANDRA (ironique) : Occupe toi de ton herbier le Nain, et laisse le boss parler.

SLAYEUR : Non Liz, ça va être à toi de parler. Que sait tu exactement de la ville sanctuaire d’Oshu’gun ? Et pourquoi tu ne veux pas y aller ?

LIZANDRA (frissonnant) : Parce que cet endroit est dangereux. Et qu’en plus on peut pas y entrer.

SLAYEUR : Mais comment ça on peut pas y entrer ?! Doit bien y avoir un moyen !

LIZANDRA : Tu ne sais pas ce qu’est l’Osho’gun. C’est rempli de magie noire !

SLAYEUR : Mais c’est quoi au juste cet endroit.

LIZANDRA : C’est la partie émergée d'un vaisseau Na’aru qui s'est écrasé là il y a longtemps en portant secours aux Draeneïs, qui sont le peuple natif de Draenor. Ils ressembles à des pieuvres bleues, et ont une démarche ridicule d’ailleurs… mais passons. Le problème c’est que ce vaisseau ne s’est pas écrasé là par hasard, quelque chose l’y a attiré, quelque chose de corrompu et de très dangereux.

Je me suis aventurée une seule fois dans ce qui reste du vaisseau, et ce qui y est a attiré le conseil des Ombres et leurs démonistes. Mais au-delà de ces obstacles là, bien en-dessous du vaisseau se trouve la véritable source des énergies magique de l’Osho’gun. Ce n’est pas le Na’aru, que les démonistes ont capturé. Il est trop faible. C’est autre chose, de beaucoup plus sinistre.

ANTHEM : Les Na’aru ? C'est-à-dire ?

LIZANDRA : Ce sont des être de lumières et d’énergie, ce sont eux qui dirigent Shattrah, et mènent la croisade contre la Légion. Ils ont pris les Draeneïs sous leur protection et combattent la corruption.

Le conseil des ombres les connaît bien. Durant le crash du vaisseau un des Na’aru est mort et il a été enterré à la nécropole d’Auchidoun. Et si vous voulez mon avis ça a un rapport avec la gigantesque explosion qui a eu lieu là-bas il y a plusieurs années. Le Conseil a fait des expériences bizarres. Oshu’gun ça ressemble à la forêt magique de Barbie par rapport à Auchidoun.

SLAYEUR : Oui mais là je m’en fous d’Auchidoun, je te parle d’Osho’gun. Est-ce que la « Volonté de Draeneor » ça te dit quelque chose ?

LIZANDRA : C’est pas une marque de Vodka en tout cas.

BOUMATOR (lui souriant) : Ouh je sens qu’on va être copine toutes les deux…

SLAYEUR : Tu draguera la lesbiche alcoolique plus tard Boumy. Pour l’instant, nous devons nous rendre à Nagrand. Alors on embarque le matos et go. Il me tarde vraiment de voir se qui se passe là-bas.
BOOTY ?!

Le polymorphe apparu de nulle part face à Slay, sous sa forme de corbeau cette fois.

BOOTY : Ouais boss ?

SLAYEUR : Pars en éclaireur. Et assure toi que nous ne croisions personnes. J’ai pas envie que tous les timbrés du coin se mettent à fureter autour de nous.

BOOTY : Tu m’as pris pour ta boniche ?!

Slayeur le regarda l’air mauvais, le cadre circulaire autour de son œil tourna de façon saccadée, comme si le Nain était en train de regarder au travers du polymorphe.

SLAYEUR (se forçant) : Booty… S’il te-PLAÎT, pars en éclaireur. Et assure toi que nous ne croisions personnes.

BOOTY (lui donnant un coup d’aile à l’épaule) : Bah voilà coco, quand tu sais demander c’est no problemo pour Bibi.

Et il parti au loin pour les devancer.

ANTHEM : Ton piaf il a appris à causer où le Nain ?

SLAYEUR : Aucune idée. Mais il commence sérieusement à me les briser…

Il les regarda alors tous les quatre s’apercevant qu’aucun ne bougeait.

SLAYEUR (beuglant) : Hé ho ! J’ai jamais dit qu’il fallait s’arrêter ! Magnez vous le derche on va pas passer la nuit ici !


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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:46 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 19

"Salut, ASV ?"




Le groupe d’Otiwana avait atteint Shattrath, et s’était arrêté à l’entrée du grand temple au centre de la cité, en attendant que Kadghar aie finit de s’entretenir avec Danath. Après plusieurs minutes d’entretiens, le commandant du Bastion de l’Honneur sorti, et les invita à rentrer avant de leur tirer sa révérence. Ils pénétrèrent alors sous l’immense voûte du temple de pierre draeneï, et trouvèrent le vieux, sage et vénérable Kadghar, mage surpuissant usé par les années, en pleine méditation. Il engagea alors la conversation avec eux.

KADGHAR : Ainsi voilà donc le groupe de valeureux aventuriers que l’Alliance nous envoie. Vous avez rapidement fait connaissance avec les Draeneïs dirait-on.

Il lança un sourire fugace à Samovar.

SYLIRIE (ricanant) : Oui ô Magicien d’Oz. Nous avons parcouru toutes ces lieues vers ta cité d’Emeraude pour rentrer dans le Kansas.

KADGHAR : Toi le boulet tu sors !

Il claqua des doigts et la Gnomette disparu, puis il se tourna vers Otiwana.

KADGHAR (méprisant) : De mon temps, dans Warcraft II, il n’y avait pas de Gnomes. Les développeurs se méfiaient de vous, ils pensaient que vous n’étiez pas une race crédible. C’est pourquoi vous n’étiez juste qu’une unité totalement useless…

Puis il regarda Skaal en face.

KADGHAR (soupirant) : Malheureusement les temps ont bien changés – finit-il en soupirant. Ainsi vous êtes la bande de fous qui croyez pouvoir retrouver le Journal de Medivh ?

OTIWANA (bombant le torse) : C’est nous.

KADGHAR : Toi la neewbie, je ne t’ai pas assez taunt ? Olol ! Noraj ? Tu continue à parler ? Go pex noob t’es encore au niveau 60 !

Otiwana se renfrogna, et laissa la parole à Skaal.

SKAAL : C’est effectivement nous qui nous lançons dans cette quête. Sur les conseils du Prophète Velen. Et nous savons que vous pourrez nous prodiguer une aide non négligeable en tant que Seigneur de cette cité, capitale de ce monde dévasté par la guerre.

KADGHAR : Je ne suis pas le maître de cette cité. Ce sont les Na’arus, les êtres de Lumière, qui le sont. Ce sont nos alliés. Des alliés bien embarrassants d’ailleurs puisqu’à part briller et filer de la mana gratos aux Elfes de Sang ils font juste de la figuration. Mais ils ont des quêtes et des rewards sympas alors on les garde ici, pour éviter qu’ils se baladent partout et bouffent les câbles électriques.

SKAAL : Et le moyen de récupérer ce journal, vous le connaissez ?

KADGHAR (vexé) : Bien évidement ! Vous me prenez pour un noob ?

OTIWANA (murmurant pour elle-même) : Noraj t’es un vieux !

KADGHAR (la regardant derechef) : Mais stop taunt le Pokemon lol ! Tu vas te faire mal.

OTIWANA (grincheuse) : Okay, je sors, je vous laisse avec lui, il m’insupporte !

Elle partit en levant la tête en l’air.

KADGHAR (souriant) : W00t ! Headshot la noob !

SKAAL (toussant) : Hum ! Si nous pouvions en revenir au journal…

KADGHAR : Ha oui le Journal de Medivh. Il est conservé à Karazhan.

TORACO : La tour au Défilé de Deuillevent ?

KADGHAR : Celle-là même.

STEEL : Quoi il suffit d’aller là-bas ? Stou ?

KADGHAR : Non pas « Stou ». Si c’était si simple il y a belle lurette que les kevins dans votre genre l’auraient pris. Pour entrer il faut la clef. Et pour avoir cette clef il faut visiter 3 des donjons de l’Outreterre, et une fois cela finit il faudra voyager dans le temps pour que le Medivh du passé vous l’active. Je vous file la quête pour 3 PO, et elle est partageable. Je vends aussi des golds sur Ebay si vous manquez de thunes.

Quelques instants plus tard ils sortirent tous l’air agacé et retrouvèrent ceux qui étaient restés dehors.

OTIWANA : Alors ?

SKAAL : Tu me dois 3 PO. Et pour chopper le journal va falloir faire 5 instances.

OTIWANA : Tu es sûr ? Il avait complètement l’air frappé le vieux moisi.

SAMOVAR (gêné) : Disons que le Seigneur Kadghar n’es plus tout jeune… la dernière fois que je l’ai vu il était plus… calme.

OTIWANA : Peut-être mais c’est pas lui qui va nous les faire les 5 instances !

SKAAL : Bah en fait il nous les rush pour 300 golds par personne…

SAMOVAR : Disons aussi qu’il arrondi ses fins de moi comme il peut. Vous savez il ne touche pas sa retraite du Kirin Tor ici…

SKAAL : Et flooder le CCgénéral pour vendre de golds c’est pour arrondir aussi ? Je suis sûr que l’homme oiseau qui a voulu m’en vendre sous le manteau tout à l’heure était de mèche avec lui.

SAMOVAR : Tout de suite les grands mots ! Il a pris certains des réfugiés de cette ville sous son aile et les aide à faire du commerce.

MONSAIGNEUR : Il a pris les hommes oiseaux sous son aile ?

OTIWANA : C’est pas le moment Mons…
Moi ce que je vois c’est que ce vieux débris est un espèce de vieux mafieux qui fait des business pas nets, et que si ça se trouve on est même pas sûrs de ses infos.

SKAAL : Là en fait y’a pas moyen de cheat, le texte de quête est normal. Donc, bah on va pas y couper.

POERIT : Ne pas oublier la formation du jeune Savonarole nous devons. Quand la Lootovore au point prévu doit-elle se rendre ?

TORACO : Dans peu de temps. Nous ne devrions pas tarder. Mais pour en revenir à cette histoire d’instance, je pense qu’il faudrait séparer notre groupe en deux, une partie pour chercher la clef, l’autre pour aider Savonarole dans sa formation.

POERIT : Les groupes plus tard nous verrons. Pour les invite, trois plombes cela prends. Pour l’instant aller à la rencontre de la Lootovore nous devrions.

TORACO : Allons-y alors. Plus tôt nous y serons, plus tôt nous serons rentré, et mieux ce sera, car j’ai envie de couler un de ces bronzes, vous avez pas idée…

OTIWANA : Et on ne préfère pas, alors go FFS !

Une heure plus tard, il étaient tous dans la forêt, dans un bois en bordure du Néant, à côté d’une falaise qui bordait le vide, et avaient rejoint la chasseresse espionne Miniriath.

OTIWANA : Bon alors Mini où doivent-ils arriver ?

MINIRIATH (montrant vaguement au loin) : Là-bas.

SAMOVAR : Euh tu as pas plus précis ?

SKAAL : Genre nous l’indiquer avec des vrais mots ? « gauche, droite, est, ouest, nord, sud » ?

À leur grand étonnement, elle commença à tripoter ses seins un bon moment, puis elle pointa sa main en direction de l’Est :

MINIRIATH : Voilà c’est à droite.

STEEL (intrigué) : Pourquoi tu dois te tripoter les seins pour donner une direction ?

Elle semblait visiblement très gênée et n’osait pas répondre.

POERIT (compatissant) : Honte tu ne dois pas avoir. La Vérité toujours doit être dite.

MINIRIATH (honteuse) : Et bien… en fait… je ne connais pas ma gauche et ma droite. Donc je la repère grâce à la taille de mes seins…

SAMOVAR : Mais enfin, c’est insensé ! N’importe quel id…

SKAAL (toussant) : Hum Hum !

SAMOVAR : …je veux dire… C’est simple pourtant.

MINIRIATH (agacée) : Mais j’y peux rien ! Ca change tout le temps suivant la position dans laquelle on est ! C’est comme les point cardinaux, le Nord, l’Ouest, et toutes ces conneries ça change tout le temps !

BOUTY (protestant) : Mais pas du tout !

MINIRIATH : Ecoutez ! Je sais pister mais je ne sais pas l’expliquer aux autres. C’est ça le pl…

Elle se tût semblant avoir entendu un bruit.

MINIRIATH : J’ai entendu quelque chose… Par là-bas. Il y a du bruit. Et ce n’est pas des animaux.

POERIT (vigilant) : Aller voir nous devrions, un danger potentiel cela pourrait être.

Ils suivirent alors Mini à travers les bois sur environs 200 mètres et arrivèrent au pied d’un immense arbre. Ils virent alors un énorme lézard qui attendait au-dessous et qui chargea sur eux dès qu’il les vit. Bien qu’il fût plus puissant que chacun d’eux, avec tous leurs efforts conjugués ils en virent facilement à bout.

SKAAL : Pas un animal hein ?

MINIRIATH : Ce que j’ai entendu ne venait pas d’en bas mais d’en haut.

Elle leva la main, ils purent voir que haut perché sur la cime se trouvait Sylirie.

SYLIRIE (hurlant vers le bas) : Mais d’oùùùùùù ?!?!

TORACO : Monsaigneur, lance une lévitation sur lui pour qu’il puisse descendre.

Le prêtre lança son sort sur la démoniste qui pu redescendre en sûreté de l’arbre.

OTIWANA (étonnée) : Syli comment tu t’es retrouvée là-haut ? Et pourquoi tu t’es faite camper par un lézard ?

SYLIRIE : Euh, bah en fait, quand le vieux m’a TP je me suis retrouvé devant le lézard à côté d’une fille, une magotte.

TORACO : Et un mob qui fait quatre niveaux de plus c’est trop dur pour un démo ? Et un mage ?

SYLIRIE : Non, non, tu penses. Le problème c’est que la fille, a lancé une pyro pour se débarrasser du lézard, mais comme elle a visé trop bas on s’est retrouvé projetés en l’air en haut de l’arbre. On a pris des dégâts de feu en plus, et l’arbre a commencé à cramer. Elle, elle est morte là-haut, et moi j’ai plus de bandages ni de shards, et le lézard a commencé à me camper en bas de l’arbre ce qui fait que j’étais coincé. Vu que j’avais presque plus de PV je pouvais pas descendre du tout.

OTIWANA : La fille elle est toujours en haut ?

SYLIRIE : Oui ?

TORACO : Je l’ai à portée de rez si vous voulez.

OTIWANA : Fais-toi plaiz Toto.

Le paladin ramena alors à la vie la mage qui apparu en bas de l’arbre.

MAGE : Merci beaucoup. Je ne pouvais pas rez mon cadavre était inaccessible. Bonjour à vous.

SKAAL : Bonjour à toi aussi… euh… ton nom c’est quoi ?

MAGE : Je m’appelle Maddly, mage spé feu à votre service.

SYLIRIE : Ça explique la pyro folle qui nous envoie en l’air et qui fous le feu partout…

MADDLY (la voix suave) : Oui désolée, je n’arrive pas à mesurer ma force parfois.

Elle commença à enlever la poussière de ses vêtements puis elle détacha ses cheveux pour faire de même. Et alors quelle décrivait un arc de cercle avec ses hanches pour mieux faire basculer sa tête de droite à gauche, le temps sembla s’être mis au ralenti et le moindre de ces gestes sembla décomposé en un instant qui sembla une éternité. Une fois qu’elle eut finit de s’agiter. Elle rattacha ses cheveux et le temps repris son cours. Mais tous les garçons du groupe étaient bouche bée et semblaient foudroyés par un charme.

BOUTY (choquée) : On peut savoir qui tu regarde comme ça Steel ?

STEEL (absent) : Quoi ? Je… non rien… On peut la prendre dans le groupe avec nous ?

BOUTY (outrée) : Quoi ?!

SAMOVAR (bavant) : Ca m’a l’air d’être une bonne idée.

SKAAL (bavant) : Très bonne.

SAVONAROLE (bavant) : Excellente même.

POERIT (bavant) : Aucune objection je n’ai.

MONSAIGNEUR (bavant) : Moi aussi je n’ai aucune érection… euh… je veux dire… objection.

TORACO (bavant) : Sans problèmes pour moi.

BOUTY (sèche) : Excuse-nous une seconde !

Elle les amena à l’écart, laissa Maddly un peu derrière.

BOUTY (énervée) : C’est une blague ? Elle arrive à se tuer en lançant un de ses propres sorts, et on la prends avec nous parce qu’elle vous fait un numéro de charme avec ses cheveux et ses hanches en prenant une voix de minitel rose ?

STEEL : T’énerves pas c’est bon, on need des gens pour les instances stou.

BOUTY : Tu as du culot de me dire ça, alors que tu me fais une crise de jalousie à chaque fois que quelqu’un me croise du regard.

STEEL : T’es pas juste jalouse d’elle parce qu’elle a un fan club plus rapidement que toi ?

BOUTY : Mais pas du tout ! Je vous dis que cette fille est en train de vous envoûter, et que vous le voyez même pas ! Et qu’en plus comme elle est de l’alliance on peut même pas dispell son charme !
Je sais ! C’est une succube !!!

SYLIRIE : Molo, les succubes je les reconnais Bouty. En plus Steel a raison on need du monde pour les instances.

BOUTY : Comme vous voulez ! Mais vous viendrez pas vous plaindre si elle…

Elle ne put finir sa phrase car une énorme explosion venait de retentir en direction de Maddly. En se retournant ils virent qu’elle avait la tête complètement carbonisée, les cheveux soufflés vers le haut, et qu’à ses pieds se trouvait un immense cratère calciné.

MADDLY (grimaçant) : Oups désolée, j’ai éternué.

OTIWANA : C’est pas grave ma chérie.

Bouty lança un regard noir à Otiwana.

OTIWANA (se justifiant) : Quoi je peux la draguer, je suis pas avec Steel moi.

BOUTY (crispée) : Tu es avec Skaal, c’est pareil !

OTIWANA : Oauip mais Skaal il s’en fout quand je lui promet de ramener des photos.

BOUTY (hurlant d’énervement) : Ahhhhhh !!!!!!!

Bouty parti en courant en hurlant comme une dingue, et ils se lancèrent à sa poursuite. Moins d’une minutes après, son cri fut coupé net par le grand bruit sourd d’un choc. Elle venait de se cogner au détour d’un fourré, contre la coque d’un bateau qui avait amarré à terre.


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MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:47 
Sarah Kerrigan
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Scène 20

Si vis lootem para raidum




À moitié échoué sur la terre ferme, et pendant de son autre côté au dessus du Néant, un Grand Trois-mâts se dressait devant le groupe d’Otiwana. Au-dessus, provenant du pont des voix semblaient se disputer âprement dans une querelle qui ne les concernait pas. Steel aida Bouty à se relever, et cette dernière mis un peu de temps à reprendre ses esprits avec le choc frontal qu’elle avait reçu.

STEEL : Je vais la porter sur mes épaules elle n’a pas l’air en état de marcher.

Le rogue souleva la gnomette, mais visiblement il n’avait pas regardé autour, car en la levant au-dessus de sa tête pour la poser sur ses épaules, il lui fit cogner la coque du bateau le sommet de son crâne. Elle s’effondra à nouveau dans les pommes, et Steel la posa au sol en désespoir de cause.

STEEL : Osef de toute façon elle sert à rien pour le moment, on viendra la rechercher après.

Otiwana qui semblait plus préoccupée par les éclats de voix au-dessus, essayer de saisir des bribes de la conversation.

OTIWANA : Hum on dirait que ça se chamaille là haut… Je n’entends rien d’ici.

SAMOVAR : Si ça peut vous rassurer j’ai beau être trois fois plus grand ce n’est guère mieux de mon côté.

STEEL : Monte sur mes épaules Oti tu pourras mieux entendre.

Elle jeta un rapide coup d’œil sur Bouty et recula d’un pas. Poerit pris alors la parole.

POERIT : Sur place vérifier il vaudrait mieux. Rester ici des heures nous n’allons pas. Venez avec moi.

Poerit les mena derechef jusqu’à la passerelle d’embarquement et ils arrivèrent sur le pont du navire où ils trouvèrent des Nains et des Gnomes en grande discussion. Dès qu’ils les eurent aperçu, ils se turent et commencèrent à les dévisager. Une naine sorti alors de la masse et se posa devant l’équipage.

TORACO (chuchotant) : Fermez bien vos poches…

NAINE (étonnée) : Maître Poerit ? Maître Torac ? Que faites vous ici ?

POERIT : Quérir ton aide nous sommes venue Titecouette. Une mission importante nous voudrions te confier.

TITECOUETTE : Je… ça me touche…
mais ça ne m’intéresse pas.

Son ton avait soudain pris une tonalité assez sèche.

POERIT : Que tu allais dire ça nous nous ne doutions. Mais nous sommes venus à toi…

Il marqua une pause et regarda le reste du conseil du heal de la NRV en coin.

POERIT : Le Conseil du heal est venu à toi en désespoir de cause.

TITECOUETTE : Écoutez Maître Poerit, j’ai raccroché depuis longtemps, je suis ma voie à présent et ce n’est plus celle du Conseil. Moi mon kiff maintenant c’est le communisme !

TORACO : Pardon ? Le quoi ?

TITECOUETTE : Le communisme, une doctrine sociale et économique bien au-dessus des viles considérations matérialiste de votre morale bourgeoise puante asservie par les religieux.

EMZY (tremblant) : Mons z’ai peur…

MONSAIGNEUR : Peur qu’elle pique ?

STEEL : hein ?

MONSAIGNEUR : Peur qu’elle pique, porc-épic… Laissez-tomber.

POERIT : Ridicule cela est ! Avoir été dans le conseil du heal pu devenir athée tu ne peux pas !

TITECOUETTE : C’est tout sauf ridicule ! C’est l’avenir ! Votre matérialisme lootovoriforme vous perdra tous. Comme disait le grand Lénine : « Vous nous vendrez le loot qui servira à vous faire wipe » !

Savonarole se réfugia derrière Poerit.

SAVONAROLE (apeuré) : Je veux pas aller avec elle, elle me fous les jetons.

POERIT : Pour toi ici nous sommes venus ! Abandonner nous n’allons pas !

TITECOUETTE (intriguée) : Comment ça vous êtes venus pour lui ? Qu’est-ce que vous essayez de me monter comme bateau.

Poerit pris Savonarole par l’épaule et le fit avancer de quelques pas devant lui.

POERIT : Ce jeune prêtre d’une formation a besoin. Tous les membres du conseil un étronpadawan ont déjà. Tu es la seule qui puisse le former.

TITECOUETTE : Et pourquoi faut-il absolument le former ? Et en plus il a la barbe bien blanche pour un « jeune » prêtre.

POERIT (d’un ton confidentiel) : À part, te parler je dois.

Il entraîna Titecouette, en bas du navire, et les NRV restèrent à se regarder en chien de faïence avec l’équipage, jusqu’à ce que…

SYLIRIE (ahurie) : BARTI ?! Mais qu’est-ce que tu fiches là sale noob ?!

Un gnome démoniste, aux cheveux et à la moustache verte, portant un bicorne d’amiral se détacha du lot.

BARTI : Comment ça qu’est-ce que je fous là ?! J’ai l’air de tapiner avec ce chapeau de marin sur la tête ?

SYLIRIE : Mais enfin tu as disparu du jour au lendemain sans laisser de traces ! Personne n’y a rien compris !

BARTI : Et tu ne t’es pas demandé pourquoi ton apprenti s’était barré ?

SYLIRIE : Oui effectivement j’ai pu me poser la question mais j’ai pas trop cherché à savoir pourquoi non plus. Je suis sous-off c’est pas une de mes préoccupations majeures.

BARTI (soupirant) : C’est exactement le genre de chose pour lesquelles je suis parti…

SYLIRIE (étonné) : Comment ça ?

L’image commença à se flouter lentement et à onduler comme de l’eau agitée.

STEEL : Oh un flash-back tiens.

MADDLY (concentrée) : Faites que je meures pas pendant le flash back… Faites que je meures pas pendant le flash back… Faites que je meures pas pendant le flash back…

Quelques années plus tôt, à Ironforge, deux gnomes attendaient la file des BG à côté des maîtres de guerre.

BARTI (blasé) : Pffff on est obligés de faire du PvP ? Ça craint sa mère une fois !

SYLIRIE : D’une, ça craint pas sa mère, mais ça roxx. De deux, si tu veux être un démo skillé tu as pas trop le choix. Ça t’évitera de finir comme tous ces kikoos qui mendient du skill sur le chan général.

Mais… Ohhhh… Mais d’où ?!

La gnomette sorti un palantir de sa poche qui n’arrêtait pas de vibrer, elle commença à lire ce qui venait de s’y afficher.

SYLIRIE : « [3.Défense Universelle] : L’ennemi attaque Westfall ! ». Comment ça roxx, vite Barti, à la Batcave !

Elle tira un cordon qui descendit d’on ne sais où, et aussitôt deux sièges surgirent du sol, et il furent jetés dedans. Une ceinture de sécurité se boucla sur chacun d’eux, et ils disparurent dans un long tunnel éclairé, dans lequel les sièges fixés sur des rails filaient à vive allure. Finalement ils débouchèrent sur une grotte aménagée avec tout le nécessaire pour PvP, et bien en vue dans deux vitrines blindées éclairées, un set T3 et T2 démo.

SYLIRIE (d’un ton jouissif) : Mets ton costume, on va combattre le crime en faisant du PvP sauvage ! Mwawawawa !

Barti qui venait seulement de se rendre compte qu’il était dans la cave. Se retrouva habillé du costume de démo des pieds à la tête par des bras mécaniques. Puis il fut placé dans un avion d’ingénieur Gnome dans lequel Sylirie pris place, et ils s’envolèrent par une piste d’atterrissage qui s’ouvrit dans la falaise de la montagne.

BARTI (protestant) : Mais je veux pas !

SYLIRIE (ricanant) : Osef ! Go PvPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP !!!!!

L’avion disparu dans le ciel, et le flash-back s’arrêta là.

SYLIRIE (le sourire en coin) : Oh trop ph4t je me rappelle on les avait campé pendant une heure !!!

BARTI (las) : Tu les avais campé pendant une heure, je m’étais barré parce que j’en avais marre du PvP, marre que tu n’en fasse qu’à ta tête, et tu ne m’a plus jamais revu depuis.

SYLIRIE : Et c’est pour ça que tu es parti ?

BARTI : Pour ça, et pour me battre pour le communisme.

SAVONAROLE (effrayé) : Mais stop de ça, ça fous les jetons votre truc !

Titecouette et Poerit remontèrent alors sur le navire.

TITECOUETTE : Bah va falloir t’y habituer mon coco, parce qu’à partir de maintenant on va passer un bout de temps ensemble !

POERIT : Par Titecouette tu seras formé Savonarole. Mes félicitations tu as.

SAVONAROLE (apeuré) : Quoi ?!

TITECOUETTE : Oh oh il est déjà rétif j’aime ça…
Cap’tain Wylyn ! Préparez nous à partir !

WYLYN : Sauf votre respect m’dame ça fait trois plombes qu’on se chamaille pour savoir comment dégager le bateau de ce ban de terre sur lequel on vient d’échouer.

TITECOUETTE (circonspecte) : C’est pas faux… Un de vous à une idée ?

Dit-elle en se tournant vers les autres.
Seule Maddly fit un pas en avant.


MADDLY (hautaine) : Pffff mais je comprends pas qu’on puisse être marin et ne pas savoir désengager un bateau échoué…

BARTI (sec) : Peut-être que Madame a plus de Skill, et voudrait se donner la peine de nous apprendre ?

Maddly s’avança au milieu du bateau, avec une démarche qui n’aurait pas été différente si on l’avait proclamée Chef suprême de l’univers quelques secondes auparavant.

MADDLY (pédante) : Steel, va chercher Bouty. Vous les marins là, avec vos trucs dans les mains, souquez les artimuses et carguez la grande le chien de Saint Alban !

WYLYN (ahuri) : Mais ça veut rien dire du tout…

BARTI (incrédule) : Et elle dit qu’elle s’y connaît ?

Mis à part Steel qui ramena Bouty, personne ne fit rien et ils restèrent tous à la regarder. Visiblement vexée, mais ne se dégonflant pas pour autant, elle pris alors les devant.

MADDLY (hautaine) : Bon puisqu’il faut tout faire sois même…

Elle se mis à la poupe du navire et commença à caster une pyro.

MADDLY : Avec ça on devrait avoir assez d’élan pour ratterir dans le Néant…

La boule de feu parti alors, mais par une inexplicable phénomène magique, elle explosa dans tous les sens, faisant se renverser le bateau sur le côté, projetant Maddly au loin dans les terres, et mettant le feu aux quatre coins du navire…

Titecouette qui était suspendue au mat comme tout le reste du groupe pour ne pas tomber, regarda Porite en coin.


TITECOUETTE (sèche) : Si votre prêtre est de la même eau que ce mage, je crois que je vais le laisser se débrouiller seul…

MONSAIGNEUR (hilare) : « Même eau que ce mage » !

Monsaigneur ne pu réprimer son fou rire et tomba à la renverse en s’écrasant au sol. Les autres le regardèrent avec circonspection.

TITECOUETTE (sèche) : En attendant sortez votre carnet de chèque, ça va douiller en répas pour le bateau… Je suis peut-être une coco mais je fais pas dans le social non plus.


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MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:48 
Sarah Kerrigan
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Scène 21

Le livre des noms gangrenés




L’aube se levait à peine dans les terres foudroyées, le jour pointant blafard à l’horizon, projetant une pâle lumière rouge sur la Porte des ténèbres dont le magma dimensionnel vert qui servait de passage ne cessait de s’agiter. Sur les hauteurs surplombant la Porte, Kefkka contemplait le jour se lever derrière les montagnes tandis que son diablotin réveillait Oruchimaru en lui tirant les oreilles et en poussant des grognements aigus.

ORUCHIMARU (émergeant) : Ça va ! Ça va ! Je me lèvre…

KEFKKA : Le monde, vous n’êtes pas sans le savoir, appartiens à ceux qui se lèvent tôt.

La voix de Kefkka paraissait fatiguée.

ORUCHIMARU (s’étirant) : Peut-être, mais avec tout le raffut qu’ils ont fait hier soir quand ils ont passé la Porte et vu comment ça a pété pas longtemps après, j’ai pas pu me reposer au maximum si vous voyez ce que je veux dire !

KEFKKA (sec) : Trêve de jérémiades !

Il lui lança sans ménagement un paquet dans les bras.

KEFKKA : Nous allons nous changer pour voyager incognito, enfilez ça et attendez que je revienne.

Kefkka disparu avec difficulté derrière un escarpement rocheux, laissant seul le rogue qui déballa le contenu du paquet qu’il lui avait donné. Il trouva dedans une tenue de Rougecroc, reconnaissable immédiatement à ses couleurs rouge et noire et sa capuche caractéristique.

ORUCHIMARU (faisant une moue impressionnée) : C’est peut-être un barge, mais ses fringues elles ont la classe…

Il ne se lassait pas de se regarder sous toutes les coutures et le fit pendant un moment. Peut-être un peu trop longtemps car Kefkka tardait un peu trop à son goût. Il se résolu donc d’aller voir ce qu’il faisait et quelle pouvait être la raison de cette lenteur, d’autant que le démoniste ne semblait pas au mieux de sa forme.

Passant la tête derrière une paroi rocheuse, il le vit alors de dos, et tentant d’enfiler avec difficulté sa robe, ne lui restant plus que cette dernière et son casque à mettre. Son bâton surmonté d’un tête de dragon était posé contre la roche et il avait un certain mal à se tenir en équilibre, mais il parvenait néanmoins avec difficulté à le faire.

En revanche ce qui glaça le sang au voleur, fut la brève vision de son dos et de ses bras. Malgré la faible lumière, il pu voir qu’ils étaient recouvert d’une espèce d’épaisse croûte noirâtre, semblable à de la lave solidifiée ou du charbon déjà brûlé. Le reste de sa peau qui n’en était pas recouvert, était constellé de grandes plaies rouges dont on ne savait pas si l’effet provenait d’une lacération à coup de griffe ou d’une brûlure à niveau élevé. Le sommet de son crâne n’était guère en meilleur état puisque à de très nombreux endroits des touffes incolores de ce qui paraissait avoir été ses cheveux émergeaient d’une peau qui là avait été vraisemblablement été fortement brûlée. Que toutes ces plaies et blessures aient été récentes ou non, Oruchimaru n’aurai su le dire. Et tandis qu’il se posait cette question, Kefkka venait d’avoir enfilé sa robe et se retournait pour ramasser son casque posé sur un rocher. Le rogue eut tout juste le temps de se cacher derrière la paroi de la montagne pour se soustraire à sa vue.


KEFKKA (las) : Vous savez que cela fait un moment que je vous vois Oruchimaru ?
Que n’avez-vous pas compris comme mot dans ma phrase « attendez que je revienne » ?

Il sorti timidement de derrière sa cachette et se présenta à la vue du démoniste, qui était à présent totalement habillé et revêtait une tenue de Némesis. De sa tête recouverte de la capuche surmontée d’un crâne, n’émergeaient même pas le yeux de Kefkka, mais s’affichaient deux trous noir béants, qui ne laissaient rien deviner de son regard, pas même l’habituelle lueur rouge qui en émanait.

ORUCHIMARU : Vous mettiez du temps, vous n’aviez pas l’air bien, je venais voir s’il n’y avait rien de grave.

KEFKKA : Intention louable s’il en est, mais je vous avait demandé d’attendre, la prochaine fois je me verrais obligé d’être plus formel dans les ordres…

Il attrapa son bâton et s’appuya dessus, avec un peu de mal, et lorsqu’il posa à nouveau ses yeux sur le voleur, il voyait que celui-ci le dévisageait de manière particulièrement soutenue.

KEFKKA (soupirant) : Je suppose que vous vous demandez d’où viennent mes blessures ?

ORUCHIMARU : On ne peut rien vous cacher…

Kefkka émit son ricanement sinistre comme première réponse.

KEFKKA : Ces stigmates sont le souvenir d’un passé un peu trop lointain, qu’il ne vous appartient en rien de connaître. Aussi si vous n’avez pas d’autres questions sur des sujets éminemment pus importants je crois que nous pouvons nous mettre en route, nous avons un long chemin à faire.

Le rogue eut un rire mauvais.

ORUCHIMARU : Évidemment…
Allons-y alors.

Ils descendirent de leur promontoire rocheux pour arriver à la Porte des ténèbres. Si Oruchimaru semblait la passer avec appréhension, Kefkka malgré sa relative fatigue paraissait ressentir une certaine fébrilité à la chose, comme s’il avait attendu cela depuis longtemps. Ils débouchèrent alors sur le monumental escalier du Destin qui dominait le sentier de la Gloire. Sculpté de ses motifs menaçants, de ce côté-ci, la Porte dominait toute la région environnante de sa masse menaçante et imposante.

KEFKKA (extatique) : Après toutes ces années…

Le démoniste pris une profonde inspiration qui sembla lui faire beaucoup de bien puisqu’il se tenait beaucoup plus droit à son bâton. Oruchimaru, lui, contemplait quelques cadavres de soldats poussés à des coins de terrasses, un peu plus loin des tas d’Ombrefiels morts, et surtout devant lui l’immense voie qui partait à n’en plus revenir, vers ce qui avérait être au loin des rempart, et où tout du long de laquelle des démons beaucoup plus grands que ceux qu’il avaient vus en Azeroth se trouvaient.

ORUCHIMARU (ironique) : Hum les joyeusetés ont déjà commencées hier soir semble-t-il.

KEFKKA : Cela veut dire que Gniev est déjà passé à l’action et qu’il cherche à ralentir l’Alliance et la Horde. Cela ne doit que nous motiver encore plus à avancer vite.

Il se tourna vers le Sud, et scruta l’horizon au loin.

KEFKKA : Aimez-vous la marche jeune rogue ?

ORUCHIMARU : Je suppose que j’aurai pas trop le choix de toute façon ?

KEFKKA (ricanant) : Vous comprenez vite.

Il montra la direction du Sud-Ouest au loin.

KEFKKA : Nous irons droit dans cette direction, en prenant soin d’éviter soigneusement de rencontrer quiconque, et en avançant le plus discrètement possible. C’est pour cela que nous n’irons pas vers le Bastion de l’Honneur, première tête de Pont de l’Alliance dans la Région. Nous allons au contraire longer la côté sur le Néant de manière à passer de la Péninsule des flammes infernales qui est la zone ou nous nous trouvons actuellement pour arriver dans la Forêt de Terrokar où se trouve le désert des ossements qui est notre destination. Si nous avançons bien, et si mes jambes ne me trahissent pas, nous serons arrivé cette nuit.

ORUCHIMARU : Une journée de marche en perspective… Quel bonheur. Vous avez des provisions au moins ?

KEFKKA : J’ai tout ce qu’il nous faut. Alors à présent cessez de vous plaindre et suivez moi.

Ils commencèrent leur longue marche sous la voûte étoilée de Draenor. Kefkka avait troqué son diablotin contre son chien, afin de détecter d’éventuels intrus invisibles, et avait visiblement meilleure mine. On ne pouvait pas en dire autant d’Oruchimaru qui avait du mal à respirer.

ORUCHIMARU (suffocant) : On étouffe ici !

KEFKKA : C’est bien normal. En explosant, Draenor, est devenu un espèce de lambeau de terre flottant dans le cosmos. Elle n’est donc plus assez grande pour retenir une atmosphère importante, et qui dit moins d’atmosphère, dis moins d’air, donc difficultés respiratoires…
Mais en contrepartie, vous pouvez admirer la beauté sans pareille du ciel au-dessus de nous et qui ne nous est caché par rien.

ORUCHIMARU (pestant) : Tu parles d’une consolation !
Et vous, pourquoi vous allez mieux au lieu d’étouffer.

KEFKKA : Chacun a une place, la mienne est ici. Mais ce n’est pas pour autant que je suis sensé aller beaucoup mieux. Je peux marcher un peu plus facilement, mais j’ai toujours besoin de mon bâton pour m’appuyer.

ORUCHIMARU : En parlant de votre bâton, pourquoi y’a-t-il un dragon au bout, alors que votre spécialité est sensé être les démons ?

KEFKKA (narquois) : Vous manquez de souffle pour marcher, mais pas pour poser des question visiblement…
J’ai pris ce bâton comme il me convenait le mieux, voilà tout. Je ne vous demande pas pourquoi le manche de vos dagues est de telle couleur et si cela a un rapport avec l’influence zodiacale de Draenor à son Zénith. Alors maintenant si vous manquez de souffle, faites-moi le plaisir de vous taire et de continuer à marcher, à moins que vous n’ayez des choses utile à demander ou importantes à dire.

ORUCHIMARU (agacé) : J’éviterai pour le moment…

Le démoniste et le rogue continuèrent leur longue marche toute la journée durant, longeant les falaises escarpées qui mourraient dans le néant, évitant de croiser quiconque, bataillant avec quelque monstre qui se trouvait sur leur chemin. Visiblement, Horde et Alliance étaient occupées ailleurs, car ils ne rencontrèrent personne, sinon des créatures locales comme des roués, à qui Oruchimaru fit passer rapidement l’envie de parler. Ils arrivèrent à Terrokar alors que la lumière du « jour » se faisait moindre, bien qu’il ne fasse vraiment ni jour ni nuit sur Draenor. De plus les fruits lumineux qui poussaient en haut des grands arbres de la région éclairaient les alentours d’une lumière inquiétante. Bien que source de lumière, l’aura verte-bleutée qui en émanait n’était pas rassurante pour le rogue qui ne connaissait pas la région. Kefkka lui, avançait du mieux qu’il pouvait, recommençant à s’appuyer de plus en plus sur son bâton. Arrivés à l’endroit ou la forêt mourait et ou le désert commençait, le démoniste s’arrêta subitement, et du s’asseoir sur un rocher, visiblement exténué.

ORUCHIMARU (intrigué) : Tout va bien ?

KEFKKA (mal) : Non. Il… me faut… une âme !

ORUCHIMARU : Une âme ?! Mais où voulez-vous que je vous trouve ça ?!

KEFKKA (essoufflé) : Là-bas… caravane… réfugiés… enfants…. Besoin d’un…

Il lui avait indiqué du doigt une sorte de campement de fortune qui ressemblait à un campement de gens qui fuyaient une guerre qui les aurait chassé.

ORUCHIMARU (effrayé) : Vous voulez que j’aille kidnapper un gamin ?! Mais vous êtes barge oui ?!

La tête de Kefkka qui était braquée sur le sol à cause de la douleur se releva derechef, et le vide de ses yeux se fixa violement sur Oruchimaru. S’il avait pu voir les yeux du démoniste à ce moment là, il était sûr qu’il aurait eu envie de fuir.

KEFKKA (extrêmement menaçant) : Je… VOUS… OR-donne… de… me ramener… un enfant… vivant de… là-bas… Oru… chimaru !

Oruchimaru ne su pas alors ce qui lui arrivait, mais une force plus puissante que lui le dévora de l’intérieur, une obligation impérieuse, qui le fit bouger et agir malgré lui-même, et qui l’empêcha de parler. Il se retrouva alors à aller furtivement jusqu’à la caravane des réfugiés où il vit ces dizaines de personnes hagardes, accablées par le malheur et la souffrance, la mine grave, et chez qui toute lueur d’espoir semblait avoir disparue dans le regard. Il regardait attentivement dans toutes les directions, sans pouvoir s’en empêcher, et là, bien à l’écart de tous, il vit un jeune enfant elfe de sang, qui était penché sur le sol en train de jouer.

Oruchimaru n’eut pas le temps de réaliser. Tout se passa en une fraction de seconde. Surgissant de la pénombre pour l’attraper, et y disparaissant aussitôt avec l’enfant dans ses bras qu’il empêchait de crier. Puis il retourna rejoindre Kefkka, qui le vit arriver malgré son camouflage.


KEFKKA : Enfin… donnez le… moi !

Réapparaissant au grand jour, le voleur poussa le garçon dans les bras du démoniste, et s’effondra en sanglot à terre, pris de convulsions. Kefkka ne prêta même plus attention au rogue, il tenait à présent l’enfant par les épaules entre ses deux bras, et le regardait fixement dans les yeux. Celui-ci était tétanisé, il ne pouvait laisser échapper ni un sanglot, ni une larme, mais tremblait comme une feuille.

KEFKKA : Sin’doreïs… race maudite…

Il saisi alors le garçon par le crâne de ses deux mains. Il y eu un bruit de craquement sec, puis de corps tombant au sol. Le garçonnet gisait mort, par terre, et Kefkka était déjà en train d’aspirer une vapeur éthérée rose qui s’échappait de sa bouche, où se dessinait les traits de sa victime.

Une fois qu’il eut fini d’aspirer l’âme de l’enfant, il retrouva sa stature menaçante, et se tenait debout avec toute sa superbe. Il brûla le cadavre du môme d’une apposition des mains, puis se dirigeait vers Oruchimaru qui se convulsait toujours au sol, et à qui il donna un violent coup de pied dans l’abdomen.


KEFKKA (courroucé) : Sachez que quand je vous demande quelque chose, j’entends à être obéi ! Le pacte qui nous lie vous oblige à m’obéir de force et vous plonge dans cet état convulsif, et peut vous amener dans un autre encore pire. Alors la prochaine fois obéissez de suite, et nous éviterons de perdre du temps, et vous de subir de tels désagréments.

Il claqua des doigts, et le corps du rogue cessa alors de se convulser.

ORUCHIMARU (se crispant de douleur) : Sale… ordure !

KEFKKA (cynique) : Le simple fait d’ôter la vie à un enfant me vaut ce qualificatif ? Vous êtes bien trop émotif…

Oruhcimaru s’était relevé avec beaucoup de peine et se tenait face à Kefkka, qu’il regardait l’air défait. Bien qu’aucune d’eux n’eu pu voir le regard de l’autre qui était dissimulé par leurs casque respectifs, on sentait bien qu’ils se toisaient du regard.

ORUCHIMARU (écœuré) : Tuer un gamin… Il faut vraiment être un monstre pour pouvoir faire ça !

KEFKKA : Un monstre ?

Il émit à nouveau son ricanement sinistre.

KEFKKA (fulminant) : Mais regardez ou vous avez trouvé ce gamin pouilleux ! Au milieux de réfugiés, de gens qui ont tout perdus, et qui sont totalement inutiles, sauf à servir à grossir les rangs des armées ou me servir de nourriture ! A qui cet enfant va manquer ? Ses parents ?! Ils sont déjà morts depuis longtemps ! A ses camarades de jeu ? Qui auraient sans doute attendu qu’il ait le dos tourné pour lui voler sa maigre ration alimentaire ! Il était faible, au milieu de gens faibles, inutiles et sans but. Je n’ai fait que lui rendre service en abrégeant les souffrances présente et future de son existence minable et vaine !

ORUCHIMARU (protestant) : Vous êtes un fou… Vous m’écoeurez ! Tout ce qui vous importe, c’est votre propre pouvoir ! Vous vous moquez éperdument de combattre le Légion, ou de venger Samantha ! Encore un être avide de pouvoir comme tous les fous sanguinaires qui vous ont précédé !

Il cracha de mépris au pied du démoniste. Ce dernier, posa lentement ses yeux à terre pour contempler la chose, puis les remonta tout aussi lentement en direction du rogue. Et là, sans prévenir, il saisi violement et fermement le voleur par le cou et le souleva au-dessus du sol.

KEFKKA : Peut-être que votre prétendue rédemption vous importe ! Mais je ne suis pas dupe, c’est plus votre avidité qui vous a amené à pactiser avec un « fou » comme moi, que votre volonté de justice ! Alors ne venez pas me donner des leçons de morale, sur ce qui est bien ou non.

Il fit un mouvement ample du bras qui le tenait par le cou, puis le lança contre un arbre à quelques mètre de là.

KEFKKA (défiant) : Si vous défendez les faibles Oruchimaru, vous êtes vous-même un faible ! Vous me décevez… La gloire, ne s’offre qu’à ceux qui la désirent, et qui dans ce but s’en donnent tous les moyens !

ORUCHIMARU (reprenant son souffle) : La Gloire… Kefkka, est le soleil des morts… Moi je me bats pour l’honneur !

Le démoniste gratifia encore une fois le rogue de son rire sinistre.

KEFKKA : Vous n’êtes qu’un pauvre idéaliste écervelé… Semblable à tous les crétins qui meurent pour des idéaux vertueux. Quand vous aurez compris que la marche du monde résulte de la lutte des intérêts et pas de celle des idées, vous aurez fait un grand pas vers la contemplation de la Vérité !
À présent relevez-vous ! Nous ne sommes pas encore arrivés ! Et je ne tiens pas à vous obliger à me suivre comme j’ai du vous obliger à m’apporter ce que je vous ai demandé il y a quelques instants. Mort ou vivant, vous m’obéirez, tenez vous le pour dit !

Oruchimaru se releva, et jetant un regard en coin au cadavre calciné du jeune garçon qui était à quelques mètres de lui. À ce moment sans doute il réalisa combien il aurait du réfléchir avant de s’embarquer dans cette aventure. Il retint ses larmes de rage, et se remit en marche dans le désert avec Kefkka.

ORUCHIMARU : Et où va-t-on à présent ? Dans ce grand machin ?

Il désignait un immense bâtiment en ruine qui se trouvait devant eux, et autour duquel voltigeait des vautours, et ce qui lui semblait être des spectres.

KEFKKA (pouffant de mépris) : Dans Aunchidoun ? Cela ne présente pas le moindre intérêt.

ORUCHIMARU : Alors on peut savoir où vous nous traînez ?

KEFKKA : SOUS Auchindoun, où il y a beaucoup plus intéressant à découvrir que dans cette ruine inutile.

ORUCHIMARU : Et d’ailleurs ça fait combien de temps que c’est en ruine ? Et c’était quoi ce bâtiment avant ?

KEFKKA (agacé): Vous posez beaucoup de questions je trouve.

ORUCHIMARU (sûr de lui) : J’aime savoir où je mets les pieds.

KEFKKA : Auchindoun était sans doute le lieu le plus saint pour les Draeneïs, ils y enterraient leurs morts, et y menaient leurs rites religieux. Mais quelque chose de mauvais y sommeille.

ORUCHIMARU : Du genre quoi ?

KEFKKA : « Du genre », comme vous dite, un Na’aru mort.

ORUCHIMARU : Vous savez que ça ne m’avance pas plus. C’est quoi votre le machin cané au juste ?

KEFKKA : Les Na’arus sont des êtres de lumière et d’énergie fort bienveillants. Malheureusement, lorsqu’ils « meurent », même s’ils ne meurent jamais vraiment, ils deviennent un peu le contraire. Ils dégagent beaucoup de mauvaises choses qui attirent elles-mêmes des mauvaises choses. Un Na’aru est fait d'énergie, et quand il est mal en point il se régénère. Il ne se nourrit pas des esprits, mais sa souffrance crée une sorte de « trou noir » spirituel qui aspire l'âme des esprits, ce qui les modifie, sans les tuer, il attire les âmes et crée de la corruption. Ce trou noir a aspiré l'âme des Draeneis d'Auchindoun, qu’ils soient morts ou vivants, et les corromps tous. C'est ce trou noir qui a attiré le Conseil des ombres à ici.

ORUCHIMARU (étonné) : Qu’est-ce que vous me chantez là ? Que fait le Conseil des ombres à Auchindoun ?

Kefkka s’arrêta et se retourna vers Oruchimaru.

KEFKKA : Quand la Horde, qui est native de ce monde, a commencé à massacrer les Draeneis qui vivaient avec eux, ils ont fait d’Auchidoun une forteresse, et le Conseil des ombres, attiré par la corruption a commencé à faire des expériences.

ORUCHIMARU (curieux) : Quel genre ?

KEFKKA : Regardez tout autour de vous ce paysage de mort et de désolation en plein milieu de la forêt… Ce sont des expériences qui ont visiblement raté.
Si j’en crois mes espions, ils ont essayé d’invoquer quelque chose qui s’est finalement retourné contre eux, et toute l’énergie maléfique libérée a créé cette lande déserte et hostile.

ORUCHIMARU : Vous avez des espions vous ?

Kefkka se remit en route.

KEFKKA (laconique) : On n’est jamais assez bien informé…

Il s’arrêta à nouveau et montra une sorte d’entrée de tombe un peu plus loin.

KEFKKA : Nous sommes presque arrivés. Par contre nous allons devoir faire un peu de ménage. Il y a des Éthériens dans les parages. S’ils sont là, c’est par cupidité, et croyez-moi, un Éthérien défend ce qu’il croit lui appartenir bec et ongles.

ORUCHIMARU : Et ça se butte comment vos machins ?

KEFKKA : De la façon qu’il vous plaira…
Allons-y à présent !

Il avança d’un pas décidé commençant à faire tourner son bâton entre ses mains, tandis qu’Oruchimaru disparu d’un coup. Lorsque Kefkka se présenta face aux premier Éthériens qui foncèrent pour l’attaquer, le rogue les attaquait déjà de dos, tandis qu’à coup de bâton qu’il maniait avec une dextérité impressionnante le démoniste les envoyait au tapis sans lancer encore un seul sort. Puis ils descendirent alors un escalier qui les mena à une sorte de crypte, qui donnait sur différentes salles. Ils entreprirent alors de vider méthodiquement chaque salle des Éthériens qui les occupaient et finalement s’arrêtèrent dans la plus grande d’entre elle, pour souffler un peu.

ORUCHIMARU (méfiant) : Vous vous battez bien au bâton pour un magicien. Je ne vois pas pourquoi vous avez besoin de moi…

KEFKKA : Vous le saurez bien assez tôt… Reposons nous quelques instant, nous allons bientôt pénétrer dans un lieu où je ne sais pas encore ce que nous allons pouvoir trouver dedans.

Ils firent un légère pause le temps de se restaurer et de récupérer de leur journée de marche, puis Kefkka se rendit au fond de la salle contre un mur des plus anodins. Il apposa ses mains dessus en marmonnant des incantations qui ressemblaient plus à des râles ou des crachements, puis en quelques secondes, des runes magique de couleur noire violacée apparurent pour dessiner l’encadrement d’une porte, qui se vida lui aussi pour libérer une entrée dans le mur vers une pièce des plus sombres.

KEFKKA : Nous pouvons y aller, nous touchons presque au but.

Ils prirent chacun une torche et s’engouffrèrent dans la pénombre, une fois rentré dedans, la porte se referma sur eux en disparaissant aussi vite qu’elle était apparue, et il restèrent là dans l’obscurité, éclairés par leurs seules torches.

ORUCHIMARU (narquois) : Et comment comptez-vous sortir maintenant ?

KEFKKA (sec) : Pour l’instant nous ne sommes pas prêts de sortir nous avons beaucoup de choses à faire. Suivez-moi !

Ils avancèrent alors dans une enfilade de salles et de couloirs baignés de ténèbres, la faible lueur qui émanait de leur torche leur permettait de voir de-ci, de-là, en plus des inévitables toiles d’araignées, des squelettes humains, et de drakes qui vraisemblablement avaient péri au cours d’une bataille, au vu des armes et autres armures abandonnés à côté d’eux. L’endroit était empli d’un silence de mort, que seul le bruit de l’air qui arrivait d’on ne sait où, empêchait de leur donner l’impression de demeurer dans le vide. La place ressemblait plus à des catacombes qu’à autre chose. Finalement après moult ponts au dessus du vide, plusieurs escaliers dont la solidité était incertaine, et de nombreux couloirs ils arrivèrent dans une immense salle, dont ils ne pouvaient absolument rien distinguer autour d’eux, à part de très nombreuses colonnes.

KEFKKA (sec) : C’est le moment de faire un peu de lumière… Tenez-moi ça !

Il donna sa torche au rogue, et commença à psalmodier des formules magiques avant de taper un coup sec dans ses mains, au son duquel la salle s’illumina totalement. Toutes les torches qui constellaient les murs et les piliers s’étaient allumées. Il s’avérait que l’endroit était d’une grandeur démesuré, et ressemblait à une sorte de salle de culte, car une large allée était aménagée au milieu des colonnes, et elle débouchait vers une sorte d’autel vers lequel ils se dirigèrent. Une fois parvenus devant, hormis les dizaines de squelettes présents, il ne trouvèrent qu’un immense autel poussiéreux, ou restait encore une dague et sur lequel reposait visiblement la dernière victime qui y avait été sacrifiée, mains et pieds attachés.

Le regard d’Oruchimaru se posa alors au dessus de l’autel, derrière lui, sur le mur était sculpté un gigantesque bas relief. L’ordonnancement était fort symétrique, on y voyait six énormes dragons alignés, dont deux au centre plus gros que les autres. Ils étaient représentés au-dessus d’une foule d’Humains, d’Elfes, de Nains, de Taurens, et de Dragons plus petits. Au-dessus des six sauriens, et tout autour du relief, des runes indéchiffrables pour lui semblaient raconter une histoire, qu’il ne pouvait percevoir, plus à cause du temps passé que de la barrière de l’incompréhension. Puis son regard se posait sur les deux dragons du centre qui dominaient la scène, surtout sur celui de droite qui avait eu la tête martelée, et dont la figure à présent effacée ne laissait plus place qu’à un corps qui était décapitée. Il se risqua alors à demander une explication à Kefkka, qui était visiblement occupé à chercher quelque chose.


ORUCHIMARU : Kefkka que représente ce relief ?

Le démoniste qui semblait tiré de ses pensées le regarda, puis posa son regard sur le bas-relief. Il émit une sorte de « hum », puis regarda le rogue.

KEFKKA (bizarrement attentif) : C’est une vielle histoire… une histoire de dragons. Dites moi déjà ce que vous savez sur eux.

ORUCHIMARU : Je sais que les dragons sont divisé en cinq vols : noir, rouge, bleu, vert, et bronze. Que leurs chefs sont parfois intervenus dans l’histoire d’Azeroth, mais rien de plus.

KEFKKA : C’est plus complexe que cela. Les Dragons sont là depuis l'aube des temps, créés par les Titans qui les avaient dotés du pouvoir d’immortalité, dans l’espoir qu’ils protégent le monde de toute interférence en général et de la Légion Ardente en particulier. Ces premiers dragons, appelés les Aspects sont au nombre de cinq. Il y a Alexstrasza, la Porteuse de Vie représentant l’Aspect de la Vie, qui dirige le Vol Rouge ; Neltharion plus connu sous le nom de Deathwing, le Gardien de la Terre représentant l’Aspect de la Terre puis de la Mort, qui dirige le Vol Noir, Malygos, la Main de la Magie représentant l’Aspect de la Magie, qui dirige le Vol Bleu, Nozdormu, le Maître du Temps représentant l’Aspect du Temps, qui dirige le Vol de Bronze à travers les Grottes du Temps, et enfin Ysera, la Maîtresse des Rêves représentant l’Aspect des Rêves, qui dirige le Vol Vert depuis le Rêve d'Emeraude.
Sur ce bas-relief ils sont représentés au centre au-dessus de tout, et son reconnaissables car ils sont plus gros.

ORUCHIMARU (intrigué) : Euhhhh, il y en a six, pas cinq qui sont plus gros.

KEFKKA : Tout juste. Et quelle particularité a l’un de ces six dragons ?

ORUCHIMARU : On a effacé sa tête.

KEFKKA : Savez-vous qui il est et pourquoi cela a pu être fait ?

ORUCHIMARU : Aucune idée.

KEFKKA : On ne peut guère vous blâmer, c’est une page oubliée de l’histoire des Aspects… Le sixième et dernier dragon est Ikarius, jumeau de Neltharion, et frère souverain du Vol Noir. Les Titans, dans leur grande sagesse, ne voulurent pas laisser un Aspect aussi important à la volonté d’un seul dragon. Mais Ikarius ne l’entendit pas de cette oreille, il trouvait que son frère lui faisait de l’ombre et l’empêchait de mener le Vol Noir comme il l’entendait. Il intriguait beaucoup, et les luttes d’influence commencèrent à déchirer le Vol lui-même. Pensant que cela ne pouvait durer et que l’heure de son règne était venue, il déclencha une guerre fratricide avec ses partisans dans le Vol Noir pour en prendre seul la suprématie. Malheureusement pour lui, Neltharion s’allia aux autres Aspects, et provoqua la défaite d’Ikarius et des siens, qui semblaient menacer l’ordre établi au sein des Dragons. Finalement, et suprême ironie de l’histoire, le Vol Noir n’eut à sa tête que celui qui allait devenir Deathwing et qui trahirai les quatre autres aspects.

ORUCHIMARU : Qu’est devenu Ikarius ?

Kefkka poussa un long soupir et haussa les épaules.

KEFKKA : Les Dragons savent se montrer forts implacables et cruels quand l’ordre qu’ils défendent est menacé…

ORUCHIMARU : Et pourquoi est-il représenté plus grand que les autres aspects, et qui est l’autre dragon qui est également plus gros à côté de lui ?

KEFKKA : Nous sommes ici dans l’ancien temple des Fils de l’Aile, les fidèles d’Ikarius. Il est représenté en majesté avec son frère Neltharion. Au dessus de chaque dragon on peut lire son nom, sauf ces deux là, ou vous pourriez lire, si vous connaissiez ces symboles : « Neltharion, le Traître », « Ikarius, le Maître ».

ORUCHIMARU : Si ce sont ses fidèles, pourquoi l’ont-ils représenté de la même taille de celui qu’ils considèrent comme un traître ?

KEFKKA : Car au départ ils étaient semblables et dotés du même potentiel, mais, au final l’un est devenu pour ces gens un traître et l’autre leur maître.
Malheureusement pour eux, cela ne leur a pas réussi, étant donné que les autres Aspects les ont défaits, et sont venus ici les exterminer et marteler toutes les représentations d’Ikarius, en signe de damnation mémorielle. Ce qui explique que cette guerre ancienne, soit oublié de tous aujourd’hui, il n’est reste presque plus de traces.

Le rogue ayant satisfait sa curiosité sur le relief, se risqua alors à une autre question qui le taraudait depuis qu’ils étaient entrés dans ce temple :

ORUCHIMARU (intrigué) : Pourquoi nous avez-vous emmenés ici au fait ?

KEFKKA : D’après ce que je sais, le premier des artefacts que nous recherchons se trouve à Auchindoun, dans ce qui s’appelles à présent le « Labyrinthe des Ombres ».

ORUCHIMARU : Tout un programme…

KEFKKA : Il serait en possession d’un Ogre nommé « Cœur-Noir le Séditieux ». Or le chemin que je nous ai fait emprunter est celui qui nous permet d’arriver sans le moins d’encombre jusqu’à lui, et en évitant d’attirer l’alerte sur nous. Ce temple d’Ikarius étant oublié depuis trop longtemps nous n’y risquions donc rien. Et j’ai beau savoir me battre, j’ai besoin de vous, jeune rogue, pour récupérer ce puissant artefact. J’étais d’ailleurs en train de chercher l’activation du mécanisme qui nous permettra de monter dans le labyrinthe.

ORUCHIMARU : Et ça ressemble à quoi votre truc ?

KEFKKA : Une pierre de l’autel qui soit enfonçable.

Ils se mirent tous les deux à la recherche dudit mécanisme qu’ils ne tardèrent pas à trouver quelques minutes plus tard. Aussitôt activé, un escalier en spirale se déroula tout autour de la colonne la plus proche de l’autel, et ils les gravirent pour déboucher sur une salle à moitié ensevelie, et où un des côté était recouvert d’un mur de pierres où se dessinait une porte.

KEFKKA : Ah nous y sommes.
Quand Auchindoun a été construite, cette entrée a été comblée, mais une porte a été aménagée vers ce conduit, au cas où. Mis à part nous, je doute fort qu’elle ait pu servir lors des derniers siècles…

Ils poussèrent la Porte dans la plus grande discrétion, celle-ci fit quelques difficultés, mais s’ouvrit néanmoins sans trop de bruit. Ils arrivèrent alors dans un renfoncement creusé à l’arrière d’un immense monolithe de pierre de forme phallique qui surplombait la salle. En gravissant quelques marches ils purent avoir un point de vue sur cette grande salle, remplie de membres du Conseil des Ombres, et au fond de laquelle, sur une terrasse, se tenait un immense Ogre-Magie vêtu de noir.

ORUCHIMARU (hésitant) : Ça se corse… Ils sont au moins une trentaine dans cette salle… Vous avez une idée ?

KEFKKA (concentré) : Laissez moi réfléchir quelques instants.

Tandis que Kefkka réfléchissait Oruchimaru regardait les Orcs du conseil se déplacer dans la salle, il y voyait aussi de nombreux démons.

ORUCHIMARU : Dites moi, vous êtes bien démoniste ?

KEFKKA (étonné) : Cela va sans dire !

ORUCHIMARU : Y’aurait pas moyen que vous preniez le contrôle d’un ou deux démons et que vous mettiez un peu de bordel dans tout ça ?

Kefkka regarda encore une fois la salle de haut et sembla réfléchir à l’idée du rogue.

KEFKKA (pensif) : Pourquoi pas… Je ne pensais pas que ce serait facile, mais je n’imaginais pas qu’il y aurait autant d’ennemis… Après tout… Mais, il faudra se faire discret…. Huuuuum…
Très bien, nous allons tenter le coup. Restez derrière moi.

Kefkka resta au sommet du monolithe, prenant garde de ne pas se faire voir, et commença à prononcer quelques incantations en regardant fixement une démone à six bras qui patrouillait dans la salle. Lorsque Kefkka se tût une lueur verte extrêmement intense brilla dans son regard, et la démone s’arrêta. Puis il la fit continuer à patrouille l’air de rien, cherchant le meilleur moyen de semer le maximum de zizanie au milieu des Orcs.

Il la fit s’arrêter de nouveau derrière une rangée d’Orcs qui se tenaient le long de bancs. Puis il envoya une pluie de feu sur l’Ogre-Magie et sur un groupe d’Orcs à côté. Il lâcha aussitôt l’asservissement qu’il exerçait sur la démone, et en incanta un de nouveau pour contrôler un diablotin qu’il envoya tirer dans tous les groupes qui se trouvaient aux alentours. Il répéta l’opération une troisième fois sur un autre groupe, puis un quatrième, puis un dernier. Si bien qu’il régna un désordre indescriptible dans la salle, les Orcs s’attaquant entre eux, l’Ogre-Magie fonçant dans le tas et leur rendant la pareille, les démoniste du conseil le lui rendant bien aussi. Quelques rogues sortirent des ombres pour se joindre à la mêlée faites de combats au corps à corps violent, de salves magiques fusant dans tous les sens, venus de la salle annexe, d’autres Orcs vinrent se joindre à la bataille fratricide qui dura sans faiblir pendant une bonne vingtaine de minutes. Sur la fin, Cœur-Noir, finissait d’achever les derniers Orcs et démons encore debout se son énorme masse hérissée de piques.

Visiblement ni lui, ni les autres ne s’étaient attendus à une attaque extérieure, et s’étaient allègrement entretués sans trop chercher à savoir pourquoi, sinon répliquer instantanément à leurs assaillants présumés de la manière la plus violente possible. Il fini par s’asseoir exténué, sur les marches de la terrasse posant lourdement sa masse à ses côtés. De leur côté Kefkka et Oruchimaru jubilaient.


KEFKKA : Osé… Mais efficace, très efficace. L’audace est parfois payante…

ORUCHIMARU : Je n’ai peut-être pas votre cruauté, mais je sais jouer mon va tout quand il le faut.

KEFKKA : À présent il ne reste plus qu’à finir cet imbécile d’ogre et nous assurer qu’il détient ce que nous cherchons…
Suivez moi, nous descendons.

Ils descendirent avec précaution du Monolithe de pierre, et se tinrent à l’angle de la pièce hors de son champ de vision. Kefkka invoqua un gangregarde, et laissa une pierre de soin au rogue.

KEFKKA : Vous irez au corps à corps avec mon familier. Je resterais au loin pour lui envoyer le plus de projectiles magique et de malédictions que je pourrais. Mon gangregarde le provoquera au maximum pour qu’il se concentre sur lui. Attendez une dizaine de secondes après le début du combat pour sortir de nulle part, et commencez à l’assaillir de vos coups également. Compris ?

ORUCHIMARU (acquiesçant) : Compris.

Le démon se rua alors en direction de l’Ogre, qui fut pris au dépourvu et essuya les premiers coups sans pouvoir répondre avec sa masse encore posée au sol. Il ne lui fallu pas longtemps pour réaliser qu’il était de nouveau attaqué et répondre de façon adéquate avec son arme enfin entre ses mains. Et tandis qu’il rendait avec autant de vigueur que possible ses coups au gangregarde, Oruchimaru sorti de l’ombre et commença à porter lui aussi ses attaques contre l’ogre, tandis que Kefkka au même moment envoyait ses salves de traits de l’ombre et lançait toutes les malédictions possibles.

Dans un sursaut de rage, Cœur-Noir explosa de colère et les projeta tous plusieurs mètres en arrière. Ils commencèrent tout juste à se relever que déjà l’Ogre fonçait ses deux tête baissée sur le démon en faisant virevolter son arme dans les airs et contre la peau rugueuse du familier de Kefkka, qui s’employait à le soigner du mieux qu’il pouvait.

L’ogre voyant le long trait de lumière verte partir du démoniste pour arriver sur son démon, changea de tactique. Il envoya voltiger au loin le gangregarde et plaça Oruchimaru sous son contrôle mental qu’il envoya se jeter sur Kefkka. A la vitesse de l’éclair le voleur fondit sur le démoniste et lui asséna ses coups de dague qu’il eut du mal à éviter pour la plupart. Se voyant en mauvaise posture, le démoniste lança un sort de peur sur le rogue qui s’enfuyait alors à l’opposé, tandis que son gangregarde bondit de nouveau sur l’ogre qui ricanait. Le choc tira Cœur-Noir de sa concentration et eu pour effet de briser le contrôle mental. Ne lui laissa pas une seconde de plus le démoniste continua à le darder de ses sorts et lui lancer encore ses malédictions, tandis qu’Oruchimaru revenant à lui faisait danser les lames de ses dagues contre sa chair.

Une nouvelle explosion de colère de l’Ogre-magie et à nouveau un contrôle mental sur le rogue mirent Kefkka en très mauvaise posture. À présent il recevait les coups du rogue sans pouvoir les éviter, et il n’avait pas encore assez de force pour de nouveau l’effrayer. Ne voulant affaiblir son allié, il était obligé de supporter les coups de dague qu’il ne pouvait éviter. Son gangregarde qui tira de nouveau Coeur-Noir de sa concentration fut salvateur et Oruchimaru s’éloigna pour retourner sur l’ogre tandis que Kefkka, trop blessé s’effondrait à terre.

Les dernières tentatives de l’Ogre-Magie n’y changèrent rien, à force d’assauts répétés du démon et du rogue et sous les derniers effets des malédictions de Kefkka il s’effondra au sol, vaincu et mort.

Le familier du démoniste retourna auprès de son maître qui gisait au sol dans une marre de sang, au grand effroi d’Oruchimaru qui se précipita vers lui.


ORUCHIMARU (paniqué) : Kefkka ! Vous m’entendez ?!

Le démoniste ne pu qu’articuler faiblement.

KEFKKA (faible) : oui…

ORUCHIMARU (paniqué) : Dites moi ce que je dois faire !

KEFKKA (faible) : pierre… la pierre…

ORUCHIMARU : Quoi ?

Le démoniste perdit alors connaissance, laissant le rogue totalement désemparé. Mais il réalisa aussitôt qu’il lui restait la pierre de soin que Kefkka lui avait fourni au début du combat et qu’il n’avait pas utilisé. Il passa le cristal vert brûlant au dessus des plaies de Kefkka qui cicatrisèrent un peu et le firent revenir à lui. Le démoniste toussa, comme pour reprendre son souffle, cracha du sang, et regarda le rogue dans les yeux.

KEFKKA (haletant) : Aidez moi à… me relever. Amenez moi à l’ogre.

Oruchimaru passa le bras de Kefkka autour de son épaule et l’amena vers le cadavre de Cœur-Noir encore chaud. Le démoniste cherchait alors du regard quelque chose sur l’Ogre, et finit par trouver. Il pointa un plis dans la toge de la main.

KEFKKA : Là ! Prennez… ce qu’il y… a dedans.

Le rogue fouilla un peu et arriva à retirer une sorte de vieux grimoire relié de cuir noir, sur lequel courait des symboles qu’il n’avait jamais vu, et d’où émanait une lumière verte. Le démoniste le lui arracha aussitôt des mains, et se détacha d’Oruchimaru pour aller s’appuyer en boitant contre un mur, afin de feuilleter le grimoire.

ORUCHIMARU (étonné) : Tout va bien ?

Le démoniste avait un souffle dans la voix, mais son ton laissait transparaître une sorte de folle ivresse.

KEFKKA : Après toutes ce temps… Il est mien, enfin…

ORUCHIMARU (incrédule) : C’est pour un bouquin qu’on a fait tout ça ?

KEFKKA (outré) : Ce « bouquin » ! Comme… vous dites, est le Livre des Noms Gangrennés ! Le manus… crit démoniaque le plus puissant qui soit. Avec lui… Plus rien ne sera impossible contre… les démons !

Ils tournait fébrilement les pages semblant rechercher avec avidité une quelconque formule connue de lui seul. Ses doigts parcouraient à une vitesse frénétique les pages qu’il compulsait, et soudain, ils s’arrêtèrent en haut d’une page comme ayant trouvé ce qu’ils cherchaient. Kefkka émit alors son rire le plus sinistre et se tourna immédiatement vers Oruchimaru.

KEFKKA (sec) : Vous ! Retournez au sommet du monolithe et enfermez-vous dans l’antichambre jusqu’à ce que je vienne vous en chercher !

La façon totalement sèche et l’excitation dans sa voix, ne laissant planer aucune doute, Oruchimaru ne se laissa pas aller cette fois à poser la moindre question, et quelques instants après il avait disparu de la salle, où à présent Kefkka se trouvait seul.

Il se plaça à son centre, déplaçant avec difficulté les cadavres et les bancs qui s’y trouvaient. Puis, sorti sa dague d’un métal noir argenté parcourue de runes bleues, et s’en entailla les veines pour laisser couler son sang noirâtre au sol, qui vint tomber en une flaque sur le dallage de pierre. Après une nouvelle incantation, le sang vint s’étaler partout autour pour former des motifs compliqué qui dessinèrent un cercle magique couvert de runes et de symboles complexes. Kefkka s’y plaça alors au milieu, laissa tomber son bâton et se tint le plus droitement qu’il pu, livre ouvert dans une main, et l’autre dessinant d’étranges arabesques dans les airs, qui laissaient des traînées violettes après chaque mouvement de ses doigts tandis qu’il murmurait des formules dans quelque langue oubliée. Le cercle magique au sol pris une couleur verte de plus en plus prononcée, tout comme les volutes magiques s’échappant à présent en sortes de boules autour de la main du démoniste qui tournoyait en l’air. La lumière devint totalement aveuglante, le livre était devenu une sorte de bloc rayonnant vert qui commença à recouvrir la silhouette de Kefkka, qui disparu elle aussi sous cette coulée aveuglante.

Au sol, le cercle devint lui un immense cercle lumineux, qui s’éleva en une fraction de seconde jusqu’au plafond en une colonne de lumière à présent d’un vert tellement clair qu’il tirait sur le blanc. Tout autour de la colonne des spirales d’énergies commencèrent à tournoyer, et à l’intérieur, Kefkka commença lentement à s’y élever, pour s’arrêter à mi distance entre sol et plafond. La colonne d’un seul coup se fondit en Kefkka qui fut alors entouré de cette sphère lumineuse qu’il absorba peu à peu pour devenir lui-même une silhouette d’énergie qui pris une teinte émeraude vif d’où émanèrent plusieurs rayons de la même couleur qui fusèrent dans tous les sens, tandis que se recroquevillant sur lui-même, puis se contractant violemment en arrière à plusieurs reprise le démoniste devint de plus en plus lumineux. Dans une dernière convulsion deux sortes d’énormes ailes de lumières se déployèrent sur une bonne largeur de la pièce et se mirent à battre, avant de se rétracter dans son dos et de disparaître.

Il tomba alors au sol, accroupi, et se leva tout en se dépliant lentement comme une fleur qui éclot au Printemps. La lumière disparu peu à peu, et il réapparu bien visible comme auparavant, mais il paraissait possédé par une nouvelle force qui le faisait se tenir dans une posture magistrale. Il était là, debout et contemplait ses mains d’où émanait une aura verte qui s’évaporait en une sorte de fumée, la même fumée qui émanait des deux point scintillants de la même couleur et qui étaient à présent les deux yeux menaçants qui perçaient de sa capuche. Il émit à nouveau un ricanement sinistre, qui se mua vite en un long rire malsain à gorge déployé qui ne semblait plus finir et qui empli le labyrinthe des ombres d’une atmosphère encore plus angoissante que celle qui y régnait déjà.



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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:49 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 22

Songe d’une nuit d’été




Au cœur de la nuit, une zébrure de lumière se fit jour. Sortant des ténèbres comme perçant un silence trop lourd à porter depuis si longtemps, une voix fendit le calme séculaire des choses enfouies depuis une éternité. C’était la voix d’une femme qui cherchait quelqu’un :

VOIX : Drako, tu es là ?

Une voix faible répondit de derrière une porte de bois armée de fer.

DRAKO (surpris) : Mar’Hya c’est toi ?

Il y eu un bruit métallique puis un déclic, une haute-elfe à la beauté sans pareille pénétra dans la cellule ou elle trouva un homme enchaîné à un mur. Elle était extrêmement belle, elle avait les traits fin et délicats, sa longue chevelure d’un blond lumineux ondulait avec grâce à chacun de ses pas. Elle posa ses grands yeux d’un bleu profond, sur un homme aux traits plutôt grossiers, aux sourcils broussailleux, aux cheveux blonds négligemment attachés en une queue de cheval. Bien qu’il fut jeune il paraissait âgé, et les hématomes qu’il portait au visage n’y arrangeaient rien. Elle resta longuement à le contempler et il demeurèrent silencieux un long moment à se soutenir mutuellement du regard. Physiquement, tout semblait les opposer, pourtant on sentait briller dans leur regard un désir ardent qui n’en tenait aucunement compte, et qui semblait prêt à soulever des montagnes. Elle se décida enfin à briser le silence.

MAR’HYA (grimaçant) : Mon Dieu… qu’est ce que Père t’a fait ?

DRAKO (un rictus en coin) : Zerevor a voulu être très persuasif concernant ce qu’il avait à me dire…

MAR’HYA : Je t’avais pourtant dit de partir…

La voix faible de Drako sembla retrouver de la force.

DRAKO (sec) : Et je t’ai répondu que je mourrais plutôt que d’avoir à te quitter !

MAR’HYA (ironique) : Ce que mon Père prend au pied de la lettre !

Ils avaient élevé la voix chacun leur tour et un silence gêné s’installa durant un instant.

DRAKO (inquiet) : Pourquoi es-tu venue mon amour… ?

MAR’HYA : Pour te sortir d’ici.

Elle ouvrit sa main et en sorti une clef avec laquelle elle défit Drako incrédule de ses chaînes.

DRAKO : Mais comment… ?

MAR’HYA : Je ne suis peut-être pas aussi douée que toi en magie, mais suffisamment pour pouvoir prendre un garde par surprise… Bois ça.

Elle lui tendit une gourde, qu’il vida d’une rasade, ce après quoi il sembla avoir retrouvé ses forces.

DRAKO : Viens avec moi. Enfuyons-nous d’ici ! Loin de ton Père, loin de Medivh ! Loin de Karazhan !

Il la sera alors contre elle, mais elle le repoussa d’un coup, et le regarda médusée.

MAR’HYA (énervée) : Ne dis pas ça ! Tu sais bien que c’est impossible !

DRAKO (lucide) : Je le sais ! Et je sais ce qui m’attend si on nous surprend. Je risque la pendaison cette fois…
Alors fuyons. Fuyons loin d’ici ! De tout cela !

MAR’HYA (abattue) : Je ne peux pas… Si je fais ça, ils nous traqueront, et ils te tueront. Je…

Elle se laissa aller sans retenue à un violent sanglot.

MAR’HYA (accablée) : Je…
Je ne peux pas…
Je ne peux pas te faire ça… Je ne peux pas fuir pour toi. Ma place est ici mon amour.

Il demeura interdit.

DRAKO (incrédule) : Comment peux-tu dire ça ? Après tout ce que nous avons vécu ?! Ce que nous nous sommes promis !
Que veux-tu ? Rester enfermée dans cette prison dorée ?! Perpétuer la lignée de ta race, sans avoir ton mot à dire ?! Ou alors choisir le vie qui te plait ?
Tu préfères la vie bien rangée que Zerevor a planifiée, le Kirin Tor, et je ne sais quel bellâtre de Haut-Elfe au lieu de suivre ton cœur ?!?!

Il se retourna de rage en serrant les poings.

MAR’HYA (incrédule) : Crois-tu que ce soit si facile ?! Crois-tu que je puisse infliger cela à ma lignée ?! Tu es humain, tu es mortel ! On me répudiera et je perdrai l’amour des miens si je commettais la folie de suivre mon cœur !

DRAKO (se retournant sur elle) : Que dois-je faire alors ?! Dis le moi !
Dois-je disparaître et mourir de toi, ou rester ici et attendre que ton cher père me passe la corde au cou ?

MAR’HYA (tentant de le raisonner) : Père te tueras assurément ! Il doit suivre les lois de notre race, tout comme il doit suivre les règles de Medivh lorsque nous demeurons ici !

DRAKO (mauvais) : Alors je lui prouverai ! À lui ! À toute ta race ! À ce magus ! Et à la face du monde entier que je repousserai toute les limites pour te gagner ! Je serais digne de toi ! Dussais-je passer ma vie entière à quérir cette puissance !
Et je reviendrais te chercher ! Et nous seront heureux tous les deux mon amour ! Je t’en fais le serment !

Il commença à s’en aller.

MAR’HYA (s’agrippant à son bras) : Je t’en prie attends ! Tu ne comprends pas…

Il la repoussa fermement et la considéra avec fierté. Il ne pouvait cesser de contempler sa beauté, et la tristesse de son regard dans lequel il risquait à chaque instant de se perdre.

DRAKO (dément) : Ils verront ! Tous ! Ce dont je suis capable pour toi !

Elle voulu se jeter à nouveau contre lui pour le retenir, mais il la repoussa d’un mouvement ample des bras, avant de disparaître dans un nuage de fumée violacée noire. Elle recula d’effroi et s’effondra en pleurs.

Au milieu des ténèbres un cri déchira la nuit, Lizandra se réveilla en sursaut, le front en sueur. Elle regarda tout autour d’elle, paniquée, ne sachant pas très bien si c’était elle qui venait de crier où si c’était quelqu’un d’autre. L’image du cachot lui revint alors à l’esprit, et elle ne savait plus trop où elle en était et comment se faisait-il qu’elle ait vu cela.

Elle remarqua alors seulement l’effervescence qui régnait autour d’elle, Slayeur et les autres semblaient chercher quelqu’un, sans prêter attention à son état. Le Nain s’arrêta alors face à elle, et semblait agacé, son œil mécanique la fixant avec intensité.


SLAYEUR : Ne reste pas plantée là !

LIZANDRA (absente) : Quoi… ? Qu’est-ce qui se passe ?

SLAYEUR (agacé) : Anthem a disparue, tu ne l’as pas entendue hurler ?

LIZANDRA (absente) : Je… je… non. Enfin… si. Je ne sais plus…

SLAYEUR (intrigué) : Tout va bien ?

La chasseresse ne répondit pas à la question, et fit mine de n’avoir rien entendu.

LIZANDRA (se relevant) : Si elle vient de disparaître, autant se mettre de suite à sa recherche tant que les traces sont fraîches.

Slayeur la considéra un instant, puis d’un signe de tête lui fit signe de le suivre. Ils rejoignirent Boumator et Fouregueule, qui étaient en pleine recherche.

SLAYEUR : Si avec trois chasseurs on n’arrive pas à la retrouver…

FOUREGUEULE : Retrouver qui ?

SLAYEUR : Comment ça « retrouver qui » ?! Tu te fous de moi ?! Tu es en train de chercher quoi là ?!

FOUREGUEULE (naïf) : Bah mon herbier.

LIZANDRA : Oh oh…

Un instant plus tard Fouregueule était allongé au sol avec une bosse de la taille d’un œuf d’autruche sur la tête.

SLAYEUR (pestant) : Dernière fois qu’on campe à Nagrand pour la nuit… Entre les plantes à ramasser par l’autre tordu et le PvP sauvage qui se transforme en kidnapping en règle ça va deux secondes !

BOUMATOR (intrigué) : Là ! Il y a quelque chose…

Boumator commença à suivre une traînée d’empruntes dans l’herbe qui partaient de la faille où ils avaient établi leur campement pour s’éloigner vers une berge.

BOUMATOR : Mmmm dans l’eau impossible de suivre leurs traces. Ils sont peut-être rattrapables, vu les empruntes et leur profondeur, il est tout seul et doit porter de la plaque…
Y’a quoi au-dessus de la falaise en face ? Je vois des lumières.

LIZANDRA : C’est Halaa, mais on ne peut y accéder que par en haut, la ville est plantée au milieu de la faille, et reliée uniquement par des ponts de corde. S’il a voulu fuir ce n’est sûrement pas ici.

SLAYEUR : Tu connais la région Liz, par où ont-ils pu passer pour s’enfuir de la faille ?

LIZANDRA : A l’Ouest il y a des chutes d’eau qui tombent dans un lac, donc c’est à exclure vu le peu de mobilité qu’il a avec un équipement lourd et quelqu’un a transporter en plus…
Au Nord par contre la partie supérieure de la faille débouche à côté du Poste de Berceau de l’Été à l’Ouest. De là il y a des chemins qu’il pourra emprunter en monture pour s’enfuir.

SLAYEUR : Alors c’est parti !

Sans plus de ménagement il les attira à travers le plan d’eau qui serpentait au milieu des falaises et des pitons rocheux. Visiblement le ravisseur était bien passé par là car des bracelets d’élémentaires d’eau avaient reflué sur les rives alentours. Au bout d’un moment ils arrivèrent de l’autre côté du bassin d’où ils virent une silhouette dans les ombres s’éloigner précipitamment, en tenant dans ses bras un corps à l’horizontale.

Ils se lancèrent tous les trois à leur poursuite, tandis que disparaissait de leur vue l’inconnu arrivé en haut de la montée. Lorsqu’ils furent sur le point de l’atteindre également, ils ressentirent un grand froid les parcourir, et une nova d’ombre les projeta en arrière tandis que dans le ciel des orbes lumineuses desquelles partaient de nombreux éclairs scintillèrent de tous leurs feux. Lorsqu’ils se relevèrent une dizaine de goules et des squelettes fonçait sur eux pour les attaquer.

Bien que n’ayant aucun mal à vaincre leurs assaillants d’outre-tombe, ceci leur fit perdre un certain temps, et lorsqu’ils purent arriver en haut, il n’y avait plus personne. Au sol, la nova d’ombre avait tout carbonisé, et on voyait clairement dessiné dans la terre des traces de bottes et de sabots de cheval.


LIZANDRA : Ils sont partis…

SLAYEUR : Sans blague ?! Jure !
Je n’aime pas ça… des morts-vivants en Outreterre… Ce n’est pas normal.

BOUMATOR : Peut-être un nécromancien, il savait manier les ombres…

SLAYEUR (ironique) : Un nécro qui porte de la plaque ? Comme si c’était pas déjà assez cheaté, il nous manquerait plus que ça ! Tu veux pas qu’il tanke aussi ?

LIZANDRA : Euh… sinon on essaye de les retrouver ou on reste là à se prendre le chou ?

SLAYEUR : Ils sont déjà loin, il fait nuit et…

LIZANDRA (le coupant) : Okay je retourne me coucher alors.

L’elfette s’en alla, mais elle se retourna lorsque Slayeur l’appela :

SLAYEUR : Au fait Liz…

LIZANDRA : Oui ?

Son œil commença à tournoyer dans son orbite avec force de cliquetis mécaniques. On aurait dit qu’il la passait aux rayons X tant il la regardait avec insistance.

SLAYEUR : Fais de beaux rêves…


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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:50 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 23

La Volonté de Draenor (1/3)




Sur un îlot de pierre bleutée entouré de brumes, Anthem revint à elle. Elle eu un choc à la première respiration car l’air lui semblait étrangement lourd et humide et on n’y voyait pas à dix mètres au loin. D’ailleurs où aurait-elle pu aller ? Le minuscule morceau de pierre qui flottait à la dérive dans le Néant ne lui permettait pas d’aller où que ce soit. Elle contemplait l’immensité du vide autour d’elle, la pesante angoisse de l’inconnu qui la submergeait de toute part et dévorait les tréfonds de son âme. Elle se lamentait sur son sort lorsqu’un rire narquois la tira de sa torpeur.

VOIX : Alors on est perdue ma douce ?

ANTHEM : Quoi ?! Qui… ?

Le ricanement se fit de nouveau entendre et un grand homme au visage d’une pâleur mortuaire et aux cheveux mi-longs à la blancheur d’un linceul apparu devant elle ; cette vision d’outre-tombe la choqua à telle point qu’elle poussa un cri d’effroi.

ANTHEM (consternée) : Darsh ?!?!

DARSHANESH (ironique) : Inutile de crier mon amour, personne ne pourra t’entendre ici au milieu du vide…

Darshanesh, le paladin serviteur de la Lumière et de la Justice ; celui dont Slayeur avait abusé la confiance pour mener à bien ses plans d’épuration raciale lors de la Guerre des Gnomes ; ce même Darshanesh enfin qui était marié à la prêtresse Anthem, et qui mourut empoisonné par cette dernière après un baiser mortel.
Il la regarda en l’air mi absent, scrutant le ciel d’un air mélancolique.


DARSHANESH : Comme le temps passe….

Anthem ne parvenait pas à articuler le moindre mot, horrifiée par ce qu’elle avait devant elle. Elle l’avait pourtant tué pour assouvir sa soif de puissance, or, il lui faisait de nouveau face, revenu d’entre les morts. Et cette armure terrifiante qu’il portait lui donnait un air encore plus menaçant. Dépassant de son dos, une énorme épée runique à deux mains brillant d’un éclat étrange achevait de donner à cette rencontre une aura des plus malsaines.

ANTHEM (bégayant) : Tu… tu…

DARSHANESH : … es revenu ? J’en ai bien peur…
Pour toi !

Son dernier mot claqua de façon si sèche et menaçante dans sa bouche que la prêtresse des ombres commença à envisager l’éventualité de sauter dans le néant pour éviter la séance de mise au point qui allait suivre.

ANTHEM (angoissée) : Que… Comment… ?

DARSHANESH : Comment suis-je revenu ?

Il la regarda avec insistance de ses yeux verts de jade, son regard devait sans doute être la partie de lui qui avait l’air la plus vivante.

DARSHANESH : Je serait toi ma douce, je m’inquièterai du pourquoi… Mais soit.

Elle eu un hoquet nerveux et recula d’un pas.

DARSHANESH : Lorsque tu m’a laissé pour mort dans Stormwind, dans le quartier le plus mal famé de cette ville, tu aurais du t’assurer que mon corps disparaisse au lieu de faire croire à un empoisonnement suite à une altercation avec un voleur…
Malheureusement pour toi, un membre du Conseil des Ombres a été plus rapide et il a livré ma dépouille aux soins d’un nécromancien qui a eu tôt fait de me ramener d’où tu m’avais jeté.

Son ton était encore plus sec qu’avant, et le mépris transparaissant dans sa voix.

DARSHANESH (fielleux) : Mais à toute chose malheur est bon comme on dit. Je suis à présent un Chevalier de la Mort, et désormais, je sers le seul vrai roi… Le Roi Liche.

ANTHEM (abasourdie) : Quoi ? Toi un paladin ?! Mais tu ne…

Il prit une voix fluette et commença à imiter Anthem en prenant des postures grotesques.

DARSHANESH (ironique) : Quoi toi une prêtresse ? Tu ne peux pas conspirer voyons !

ANTHEM (renfrognée) : Finis en au plus vite ! A quoi joues-tu ?

Sans prévenir il la saisi alors violement par le cou de sa main gantée de plaque, enfonçant dans sa chair les aspérités aiguisées de l’ouvrage de forge, la souleva de plusieurs centimètres au dessus du sol et il prit son ton le plus menaçant.

DARSHANESH (menaçant) : Je ne le répèterai pas ! Qu’est-ce-que-prépare-le-Nain ?!

Anthem suffoquait à moitié, et son cœur palpitant face à la mort qu’elle sentait proche, n’arrangeait rien.

ANTHEM : Re-liques !!! Il cherch… des re… liques !!!

Et desserra son étreinte et elle s’effondra à terre.

DARSHANESH : Quelles reliques ?! Parle !

À bout de souffle, reprenant sa respiration comme elle le pouvait elle articula quelques [i]mots.

ANTHEM (essoufflée) : A Na-grand… dans… l’Oshu-Gun…

[i]Il resta un long moment à la contempler dans un silence pesant tandis qu’elle tentait de retrouver son rythme respiratoire habituel. Puis sa voix sèche brisa à nouveau le calme précaire.


DARSHANESH : Que sais-tu d’autre ?!

ANTHEM (apeurée) : Rien… strictement rien ! Je te le jure !

DARSHANESH (soupçonneux) : En es-tu bien sûre ?

Elle rampa d’effroi en arrière.

ANTHEM (terrifiée) : Je te le promets.

Il la saisit alors par le col de sa robe sans plus d’autre forme qu’à l’instant précédent, Anthem se voyait déjà lancée au milieu du Néant, destinée à périr sans que personne le sache et sans qu’elle puisse cette fois ne jamais en revenir. Elle jetait des regards nerveux face au vide qui les entourait. En voyait cela Darshanesh eut un ricanement sadique.

DARSHANESH : Te lancer dedans ?! Mais quelle bonne blague !

ANTHEM (terrifiée) : Tu ne vas pas me tuer… ?

DARSHANESH : Oh bien sûr que si, mais je compte te faire payer ta trahison tout d’abord… Un peu de torture me distraira avant que je ne te fasse rejoindre les rangs du Fléau…

Elle poussa un cri strident qui se perdit dans l’immensité du vide. Pendant ce temps, plus au Sud, l’aube se levait sur Nagrand. Slayeur se réveilla avec, en tête, les mots du Seigneur Gniev sur la Volonté de Draenor : « Il a la plus insignifiante des formes. Tellement insoupçonnable que personne ne pourrait penser à ce que c’est. Mais la chasseuse elfe que je vous ait demandé de capturer vous permettra de rentrer à Oshu’gun et de trouver l’artefact ».

Il trouva Lizandra, postée accroupie sur un rocher, qui contemplait le ciel qui prenait peu à peu des couleurs. Elle avait la tête posée sur les genoux, et semblait lasse.


SLAYEUR (arrivant en silence) : J’espère que tu ne songes pas à nous quitter car la prêtresse est partie et que du coup il n’y a plus rien à draguer…

LIZANDRA : Hein… quoi ?

Elle semblait sortie d’une longue torpeur, le nain l’avait visiblement arrachée à ses pensée.

SLAYEUR : Tu continues avec nous ?

LIZANDRA : Je… oui… oui… Un peu d’aventure ne me fera pas de mal, je commençais à m’encrasser.

Le ton de l’elfette semblait las.

SLAYEUR : Tant mieux, cela m’évitera de te forcer à nous suivre…
Mais dis moi… On peut savoir pourquoi tu as l’air aussi troublée depuis hier soir ?

Elle se leva d’un bon du rocher, et dominait le Nain d’encore plus haut qu’à l’accoutumée.

LIZANDRA : Je vais réveiller les autres, c’est pas bon de trop traîner dedans, je préfère pas imaginer ce qui se trouve dans ce gros rocher depuis tout ce temps.

Slayeur la considéra avec circonspection tandis qu’elle s’éloignait. Visiblement elle n’avait pas dormi de la nuit, et l’état d’alerte dans lequel il l’avait trouvé la veille semblait la tracasser.

SLAYEUR : Une minute Lizandra !

Il la rejoignit et commença à la toiser de haut en bas avec son œil de verre.

SLAYEUR (méfiant) : Je ne sais pas ce que tu me caches, mais sois sûre d’une chose, si ça compromet mes objectifs je te ferais passer l’envie de garder tes petits secrets… Compris ?

Il n’avait pas élevé le ton, mais la menace claire qu’il venait de formuler résonna aux oreilles de l’elfe comme le plus grossier des jurons.

LIZANDRA (comme si de rien n’était) : Va finir te préparer le Nain, on lève le camp dans vingt minutes.

Cela fut fait dans les temps et Slayeur, Boumator, et Fouregueule suivirent Lizandra dans les vallons de Nagrand alors que le jour pointait de plus en plus. En début de matinée ils arrivèrent enfin en vue de l’Oshu’gun. L’immense cristal était planté là, au milieu de ce gigantesque cratère verdoyant qui s’offrait à leurs yeux et sur lequel des signes était dessinés. Au milieu de tout cela, des sabots fourchus et des éléphants avançaient nonchalamment parmi les élémentaires d’ombres qui pullulaient dans la zone.

BOUMATOR (ahuri) : Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?!

LIZANDRA : Le gros cristal ? C’est l’Oshu…

BOUMATOR (montrant du doigt) : Non pas ça ! Cet animal bizarre là-bas. Tout gris avec des grandes cornes blanches devant la bouche.

LIZANDRA (intrigué) : Quoi les Elekks ???

BOUMATOR (envieux) : Si c’est comme ça que ça s’appelle oui…
Y’a moyen d’en prendre un comme familier ?

LIZANDRA : Rêve ! Ce machin là, ça pourra pas se faufiler là où on va.

Tandis que Slayeur gardait un œil en coin sur Fouregueule après lui avoir confisqué son herbier, Lizandra commença à leur détailler la façon d’entrer.

LIZANDRA : Bon les mecs va falloir être prudents pour entrer. Si tout ce qu’il y a autour vous impressionne, dites-vous que c’est n’est rien en comparaison de ce qu’il y a dedans.

BOUMATOR : Quoi des Elekks, et vaches poilues et des élémentaires ? Si c’est sensé nous faire peur c’est raté.

FOUREGUEULE (paniqué) : Euh…

LIZANDRA : Ça peut encore aller ça… Attends d’avoir vu Durn l’Affameur et on en reparlera.

SLAYEUR : Et on peut savoir qui c’est ce charmant Monsieur ?

LIZANDRA : Pas un type, un Gronn, ce sont des géants des montagnes. Les machins de base ils sont durs comme la pierre et font deux fois ma taille, et bah ça dites vous que c’est le modèle au-dessus qui est trois fois plus grand. Il bave sur l’un de vous et vous mourrez noyés…

BOUMATOR (soupirant) : Exagère pas non plus hein… Et ton machin on peut savoir où il est s’il est si grand ?

LIZANDRA : Soit patient…
En attendant, voilà comme on va procéder : l’entrée de l’Oshu’gun se situe au nord du rocher, on a de la chance parce que c’est à cet endroit que Durn se rapproche le moins du cristal. Ça vous donne une idée des saloperies qu’il y a dedans… Il faudra y arriver en éviter la faune locale qui est pas mal agressives et les Éthériens qui sont en train de démonter le cristal et qui abattent à vue tout ce qui s’en approche. Heureusement pour nous, nous avons un atout de taille.

FOUREGUEULE : Si c’est une blague sur les Nains évite, c’est pas bien de se moquer du physique…

LIZANDRA : Non l’atout qui roxx, c’est… moi.

BOUMATOR (pouffant) : Ça va les chevilles fillette ?!

FOUREGUEULE (haussant les yeux) : J’aurai préféré une blague sur les Nains à la rigueur…

LIZANDRA : D’une je sais ou je met les pieds, de deux, je dois être la seule créature encore en vie ressortie de ce machin, et de trois, je peux descendre un cafard dans le noir à 2 km de distance d’une flèche de mon arc.

BOUMATOR : Reculez un peu on va lui faire de la place pour se chevilles… Voilà comme ça, 20 mètres en arrière ça devrait suff…

Il s’interrompit car le sol venait de trembler avec force dans un bruit sourd.

SLAYEUR : Tiens, voilà le copain de Liz…

Au détour du cristal Durn l’affameur venait d’apparaître et semblait à l’affût, tournant sa tête cyclopéenne dans tous les sens. De son imposante masse brune foncée il dominait le cratère projetant en plus de son imposante ombre au sol, des filets de baves qui venaient mourir à terre en formant des flaques. Slayeur se tourna alors vers Fouregueule.

SLAYEUR (menaçant) : Bouge… ne serait-ce qu’un seul centimètre pour aller cueillir une fleur qui se trouverait à côté du Gronn…

FOUREGUEULE (mal à l’aise) : euh.. Slay…

SLAYEUR (lui pointant le doigt à la figure) : Ne m’interrompt pas !
Je disais donc, bouge donc d’un pouce et je te…

FOUREGUEULE (mal à l’aise) : Mais Slay il faut que…

SLAYEUR : RIEN DU TOUT ! Ecoute moi !
Tu ne bouges pas ! Et tu ne dis rien ! Et tu l’ouvres une fois, je fais cramer ton herbier !

Fouregueule soupira longuement et croisa les bras en faisant une mine de boude avant de leur tourner le dos.

SLAYEUR : Voilà, ça évitera les pulls foireux comme ça…

LIZANDRA (hilare) : Euh… Désolée de te contredire, mais je crois que non.
Il me semble que ton copain hunt voulait te prévenir que le troisième Nain du groupe était déjà parti en courant vers Durn… On av bien rigoler…

En effet, un peu plus loin, Boumator, fusil à la main, poursuivi par une dizaine d’animaux, d’élémentaires et d’Éthériens, courait vers le Gronn géant en hurlant.

BOUMATOR (dément) : Mais neeeeeed trop ce pet là !!!!!

SLAYEUR : Okay, là on est dans la merde… Va falloir improviser…

LIZANDRA : On le kite ?

SLAYEUR : Mais bordel, pourquoi vous tenez absolument à kitter vous les chasseurs ?! C’est compulsif comme manie faut vraiment vous faire soigner.

Fouregueule toujours de dos, agita son doigt en l’air pour signifier « non ».

SLAYEUR : Bon arrête de bouder toi ! Tu as le droit de l’ouvrir.

LIZANDRA : On fait quoi alors ?

Slayeur balaya le panorama avec son œil mécanique, et réfléchit quelques instants.

SLAYEUR : On va faire au plus simple, On récupère Bouma et on fonce vers l’entrée Nord. Là on se fera les mobs mais le Gronn pourra pas nous suivre.
Allez hop, ACTION !!!

Il avait claqué trois fois des doigts : face à eux, devant lui, puis en direction de Durn, avant de partir en monture dans sa direction. Ils se lancèrent alors dans une folle course-poursuite après Boumator qui était déjà monté sur un rocher et visait Durn avec son fusil ne prêtant même pas attention au groupe compact d’ennemis qui s’apprêtait à lui fondre dessus.

Slayeur, grâce à son aura de croisé, pu le rejoindre rapidement, et se jeta au milieu des ennemis, puis avec force de Défense Vertueuse s’employait à détourner l’attention du maximum d’adversaires sur lui, en profitant au maximum du pouvoir de l’Orbe de puissance de Gniev. Tandis qu’une bonne partie des Éthériens et des élémentaires se ruait sur le paladin qui avait activé son bouclier divin, Fouregueule s’employait à lancer des traits provocateurs sur les Elekks et sabots-fourchus et à les effrayer vers les pièges de glace qu’il avait posé au sol. Pendant ce temps Lizandra s’appliquait à dégager les ennemis qui se rapprochaient autour de Boumator en leur tirant dans les articulations.


SLAYEUR (hurlant) : Tu te crois à la S.P.A. l’Elfe ?!?! Nettoie moi ça au lieu de les affaiblir !

LIZANDRA : Durn a les crocs, quand il verra des animaux blessés au sol, il sera susceptible de s’arrêter pour les bouffer et nous on gagnera du temps comme…

Elle évita de justesse le coup de hache d’un Éthérien qui s’évapora juste devant elle après que Fouregueule l’eut achevé d’un coup de flèche.

Pendant ce temps Boumator énervait de plus en plus Durn en lui décochant des coups de fusil sur sa peau rugueuse comme une carapace, ce qui l’agaçait plus que ça ne le blessait.


SLAYEUR (excédé) : Bouma arrête ça tout de suite !

BOUMATOR (tirant la langue en coin pour mieux viser): Je veux ce pet !

SLAYEUR : Foure et Liz, préparez vous à fear, la bulle ne va pas tarder à disparaître mettez moi tout ça dans des pièges de glace, on va rentrer dans l’Oshu’gun.

FOUREGUEULE : Et Bouma ?

SLAYEUR : Je m’en occupe…

Une fois libéré de l’emprise de sa bulle et de la menace des mobs, Slayeur se rua aux côtés de Boumator, et agita son marteau devant Durn pour capter son attention.

SLAYEUR (interpellant) : Eh oh ! Toi le gros tout moche !

FOUREGUEULE : Oui ?

SLAYEUR : Pas toi crétin ! Lui !

Les deux nains évitaient de justesse les coups de mains et de pieds qu’il leur envoyait pour les écraser, mais Slayeur n’arrivait pas à capter l’attention de Durn. A bout, de nerfs, le palanain posa une intervention divine sur Boumator et aussitôt le Gronn tourna son œil sur lui.

SLAYEUR (plissant les yeux) : J’aime mieux ça… Allez approche !

Il faisait tourbillonner son marteau à une telle vitesse entre ses mains que Durn semblait comme hypnotisé, puis sans prévenir…

SLAYEUR : Lumière sacrée !!!

Un éclat lumineux de forte intensité jaillit de la masse, et vint rayonner en plein dans l’œil de Durn qui sous l’intensité de la lumière fut aveuglé.

SLAYEUR : Allez on y va !

Boumator enleva la bulle que le paladin lui avait posé, puis en retenant les ennemis sur leurs arrières du mieux qu’ils pouvaient, ils fuirent en direction de l’entrée Nord poursuivis de toutes parts. Durn qui ne voyait toujours rien était rentrée dans une rage folle et abattait tout sur son passage, aidant par là le groupe à se débarrasser de quelques uns de leurs assaillants.

Ils rejoignirent rapidement l’entrée d’une caverne à même la roche du cristal, envoyant des flèches sur tous ceux qui s’approchaient d’un peu trop près et posant des pièges pour les ralentir. Mais le Gronn retrouva peu à peu la vue. Et lorsqu’il les vit s’enfoncer il se jeta sur l’entrée de la grotte, écrasant les derniers poursuivants au passage. Ne pouvant les atteindre, il se releva lourdement, puis de rage et de dépit, il donna des coups furieux à l’entrée de la caverne afin de provoquer un éboulement. En quelque minutes ils se trouvèrent emmurés dans l’Oshu’gun.


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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:52 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 23

La Volonté de Draenor (2/3)




Ils étaient tous plaqués contre les parois de la caverne, comme si cela eu pu les dissimuler aux yeux du Gronn à présent loin, et avaient le souffle coupé sous le coup de la poursuite. Un interstice dans l’éboulement laissait filtrer quelques rais de lumières au milieu de la quasi obscurité qui les entourait.

LIZANDRA (euphorique) : Ça ! C’était fun ! OLOL !

FOUREGUEULE (pestant) : Alors c’est moi qui risquait d’aggro hein Slay ?! Pourquoi tu n’as pas utilisé ton orbe de contrôle mental pour ramener Bouma ?!

SLAYEUR : Et le convoi de mobs avec ?!

LIZANDRA (gloussant) : Et alors, ç’aurait été e-sport au moins !

Slayeur lui décocha un regard noir avec son œil normal, alors qu’une sorte de lunette périscopique sortait du mécanique pour faire une mise au point sur Lizandra tandis qu’il fronçait les sourcils d’une manière équivoque.

LIZANDRA (se justifiant) : Ne me regarde pas comme ça ! C’est pas moi le responsable de tout ça !

SLAYEUR : Tu as raison…

Il se tourna vers Boumator et lui asséna un violent coup de tête, qui le fit tomber à la renverse ; puis il le contempla de haut alors que son nez saignait abondamment.

SLAYEUR (méprisant) : Honte à ta race… Honte à ton sang… Comment un être aussi primaire que toi peut-il être un nain ?

Boumator baissa la tête en détournant son regard du paladin.

BOUMATOR : Pardonnez mon coup de folie mein Führer… Je… je ne sais pas ce qui m’a pris.

SLAYEUR (extrêmement calme) : Mieux vaut pour toi que ce soit la dernière fois Boumator…

Sa dernière phrase résonna comme une menace aux oreilles de tout le groupe, et le silence gêné qui s’installa ne fut brisé que par l’arrivée du polymorphe dans un tourbillon de lumière violette. Il avait cette fois pris la forme d’un Gnome lépreux.

BOOTY (narquois) : Alors le nain on pédale dans la semoule ?! Le Boss va pas être content si tu traînes…

SLAYEUR : Et on peut savoir où tu étais passé toi ?

BOOTY : Je suis allé faire mon rapport sur la disparition de la prêtresse, tu as vraiment intérêt à trouver la relique, le chef est furax que tu ais perdu un membre de ton équipe « d’élite », qui plus est avec les orbes de pouvoir qu’il vous avait laissé.

SLAYEUR (condescendant) : Oh pour ça ne t’en fait pas… Foure !

FOUREGUEULE : Quoi ?! Qu’es-ce que j’ai encore fait ?

SLAYEUR : Tu le sais très bien ! Donne les moi si tu ne veux pas que ton herbier finisse en cendres.

FOUREGUEULE : Mais tu fliques tout le monde ou quoi ?!

Son œil mécanique cliqueta tandis qu’il regardait Fouregueule de haut en bas.

SLAYEUR : Je vois ce que tu as dans tes poches…

FOUREGUEULE : Pffffff !

Il remit au Paladin les deux orbes en continuant à soupirer.

BOOTY (ironique) : Hummm la fine équipe. Avec des partenaires comme vous pas besoin d’ennemis.

SLAYEUR : On peut savoir pourquoi tu avais volé les orbes de pouvoir d’Anthem ?

FOUREGUEULE : Mais les miennes elles sont toutes pourries ! Je suis même pas spé précision ! Ca va me servir à quoi de pouvoir cibler quelqu’un au milieu d’une foule comme s’il était tout seul ?!

LIZANDRA (captivée) : Oh need ça !

FOUREGUEULE : Quoi tu es spé précision toi ?

LIZANDRA : Et alors tu crois que ta spé survie elle est mieux ?! J’ai pas besoin d’un piège pour avoir de quoi bouffer le midi moi, je sais viser.

SLAYEUR (excédé) : La barbe ! Foure donne lui tes orbes ! Et tiens reprends celles d’Anthem ! Ca te sera toujours plus utile d’endormir les gens.

BOUMATOR (se pinçant le nez pour empêcher le sang de couler) : On beut savboir ce qu’on bfais ?

SLAYEUR : Il me semble que notre guide va nous montrer la voie pour trouver la Volonté de Draenor dans ce merveilleux endroit.

LIZANDRA : C’est l’artefact magique que tu cherches ?

SLAYEUR : Tu es intelligente pour une Elfe…

LIZANDRA : Intelligente et qui ne pue pas, ça fait au moins une qualité de plus que les Nains…
Il ressemble à quoi ton bidule ?

SLAYEUR : C’est la que ça devient marrant, c’est que personne ne sait exactement à quoi ça ressemble, mis à part que ça a une forme insignifiante.

LIZANDRA (secouant la tête) : Eh bien, nous voilà beaux….

FOUREGUEULE : Autant chercher un hétéro dans une soirée gay…

SLAYEUR (sourcillant) : Hum ?!

FOUREGUEULE : Euh… Une aiguille dans une botte de foin ! Voilà c’est ça.

SLAYEUR : Avant je veux savoir où on met les pieds exactement, tu vas nous raconter ce qui c’est passé la dernière fois que tu es venu ici. Et pourquoi tu nous disait qu’on pouvait pas entrer dedans, vu que c’est ce qu’on vient de faire y’a pas cinq minutes.

LIZANDRA : On n’est pas entrés dans l’Oshu’gun pour le moment on est juste dans une grotte à sa base.

BOUMATOR : Et alors comment on fait pour entrer ?

LIZANDRA : Au bout de ce couloir, vous remarquerez qu’il y a un peu de lumière, c’est par là qu’on accède à un des couloirs du vaisseau. Dedans il y a des membres du conseil des ombres qui gardent un Na’aru pour lui voler ses pouvoirs.

FOUREGUEULE : Un couloir avec des démonistes dedans ? La belle affaire on a fait tout ça pour ça ?

LIZANDRA : Quand on ne sait pas on se tait…
En agissant d’une certaine manière avec le Na’aru il ouvre une porte secrète dans la paroi du vaisseau qui permet d’accéder au reste de la structure. Au bout d’un moment le vaisseau rejoint une sorte de complexe souterrain, une sorte de ville, mais vu ce qui traîne dedans j’espère que ce que vous cherchez est dans le vaisseau plutôt que là-bas.

SLAYEUR : On peut savoir ce qui s’est passé la dernière fois que tu es venue ? Et pourquoi tu étais venue là d’ailleurs ?

LIZANDRA : J’étais en mal de sensations fortes à l’époque et ce gros cristal faisait plutôt peur aux gens, ce qui était donc une raison pour que j’aille voir ce qu’il y avait dedans.
Je suis rentré par la grotte comme aujourd’hui, j’ai traversé le couloir et tué les membres du conseil des ombres jusqu’à ce que je trouve le Na’aru. Il avait l’air mal en point et j’ai essayé de la soigner comme je pouvais. La seule chose que ça a déclenchée c’est l’ouverture de la porte secrète derrière laquelle les couloirs du vaisseau continuaient…

Elle marqua une pause et au vu des grimaces qui commençaient à se former sur son visage la suite des évènements ne lui laissait pas un bon souvenir.

LIZANDRA : L’air y était malsain, sans doute le milieu clos, mais ça laissait une sale impression, une impression morbide. Et puis il y avait ces drôles de bruits… des sortes de cris ou de pleurs, et ces voix implorantes. Ca plus l’attaque ça m’a totalement découragé d’y revenir.

SLAYEUR (intrigué) : L’attaque ? Quelle attaque ?

LIZANDRA : J’étais descendue bas dans le vaisseau et à un certain endroit on peut pénétrer dans un système de caverne. Comme une ville… ou un truc de ce genre.

SLAYEUR : Comment ça un truc de ce genre, c’était une ville ou pas ?!

LIZANDRA : Oui et non, ça ressemblait à uns sorte de ville mais taillée dans la pierre, les murs étaient sculptés. Apparemment le vaisseau c’était écrasé dessus et l’avait recouvert. Et à un moment, je me suis trouvée sur une sorte de pont en pierre, une formation rocheuse pas un machin sculpté. Et c’est là que c’est arrivé, qu’ils sont venus.

BOUMATOR : Qui ça ?

LIZANDRA : Un vieux moisi, je le vois encore parfaitement. Habillé avec des espèces de haillons gris, il avait une longue barbe de la même couleur. Apparent il était en fuite, il avait peut-être été enfermé longtemps. Dès qu’il ma vue il s’est jeté sur moi, son visage semblait demander de l’aide donc je ne me suis pas méfiée. J’aurais du…

Elle souleva une partie de la maille de son armure pour leur montrer une longue cicatrice sur son flanc gauche.

LIZANDRA : Il m’ planté un coup d’épée, une magelame ou un truc du genre je pense. Je me suis effondrée au sol et j’ai commencé à perdre beaucoup de sang. J’avais tellement mal, je ne pouvais rien faire…
Et puis il a commencé à me traîner du côté du pont ou j’étais arrivée, et m’a allongé contre un rocher. Il m’a enlevé mon armure, et a prononcé des incantations magiques en agitant ses mains au dessus du trou qu’il venait de me faire dans le bide.
J’ai senti tout de suite que ça allait mieux et ça c’est cicatrisé d’un seul coup.

FOUREGUEULE : Mage et healeur à la fois… Si c’est pas cheaté ça !

BOUMATOR : Ça pouvait être un prêtre !

FOUREGUEULE : Ha ouais tu en as croisé beaucoup des prêtres avec des épées ?

SLAYEUR : Bouclez là !!! Après il s’est passé quoi ? C’est pas un vieux débris qui t’a filé les jetons.

LIZANDRA : Non… Après il est retourné sur le pont, j’avais tellement eu mal que je n’ai pas fait attention… Mais un bruit sourd a commencé à se rapprocher, et tout tremblait autour. Le plafond était haut au-dessus de nous, et d’un seul coup de l’autre côté du pont, il… il est apparu…

SLAYEUR : Qui ça ?

LIZANDRA (dans un cri aigu) : Pas qui ! « Quoi » !

Un frisson la parcouru et elle resta muette un instant.

LIZANDRA : Un truc monstrueux, il devait bien faire dans les quatre mètres de haut. Il avait des yeux, un truc insoutenable, même de loin… Des énormes flammes, et sa bouche aussi en crachait… On aurait dit un morceau d’ombre entouré de flammes… J’ai jamais rien vu comme ça. Flippant. Malsain. Jamais je ne me suis senti aussi mal à l’aise, jamais aussi effrayée. C’était angoissant à regarder. J’avais qu’une peur c’était que ma torche s’éteigne…

BOUMATOR : Il s’est passé quoi après ?

Elle reprit son récit tout aussi terrifiée.

LIZANDRA : Le machin est allé à la rencontre du vieux au milieu du pont, il agitait une sorte de lasso enflammé au dessus de lui. Ils ont échangé deux ou trois coups. Et là le vieux lui a crié « Vous ne passerez pas ! », ou un truc du genre. Et puis il a frappé violement au sol avec son bâton et le pont de pierre s’est brisé sous eux, Et en tombant la… la créature a entraîné le barbu dans sa chute en enroulant son fouet autour de sa jambe. Et ils sont tombés tous les deux. Il… il a essayé de se rattraper à la corniche mais il a pas pu tenir longtemps… Je le revois encore me regarder, et me crier : « Fuyez pauvre folle ! »

Lizandra du s’asseoir sous le coup de l’émotion, et les autre se regardèrent circonspect entre eux.

BOUMATOR : Ça me rappelle un truc ton histoire, mais je ne vois pas quoi…

FOUREGUEULE (tripotant son anneau machinalement) : Bizarre, moi aussi…

SLAYEUR : Hummm… priez pour qu’il n’y ait pas d’autres trucs comme ça dedans, et que l’artefact soit dans le vaisseau et pas dans la ville…
Bon Liz relève toi on va pas passer la journée ici, j’aimerai bien avancer un peu.

Elle le regarda l’air mauvais et se releva aussitôt et le toisant de haut.

LIZANDRA : Préparez vous à vous battre alors, on a de la chance de ne pas avoir encore eu les orcs qui déboulent sur nous…

Ils se mirent alors en route à travers le long couloir de pierre. Le plafond était couvert par endroits de longs cristaux qui en sortait et pointaient leur lumière blafarde sur eux. À distance régulière des torches brûlaient du feu vert des démons, tout du long du chemin, jusqu’à ce que, une centaine de mètres plus loin, il atteignent une ouverture métallique parfaitement représentative de l’architecture Na’aru.

À leur vue, un grand démon vert fonça sur eux en battant ses ailes frénétiquement, et faisant couler de la sorte de deuxième bouche qui lui servait de ventre de grandes quantités de bile. Son sort fut réglé en moins de dix secondes, et ils reprirent leur chemin.


FOUREGUEULE (soupirant) : Ce que les gens peuvent être mal élevés de nos jours… Ça me troue le cul.

LIZANDRA : À mon avis tu n’as pas besoin de ça pour te faire trouer le cul…

FOUREGUEULE (minaudant) : Slaaaaaaay ! Il me taunte !!!!

SLAYEUR : Fermez-là tous les deux !

LIZANDRA : Oh ça va j’essaye de détendre l’atmosphère.

Ils continuèrent à avancer dans le vaisseau à travers un dédale de couloirs faiblement éclairés, au plafond desquels étaient suspendus des étendards du Conseil des Ombres. Dans certaines salles des corps éthérés d’esprits orcs flottaient en l’air. Ils poursuivirent leur avancée sans trop de peine, les démonistes et leurs serviteurs n’ayant guère de chance contre 3 chasseurs, un paladin et un gnome lépreux. Après une enfilade de plusieurs salles et couloirs ils arrivèrent enfin à une salle circulaire ou plusieurs membres du Conseil et une grande démone à six bras canalisaient de l’énergie en direction d’un Na’aru qui flottaient devant eux au-dessus d’une sorte d’estrade.

LIZANDRA : On pull comment cette fois ?

SLAYEUR (regardant Booty en coin) : J’ai mon idée…

Trente secondes plus tard, un gnome lépreux vola en travers de la pièce et vint s’écraser au milieu des ritualistes, qui eurent à peine le temps de réaliser que déjà les flèches et les balles volaient de toute part dans la salle, et les transperçaient de part en part. Une fois le ménage terminé ils pénétrèrent dedans.

BOOTY (beuglant) : Ça va pas la tête ?!?!
Et arrête de rire l’Elfe !
J’aurai pu me faire tuer !

SLAYEUR (amusé) : Je t’aurai bubulle au pire. Apprends à prendre des risques un peu.

BOOTY (hystérique) : C’était une tentative délibérée de vous amuser sur mon dos !

LIZANDRA (hilare) : Oui mais : qu’est-ce que c’était drôle, OLOL !

BOUMATOR (toussant) : Hum Hum !

SLAYEUR : Bon Liz, à toi de jouer, ouvre nous la porte.

L’Elfette regarda la Na’aru un moment, il lui semblait encore plus terne que la fois précédente ou elle était venue ici. Par rapport à celui de Shattrath il paraissait vraiment mal en point. Elle monta alors sur l’estrade et ajouta ses mains autour de lui en prononçant quelques incantations magiques. Il y eut une sorte de bruit magique, et une porte apparut au milieu d’une aura de lumière qui se dessinait dans le mur.

LIZANDRA (bombant le torse) : Et voilà le travail !

BOUMATOR : On peut savoir comment tu as fait ça ? Tu es une chasseuse pas une magicienne.

LIZANDRA : Le Na’aru me l’a dit.

Boumator et Fouregueule se regardèrent en clignant des yeux.

BOUMATOR : La drogue c’est mal tu sais.

FOUREGUEULE : L’alcool aussi d’ailleurs… Réduis sur la bouteille Liz…

BOUMATOR (horrifié) : Ha non ! Pas la bouteille ! Juste la drogue !

SLAYEUR (intrigué) : Tu peux communiquer avec ce truc ?

LIZANDRA : Oui il parle dans ma tête…
Enfin… je sais c’est bizarre dit comme ça, mais il communique avec moi.

FOUREGUEULE : Et pourquoi pas avec nous ?

LIZANDRA : Il doit avoir l’odorat sensible…

FOUREGUEULE (minaudant) : Slaaaaaaay !

LIZANDRA (gonflée) : Mais lol ! J’en sais quoi moi du pourquoi du comment, c’est comme ça, basta, je cherche pas à savoir comment ça marche. Ca fonctionne et ça me suffit, stop vous prendre la tête pour des conneries quoi.

BOUMATOR (policé) : Jeune fille voilà un langage bien vulgaire dans votre bouche.

LIZANDRA : Je suis sûrement plus vieille que toi, alors tes « jeunes filles tu te les garde », je lâcherait pas ma bouteille de Vodka ivrogne !

BOUMATOR (pestant) : ‘tain ! Salope !

De dépit il rentra dans le couloir, et les autres l’imitèrent. Il ressentirent alors ce que Lizandra avait éprouvé lorsqu’elle était venue ici la dernière fois : une étrange sensation de mal-être et d’angoisse. L’obscurité semblait les entourer de plus en plus jusqu’à l’intérieur d’eux-mêmes pour ronger leurs âmes dans une étreinte malsaine.

SLAYEUR : Bon, ne nous laissons pas impressionner, il faut fouiller méthodiquement chaque salle de ce vaisseau pour trouver ce qu’on cherche.

BOUMATOR : On ne sait même pas à quoi ça ressemble ce truc.

SLAYEUR : On sait juste que ça a une forme anodine et que c’est Lizandra qui doit nous y mener.

LIZANDRA : Comment ça moi ? Je le connais pas votre bidule !

SLAYEUR : Tu as pu parler avec le Na’aru et ouvrir la porte, ça prouve que tu as une connexion avec ce qu’il y a dans ce vaisseau.

BOOTY : Hum Hum !

La toux de gnome lépreux du polymorphe venait des les interrompre.

SLAYEUR : Tu sais quelque chose d’utile ?

BOOTY : Que oui !

Il sorti une orbe bleue en cristal terne le la poche de sa salopette.

BOOTY : Le boss pense que ça pourra vous aider à reconnaître l’artefact, l’orbe doit réagir à sa proximité.

Slayeur prit la relique et la fit jouer entre ses mains.

BOUMATOR : Tu es en train de nous dire qu’on va devoir se balader avec une boule dans les mains et qu’on devra la frotter devant tout ce qui pourra être anodin ? C’est une blague ?

SLAYEUR (coupant court) : S’il le dit, c’est que c’est ce qui a de plus simple à faire. Allons-y !


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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:53 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 23

La Volonté de Draenor (3/3)




Et ils s’engouffrèrent dans les boyaux de l’Oshu’gun inspectant chaque recoin minutieusement. Slayeur tenait l’orbe et la passait le long des objets qui pouvaient être la Volonté de Draenor, tandis que Lizandra passait en éclaireur et que Fouregueule marquait les endroits où ils étaient passés en traçant des signes aux murs. Mais force était de constater après plusieurs heures de recherches que la seule chose intéressante qu’ils avaient trouvé était l’entrée de la grotte menant à la ville sous le vaisseau. De plus ils mourraient de fin, ce qui les décida à poser leur camp et se restaurer devant cet accès avant de repartir à l’aventure plus bas encore.

FOUREGUEULE (se lamentant) : Pffff qui s’est occupé des provisions ?

SLAYEUR (ironique) : Moi ! Pourquoi ça te pose problème Foure ? Tu voudrais peut-être des mets plus raffinés pour ton palais délicat ?

FOUREGUEULE : Du pain et de l’eau… Je sais bien qu’on est des Nains et qu’on est radins, mais bon c’est pas ça qui va nous caller, tu aurais pu trouver autre chose qu’un mage quoi…

SLAYEUR (avalant son quignon de pain en le regardant en coin) : Si ça ne te plait pas tu peux toujours manger des cailloux…

BOUMATOR : Sinon c’est là que les choses se corsent, c’est dans cette grotte ?

Lizandra semblait de moins en moins encline à l’aventure et était recroquevillée sur elle-même comme pour avoir moins froid.

LIZANDRA (maussade) : Ouais…

BOUMATOR : Arrêter d’avoir les pétoches, si tu as pu t’en sortir seule, on risque rien à quatre.

BOOTY : Hum Hum !

BOUMATOR : À part cafter et faire le coursier tu sers pas à grand-chose toi !

Le polymorphe vexé se transforma alors en une bouteille de vodka de la taille du Gnome et s’éleva en l’air pour aller frapper Boumator sur le crâne, avant de se changer en corbeau cette fois et se poser sur l’épaule de Slayeur.

BOUMATOR (frottant sa tête) : Et susceptible avec ça…

SLAYEUR (sec) : Arrêtez de vous chamailler pour un rien, si on revient bredouille à force de se bouffer le nez, je morfle le premier mais vous y passez après je vous rappelle.

Visiblement son avertissement avait fait de l’effet, et après avoir passé la fin de leur repas sans d’autre esclandre, ils s’enfoncèrent donc à travers le dédalle caverneux de la ville qui se trouvait sous l’Oshu’gun.

Ils étaient comme hors du temps et de l’espace, seules leurs torches les ramenaient encore à un semblant de réalité physique et matérielle au milieu de cette obscurité et de cet oubli. Quand L’Elfe leur disait qu’elle ne savait si c’était une ville, elle avait raison, cela ne ressemblait à rien. Peut-être une longue succession de caverne aux parois taillées mais qui semblaient inhabitées depuis longtemps, des années, des siècles peut-être. Ils avançaient sans rien dire, tout leur paraissait plus oppressant ici, et ils finirent par essayer de faire le moins de bruit possible, car le moindre son provenant d’eux les effrayaient au plus au point. Leurs cœurs battaient la chamade, et à chaque angle, chaque détour, chaque recoin, ils avaient peur de voir surgit hors du temps une quelconque créature oubliée prête à se jeter sur eux et les dévorer.

À un moment ils arrivèrent face à une sorte de pont de pierre naturel qui enjambait un ravin sans fond, il était brisé en son centre et on ne pouvait pas le franchir.


SLAYEUR (amusé) : Tiens ça doit te rappeler des souvenirs l’Elfe…

LIZANDRA (angoissée) : C’est le genre dont je me passerai volontiers vois-tu.

BOUMATOR : On va essayer de passer ou on prend un autre chemin ?

SLAYEUR (passant sa main dans sa barbe) : Huuum…
On ne va pas essayer de traverser et perdre notre temps, on va prendre cet escalier plus loin là-bas, de toute façon à part des squelettes on n’a rien trouvé pour le moment, alors on peut bien aller où on veut.

FOUREGUEULE (doutant) : Mais si le mage fuyait une menace, Elle devait connaître la Volonté de Draenor et la détenir, donc il vaut mieux aller en direction de là où le vieux arrivait.

SLAYEUR : Pas bête… Mais bon comment traverser ?

Il continua à passer machinalement sa main dans sa barbe rousse ne réfléchissant, puis il regarda en coin le polymorphe posé sur son épaule.

SLAYEUR : Dis moi Booty, tu peux te transformer en ce que tu veux, non ?

BOOTY : En princi… Une minute ! Ne compte pas sur moi pour jouer les passeurs, vous êtes trop lourds.

SLAYEUR : Pourtant tu dois nous assister dans notre tâche…

BOOTY : Lâche l’affaire y’a pas moyen le Nain.

SLAYEUR (ricanant) : Moi ça ne me gêne pas de retourner parmi les morts, mais bon quand le patron saura que c’est à cause de toi qu’on a pas pu aller plus loin… je me dis que j’aurai ta plaisante compagnie à mes côté… pour l’éternité.

L’idée de passer l’éternité dans l’au-delà avec Slayeur et peut-être avec le reste du groupe ne semblait manifestement pas réjouir le polymorphe outre mesure.

BOOTY : Ok… Je dois me transformer en quoi ?

BOUMATOR : Un planche de bois, ou un truc comme ça pour nous permettre de passer chacun notre tour.

FOUREGUEULE (souriant) : Ou alors un gros pigeon.

SLAYEUR : On va opter pour la planche Foure…
Tu peux faire ça Booty ?

BOOTY : Je peux oui, supporter vos poids, je sais pas.

LIZANDRA : Bubulle le quand il sera en planche, il pourra mieux encaisser comme ça.

Ce fut donc la façon dont ils procédèrent. Booty se transforma en planche assez large pour les laisser traverser le vide qui coupait le pont, et Slayeur posa une intervention divine sur lui de manière à ce qu’il puisse supporter les trois Nains et l’Elfe. Une fois qu’ils furent passés, il récupérèrent le polymorphe exténué, et firent une brève pause de l’autre côté du Pont avant de repartir dans ce labyrinthe de pierre.

Pendant des heures ils déambulèrent au milieu de l’obscurité d’où ne perçait que la lueur de leurs faibles torches. De temps en temps ils entraient dans ce qui semblait être une habitation mais il n’y trouvaient rien d’autre que des squelettes méconnaissables, tout le reste était en état de décomposition trop avancé, quand ce n’était pas déjà devenu poussière.

C’est alors qu’ils arrivèrent devant une immense porte sculptée de runes, dont les proportions lui faisaient bien atteindre dix mètres de hauteur.


FOUREGUEULE (impressionné) : Ha ouais ! Ça c’est d’la porte.

SLAYEUR : Si c’est de là que le mage s’est enfui il a couru un moment le pauvre…

LIZANDRA (frissonnant) : Cet endroit me fou encore plus les jettons…

L’encadrement de la porte était parsemé de runes inconnues. Les battants étaient visiblement en mithril car leur éclat ne semblait pas altéré par le temps, et ils étaient chacun orné d’une énorme tête de dragon sculpté.

BOUMATOR : La Porte est un peu entrouverte, on fait quoi ? On rentre ?

SLAYEUR : C’est ce qui ressemble le plus à quelque chose d’intéressant depuis des heures, on va pas se gêner.

Même s’ils n’étaient pas tous très excités à l’idée de voir ce qu’il y avait de l’autre côté, ils suivirent le paladin à contre cœur, et se faufilèrent dans l’entrebâillement de taille respectable qui était entre les deux battants.

Ils ne purent retenir leurs cris de stupeur en entrant. Ils se trouvaient sous un immense dôme rocheux qui aurait facilement pu contenir Ironforge ou Stormwind, il était parsemé de millier et de milliers de cristaux incrustés dans la roche. Au sommet plusieurs gros cristaux de taille gigantesque sortaient du plafond et éclairaient faiblement la pièce, mais surtout ils projetaient un rai de lumière géant sur un squelette colossal au centre de la salle. Cette colonne de lumière brillait au milieu de ce dôme dont les parois étaient semblables à une nuit étoilée.


BOUMATOR : C’est… c’est…

FOUREGUEULE : … gigantesque…

Cette vision de rêve les avait enlevé un instant à leur angoisse et leur mal-être, mais ceux-ci reprirent vite leur droit quand ils commencèrent à remarquer le squelette au milieu de la salle. Même à une telle distance, il paraissait gigantesque, et pourtant ils en étaient bien éloignés.

FOUREGUEULE (paniqué) : Euh… c’est quoi ce truc au juste ?

SLAYEUR : C’est là où nous allons aller.

FOUREGUEULE : Tu blagues ?

SLAYEUR (sec) : J’en ai l’air ?

FOUREGUEULE : Mais si ça nous attaque ?

SLAYEUR : Ecoute Foure la seule créature dangereuse ici ce sera moi si tu continues à te plaindre sans arrêt. Le seul danger qu’il y a eu pour le moment c’est ce pont à traverser, et ce qu’on cherche est peut-être au milieu de la salle. Alors, je te donne le choix : sois tu nous suis, soit je t’envoie tout de suite en éclaireur. Tu choisis quoi ?

FOUREGUEULE (abattu) : Passe devant…

Il leur fallu bien cinq bonnes minutes à pied pour atteindre le squelette. Il avaient stoppé juste avant le cercle de lumière dans lequel il baignait et se tenaient face à sa tête. C’était sans conteste les ossements d’un Dragon, mais jamais ils n’en avaient vu de si imposant. Il devait bien être trois fois plus gros que les sauriens normaux, qui déjà étaient d’une bien respectable dimension.

SLAYEUR : Comment un dragon de cette taille a pu arriver ici ?! Par une porte aussi petite en plus !

BOUMATOR : Tu as vu la taille de la porte ? Elle était loin d’être petite !

SLAYEUR : Tu m’as compris ! Ce machin là passe à peine la tête au travers.

FOUREGUEULE : Les draconides peuvent prendre forme humaine, il a du se retransformer dedans.

SLAYEUR : Comment un truc gigantesque comme ça a pu mourir ? Fallait vraiment balancer la purée pour qu’il rende son dernier souffle…

LIZANDRA : Joli le jeu de mot.

FOUREGUEULE (à lui-même) : Lèche boules…

Ils firent le tour du Dragon, et virent qu’à son flanc droit, ses côtes étaient brisées, d’une manière assez violente qui plus est.

SLAYEUR : Visiblement il n’avait pas que des amis celui-là…
Bon faites le tour, et essayez de voir s’il n’y a pas sur ou dans le squelette quelque chose qui puisse être ce qu’on cherche.

Ils se mirent à tourner autour des ossements du saurien, et même dedans, à la recherche de la volonté de Draenor. Fouregueule inspectait l’intérieur, tandis que Boumator et Slayeur en faisaient le tour, et que Lizandra était monté sur la tête, mais à part des os, il n’y avait rien qui puisse ressembler à ce qu’ils cherchaient.

Il n’y eut que Lizandra pour trouver dans une des cavités oculaires du dragon un objet à la forme semblable à la pupille verticale d’un lézard, sans doute celle-ci, sous forme cristallisée pensa-t-elle.


LIZANDRA : Ha j’ai un truc…

Elle ramassa la pupille, et la tint entre ses mains. Tout d’un coup, Lizandra se figea sur place, les yeux écarquillés, puis s’effondra à terre. Sa vue s’emplit de ténèbres. Puis elle vit un homme aux traits grossiers et aux sourcils broussailleux se regarder dans une sorte de grand miroir. Il était torse nu, sa peau était très pale, tirant sur une sorte de vert cadavérique. Sa bouche formait un rictus sinistre parfaitement immobile. Sa respiration était ample, il semblait essoufflé mais ne respirait et n’expirait que par le nez. Ses cheveux blonds semblaient clairsemés par endroits et descendaient en mèches trempées devant son visage. Il était voûté et ses deux yeux à l’iris rouge sang dévisageaient son propre reflet. Son regard était mauvais, malsain, et effrayant. Si la folie put avoir un regard, s’eut sans nul doute été celui là.

Il poussa soudainement un hurlement semblable à celui d’une bête, ses traits se déformant sous l’effet de la haine folle qui l’envahissait. Puis de ses deux poings il frappa un grand coup dans le miroir qui se brisa net en une myriade d’éclats. Les ténèbres prirent de nouveau leur place, et Lizandra revint à elle, se réveillant en sursaut, le front couvert de sueur.

Elle avait roulé au sol, au pied de la tête de dragon, sa main était crispée sur l’objet, et à présent recouverte d’une poussière bleue. Les quatre autres la regardaient hallucinés.


LIZANDRA (perdue) : Qu’est-ce que… ?

BOUMATOR : Tu as perdu connaissance.

FOUREGUEULE : Slay a passé l’orbe sur ce que tu tiens pour voir si c’était la Volonté, et elle a commencé à briller d’une lumière bleue très forte, avant de trembler et d’exploser.

LIZANDRA : Quoi ?

SLAYEUR : Elle a pété et c’est devenu de la poussière, regarde toi-même tu en as partout sur toi…

Elle se redressa en restant assise et vit qu’effectivement elle en était recouverte.

SLAYEUR : C’était sensé réagir comme ça Booty ?

BOOTY : Aucune idée, mais de toute façon c’est la seule fois ou elle a réagit…

SLAYEUR : Donc c’est bien la Volonté de Draenor…
Laisse moi voir ça Liz.

L’Elfe lui tendit l’objet grisâtre en forme de pupille, qui luisait d’une aura grise bleutée. Il était effectivement banal et on aurait pu tout aussi bien dire que cela ressemblait à une épée, la pointe d’une arme d’hast, un piquet, ou tout un tas d’autre chose.

Slayeur le fit jouer entre ses mains et le contempla sous toutes les coutures. Son matériau semblait indéfinissable, et la lueur qui le nimbait donnait une impression troublante.


FOUREGUEULE (nerveux) : Slay !

SLAYEUR (concentré) : Quoi… ?

FOUREGUEULE (effrayé) : Le sol tremble.

SLAYEUR (relevant la tête) : Hein ? Quoi ? Comment ça ?

FOUREGUEULE (paniqué) : Le sol ! Il tremble !

SLAYEUR : Mais ne dit pas n’import…

Il se tut aussitôt, il venait de percevoir une secousse. Ils se regardèrent tous, effrayés, ne sachant pas que faire. Même s’ils ne disaient rien, tous redoutaient la venue de la créature que Lizandra avait décrite.

FOUREGUEULE (nerveux) : On fait quoi alors ?

SLAYEUR : On prie pour qu’il n’y en ait qu’un seul…
Inutile de se cacher, ce sera intenable, il faut s’enfuir d’ici le plus vite possible, nous devons revenir sur nos pas.

LIZANDRA : Tu plaisantes ?! On est incapable de savoir par où on est arrivés. Même sans cette horreur sur nos basques on mettra des plombes avant de sortir…

SLAYEUR : Ne te gène pas pour nous faire un portail vers une destination plus sûre Mlle. La Mage !

BOUMATOR (d’un calme froid) : Il faut rester ici affronter ça. On sera plus mobile à cinq dans cette pièce que dans des couloirs sombres bordés de ravins.

Il se regardèrent à nouveau dans les yeux, et se résignèrent à cette solution qui semblait la plus sensée tandis que le sol tremblait de plus en plus.

SLAYEUR : Bon on va essayer de se coordonner un minimum… Si c’est le truc que Liz a décrit, on sait que c’est une créature de feu et d’ombre et qu’elle a un fouet.

FOUREGUEULE (ironique) : Désolé j’ai pas mon stuff resist sur moi, il est à la banque…

SLAYEUR : Si tu as envie de réchauffer l’atmosphère, inutile, l’invité surprise va s’en charger…
Liz, son fouet, dans tes souvenirs, c’était le genre normal, ou un truc magique extensible à l’infini ?

LIZANDRA : Bonne question…, je pense qu’il était normal, vu qu’il était allé au contact du mage.

SLAYEUR : Très bien, faudra donc tous rester à la distance maximale.

Son œil commença à cliqueter, et il regardait partout autour de lui, comme s’il passait les murs aux rayons X.

SLAYEUR : Okay, je le vois approcher, c’est bien ce qu’on craignait.

A ce moment sa gorge se serra et il sembla beaucoup plus nerveux.

SLAYEUR : On a cinq minutes devant nous, pas plus…
Allez poser vos pièges de glace devant la porte, et revenez au pas de course tous les trois.

Les trois chasseurs partirent en aspect de la meute et revinrent à une telle vitesse qu’il paraissaient poursuivis par la Mort elle-même. L’angoisse et la peur étaient montées d’un cran en chacun d’eux et la panique commençait à les submerger.

SLAYEUR : On reste calme !
On se déploie tout autour du cercle de lumière, je vais rester faire l’appât au centre du rayon de lumière, et vous le canarderez dès qu’il sera à vue. Compris ?

Il acquiescèrent tous les trois et se répartirent comme convenu tandis que Booty avait pris son envol au-dessus de Slayeur. Le sol tremblait de façon un peu plus sourde à chaque vibration. C’est alors que dans un fracas ahurissant, la Porte s’ouvrit d’une volée comme poussée par un violent coup de pied, et une sombre et haute silhouette ombreuse entourée de flammes apparu.

Le peu de courage qui leur restait encore semblait fondre comme neige au soleil. De son pas lourd, et tout à coup lent, la chose se dirigea vers Slayeur qu’elle venait d’apercevoir au centre de la salle. Au bout de quelques mètres elle déclencha les pièges de glace, et poussa un hurlement à déchirer les entrailles. Elle fonça alors en courant sur Slayeur en faisant tournoyer son fouet en l’air, et arrivé au niveau du Nain elle l’abattit sur lui qui paraissait bien minuscule comparé à elle. Mais le fouet glissa sur la bulle de protection du paladin et la Bête poussa un autre cri de rage, alors que commençaient à pleuvoir sur elle les projectiles des chasseurs.

Ignorant alors Slayeur elle fonça en direction de Boumator, qui à l’aide de son orbe de puissance pouvait courir plus vite qu’elle grâce à son aspect du guépard, et lui asséner des rafales de balles en marquant des pauses de temps en temps, tandis que les deux autres chasseurs continuaient à frapper. Changeant de cible à deux reprises sans plus d’autre effet que de se faire darder de flèches et de munitions, elle changea de tactique. Elle retourna sur Slayeur qui était en train de healer du mieux qu’il pouvait les trois autres, et sorti une immense épée de flammes qu’il fit tomber sur le Nain qui pu l’éviter de justesse. Ne le lâchant plus du tout et faisant fi des attaques à distance qu’elle recevait, elle chargeait continuellement sur le Nain le blessant à chaque fois avec les flammes de sa lame et de son fouet qui recommençait à claquer. Même si Slayeur se soignait, il ne pourrait tenir indéfiniment comme ça.

Booty se posa à côté de Fouregueule et se transforma à nouveau en Gnome.


BOOTY : Ton orbe de puissance ! Vite, donne la moi !

FOUREGUEULE (choqué) : Quoi ?! Non, je ne…

BOOTY : Arrête de discuter et donna la moi si tu veux voir ton ami paladin en vie !

À contrecoeur il donna l’orbe au polymorphe qui parti alors en direction de Slayeur et de la Bête. Arrivé à bonne distance d’eux, il la fit briller intensément dans ses mains et se transforma en exacte copie de l’horreur qu’ils étaient en train d’affronter. Puis il se jeta sur la première bête et la plaqua au sol plus loin ; les deux monstres commencèrent alors à se battre dans un duel sans merci.

Les deux lames de feu s’entrechoquaient violemment tandis que les fouets partaient lacérer la chair de la Bête et du polymorphe, chacun des deux monstres hurlait sauvagement et l’écho sinistre que ces cris brutaux répandaient dans la caverne était à peine supportable. Au milieu des cris, essayant de rester stable du mieux qu’ils pouvaient sur ce sol tremblant de plus en plus, les trois chasseurs continuaient à viser la Bête tandis que Slayeur soignait le polymorphe.

Le combat faisait rage, et se déporta sur une partie périphérique de la caverne. Cette fois ci les deux y allaient franchement, envoyant les pluies de météores et les crevasses et rivalisant d’habilité pour défaire l’autre. C’est alors que, profitant d’un créneau, le polymorphe réussi à saisir la Bête par la gorge, et à la plaquer contre le mur. Il essaya de la bloquer du mieux qu’il pouvait, mais la créature ne se laissant pas coincer aussi facilement se débattait sans cesse, et il dut s’y reprendre à plusieurs reprises avant de pouvoir la maîtriser complètement. Là, un bruit de craquement de chair et d’os lui indiquait qu’il avait réussi, la bête était empalée contre une des parois, sur un cristal qui lui ressortait au niveau du cœur et dont la plaie commença à déverser son flux de sang enflammé.

Euphorique les quatre autres ne purent contenir leur joie à la vue du monstre tombant mort à terre tandis que le polymorphe desserrait son étreinte pour le laisser s’affaler sur le sol. Booty tituba alors en arrière et commença à chanceler avant de s’effondrer. La lame de la Bête était planté en plein dans son abdomen et continuait à brûler.

Slayeur et les autres se précipitèrent sur lui, et enlevèrent avec force de difficulté la lame du corps de Booty. Il était allongé, ses yeux écarquillés tournés vers les cristaux qui formaient au dessus de sa tête le plus beau des ciels étoilés. Peu à peu il commença à rapetisser pour reprendre sa forme initiale celle d’une créature humanoïde à la peau violet foncé, son long visage tordu de douleur sous l’effet de l’immense blessure béante qui lui déchirait le ventre. Ils étaient tous les quatre penchés au-dessus de lui, mais il ne semblait regarder personne en particulier, seulement noyer son regard dans le flot du scintillement qui brillait de mille feux au-dessus d’eux.


BOOTY (faible) : Finalement… je ne… servais… pas… qu’à cafter… et… faire le… coursier…

SLAYEUR (ému) : Non… tu valais bien plus que ça.

BOOTY (faible) : « Qui… creuse… un fossé… pour autrui… y tombe... lui-même… »

Lizandra détourna les yeux par pudeur et s’éloigna en sanglotant. Fouregueule l’imita quelques instants plu tard tandis que la respiration du polymorphe était de plus en plus saccadée. Booty rendit alors son dernier souffle sous la voûte étoilée de cet endroit sans nom oublié de tous. Dans le calme du silence qui y régnait, dans la quiétude de l’obscurité qui s’y déployait, il trouverait le repos éternel.


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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:55 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 24

Le labyrinthe des ombres




Dans les limbes du Rêve d’Emeraude de plus en plus déchirées et distordues, le Seigneur Gniev était assis pensif sur son trône. La tête posée sur son bras appuyé sur un des accoudoirs, les deux fentes lumineuses qui brillaient au niveau de ses regardaient fixement la Volonté de Draenor tournoyer au milieu des airs, nimbée de son aura bleutée. A ses pieds, agenouillé, face contre terre, Slayeur attendait patiemment une réaction de son maître.

Lui et son groupe avaient pu s’échapper de sous l’Oshu’Gun après avoir enterré Booty dans la caverne du dragon. Aussitôt à l’abri dans un creux à l’écart de Nagrand, il avait abandonné les siens pour faire immédiatement son rapport à Gniev en lui rapportant l’artefact demandé.

Gniev avait écouté religieusement sa version des faits, car à travers l’esprit du polymorphe il avait pu suivre tous les évènements en détail, sans avoir la possibilité d’intervenir cependant. Et tandis qu’il prêtait l’oreille au Nain il ne cessait de regarder la pupille saurienne léviter devant lui.

Gniev baissa alors la tête et posa ses yeux sur le Paladin avant de lui demander l’air sournois :


GNIEV : Seigneur Slayeur, connaissez-vous la différence entre les faibles et les forts ?

SLAYEUR : J’en ai beaucoup mon Maître, mais j’imagine qu’il y en a une que vous avez à l’esprit.

GNIEV : Vous imaginez bien…
Les forts savent lorsque le temps des sacrifices est venu et n’hésitent pas à en payer le prix, seulement c’est avec le sang des faibles qu’ils le font.
Me comprenez-vous ?

SLAYEUR : Est-ce une allusion au polymorphe ?

GNIEV : J’ai vu dans son dernier regard la façon dont vous l’observiez, et l’émotion qui vous envahissait. Je lis encore en vous, comme en un livre ouvert toutes ces émotions répugnantes de chagrin, de compassion, de regret… Ce sont là les valeurs de ceux qui ont assez de bonté pour se laisser dépasser par l’Existence, et tuer par elle.

SLAYEUR : Il est vrai mon maître que je mentirai si je vous disait que le sacrifice de Booty ne m’a pas causé de chagrin…

GNIEV (extrêmement sec) : Auriez-vous un cœur Seigneur Slayeur ?

SLAYEUR : Un cœur ne s’use que si l’on s’en sert, mon Maître…

Gniev eu un ricanement de satisfecit, et poursuivi beaucoup plus sérieux.

GNIEV : Nonobstant tout cela, une chose me contrarie vraiment… trois à vrai dire…

Slayeur était encore la tête baissée contre le sol et agenouillé face à son sombre maître et n’osa pas répondre.

GNIEV : Voyez-vous, la première est que cet artefact est extrêmement puissant. Tout du moins est-il sensé l’être… Or je ne ressens rien. Et d’après les informations concordantes, la relique que j’avais confié au polymorphe pour la détecter n’a réagit qu’à son contact… Savez-vous ce que cela veut dire ?

SLAYEUR : La Volonté de Draenor a épuisé son énergie ?

GNIEV : Bien sur que non sombre crétin. Sinon comment aurait-elle pu exploser si violement ?!
Ce que je pense c’est qu’elle doit être réactivée par de l’ancienne magie. Le squelette de Dragon où vous l’avez trouvée me laisse à penser qu’elle se trouve là depuis des temps si lointains, que peut-être ne pourrais-je jamais la réactiver car c’est de la Magie des Aspects eux-mêmes dont j’aurai besoin.

Il marqua une nouvelle pause, et semblait contrarié.

GNIEV : Les Dragons sont là depuis l’Aube des Temps, ils sont garants de la stabilité de ce monde car ils sont nés pour protéger Azeroth, et ne sont intervenus que très exceptionnellement dans ses affaires. J’entends par là les Aspects qui sont les Dragons originels, pas le reste des sauriens…
Mais il y a de cela plusieurs millénaires une guerre fratricide éclata entre eux et les Aspects qui étaient six à l’origine ne furent plus que cinq. Ils avaient vaincu un des leurs au terme d’un violent conflit qui s’est porté jusque sur Draenor où le renégat s’était caché.

SLAYEUR : Vous voulez dire que le squelette de Dragon trouvé là-bas était celui d’un des Aspects ?

GNIEV : Peut-être, cela me semble vraisemblable. Il est curieux de se dire qu’un être aussi mythique créé par les Titans eux-mêmes puisse se trouver mort et décomposé depuis des lustres face à vous. Mais je pense que c’est bien à lui que vous avez eu affaire.

Cela explique pourquoi la Volonté de Draenor était sous la protection de ce Gardien d’un autre temps. Cela explique aussi la puissance de l’artefact. L’Aspect défait par les cinq autres avait du s’en servir pour partir en guerre contre eux. Malheureusement pour lui, malgré toute la puissance de la Volonté, il ne pouvait rien contre un tel déchaînement de pouvoir.

Je ne puis pas réactiver ce pouvoir pour l’instant, seuls les dragons le peuvent, rares sont ceux qui connaissent son existence.

SLAYEUR : Comment se fait-il qu’un mage ait pu se faufiler dedans alors ? Il devait la connaître lui aussi.

GNIEV : Soit c’était un fou aventurier comme cette Elfe, soit, il avait tenté de subtiliser la Volonté en connaissance de cause. Dans tous les cas, il a été rattrapé par son gardien qui s’est assuré de tout remettre en place.

SLAYEUR : Qui pouvait-il être en ce cas ?

GNIEV : Un ancien membre du Kirin Tor sans doute… Ces gens là possédaient des manuscrits parmi les plus anciens qui soient, et même si cette guerre entre les Aspects est extrêmement peu connue car survenue il y a plusieurs milliers d’années, il en reste des traces. Il aura profité des Guerres entre la Horde et l’Alliance pour passer en Draenor et s’infiltrer sous l’Oshu’gun, dans le dernier repaire de l’Aspect.

SLAYEUR (intrigué) : Cet Aspect, quel était son nom ?

GNIEV : Il n’a pas été conservé. Après sa défaite les Cinq Dragons l’ont condamné à la damnation mémorielle et effacé toute trace de son existence, voulant faire disparaître le moindre souvenir se rapportant à lui.
Vous êtes vous demandé pourquoi ce vaisseau Na’aru s’était écrasé à l’endroit exact du complexe souterrain ?

SLAYEUR : Cela a pu me traverser l’esprit, sans plus. Mais je n’aurai jamais pu soupçonner que c’était pour cela…

GNIEV : Chercher la vraie raison des choses et la trouver donne le plus grand des pouvoirs par rapport à quiconque. Elle vous donne la plus grande des libertés, celle de voir le monde tel qu’il est, et pas comme on vous le dit. Et ce sera le genre de chose à exterminer pour préparer mon avènement. Les masses doivent être trompées, et manipulées pour obéir correctement.

Il paraissait de nouveau pensif, mais Slayeur se risqua à lui poser une question.

SLAYEUR : Maître ?
Vous avez dit que trois choses vous préoccupaient, quelle est la dernière ?

GNIEV : Tu as raison… Ce qui me préoccupe aussi, c’est cette Lizandra… Elle est visiblement sujette à des rêves troublés vu ce que tu me rapportes, même si elle le cache. Son pouvoir est trop grand, pour que cela soit anodin, cela cache quelque chose dont nous devrions nous méfier, tu garderas un œil plus attentif sur elle.

Ayant fort mal au genou, il se releva, et leva la tête en direction de Gniev.

SLAYEUR (dubitatif) : Mais en quoi est-elle si importante ? Elle n’a rien d’extraordinaire…

GNIEV : Les énergies magiques confluent vers elle, de plus en plus. Comme vers ce Savonarole. Ils sont tous les deux marqué par le doigt du Destin. Chacun d’eux possède un grand pouvoir, qu’il ne connaît pas ou ne peut le comprendre, mais que nous devons utiliser au mieux pour réaliser nos desseins. J’ignore pourquoi elle est un de ces points de confluence, mais je le sais, et je sais à quoi cela peut nous servir. Je sens tout cela, comme d’autres le peuvent aussi… Ce qui doit nous inciter à rester vigilants quant à ces deux là, et les garder auprès de nous…

Les énergies ne sont pas neutres, mais porteuses de signes qui révèlent bien des choses, et la concernant elles m’ont appris énormément. Mais il reste beaucoup à découvrir. Je ne perçois que peu choses pour le moment, je ne puis les voir distinctement. Quant à Savonarole, c’est encore plus flou, mais il faudra s’en saisir dès que l’occasion se présentera, et ce sera ta prochaine mission.

SLAYEUR : Je tâcherai de ne pas vous décevoir, mon Maître.

GNIEV : Si tu tiens à la Vie mieux vaut pour toi… D’autant que mon plan initialement prévu a été contrarié par de récents développements inquiétants pour ma prise de contrôle.
Un des puissant artefact que je convoitais a déjà été subtilisé par quelqu’un de visiblement très bien informé, quelqu’un qui est venu d’Azeroth puisque la disparition date d’après l’ouverture de la Porte.

SLAYEUR : Qui cela peut-il bien être ?

GNIEV : Je n’en ai pas la moindre idée, je ne puis le percevoir, et c’est bien ça qui me préoccupe…

Il demeura un moment pensif.

GNIEV : En attendant, ta prochaine mission consistera à infiltrer le groupe de l’Alliance dirigé par ton ennemie Gnome, gagner leur confiance, les aider à récupérer la clef Karazhan, les escorter dedans, et récupérer à tout prix avant eux le Journal de Medivh, qui est le dernier artefact que je convoite. Ceci te permettra aussi de pouvoir peut-être approcher Savonarole, si j’en crois mes espions. Tu feras ce dont nous avons convenu à son propos.

SLAYEUR : Maître, si cette mission est si ardue, sans doute aurais-je besoin d’aide supplémentaire à présenter que Booty n’est plus là pour m’aider, comme il l’a fait à l’Oshu’gun.

GNIEV (pensif) : Sans doute… Sans doute…

Mais, loin de toute cette discussion, sur les côtes bordant le Néant à Terrokar, tandis que l’équipage de Titecouette réparait le bateau qui en avait pris un coup après l’intervention de Maddly, Poerit discutait avec Savonarole qui semblait soucieux. Ils étaient assis tous les deux contre un des bastingages en bois du navire, au milieu de la cohue qui régnait parmi l’équipage qui essayait de réparer au mieux les dommages subis.

POERIT : Comment te sens-tu jeune Savonarole ?

Le regard de Poerit se perdait au loin sur la ligne d’horizon du Néant tandis qu’il tirait une bouffée de tabac sur sa pipe. Cependant, Savonarole avait l’impression qu’il le regardait droit dans les yeux pour lui extirper le fond de sa pensée.

SAVONAROLE (gêné) : J’ai froid Maître Poerit.

POERIT : Peur as-tu ?

SAVONAROLE : Non Maître.

POERIT : Peur d’échouer peut-être ?

Savonarole hésita un moment.

POERIT : À travers toi je peux voir mon jeune ami.

Poerit regardait toujours l’horizon en faisant des ronds de fumée en restant parfaitement impassible.

POERIT : À ton frère tu penses, à la formation que tu vas suivre aussi. De le décevoir tu as peur.

SAVONAROLE (chagrin) : Il me manque…

POERIT : De le perdre tu as peur je crois.

SAVONAROLE (un peu agacé) : Qu’est-ce que cela a à voir ?

POERIT : Tout à voir cela a. La peur est le chemin du Côté obscur. La peur amène à la colère. La colère à la haine. La haine à la souffrance…

SAVONAROLE (énervé) : Je n’ai pas peur !

POERIT : Fidèle à son engagement un prêtre doit être, et rigoureusement s’y tenir. L’esprit serein il doit avoir. Et beaucoup de peur je sens en toi.

SAVONAROLE (calmement) : Je n’ai pas peur.

POERIT : Cela nous verrons… Mais sache que ton père aussi peur il a eu quand ton âge il avait.

SAVONAROLE (incrédule) : Vous avez connu mon père ?

POERIT : Bien connu je l’ai…

Il semblait d’une grande tristesse.

POERIT : Mal fini il a malheureusement…

SAVONAROLE : Que c’est-il passé.

POERIT : Beaucoup de défauts les Nains ont. Une race corruptible comme les autres nous sommes, sinon plus j’en ai peur. Après les guerres, beaucoup d’anciens soldats sans rien à faire se sont trouvés. La Gloire et l’Honneur que sur le champ de bataille ils avaient gagné, à la ville ils ne pouvaient les montrer. La vie pour eux dure était. Quand sont arrivés les Gnomes plus de problème encore il y a eu, car de beaucoup de choses ils ont été injustement accusés. De prendre le travail et la richesse des Nains par exemple.

Faibles étaient beaucoup de gens, des coupables faciles ils cherchaient. C’est à ce moment là que l’ascension de Slayeur commença. Beaucoup de gens influençables il a recruté pour sa croisade contre les Gnomes. Beaucoup de gens il a séduit avec ses idées dangereuses. Beaucoup de pauvres malheureux ont cru en lui.

SAVONAROLE : Boumator l’a suivi… Même maintenant alors que son chef est mort il croit toujours en ces idées là…

POERIT : Tort il a eu, ton père cette voie aussi a emprunté, et détruit il a été par cette haine et cette intolérance.

SAVONAROLE : Vous savez comment est mort mon Père Maître Poerit ?

POERIT : Ses idées l’ont tué. Le Nainzisme puant sa perte a causé. Par Slayeur il a été trahi…

SAVONAROLE : Slayeur ?! Mais Bouma ne m’a jamais dit ça !

POERIT : Eviter d’être critiqué il voulait sans doute. Lui aussi Slayeur il a suivi. Lui aussi trompé il s’est. Lui aussi aujourd’hui en paye le prix.
Beaucoup d’années vous séparent lui et toi. Peut-être qu’avec le temps tu comprendra ses choix même si les excuser tu ne peux.

Savonarole s’était levé comme une furie. Il explosait de rage, et regardait Poerit toujours aussi impassible.

SAVONAROLE (hors de lui) : Il a rallié l’assassin de mon Père ! C’est à cause de ce Slayeur si je n’ai pas eu de famille ?!?! Il doit payer !

POERIT : La haine et la vengeance rien ne résoudront jeune Savonarole.

SAVONAROLE : Ne rien résoudre ?! Mais qui va me rendre mon Père ? Ma mère est morte à ma naissance, il ne me restait que mon Père ! Et il l’a tué avant que j’aie pu profiter de lui.

POERIT (ferme) : Si à la vengeance tu penses, alors rien nous ne pourrons t’apprendre !

Son ton était inhabituellement sec, ce qui déstabilisa l’autre Nain qui avait l’habitude d’entendre sa voix bienveillante.

POERIT (sec) : Contre ta formation j’étais, mais si de cette façon tu réagis, alors plus rien parmi nous tu n’as à faire ! Te le tenir pour dit, tu dois ! A présent prendre l’air seul je te suggère pour que les idées au clair tu aies.

Savonarole le regarda incrédule et se résolu à descendre à terre pour marcher le long de la côte. Poerit qui faisait toujours des ronds de fumée ne le lâchait pas du regard, alors que Skaal le rejoignait.

POERIT (agacé) : Le portrait de son Père il est ! Dans ses pas il marche !

SKAAL : Je crois qu’il faut lui laisser sa chance Maître.

POERIT : La vengeance déjà il a à l’esprit ! Si la haine déjà le consume, alors il n’apprendra rien, et la Prophétie n’aura voulu dire que l’équilibre il apporte au mauvais côté de la balance seulement.

SKAAL : Il sera entraîné par Titecouette, il se révèlera à lui-même. Ses émotions le trahissent, mais il apprendra à les éprouver et à les maîtriser, j’en suis sûr.

POERIT (préoccupé) : De tout cœur je l’espère… De tout cœur…

Le reste de l’après-midi s’écoula sans le moindre incident. Les réparations d’urgences étaient effectuées sur l’ « Octobre Rouge », le navire de Titecouette, par l’équipage, aidé des NRV présents. Bouty avait repris conscience, et Maddly était soignée pour ses brûlures au 3e degré, qu’avec beaucoup de patience Emzy avait réussi à faire disparaître. Savonarole était revenu les idées plus claires, tandis que pendant la durée des travaux, le Conseil du heal de la NRV avait tenu réunion avec Titecouette et Wylyn. Lorsque le soir se coucha, le bateau semblait avoir retrouvé un peu meilleure mine, et on réunit tout le monde au pied du navire.

TITECOUETTE : Messieurs et mesdemoiselles, après cette journée plus que fatigante, l’heure est venue pour nous de nous séparer. Le jeune Savonarole, prêtre Nain ici présent, viendra à nos côtés pour obtenir la formation que les siens veulent lui voir être dispensée.

L’équipage et les NRV applaudirent chaleureusement le prêtre nain qui ne savait plus où se mettre.

POERIT : Toute confiance en vous nous avons, et de le revoir mieux apprêté nous espérons. Par ailleurs, notre groupe se séparer pour un temps devra, et une partie des nôtres avec vous restera le temps que les partants reviennent.

OTIWANA : Moi-même ainsi que Skaal, Bouty, Sylirie et Samovar allons vous abandonner quelques temps. Les autres resterons avec vous pour vous aider à rentrer à Shattrath pour finir de réparer le bateau, et payer les réparations qui sont à notre charge…

Elle jeta, en coin, un regard froid à Maddly.

OTIWANA : Maître Poerit restera donc avec Toraco, Emzy, Monsaigneur, Maddly et Steel sur l’« Octobre Rouge ».

Steel semblait visiblement très préoccupé par le fait qu’il ne puisse pas suivre Bouty et jetait des regards noirs dans tous les sens, ce que visiblement Toraco remarqua car il ajouta :

TORACO : Les groupes sont fixes, et chacun doit impérativement rester à sa place.

TITECOUETTE : Je crois que tout est dit alors. Nous lèverons l’ancre demain matin pour partir vers la capitale, mais avant, nous ferons une escale à Auchindoun pour déposer nos amis puis nous repartirons sur Shattrath.

Après une nuit plus que normale, il fut procédé comme convenu le lendemain, même si le groupe des cinq pris un peu de retard lorsqu’il dut raccompagner au bateau Steel qui tentait de les suivre après avoir Vanish. Ceci fait, ils se retrouvèrent dans l’immense cratère désolé qu’était ce temple draeneï en ruines, au pied de la Porte du Labyrinthe des Ombres.

SAMOVAR (solennel) : Le Labyrinthe des Ombres… Un des lieux les plus sinistres qui soient sur notre terre. D’une paisible nécropole ce lieu saint de mon peuple a fini par devenir le point de confluences de toutes les forces occultes et corrompues…

SYLIRIE (dubitative) : Et c’est là-dedans qu’on va ? On pourra faire du PvP au moins ?

OTIWANA : Syli attention…

Elle mima un coup de fouet.

OTIWANA : …ceinture !

SYLIRIE (soupirant) : Mais n’imp… Si on peut même plus s’amuser.

BOUTY : Et comment va-t-on rentrer dans ce machin, la Porte me semble belle et bien fermée.

SKAAL (narquois) : On n’a qu’à frapper, quelqu’un va sûrement venir nous ouvrir…

SAMOVAR (coupant court) : Inutile de persifler, j’ai la clef !

Après avoir ouvert la haute porte de pierre, ils s’engouffrèrent dans une antichambre tandis que disparaissait peu à peu de leur vue le ballet des âmes des Draeneïs morts qui voltigeaient au-dessus d’Auchindoun. L’impression qui s’en dégageait était des plus angoissantes, mais malgré leurs réticences ils se dirigèrent ver la Porte et pénétrèrent dans le donjon.

Un vaste panneau de pierre tomba alors à travers l’encadrement de l’entrée et ils se retrouvèrent enfermés dans ce tombeau faiblement éclairé par des lumières blafardes. Personne ne prononça le moindre mot, et ils firent quelques pas pour apercevoir un immense vestibule peuplé de membres du Conseil des Ombres qui ne pouvaient encore les voir. Bouty se résolu alors à briser le silence.


BOUTY (curieuse) : Au fait pourquoi on appelle ça le « labyrinthe » des Ombres ?

Elle eu à peine fini de poser sa question que dans la pièce qui leur faisait face, les murs coulissèrent, des portes disparurent, remplacées par des cloisons, tandis qu’au travers des épais murs de pierre de nouvelles ouvertures se formaient, quand ce n’était pas carrément un pan de mur qui tombait du plafond pour redécouper la pièce dans une autre configuration. Les Orcs et démons qui étaient là ne semblaient nullement surpris, et s’étaient pour certains décalés comme s’il n’eut s’agit que d’une simple formalité.

SAMOVAR : Cela répond-il à votre question ?

BOUTY : Apparemment l’auteur a mangé un clown ce matin pour nous pondre des gags comme ça…
J’aurai du laisser Steel y aller à ma place.

OTIWANA : Ca aurait pu être pire, tu aurais pu demander pourquoi on appelle ça le labyrinthe des « Ombres » ?

VOIX (criant) : DES INTRUS ! Lancez les Shadowbolts !!!

Ils eurent tout juste le temps d’éviter des projectiles d’ombre qui leurs tombaient dessus et se préparèrent au combat.

BOUTY (rageuse) : Là il a carrément mangé le cirque !

Tandis que Samovar posait ses totems de protection au sol, Bouty et Otiwana commençaient à lancer des sorts de blizzard sur l’entrée de la pièce qui les séparaient des assaillants. Sylirie avait envoyé son gangregarde charger dans le tas, et canardait de graines de corruption les Orcs qui surgissaient. Alors que les premiers ennemis arrivaient à rentrer dans la pièce, Skaal, en forme d’ours se jeta sur les premiers Orcs qui tentaient d’aller au corps à corps vers eux, aidant le familier de la démoniste gnome. La cohue régnait en mêlée, amplifiée par les boules de feu ou les lance de givres qui fusaient de l’arrière, alors que Samovar essayait du mieux qu’il pouvait de garder tout le monde en vie. Le combat dura quelques minutes, et ils en sortirent vainqueurs.

En entrant dans la pièce suivante, ils trouvèrent un monceau de cadavres de peaux vertes et de démons carbonisés ou gelés, mordus ou griffés, voire les quatre en même temps. Sylirie tapota, la larme à l’œil, la jambe de son gangregarde.


SYLIRIE : Brave petit…

OTIWANA : Samovar vous savez où aller ?

SAMOVAR (sec) : Dois-je vous rappeler le principe du labyrinthe ma chère ?

SKAAL : C’est à toi de nous guider Oti, c’est toi la présidente.

OTIWANA : Hey ! Je suis présidente des Gnomes seulement ! Toi tu es l’Archidruide de Darnassus, tu peux bien lead aussi, hein.

SKAAL : C’est vrai j’avais mal vu… Le groupe est composé d’elfes en majorité, c’est à moi de vous guider.

SYLIRIE : Pourquoi c’est pas la vache qui nous montre le chemin, c’est son bled après t..

Elle n’est pas le temps de finir qu’elle s’était prit un violent coup de sabot et était partie s’écraser contre un mur.

SAMOVAR (sec) : Le prochain qui m’appelle encore « la vache », ou même qui s’amuse à me tagger « Milka » sur l’armure, c’est l’empreinte d’un fer à cheval qu’il va se prendre en décalcomanie sur le visage. Compris ?

OTIWANA (tempérant) : Oui oui elle le refera plus.

SYLIRIE (se relevant avec peine) : Ah la vaaaache… ça fait mal.

Samovar s’apprêta à charger, mais Skaal l’arrêta à temps en lui expliquant qu’il n’était pas visé par ce juron. Et finalement ce fut Otiwana qui le conduisit à travers le dédalles du labyrinthe. Leur errance sembla durer des heures, d’autant que la Gnome mage était pour le moins indécise.

SKAAL (agacé) : Bon à gauche ou à droite alors ?

OTIWANA (hésitante) : Je sais pas j’hésite… A gauche tiens… NON NON ! À droite plutôt… OU ALORS à gauche… à gauche…

SKAAL (ironique) : Toi tu es un vrai hunt dans l’âme. On dirait une boussole avec des cheveux verts…

OTIWANA : Oh ça va Skaal, si c’est pour te moquer, tu n’as qu’à lead puisque c’est si simple ! Et c’est pas ma faute si tous les chasseurs de la guilde sont morts ou partis !

BOUTY : De toute façon paumés pour paumés… Qu’on prenne à gauche ou à droite on n’a pas la moindre idée d’où on se trouve…
Et on cherche quoi déjà au fait ?

OTIWANA : Un morceau de clef. C’est l’autre escroc de Khadgard, qui nous a fait payer la quête bonbon, qui nous a dit de venir ici. Elle est sensée se trouver au fond du donjon à côté de « Marmon » ou un truc du genre…

BOUTY : Marmon ? C’est quoi ce truc là ?

SAMOVAR : Marmon est l’Essence du son. C’est une puissante entité magique qui en est constituée. D’après les espions du Prophète Velen, le Conseil des Ombres aurait tenté de l’invoquer, mais l’expérience à raté et c’est ce qui aurait fait exploser Auchindoun. A présent si l’on se fie aux renseignements en notre possession, ils essayent de le garder sous contrôle mais ont beaucoup de mal, car c’est un être extrêmement puissant.

BOUTY : Et on doit récupérer un bout de clef à côté de ça ?

SKAAL : Tu as bien résumé la situation.

SYLIRIE (joyeuse) : Vois le bon côté, qui dit gros vilain pas beau dit aussi ph4t loot kipix.

BOUTY (désespérant) : J’arrives pas à croire que je me sois faite embobiner dans cette combine foireuse !

SYLIRIE : Tu sais ce que moi j’arrives pas à croire ?

BOUTY (méfiante) : Non… dis toujours…

BOUTY : C’est qu’on est coincé dedans depuis une plombe et tu as toujours pas fait d’eau et de pain pour le groupe !

Quelques instants plus tard Sylirie avait deux énormes [Roulés à la Cannelle] enfoncés à la place des yeux et elle était complètement trempée, tandis que Bouty était partie ouvrir la marche.

OTIWANA (suivant Bouty) : Toujours se méfier d’une Gnomette en colère Syli… Toujours…

Ils continuèrent à marcher longtemps dans le salmigondi des salles de pierres changeantes. La configuration du Labyrinthe changeait sans arrêt ce qui leur interdisait une quelconque solution pour tenter de suivre le chemin qu’ils avaient parcouru. De temps à autres ils rencontraient un groupe de membres du conseil des ombres dont ils venaient à bout sans problèmes. Mais ils étaient épuisés, et marchaient depuis tellement longtemps qu’ils ne sentaient plus leurs pieds. C’est pourquoi ils firent une halte dans une salle vide afin de se restaurer.

BOUTY : La barbe ! J’en ai ma claque de ce trou à rats ! On fait que marcher ! Tout ça pour un morceau de clef débile !

SAMOVAR (méprisant) : Ce « morceau de clef débile » comme vous dites nous permettra d’atteindre l’artefact qui sera d’une utilité déterminante dans notre bataille contre le Légion.

SYLIRIE : En attendant elle a pas tort c’est très monotone depuis qu’on est arrivés. On s’enn… OMG QU’EST-CE QUE C’EST QUE CES MACHINS ?!

La Gnomette regardait ahurie vers le fond de la pièce ou elle voyait un spectacle qui défiait l’entendement. Au fond de la salle trois Gnomes aux cheveux outrageusement fluos leur faisaient des grand signe de la main en sautillant sur place.

GNOME 1 : Ouhhhh ouhhhh

GNOME 2 : On est des gnomes on est mignons !

GNOME 3 : On veut vous aider, et vous faire des papouilles !

Ils les regardèrent, ahuris par cette vision se demandant s’il était bien prudent de s’approcher de gens aussi bizarres.

SKAAL (bouche bée) : La drogue c’est mal…

De leur côté les gnomes continuaient à sautiller et à agiter les bras, sauf un qui semblaient bougon d’un coup, et qui s’adressa à un autre gnome aux cheveux roux fluo :

GNOME 2 : La vache Slay ça craint d’être un gnome je peux pas m’empêcher de parler avec cette petite voix hystérique et de dire que je suis mignon !!!!

GNOME 1 : Boucle là Foure !

GNOME 2 (sanglotant) : Sérieux les cheveux fluos quoi ! C’est insupportable !

GNOME 1 : Ferme là ! Ils arrivent, continue à sautiller et dire des trucs débiles !

Ils approchèrent tous les cinq des Gnomes les regardant avec de plus en plus de circonspection.

GNOME 1 : Bonjour les amis ! Nous sommes des gnomes !

GNOME 2 : Nous sommes mignons !

GNOME 3 : Et on veut vous aider !

Otiwana qui semblait n’avoir jamais vu de congénères aussi bizarres s’avança un peu hésitante et vint serrer la main au Gnome aux cheveux roux fluo.

OTIWANA : Enchantée… je suis Otiwana, et voici mes compagnons Skaal, Sylirie, Bouty et Samovar.
Et vous, qui êtes vous, et que faites vous ici ?

GNOME 1 (sautillant) : Je suis Bibou !

GNOME 2 (sautillant) : Je suis Titou ! Et je suis très mignon !

GNOME 3 (sautillant) : Je suis Toufou !

Les cinq autres hochaient de la tête de tous les côté se regardant entre eux, absolument déconcerté par ce qu’ils avaient sous leurs yeux.

OTIWANA : Okay…. Et qu’est-ce que vous faites là ?

SLAYEUR (sautillant) : Vous êtes perdus. On est là pour vous aider !

FOUREGUEULE (sautillant) : Je suis mignon !

BOUMATOR (sautillant) : Chaise ! Jardin ! Barbara Streisand !

OTIWANA : Donc vous voulez nous aider, c’est bien ça ?

FOUREGUEULE (sautillant) : Je suis mignon !

BOUMATOR (sautillant) : J’aime la glace !

SLAYEUR (sautillant) : Voilà c’est ça ! Youpiiii !

OTIWANA : Et… Bibou… comment comptes-tu nous aider ?

FOUREGUEULE (sautillant) : Je suis mignon !

Slayeur mis un énorme coup de coude dans les côtes de Fouregueule qui tomba au sol en se roulant de douleur.

SLAYEUR : Nous sommes un groupe de Gnomes de Draenor, nous pouvons vous aider, nous sommes des chasseurs, nous pouvons trouver une aiguille dans une meule de foin.

OTIWANA : Ahhh c’est pour ça que vous portez des équipements de paladin et de chasseur ?

SLAYEUR (sautillant) : Voilà ! C’est ça ! Nous sommes des Gnomes des Sables ! Nous avons grandi ici ! Et on peut jouer des classes encore plus cheatées que démo.

OTIWANA (circonspecte) : Attendez une minute… Nous allons en discuter.

Ils s’éloignèrent vers l’arrière laissant les trois gnomes entre eux.

SLAYEUR (jetant un regard noir à Otiwana) : Toi ma cocotte, dès que je n’aurai plus besoin de toi… J’aimerai bien finir un combat inachevé.

FOUREGUEULE : Slay je vais vomir ! J’en ai assez d’être un Gn… JE SUIS MIGNON !!!

Le groupe d’Otiwana se retourna à cause du hurlement de Fouregueule, mais Slayeur leur fit signe que ce n’était rien et ils continuèrent de débattre.

SLAYEUR (sec) : Putain Foure ! Tu dis ça encore une fois, je m’arrange pour que tes poils de barbe restent fluos quand tu redeviendras normal…

FOUREGUEULE : J’arrive pas à m’en empêcher… Je vais me suicider je peux plus supporter ça !

Et il s’écroula sans vie au sol. Slayeur le regarda du haut en tapotant nerveusement du pied sur le sol.

SLAYEUR (contenant sa colère) : Tu sais que j’ai remarqué que tu as FD j’imagine ?

FOUREGUEULE (inanimé, gardant les yeux fermé mais remuant les lèvres) : Ha bon ?

SLAYEUR : Tu te relèves ou je t’enterre sur place.

FOUREGUEULE (se relevant) : Sale race, on aurait mieux fait de tous les exterminer…

SLAYEUR (rageant) : C’est ce que j’avais essayé de faire je te rappelle.

BOUMATOR : Euhhh… je veux pas dire, mais j’ai pas l’impression qu’on ait un comportement naturel de Gnomes. On force un peu trop le jeu.

SLAYEUR (vexé) : Qu’est-ce que tu racontes ?! Tous les Gnomes sont comme ça !

FOUREGUEULE : Dans ta tête peut-être ! Mais Bouma a raison, ils doivent se méfier, tu as pas vu comment ils nous regardaient ?

SLAYEUR : Arrête de raconter n’imp ! Je te dis que les Gnomes c’est comme ça !

En effet quelques mètres plus loin…[i]

SYLIRIE : …que c’est que cette bande de camés ?! Ils sont pas nets ces gus !

BOUTY : J’ai honte d’être une Gnome quand j’en vois des comme ça.

OTIWANA : La honte de notre race. Si on était comme eux, je crois que j’aurai laissé Slayeur nous exterminer….

SKAAL : On peut abréger leurs souffrances maintenant ? Ils se rendront compte de rien comme ça…

SYLIRIE : Je crois pas qu’on pourrait leur rendre un plus grand service… Mais v’la la bande de barge c’est hallucinant !

BOUTY : Moi à mon avis ça peut être que des drogués. En plus celui qui a l’air d’être leur chef, tu as cheveux sa couleur de cheveux ? Rouquin fluo s’il te plait ! Moi le jour où j’ai une couleur de cheveux comme ça, soit je me jette sous un Tauren, soit je me fais la boule à zéro.

SAMOVAR : Si ce sont des Gnomes de Draenor, c’est peut-être normal qu’ils soient comme ça… Mais je ne les connais pas assez pour vous le confirmer.

BOUTY : Faut pas abuser, y’a des limites quoi ! Les gens quand ils ont un minimum de savoir vivre ils se laissent crever quand ils sont aussi stranges !

SYLIRIE : En plus ils donnent une mauvaise opinion des Gnomes.

OTIWANA : Mais ils veulent nous aider. On devrait peut-être leur faire confiance, non ?

SKAAL : Donc on a le choix entre rester perdu pour toujours ou alors faire confiance à des drogués ?

OTIWANA : Skaal commence pas à réduire les choix à ça, tu fausses le débat.

SKAAL : Dis moi entre quoi et quoi nous avons le choix alors.

SYLIRIE : Il a pas tort.

BOUTY : Mais y’a pas moyen ! Je préfère rester à caner ici plutôt qu’on me voie sortir à côté d’eux. T’imagines même pas la honte si on nous vois à côté. EN plus je suis sûre que Steel est déjà devant l’entrée et qu’il m’accusera de les avoir dragué tous les trois s’il me voit à côté de ces trucs.

SAMOVAR : Je pense aussi qu’on devrait leur faire confiance. En plus ce sont des chasseurs, ils pourront repérer la salle de Marmon et la sortie.

OTIWANA : Donc moi je suis pour, Syli aussi, Sam aussi, Bouty est contre. Skaal, quelle que soit ta réponse nous sommes majoritaires. Donc on va devoir leur faire confiance.

SKAAL : Bon bah vu qu’on a le choix…

OTIWANA : Si tu as une meilleure idée je suis pren…

[i]Elle s’arrêta net et regardait Bouty, en train de fouiller comme une folle dans son sac.


OTIWANA : Bouty ? Tu fais quoi au juste ?

BOUTY : Je cherche ma cagoule ! Je refuse qu’on m’aperçoive à côté d’eux !

Finalement ils les rejoignirent et Otiwana vint serrer la main de Slayeur de manière très solennelle.

OTIWANA : C’est d’accord nous acceptons l’aide que vous nous proposez.

SLAYEUR (hypocrite) : Ha voilà une bonne nouvelle !

Dès qu’elle eut le dos tourné, il fit une grimace et essuya sa main dans sa cape, comme s’il venait de caresser un animal particulièrement sale. Personne ne remarqua rien et ils se mirent en route vers la salle de Marmon après qu’Otiwana leur eu expliqué que c’était là leur destination.

Cette fois ci, avec Boumator et Fouregueule pour les aider à se repérer, ils semblaient avancer avec beaucoup plus d’assurance. Même si Fouregueule ne pouvait réprimer ce qui ressemblait à un tic nerveux qui le poussait à crier « Je suis mignon ! » toutes les cinq minutes, tout se passa sans incident. Au bout de quelques couloirs et de combats, ils arrivent dans une immense salle remplie de cadavres.

Jonchés partout dans la pièce, des corps d’Orcs et de démons étaient éparpillés ça et là. Les bancs de pierres étaient renversés dans tous les sens et visiblement quelqu’un avait aménagé un espace circulaire, vierge de tout mort ou débris, qui dessinait sur le sol un vaste cercle de sol brûlé. Au fond de la pièce, le cadavre d’un gigantesque Ogremage gisait au pied d’une immense Porte dont les battants avaient volés en éclats et qui précédait un couloir sombre. Ils pénétrèrent timidement dans la pièce où régnait une odeur insupportable de cadavre en décomposition qui les obligea à parler avec leurs capes devant leur visage.


SAMOVAR : Visiblement quelqu’un est passé ici avant nous, et ça date d’il y a quelques jours vu l’état de décomposition des cadavres.

SLAYEUR : Ils devaient être un sacré paquet pour laisser un boxon comme ça… Y’a plus âme qui vive.

SKAAL : Et qui a pu faire ça selon… vous ?

SAMOVAR : Pas la moindre idée, mais apparemment ils ont continué plus loin… Il y a aussi ce cerclé brûlé au sol qui m’intrigue. C’est très bizarre comme situation.

BOUTY (excédée) : On traîne ici depuis assez longtemps. Si on s’amuse à rester commenter chaque salle et à digresser sur chaque pet de rat on y est encore à la Sanssaint ! Alors est-ce qu’on pourrait aller vers la salle de Marmon ?!

Même si la salle les intriguait la puanteur qui y régnait et la fatigue qui les gagnait leur fit suivre le souhait de Bouty. Ils suivirent le couloir au bout de la salle, et à partir de là, le chemin fut beaucoup moins compliqué : les murs avaient été abattus, et en fait ils ne firent que suivre une piste jonchée de cadavres décomposés (quand ils n’étaient pas carbonisés) et de murs coulissants qui étaient en ruine sur le sol. Cela les incita à la plus grande prudence, même si tout ceci avait l’air bien facile. Salle après salle, mort après mort, éboulement après éboulement ils se frayèrent un chemin dans les profondeurs du labyrinthe.

Ils arrivèrent enfin dans une longue pièce qui finissait sous une sorte de coupole circulaire sous laquelle gisait, planté dans le sol, une sorte de sceptre gigantesque brillant d’une aura vert bleuté pale. Sur le chemin qui y menait tous les cadavres sans exception étaient carbonisés, désarticulés et étaient transpercés de part en part comme s’ils avaient été empalés au plafond et s’étaient écrasés violemment au sol. L’air était plus respirable car les tissus organiques avaient été brûlés, mais l’expression d’effroi dans laquelle étaient figés les visages des Orcs les tétanisait. Il n’y avait pas un seul démon parmi les victimes, seulement les Orcs ou ce qu’il en restait.

Arrivés au pied du sceptre, qui devait bien faire dans les huit mètres de hauteur, ils regardèrent tous avec circonspection autour d’eux.


SLAYEUR : On a déjà fait le ménage pour vous on dirait…

OTIWANA : Et apparemment ils n’y ont pas été avec le dos de la cuillère.

SLAYEUR : Bon c’est bien dans cette salle que vous vouliez arriver n’est-ce pas ?

BOUTY : Oui la salle de Marmon… Sans Marmon.

SAMOVAR (grave) : Erreur… Marmon était là. Tout ce qui reste de lui c’est cette arme plantée dans le sol, et la poussière des arcanes dans laquelle nous avons les pieds…

Ils virent qu’en effet ils foulaient avec leurs pieds une sorte de sable bleuté à moitié transparent tant il était cristallin.

SAMOVAR (pensif) : Qu’une créature si puissante ait été défaite est inquiétant. Nous avons troqué une menace connue et identifiable contre une puissance inconnue dont nous ne savons rien…

Cela semblait le préoccuper vivement, comme tous les autres à l’exception de Bouty qui continuait à pester et de Sylirie qui regardait avec une convoitise d’ingénieur l’œil magique de Slayeur, qui tournoyait mécaniquement dans son orbite.

SAMOVAR (souriant en coin) : Mais au moins nous n’auront pas tout perdu…

Il venait de ramasser sur un des côtés de la pièce une sorte de gros coffre cylindrique fermé par un cristal.

BOUTY (soulagée) : Ah bah enfin cette fichue clef !

SKAAL (paniqué) : Chuuut !

SLAYEUR : Si c’est pour le fragment de clef de Karazhan, nous sommes au courant de ce que c’est.

SAMOVAR (sourcilleux) : Et peut-on savoir comment ?

SLAYEUR (semblant réciter) : Nous… étions là lorsque Kadghar l’a… déposée ici.

FOUREGUEULE (hystérique) : JE SUIS MIGNON !

SAMOVAR (n’en pouvant plus) : TA GUEULE !

Il venait d’assommer Fouregueule d’un violent coup de coffre du fragment de clef, qui émit un bruit de métal résonnant.

SAMOVAR (très gêné) : Je… je suis désolé… Ca m’a échappé… C’était plus fort que moi.

SLAYEUR : Pas grave… Si c’était pas vous c’était moi…
Bon si vous étiez venu pour ça dans le labyrinthe, je suggère que nous rebroussions chemin à moins que vous ne souhaitiez passer encore plus de temps ici.

OTIWANA : Merci pour votre aide en tout cas à tous les trois… Bibou, Titou et… Toufou… C’est bien ça, hein ?

SLAYEUR : C’est bien ça… Si vous cherchez les autres fragments nous pourrions vous aider… je veux dire par principe de solidarité entre Gnomes… Vous comprenez, nous les Gnomes des sables et vous les Gnomes d’Azeroth… Nous pouvons vous aider à les retrouver.

SKAAL (circonspect) : C’est une proposition intéressante à laquelle nous allons réfléchir.

Bouty se jeta alors sur Slayeur pour lui serrer la main.

BOUTY (comme folle) : Que dalle ! C’est vite vu ! Enchanté de travailler avec vous ! Si on peut passer moins de temps dans ces instances glauques en traînant avec eux alors ce serait une erreur de ne pas saisir l’occasion !

Skaal essaya de protester, mais Bouty lui envoya un coup de tête dans le tibia si fort, qu’il parti crier en sautant à cloche pied quelques mètres plus loin.

SLAYEUR : Vendu alors !

Enfin soulagée, Bouty enleva sa cagoule, et serra le Gnome roux entre ses bras, et Slayeur senti revenir en lui des sentiments qu’il croyait oubliés depuis longtemps.


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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:56 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 25

La chute




« L’Amour meurtrier,
L’Amour infâme,
L’Amour funeste,
Amour…
Amour…
Unique vie en ce monde… »

Ces mots résonnèrent dans les ténèbres comme la plus implacable des sentences. L’écho naissant de ce jugement se réverbérait dans les limbes obscures de l’inconscience de Lizandra. Ces ténèbres angoissantes, prémices de nouvelles visions qu’elle ne comprenait pas et qui pourtant la bouleversaient.

« Amour… Amour… Unique vie en ce monde… ».

Un cri déchira le calme et tout s’illumina.

Et quelle lumière ! Des centaines, des milliers de bougies projetaient leur éclat magistral le long d’une immense tenture de velours rouge. Ondulant au gré de ses plis, du sol au plafond, ce rideau de scène géant frémissait au fil du bruissement de la multitude des spectateurs assis dans la salle, dans les loges de cet Opéra. Dans la fosse l’orchestre préparait les derniers arrangements, au pied de l’imperturbable masse rouge qui restait superbement fermée pour le moment.

Cette vision fugace fut soudain brouillée. Il sembla alors à l’Elfe qu’elle se déplaçait à travers le bâtiment à une vitesse si rapide que tout était flou autour d’elle. Puis l’arrivée se fit brutale, sur un immense coup de frein. Et elle le vit, de dos, haletant au pied d’un corps allongé, dont le regard sans vie témoignait d’une mort aussi récente que terrifiante, au vu de l’expression d’effroi figée dans ses traits, et de la couleur encore fraîche de son teint de peau.

Le Haut-Elfe gisait inanimé au sol, revêtu d’un costume de scène, une armure de chevalier. Au-dessus de lui, un homme se tenait parfaitement droit, haletant toujours, ses bras ballant le long de son corps finissant sur deux mains agitées de tremblements nerveux.

Il y eu alors un ricanement sinistre et glacial qui vint se propager dans pièce, remplie d’accessoires de scène, qui servait de loge. Même si elle était remplie d’objets aussi divers, que bariolés, au son de ce rire mauvais l’espace entier paraissait le plus inhospitalier des lieux, et le plus terrifiant.

L’homme se baissa alors vers le corps, et commença à le dévêtir pour lui prendre son habit de scène. Il ricana encore une fois, se fendant d’un cynique : « Permet moi de t’emprunter ceci… Là où tu es tu n’en auras plus besoin ». Son ton d’un calme détaché laissait cependant deviner un fort sentiment d’exaltation, que le tremblement de ses mains trahissait également.

Il enfila alors l’armure de chevalier, et vint se poser devant un grand miroir en pied pour admirer la façon dont il s’était costumé. Tenant encore le casque à la main, il était là, contemplant son reflet armuré. Ses cheveux blonds étaient clairsemés par endroits et descendaient devant son visage sinistre, qui abritait ses deux yeux à l’iris rouge sang, qui eux, continuaient de dévisager son propre reflet. Son regard était mauvais, malsain, et effrayant, au même titre que le rictus en coin qui se dessinait sur ses lèvres et qui pouvait inspirer bien des choses, loin d’être rassurantes. Sa respiration toujours saccadée, il ne lâchait pas son reflet des yeux, puis il posa son casque sur sa tête, avant que tout ne se brouille de nouveau.

Elle vit à nouveau l’Opéra. Le rideau de scène était levé cette fois, et toute la salle, assise, applaudissait à ce qui semblait être la fin d’un des passages de la représentation en cours. L’auditoire comptait plusieurs centaines de personnes, qui continuaient à taper dans leurs mains sans retenue, et qui semblaient guetter avec attention le moment où un Haut-Elfe, assis dans la loge d’honneur face à la scène, cesserai de taper dans les siennes. Lorsqu’il arrêta effectivement, un silence religieux tomba sur la foule, et toutes les attentions se portèrent en direction de la scène.

L’orchestre commença à jouer de façon magistrale en faisant résonner les cuivres, avant que les cordes ne les rejoignent pour adoucir l’air qui de solennel devint soudainement plus doux tandis que la salle applaudissait. Un personnage habillé sans fards se présenta sur scène tandis que résonnaient les flûtes, et il déclara à l’assistance :

NARRATEUR (parlant) : Tandis que l’Est et l’Ouest se faisaient la guerre,
Drako, le grand héros de l’Ouest, pensait à son amour, Mar’Hya
Était-elle sauve ? Attendait-elle ?

Puis il disparu côté jardin. Alors Drako, le vrai cette fois, paru sur la scène, devant un décor de soleil couchant sur des montagnes, avançant d’un pas nonchalant jusqu’à son centre, alors que les cordes reprenaient avec les cuivres et il se mit à chanter :


Partie 1 : http://www.youtube.com/watch?v=l31SUW-nP5U

DRAKO :
Oh, Mar’Hy-ya,
Oh, Mar’Hy-ya.
Que j’appel-le – d’ici bas
Mon messa-ge – t’arrivera ?
Puisses-tu entendre – mon vif – appel....


Une fois qu’il se fut tût, l’orchestre continua seul sur la partie instrumentale, tandis qu’il quittait la scène. Les cordes et les cuivres imprimaient alors un rythme épique à la musique durant un long moment durant lequel des soldats en armes assiégeait un château, qui finit pour tomber aux mains de l’assaillant.

La voix du narrateur reparu une fois encore et leur déclara :


NARRATEUR (parlant) : Les forces de l’Ouest étaient tombées, et le château de Mar’Hya fut pris
Le Prince Ralse de l’Est l’épousa de force
Mais elle ne cessa jamais de penser à Drako.

Sortant des ténèbres comme perçant un silence trop lourd à porter depuis si longtemps, une voix fendit le calme séculaire des choses enfouies depuis une éternité. Une voix douce, belle, mélodieuse. Une voix triste, comme semblable à celle d’un bonheur mourrant. Une voix lucide. Mais une voix emplie d’amour. Tandis que des notes d’une profonde mélancolie résonnaient, surgissant de nulle part, une Elfe d’une beauté saisissante surgit du Néant. Perchée en haut d’une tourelle de décor d’opéra, elle posa son regard triste en bas, sur la scène. C’était Mar’Hya, plus belle que jamais, qui commença alors à chanter d’une voix de cristal :

MAR’HYA :
Oh mon héros,
Mon bien-aimé,
Nous sépar’rons-nous encore ?
Nos promesses perdues
N’ont pas disparu
Elles restent – là dans mon cœu-euuur.

Je suis la nuit,
Tu es le jour,
Brillant si fort de si loin.
Malgré cette frontière
Je t’offre ma prière
Pour toi, étoile si chère.

Que ma toute fin,
Ni mon Destin,
Ne m’éloignent jamais de toi :
Mon seul vrai bonheur,
Qui calmait mes peurs.
Oh, parle, guide moi vers nous!


Partie 2 : http://www.youtube.com/watch?v=jb_UPi5jcOk

Le doux flottement de sa voix mourut au son de la dernière note, elle était seule, nimbée de l’aura de charme que faisait rayonner sa beauté. Perchée en haut de sa tourelle, elle posa son regard triste en bas, sur la scène. Les cordes laissaient flotter dans l’air un doux air de valse tandis que Mar’Hya restait pensive.

Un chevalier en armure apparu et s’avança vers elle, il s’arrêta à mi distance, et la contempla silencieusement, plongeant son regard dans la finesse de ses traits, et le blond platine de ses cheveux, d’une pureté sans pareille. Alors des soldats surgirent des deux côtés de la scène, menés par Ralse pour les uns, rejoignant Drako pour les autres, et s’affrontèrent. La bataille se finit par la victoire la mort de tous les soldats, ne restait plus sur scène que les deux Princes, qui regardèrent en direction de la tour, vers la femme qu’ils aimaient. Drako se remit à chanter :



DRAKO :
Mar’Hy-ya !


MAR’HYA :
Drako!
Je savais que tu reviendrais vers moi !


RALSE :
C’est bien tenté,
Tu t’es dévoilé
Quoi qu’il en soit ma reine - sera – Mar’Hy-ya!


DRAKO :
Mais jamais,
Tu n’garderas sa main,
Je mourrais,
Pour déj’ouer cette fin !


RALSE :
Battons-nous donc !


Les cuivrent donnèrent un rythme encore plus soutenu à la musique, les deux chevaliers se battaient avec hargne, sous l’œil inquiet de Mar’Hya. Finalement, après un long affrontement, Drako défit Ralse qui s’avoua vaincu.

RALSE :
C’est donc toi qui gagne, Drako!
Sois maudit d’avoir conquis Mar’Hya !


DRAKO :
Ma promise est enfin mienne,
Et avec moi elle s’ra sans peine !


RALSE :
Mar’Hy-ya!
Mar’Hy-ya!
Je t’aime tant !


DRAKO & RALSE :
Mar’Hy-ya!
Mar’Hy-ya!
Reviens à moi !


Mar’Hya descendit alors de sa tour et vint rejoindre Drako :

MAR’HYA :
Merci à toi,
Mon bien aimé,
Pour ta tendresse et ta grâce.
Je vois dans tes yeux,
Purs et merveilleux,
Mes doutes et peurs effacés.

Si le temps passe,
N’aies aucune crainte,
De ce que le Sort prépare,


Et tous les deux à l’unisson ils poursuivirent :

DRAKO & MAR’HYA :
Notre amour vivra,
Et ne vieillira pas.
Toujours l’on s’aimera!

Toujours,
L’on s’aimera !



Au son de leurs voix mêlées, le rideau tomba enfin sur la scène sous un fracas d’applaudissements, que le public, debout comme un seul homme, nourrissait avec toute l’admiration et la félicité qu’il eut été possible de donner.

Derrière ce mur de velours écarlate, des retrouvailles tout aussi émouvantes se déroulaient bien à l’écart des spectateurs ou même des coulisses, à l’abri des regards indiscrets. Mar’Hya se rua en pleurs sur le chevalier en armure qui s’avança vers elle.


MAR’HYA (en larmes) : DRAKO !

Elle se jeta si fort sur lui qu’il failli en tomber à la renverse. Malgré son armure, elle l’enserra si fort qu’il aurait sûrement risqué l’asphyxie, si ce vulgaire bout de métal n’avait pas été là pour rendre cette étreinte moins forte.

Ses sentiments n’étaient guère différents, mais il ne l’enserra pas aussi chaleureusement qu’elle venait de le faire, ayant à vrai dire peu de mobilité dans cette carapace de métal qui était un carcan qui emprisonnait la fougue de leur étreinte.

Après s’être serrés l’un l’autre dans leur bras, ils se séparèrent avec autant de difficulté que s’ils avaient été reliés entre eux par de la colle. Ils se regardèrent silencieusement pendant un long moment, avant qu’elle ne fasse mourir le silence :


MAR’HYA (émue) : Après tout ce temps… Toutes ces années… Dès la première note de ta chanson j’ai reconnu ta voix, je l’aurai reconnue entre mille. Tu ne peux pas savoir ma joie…

DRAKO (ému) : Tu ne peux pas savoir ma joie non plus… Tu m’as tellement manquée… Et te retrouver là, ce soir, jouant la pièce que je t’avais écrite il y a tout ce temps… Quelle plus belle promesse tenue ?

Ils étaient visiblement aussi émus l’un que l’autre. Drako, au comble de l’émotion poursuivi :

DRAKO : Mon chemin de croix n’a été supportable que parce que j’avais comme phare la certitude que je te retrouverai Mar’Hya…

MAR’HYA (fébrile) : Enlève donc ce casque, qui ôte ton visage à ma vue…

Il semblait hésitant.

DRAKO (gêné) : Tu risques d’avoir une surprise…

Il ôta lentement son casque ce qui rendit Mar’Hya des plus circonspecte. Elle vit alors que le visage de son bien aimé était bien différent du souvenir qu’il lui restait. Du jeune homme séduisant et plein de charme aux sourcils broussailleux, il ne restait guère que les sourcils qu’elle pu reconnaître.

Ses longs cheveux blonds attachés en queue de cheval étaient devenus une sorte de masse incolore et clairsemée qui tombaient en des mèches informes sur son visage, et ils étaient maintenant beaucoup plus courts. Les traits de son visage, autrefois si aimable et souriant, étaient crispés, figés en une expression faciale ridée et haineuse qui n’inspirait rien de bon. Ses traits avenants, à présent enfermés dans cette sorte de carapace contractée, n’inspiraient plus la même prévenance, et sa bouche déformée à cause de son nez (qui était cassé) rétracté vers le haut, dévoilait ses dents supérieures, comme si il avait été figé à jamais dans cette grimace sinistre. Son teint rosé avait été remplacé par cette pâleur extrême tirant sur le vert cadavérique. Tout cela entourait ses yeux qui semblaient être ce qui contenait encore une once de bienveillance, à la façon dont il regardait Mar’Hya. Mais ses deux iris, jadis d’un bleu de saphir extrêmement pur, étaient complètements rouges. Un rouge si intense qu’il rendait presque insupportable le fait de le regarder dans les yeux.

Un silence gêné s’installa entre eux, il sentait bien qu’elle le dévisageait avec une sorte de dégoût qu’elle cachait sous un sourire vide et feint. On voyait qu’il était sans doute le plus mal à l’aise des deux, mais même s’il ne ressemblait presque plus à un être humain, son regard était celui d’un bête apeurée redoutant un coup de bâton.

Toujours dans le silence, elle lui adressa un regard plein de compassion, et posa sa main délicatement sur sa joue qu’elle caressa avec tendresse, comme s’il elle eut été en présence de quelqu’un qu’on s’apprête à quitter pour longtemps.


MAR’HYA (ne comprenant pas) : Grands Dieux… Que t’es-t-il arrivé Drako ? Ton visage…

DRAKO (se justifiant) : Mar’Hya… Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour toi. Pour que nous puissions enfin vivre ensemble et heureux.

MAR’HYA (larmoyant) : Tu es défiguré…

Ces trois mots semblaient lui avoir fait encore plus mal que si on lui avait enfoncé une épée dans le ventre. Sa bouche tremblait, tout comme ses mains, et il paraissait réprimer un sanglot. Il pu enfin articuler quelques mots, mais tout son corps tremblait comme une feuille.

DRAKO (ému) : J’ai payé le prix que j’avais à payer pour t’avoir…

MAR’HYA (ne comprenant pas) : De quoi parles-tu ? Qu’est-ce que tu devais faire pour m’avoir ?

DRAKO (piqué au vif) : Je n’étais pas assez bien pour les tiens ! Pour ta famille ! Pour ta race ! Pour cet endroit non plus ! Un humain ?! Quelle horreur, on n’a pas idée de mettre ensemble les Hauts-Elfes descendants des Bien-nés et une race aussi frustre !

Son angoisse paraissait dissipée, car c’était visiblement de rage qu’il tremblait à présent.

DRAKO (enragé) : Alors je suis parti de part le monde, en quête du pouvoir ! En quête du savoir ! En quête de l’immortalité ! Et je reviens pour réclamer le droit, notre droit, à t’aimer et t’épouser librement ! Sans avoir à me cacher, ou a demander pardon !

Les larmes de rage qui coulaient le long de son visage crispé lui donnaient un air pathétique. Mar’Hya ne savait quoi dire. Elle le pressa contre lui, et l’étreignit longuement. Lui était tremblant, haletant, respirant avec difficulté. Elle, la tête posée en biais sur son épaule, versait des larmes de peine en se retenant de sangloter.

Quelqu’un tapa alors dans ses mains, le genre d’applaudissement sarcastique qui était sensé souligner un moment d’ironie. Et une voix surgit de derrière eux, une voix moqueuse et défiante. Ils relâchèrent leur étreinte et se retournèrent aussitôt, et virent face à eux l’Elfe qui occupait la loge d’honneur à l’Opéra, entouré de six gardes.


ELFE (applaudissant) : Mais quelles touchantes retrouvailles…

Son ton semblait dégoûté.

MAR’HYA (horrifiée) : Père !

DRAKO (grimaçant) : Zerevor…

ZEREVOR : A ce que je vois, mon jeune imbécile d’ami, vous avez eu l’impudence non seulement de revenir à Karazhan alors que je vous l’avais interdit il y a de cela des années, et qui plus est, vous avez eu la grossièreté de vous produire sur scène en usurpant l’identité d’un autre. Vous êtes bien toujours aussi arrogant !

DRAKO : Et vous, vous êtes toujours aussi borné et provocateur !

ZEREVOR : Alors comme ça…

Il ricana ostensiblement en le regardant dans les yeux.

ZEREVOR : … comme ça vous avez « changé » ? Vous avez du accomplir un bien beau parcours, pour revenir encore plus laid que vous ne l’étiez ! Et vous pensiez qu’en revenant encore plus moche que votre physique ingrat vous faisait paraître, vous réussiriez à gagner l’amour de ma fille ?

Drako serait les poings de rage et lançai un regard haineux et perçant à Zerevor. Mar’Hya qui le sentait prêt à faire une bêtise le retenait par l’épaule.

DRAKO : Votre fille, que cela vous plaise ou non, m’aimait, m’aime et m’aimera vieux fou ! Et vous ne pourrez régenter ni son cœur, ni ses désirs, comme vous ordonnez à vos laquais, ou comme Medivh vous commande.

ZEREVOR (ironique) : Voyez-vous cela ? Je ne savais pas que Medivh lui-même vous instruisait sur la façon dont il se comporte avec ses pairs. Peut-être aurais-je manqué un épisode ? Je m’excuse humblement, je ne pouvais pas deviner qu’il confiait ses desseins et ses plans à un aspirant magicien de bas étage.

DRAKO : Vous seriez surpris de voir les progrès que j’ai fait. Mais votre incapacité de jugement lucide lorsque l’on touche à l’amour-propre de votre petite personne vous voile la face, et vous perdra.

ZEREVOR : Mon amour-propre ?

Il sourit avec dédain.

ZEREVOR : Je ne vous apprécie sûrement pas, mais vous m’avez fourni une raison supplémentaire de vous haïr ce soir humain !

Il claqua des doigts et un septième garde, rentra dans la pièce en portant un cadavre dévêtit qu’il posa au sol entre eux sur ordre de Zerevor.

ZEREVOR : Vous ne me ferrez sûrement pas croire que l’acteur qui devait interpréter le rôle dont vous nous avez fait une médiocre prestation, est mort comme par hasard ce soir… Si être un humain n’est pas un crime en ce lieu, et cela à mon grand regret, celui de commettre un meurtre en est un !

Mar’Hya avait les yeux écarquillés et regardait successivement et rapidement le cadavre, son père et Drako.

MAR’HYA (incrédule) : Drako ? C’est toi qui l’a tué ?

Il semblait avoir retrouvé tout son calme et ne tremblait plus. Il émit encore un ricanement sinistre, qui fit frissonner tout le monde à l’exception de Zerevor, puis regarda ce dernier droit dans les yeux, d’un regard menaçant, malveillant, et déterminé, avant de lui déclarer, la voix d’un coup extrêmement glaciale et emplie de certitude :

DRAKO : Oui c’est moi qui l’ai tué. Et je l’ai tué comme je vous tuerai tous Zerevor, vous et vos sous-fifres. Je ne vous laisserai pas m’empêcher d’être heureux avec ma promise ! Elle ne vous appartient pas !

ZEREVOR : Pas plus qu’à vous…

DRAKO : C’est ce que nous verrons… En attendant je vais vous prouver que je ne suis pas revenu « encore plus laid » pour rien !

Il acheva sa phrase dans un cri. Aussitôt quatre tentacules de flammes surgirent de derrière lui et se dressèrent en l’air comme des cobras prêts à attaquer. Ils frappèrent aussitôt en plein cœur quatre des gardes autour de Zerevor, et virent s’embrocher sur eux, avant de les projeter en l’air, pour les laisser s’écraser contre le plafond et retomber désarticulés au sol.

Mar’Hya, ahurie voulu fuir en arrière, mais d’un imposition de la main, Drako l’enferma dans une bulle magique qui l’empêcha de partir où que ce soit. Tandis que Zerevor s’était mis à couvert, les trois autres gardes restant s’étaient mis à charger sur Drako qui tendit le bras vers eux, et ouvrit sa paume d’un coup pour laisser partir une salve de projectiles des ombres qui vinrent les frapper de plein fouet. Un tomba sans vie au sol, tandis que les autres arrivèrent au corps à corps et abattirent leurs lourdes épées sur lui. Mais les lames se brisèrent au contact d’un bouclier d’énergie qui le protégeait. Ils eurent à peine le temps de réaliser, que déjà ils étaient chacun empalés par deux tentacules de flammes et s’effondrèrent au sol.

Drako émit un ricanement sinistre.


DRAKO : Allons Zerevor, montrez-vous… Je vous laisse une chance de vivre. Acceptez l’inacceptable pour vous… Je ne vous demande, ni pouvoir, ni argent, ni secret. Seulement votre consentement.

ZEREVOR : JAMAIS !

Il avait surgit des airs on ne sait comment, un longue épée à la main et se posa face à Drako, le regardant avec autant de haine.

ZEREVOR : Jamais je ne donnerai ma fille, si incapable soit-elle, à un humain, a fortiori un monstre de votre espèce. Vous êtes devenu une Bête ! Vous maniez la magie des ténèbres ! Si je n’acceptais pas un humain, j’accepterai encore moins un animal !

DRAKO (hors de lui) : Votre haine vous aveugle ! J’aime votre fille ! Elle m’aime ! Le Destin nous réuni, que vous faut-il de plus ?!

ZEREVOR (fielleux) : Votre tête… Comme ça vous cesserez de débiter vos ineptie, et je pourrai la jeter à la place qui est la sienne : parmi les déchets !

DRAKO : Des inepties ? Comment ais-je pu être sot au point de croire qu’un Haut-Elfe, un Bien-né qui plus est pourrait comprendre l’Amour ? Vous ne pensez qu’à la pureté de votre sang et de votre race ! Cela vous obnubile ! Vous êtes totalement incapable de comprendre les sentiments ! L’amour ! La sincérité ! Tout n’est que calcul pour vous ! Sachez pour votre gouverne que nous nous aimons, au point que nous avons juré sur nos âmes de nous protéger l’un l’autre et de nous lier à la Vie à la Mort !

Zerevor plissa encore plus les yeux, et son visage finit par devenir encore plus crispé que celui de Drako.

ZEREVOR : Qu’avez-vous fait à ma fille… ? Chien !
Vous le payerez de votre vie !

Il se mit en position de garde, et fit signe d’approcher avec Drako avec sa main.

ZEREVOR : Viens m’affronter ! Monstre !

Drako ne releva même pas. En une fraction de seconde sa silhouette fléchit, et il s’élança en direction de Zerevor, pour atterrir derrière lui, avant de brandir sa propre épée pour l’abattre en direction de l’Elfe. Celui-ci, s’était retourné immédiatement et avait paré le coup, avant d’envoyer l’humain reculer quelques mètres plus loin. Drako fonça de nouveau et leurs lames s’entrechoquèrent avec force, ils croisèrent le fer avec chacun autant de dextérité que l’autre, sous l’œil affolé de Mar’Hya qui était au comble de la peur.

DRAKO : Vous vous battez bien pour votre âge… Il faut croire que le Mépris conserve.

ZEREVOR : Vous vous battez bien comme quelqu’un de votre âge Drako !

Leurs lames venaient de se heurter, et ils se pressèrent l’un contre l’autre dans une épreuve de force pour savoir lequel arriverai à faire baisser la garde de l’autre. Leurs visages, n’étaient plus qu’à quelques centimètres d’écart.

ZEREVOR : Avec impudence ! Inexpérience ! Et la force aveuglée des gens idéaliste de votre genre !

Leurs lames se séparèrent et ils s’écartèrent chacun à plusieurs mètres de l’autre, commençant à tournoyer dans le sens des aiguilles d’un montre, décrivant un large cercle en marchant au sol, sans se lâcher des yeux.

ZEREVOR : Vous êtes un idéaliste puant de la pire espèce ! Les gens comme vous voient toujours leurs rêves étouffés dans l’œuf. Et c’est ce qui vous arrivera ce soir…

DRAKO : Vous n’êtes qu’un autre avatar passéiste de votre peuple reliquat de l’oubli ! Vous pensez que les gens valent par leur naissance et pas par leur valeur intrinsèque ! Mais quand bien même me tueriez vous, cela n’y changerai rien, d’autres prendront ma place !
Je reviendrai… et je serai des millions !

Ils ne se lâchaient pas des yeux. Zerevor lui lâcha alors, extrêmement sardonique :

ZEREVOR : Vous caressez là un doux rêve humain… Les rêves sont faits pour que les gens de votre espèce aient la force de vivre, et d’obéir. C’est la pureté du sang qui s’obtient par la naissance qui gouverne toute chose. Vous n’y changerez rien, ainsi marche le monde depuis qu’il existe, et il continuera de fonctionner de la sorte.

DRAKO : S’il le faut, nous raserons tout, pour bâtir l’avenir sur de meilleures bases.

ZEREVOR : De meilleures bases ?! Mais lesquelles ? Humaines ?!

DRAKO (ironique) : Medivh est un humain pourtant lui aussi, et il a une stature que vous ne pourrez jamais atteindre quoi que vous fassiez.

ZEREVOR : Ne comparez pas Medivh à la répugnante multitude de votre race condamnée au trépas ! Vous n’êtes que des faibles, seulement vous êtes comme les insectes : vous pullulez, et il faut du temps pour se débarrasser de vous ! Mais le temps fera son effet ! Vos rêves sont amenés à périr.

DRAKO : Détrompez vous ! Vous seul résonnez en terme de race…
Les peuples épris de changement, de raison, ceux qui veulent construire l’avenir sous les meilleurs auspices. Quels qu’ils soient.
Quant aux gens de votre espèce nous les exterminerons… Jusqu’au dernier. Pour que votre vision puante du monde soit abolie à jamais !

ZEREVOR : Et c’est moi qui suit obnubilé par la pureté… Méfiez-vous Drako… la Révolution mange ses enfants… Mais au fait, de quels enfants parlons-nous ? Qui désigne ce « nous » ?

DRAKO : Les gens que vous cataloguez comme adeptes des ténèbres… Fou que vous êtes. Les arts noirs ne nous servirons qu’à accomplir la destruction salvatrice pour Azeroth.

ZEREVOR : La Magie noire vous consume déjà et vous fait délirer misérable humain. Vous parlez d’idéaux, mais vous êtes brûlé de l’intérieur par le désir de pouvoir, par cette soif de puissance qui vous dévore…

Drako cessa de tourner, et s’immobilisa en face de Zerevor qui en fit autant.

DRAKO : Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir, ils survivent rarement… L’Histoire m’absoudra si je m’égare. En attendant, elle est là pour vous juger, et elle le fera par ma main.

Il avait rengainé son épée à une vitesse extrêmement rapide, et avait fait partir un trait de l’ombre en direction de Zerevor. Celui-ci, tendit ses bras et ses paumes devant lui et bloqua le projectile magique.

ZEREVOR : Vous me sous-estimez dangereusement Drako.

DRAKO : Vous n’êtes qu’un débris d’un autre âge, votre temps est fini !

Ils se toisèrent avec une haine à couper au couteau entre les regards qu’ils se lançaient.

ZEREVOR : En ce cas si le temps des Elfes est fini…

Il ouvrit à nouveau sa paume, et la bulle Magique de Mar’Hya vint glisser jusqu’à lui avant de se dissiper. Puis il leva son épée au-dessus de la tête de sa fille, qui était tétanisée de peur.

ZEREVOR : Si notre temps est fini il est temps de dire adieu à Mar’Hya mon cher Drako…

Sa voix était d’une détermination et d’un calme glacial.

DRAKO : Vous seriez incapable de faire ça à votre propre fille…

ZEREVOR (défiant) : Le pensez-vous réellement.

La tension était insoutenable. Zerevor faisait planer au-dessus de la tête de sa propre fille sa lame telle une épée de Damoclès prêtre à tomber à tout moment et à emporter celle qui était si chère à Drako. Il abaissa légèrement la pointe de l’épée vers le bas.

DRAKO : NOOOOOOOOOOOOOOON !!!

Il avait hurlé avec toute sa peur et toute sa rage. En un instant les tentacules de feu jaillirent de derrière lui et s’abattirent en direction de Zerevor, qui, avec agilité effectua une sorte de moulinet avec l’épée et vint trancher toutes les têtes enflammées qui fonçaient vers lui. Drako hurla de douleur sous l’effet de cette amputation.

Zerevor fit alors tournoyer en des moulinets de plus en plus ample son arme entre ses doigts, puis pivotant sur lui en un demi cercle, il pris son élan, et la projeta en direction de l’Humain, dans le ventre duquel elle vint se figer.

Il tomba à genoux, transpercé, de part en part de ce morceau de métal magique, tremblant comme une feuille. Un filet de sang commença à couler de sa bouche. Ses yeux rouges exprimaient un sentiment de totale incrédulité, le regard d’un homme qui venait de perdre toutes ses certitudes.

Mar’Hya au comble de l’effroi, se rua sur lui, corps et âme, pleurant toutes les larmes de son corps.


MAR’HYA (en pleurs) : DRAKO ! DRAKO !

Elle hurla comme une démente, avant que son père ne l’attrape par le col de sa robe, et la relève pour qu’elle puisse lui faire face. Il la regarda avec une extrême sévérité, avant de la gifler violemment.

ZEREVOR (extrêmement sec) : Nous rediscuterons de ceci tout à l’heure. En attendant… va chercher les gardes, pendant que je finis de m’occuper de notre ami.

L’image se brouilla de nouveau, et Lizandra ressentit à nouveau cette sensation de voyage à travers le bâtiment à une vitesse extrêmement rapide, avant de se faire arrêter par un coup de frein brutal.

Elle voyait à présent, le sommet d’une haute tour de pierre noire. Elle était plantée au milieu d’une vallée morbide, et perdue au milieu d’escarpement rocheux, et de ravins au bas des quelques coulait des rivières. Tout cela était haut… si haut. Et au sommet de cette tour se trouvait Zerevor, entouré de gardes, qui regardaient de loin une silhouette recroquevillée au sol.

Deux gardes surgirent alors de l’escalier qui menait au toit en portant une sorte d’immense trépied.


ELFE : Voilà le plus grand brasero que nous aillons trouvé Seigneur Zerevor.

Zerevor le regarda avec satisfaction, et esquissa un sourire malsain. Sa joie était d’ailleurs augmentée par le son des gémissements de douleur qui émanaient du corps de Drako.

ZEREVOR (sadique) : Cela fera parfaitement l’affaire… Parfaitement…

Il apposa ses mains au dessus du brasero, et les braises éteintes qui s’y trouvaient s’allumèrent instantanément et brillèrent avec une telle intensité que cela en était presque aveuglant.

Il fit relever Drako par les deux gardes qui le tenaient par les deux bras pour l’empêcher de s’effondrer. Zerevor, se mit à côté de lui, et regarda l’horizon au loin, dans la même direction que prenait le regard de l’humain.


ZEREVOR : La vue que l’on a au sommet de la Tour de Medivh est splendide, n’est-ce pas ? Regardez ce ciel étoilé, la Lune brillant de sa pâleur onirique, tandis que le doux souffle frais du vent, finit d’envoûter votre âme…

Il prit une profonde inspiration tandis que Drako essayait de ne pas s’étouffer avec son propre sang. Et il repris d’une voix clame et extrêmement détachée, comme s’ils étaient là en train de deviser entre amis.

ZEREVOR : Toutes ces choses que fort heureusement vous ne pourrez plus contempler.
Plus pour longtemps rassurez-vous, je vais bientôt briser le charme qui vous tient encore en vie, mais avant il y a une chose que je tiens à faire.

Il tourna la tête en direction de Drako qui en fit de même. L’Elfe lui adressa un grand sourire, qui aurait pu paraître presque amical, si on ne devinait l’arrière-pensée sadique qui se logeait derrière.

Sans prévenir il empoigna alors l’arrière de la boite crânienne de Drako et plongea son visage dans les braises ardentes, en prenant bien soins d’appuyer avec toute la force nécessaire.

Drako se mit à hurler. Hurler à la mort. Jamais sans doute un cri de douleur n’avait résonné aussi fort, avec autant d’intensité. Au fur et à mesure que les charbons ardents carbonisaient son visage, s’enfonçaient dans ses yeux, dans sa bouche, déchirant ses lèvres et ses paupières, creusant des trous dans ses joues, il hurlait de plus en plus fort. Zerevor lui tint la tête enfoncée dans les braises pendant une trentaine de seconde. Les gardes, eurent un haut le cœur, ils détournèrent la tête, avant de finir par lâcher Drako lui-même tant ils se sentaient mal. Zerevor ne s’en souciât guère, il attrapa l’humain, et l’immobilisa en lui faisant une clé de bras, en continuant à lui enfoncer son visage dans le brasero ardent, de plus en plus fort, jusqu’à provoquer des bruits de craquements qui pouvaient aussi bien être ceux de son nez qui se cassait encore plus, ou des charbons craquant sous la pression.

Puis il le saisit par ce qu’il lui restait de cheveux, pour le relever, et maintint sa tête en arrière, en prenant bien soin de tirer assez fort sur sa chevelure pour lui faire éprouver autant de douleur qu’avec les brûlures et les cloques qui commençaient à se former.

Il y avait une expression de jouissance malsaine sur le visage de l’Elfe, une vengeance mesquine, un plaisir sadique se lisaient sur ses traits. Sur ceux de Drako en revanche, il n’y avait plus rien à lire, il n’avait quasiment plus de visage, seulement une peau calcinée sur laquelle on devinant quelques orifices qui étaient ceux de la bouche et de yeux.

Zerevor insista sur la clé de bras, de manière à lui faire encore plus mal, et lui déclara extrêmement autoritaire et sec :


ZEREVOR (mauvais) : Vous avez eu l’arrogance de convoiter ma fille, puis de revenir la chercher alors que je vous l’avais interdit. Vous avez commis des meurtres dans l’enceinte de ce haut lieu de la Magie la plus puissante qui soit. Et surtout, vous avez porté atteinte à ma personne et à mon honneur en m’attaquant et m’insultant !

Drako ne semblait pas entendre ce que Zerevor disait, il continuait à hurler, à gémir, et à remuer de douleur.

ZEREVOR : Vous vouliez me faire souffrir n’est-ce pas ?! Et bien maintenant c’est vous qui souffrez ! Et je crois même qu’une petite dose supplémentaire s’impose !

Il lui plongea à nouveau le crâne vers le brasero. Et cette fois ci ce n’était pas que le visage, mais la tête toute entière qu’il s’amusa à brûler en tournant la tête de Drako dans tous les sens de manière à brûler méticuleusement la moindre partie de son visage. Le supplice dura aussi longtemps, sinon plus que le précédent ; ce à quoi s’ajouta le rire sadique de Zerevor qui s’esclaffait à gorge déployée.

Il lui ressorti la tête du brasero et le laissa s’effondrer à terre. Drako se contorsionna de douleur dans tous les sens, se plaquant les mains sur son visage. Zerevor, aveuglé par sa folie, lui donnait pendant ce temps de violents coups de pieds dans l’abdomen, le tabassant sans vergogne sous le regard médusé de ses gardes. La scène dura plusieurs secondes. Des secondes insoutenables qui étaient en fait une éternité. Puis Zerevor saisit Drako par le cou et le souleva du sol pour l’avoir face à lui, le moins du monde gêné par la chose totalement défigurée qu’il avait face à lui.


ZEREVOR (méprisant) : Du fond de mon âme, je vous hais, humain ! De la plus implacable et impitoyable des haines… Et parmi tous ceux de votre race, c’est sans nul doute vous je que haïs le plus Drako. Croyez moi, que si j’avais pu faire quoi que ce soit pour que vous souffriez plus je l’aurai fait sans hésiter. Pas au point de sacrifier ma fille comme vous avez eu la stupidité de le croire, mais, je vous assure que je l’aurai fait.

Drako continuait à se torde de douleur et à gémir. Zerevor, le tenant toujours par le cou, s’avança en direction des créneaux, et tendit son bras par-dessus, serrant fermement son ennemi qui était suspendu au dessus du vide à présent.

ZEREVOR (soulagé) : Nos routes se séparent ici humain ! Allez au Diable maintenant !

Il ouvrit sa main, et le Drako chuta, s’écrasa sur le long des murs de la tour, avant de rebondit sur le sol rocailleux en contrebas, puis de rouler dans le ravin baigné de brume dans lequel coulait la rivière, continuant sa chute interminable dans les ténèbres. Et ainsi il disparu.

Une douleur subite saisi alors Lizandra, tout se brouilla et devint extrêmement flou avant qu’elle ne s’éveille soudain. Elle était assise contre un mur et face à elle Slayeur la regardait l’air mauvais. Il la serrait fermement à la gorge de sa main gantée de plaque, dont la paume était hérissée de piques au vu de la douleur qu’elle ressentait.


SLAYEUR (froidement) : Un faux mouvement, une tentative de te libérer, et tu es égorgée sur place, compris ?

Elle hocha faiblement la tête en signe d’acquiescement.

SLAYEUR : Ce sera la dernière fois que je te le demande. Et si tu tiens à la vie, je te suggère de me répondre exactement.

Je ne sais pas ce que tu me caches, mais tu as intérêt à me dire à quoi riment tous tes jolis petits rêves troublés si tu ne veux pas que je te fasse passer l’envie de garder tes petits secrets! Je ne tiens pas prendre le risque que cela compromette mes objectifs… Compris ?

Elle acquiesça de nouveau de la tête. Il la regarda avec et se fendit d’un large sourire vicieux.

SLAYEUR : À la bonne heure ! Maintenant tu as intérêt à TOUT me raconter, et crois moi je m’en voudrai d’avoir à t’aider un peu brutalement pour que tu te rappelles certains détails… On se comprend ?

LIZANDRA (suffocant) : Oui…

Il la relâcha et vint s’asseoir, un ou deux mètres face à elle, sur un rocher, avant de la regarder avec le plus d’attention qui soit.

SLAYEUR : Je t’écoute…

Lizandra lui narra alors tous les rêves qu’elle avait pu faire à ce sujet, les trois seuls rêves qu’elle avait fait : celui où Mar’Hya libéra Drako le soir où Anthem disparu, la vision fugace de celui qu’elle pensait être Drako lorsqu’ils étaient sous l’Oshu’gun, et enfin le dénouement tragique de ce soir. Le Nain l’écoutait attentivement et paraissait extrêmement intrigué, ce dont la cadence élevée avec laquelle son œil tournoyait pouvait témoigner. Une fois qu’elle eut fini, elle soupira longuement comme si elle était soulagée de confier un secret que l’on gardait pour soit depuis longtemps.

LIZANDRA : Voilà, tu sais tout à présent le Nain…

Il la pénétra intensément du regard comme s’il cherchait à lire en elle.

SLAYEUR (sourcilleux) : Je crois qu’effectivement tu n’en sais pas plus… cela nous évitera un désagréable moment de forçage mental…

Alors dis-moi, qui étaient ces gens, et pourquoi rêves-tu d’eux ? Tu es une Elfe de la Nuit, j’aimerai bien savoir comment tu peux avoir les visions d’un passé qui ne t’appartiens pas.

LIZANDRA : Je ne sais pas qui sont ces gens…
Et pourquoi dis-tu que c’est du passé ? C’est peut-être le présent que je vois.

Le Paladin s’esclaffa.

SLAYEUR : Par pitié… Tes rêves te montrent Karazhan à l’époque de Medivh, il a été tué il y a plus de trente ans, et tout ce que tu vois ça pouvait être bien avant. Je voudrais bien savoir comment tu peux voir le passé de ces gens ! Qu’est-ce qui te relie à eux ? Tu dois bien les connaître ! Il doit bien y avoir eu un évènement déclencheur !

LIZANDRA : Mais non ! Je te dis que je ne les connais pas ! Je n’en n’avais jamais rêvé avant.

SLAYEUR : Mais avant quoi ?

LIZANDRA (excédée) : Mais je sais pas ! Avant que vous ne veniez me chercher à Shattrath par exemple ! Avant que vous ne me traîniez à côté de l’Oshu’gun ! Avant que vous m’embarquiez dans tout ça !

SLAYEUR : Tu as bien voulu nous suivre, alors ne commence pas à geindre !
De toute façon je t’aurai traînée de gré ou de force, alors estime toi heureuse d’être consentante et de prendre un peu de plaisir…

LIZANDRA (agacée) : Et pervers avec ça !

SLAYEUR : La barbe !
De toute façon, ça fait des décennies qu’il n’y a plus que des fantômes à Karazhan, ce dont tu auras d’ailleurs tout le loisir de te rendre compte sous peu…

LIZANDRA : Je dois comprendre qu’il est également prévu que tu m’amènes là-bas aussi ?

SLAYEUR : Oui… Et vu que visiblement tu aimes tellement ce lieu que tu en rêves, qui sait, cela te fera peut-être comprendre pourquoi tu vois tout ça. En tout cas je ne crois pas que ce soit à prendre à la légère…

LIZANDRA : J’ai cru remarquer ! Merci !

SLAYEUR : En attendant qu’on aille jusque là-bas tu vas rester ici bien à l’abri dans cette grotte, je ne tiens pas à ce qu’il t’arrive quoi que ce soit. Je reviendrai te chercher lorsque nous serons prêt à aller dans la Tour de Medivh. Mais tu as tout ce qu’il faut pour tenir d’ici là.

LIZANDRA (mettant le holà) : Tu crois que je vais rester enfermée ici ?!

SLAYEUR : Ha mais je ne crois pas ! Je suis sûr !
D’ailleurs ce n’est pas comme si tu n’avais pas le choix du tout. Et au pire si tu te sens un peu trop libre de tes mouvements je peux t’enchaîner à une des parois de la caverne…

LIZANDRA (ulcérée) : Va au Diable le Nain !

SLAYEUR (ricanant) : J’en viens figure toi…


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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 0:57 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 26

Titecouette healing Institute




Dans les étendues sableuses du désert de Tanaris, la lune pleine projetait au sol les éclats blafards de sa blancheur séculaire. Aux creux d’une des montagne surplombant les grottes du temps, dans un creux obscur, deux silhouettes massives vinrent l’une à la rencontre de l’autre. Elles regardèrent aux alentours d’elles, et, ne détectant aucune menace parlèrent librement. Leurs voix étaient sifflantes et hachées, comme si c’eut été un serpent ou quelconque reptile qui parlait, mais elles émettaient en même temps une sorte d’écho caverneux extrêmement grave.

VOIX 1 : SSes imbéssiles du Vol de Bronze n’ont pas détecté notre préssence. Père avait raison, ils ne sse doutent absssolument de rien.

VOIX 2 : Pourtant nous avons tourné autour d’eux pendant des ssheures, ssont-ils ssi aveugles ?

VOIX 1 : Ils ne ssont pas aveugles mais incapables de soupssoner sse qui sse passe après tous ces ssiècles.

VOIX 2 : Notre retour ssera pour bientôt Chronosseigneur Déjà ! Père ne ss’est pas trompé !

DÉJÀ : Père ne sse trompe jamais Aeonusss ! SS’est pour ça qu’il nous a confié ssette missssion à nous seuls ! Car nous ssommes les plus compétents !

AEONUS : Empêcher des mortels d’aksséder au passé pour en permettre l’akssès à d’autres…

DÉJÀ : Nous sserons moins faciles à duper que le Vol de Bronze sssi arrogant…. Ils nous amèneront nos proies, jusqu’à ce que ceux que nous attendons arrivent.

AEONUS : Et une fois qu’ils ssentrerons en contact avec le Magusss…

DÉJÀ : Ils auront sscélé le sort de leur monde !

Ils s’esclaffèrent tous les deux sans se soucier le moins du monde de ce qui pouvait se passer autour d’eux. Aeonus s’avança alors vers un petit surplomb rocheux. La lune éclaira alors comme en plein jour son corps de Drake à la peau grise parcourue de nervures bleues électriques presque aussi brillantes que ses deux yeux qui paraissaient être deux diamants en fusion.

AEONUS : L’exssil… SSette infammie ssera bientôt finie ! Nous ssalons reprendre la plasse qui est la notre !

DÉJÀ : La vengeansse… La dousssse vengeanssse après qu’ils aient oublié même jussssqu’à notre exisssstence !

AEONUS : Plus la patiensse est grande... et plus belle est la vengeansse !

Et ils disparurent dans les ténèbres tandis que l’écho de leur ricanement sinistre résonnait jusqu’au-dessus des grottes du temps.

Au même moment, beaucoup plus loin de là, flottant aux milieux des airs au-dessus de Shattrath, l’ « Octobre Rouge », navire du Capitaine Titecouette avait repris au cours de la journée et la nuit qui précédèrent, sa fière allure. Alors que l’équipage s’attelait à finir les dernières réparations, Savonarole, lui, était penché au-dessus du bastingage et contemplait la ville qui s’étirait en bas, bruissant de mille murmures, s’agitant d’autant de mouvements. Il poussa un long soupir et hocha la tête.


TITECOUETTE : Tu as l’air bien pensif…

La Naine avait surgit de derrière lui, et s’accouda à ses côtés sur le bastingage. Une légère brise fit voler quelques uns des ses cheveux qui étaient mal attachés, et elle soupira à sa suite. Elle tourna alors la tête vers lui, et il remarqua pour la première fois peut-être qu’elle portait un bandeau de pirate sur son œil droit.

TITECOUETTE : Alors qu’est-ce qui te préoccupe ?

Il voulu lui répondre, mais c’était plus fort que lui, il ne pouvait s’empêche de regarder avec insistance son cache-œil.

TITECOUETTE : Ne me dit pas que c’est ce que j’ai sur l’œil qui t’amène à de réfugier seul ici, sur le pont le plus vide du navire, à regarder en bas en aillant l’air pensif.

SAVONAROLE (hésitant) : Non… Non… Euj… Je peux me permettre une question indiscrète ?

TITECOUETTE : Tu veux savoir pourquoi j’ai un œil en moins ? C’est bien ça ?

Il acquiesça timidement de la tête, assez gêné.

TITECOUETTE : Un souvenir de la dernière rencontre que j’ai eue avec Slayeur. Et qui ne s’est pas très bien passée…
Pour mon œil surtout… Mais d’après ce que j’ai su plus tard, il a boité un petit moment après ça.

Elle eu un rire d’enfant, celui qu’il peut avoir quand il se rappelle une bêtise qui lui a laissé un bon souvenir. Mais elle retrouva vite son sérieux et lui demanda avec insistance.

TITECOUETTE : Et toi mon garçon ? Qu’est-ce qui te rend pensif ? Je ne veux pas te former en sachant que tu as l’esprit ailleurs.

SAVONAROLE (peiné) : C’est quand nous sommes descendu en ville tout à l’heure… Tous ces gens… Je veux dire… ces pauvres personnes qui étaient mutilées, ces gamins qui errent seuls dans ces rues sinistres. Ça m’en a fichu un coup… Et puis il y avait ce môme… Il n’avait plus de jambes, et il était affalé contre un mûr à se saouler, le regard complètement vide ; l’air si désespéré…

Il réprima un sanglot, et la paladine le regarda avec un sourire gêné.

TITECOUETTE (grave) : Une belle connerie la guerre… Pourtant elle recommence de plus belle… Tous ces gens que tu as vu en bas, dans Shattrath, ce sont des réfugiés, ou des victimes des guerres qui ont amené à la destruction de cette planète, et qui aujourd’hui continuent encore. La Légion Ardente… Elle a consumé ce monde, et continue de le faire. Toutes ces guerres, ces gens exterminés… Hier c’était Gul’Dan, aujourd’hui Illidan. Et qui sait demain, si nous ne prenons pas garde, ce sera un autre fou qui règnera ici.

SAVONAROLE : Mais nous ne sommes pas là pour chasser la Légion ? Pour délivrer ce monde ?

TITECOUETTE : Tu es bien naïf mon garçon… Pourquoi et avec qui chassons nous du Démon ? Pour nous protéger certes. Mais c’est surtout un vaste prétexte pour que toutes ces bidasses qui commençaient à brailler un peu trop aient quelque chose à écharper et ne pensent plus à leurs problèmes matériels… Il n’y a qu’à voir la splendide armée formée par les mercenaires alcooliques et brutaux de l’Alliance, et les fous furieux sanguinaires de la Horde. L’appât du gain… Voilà tout ce qui les attire ces crétins ; et ceux qui les dirigent sont bien content de cette guerre, ça leur permet de garder leur pouvoir sans régler les problèmes de leurs peuples. Comme ton amie Otiwana.

SAVONAROLE : Euh… Je la connais peu vous savez.

TITECOUETTE : De toute façon ça ne change pas grand-chose, l’homme n’apprend rien de ses erreurs. J’ai pensé le contraire pourtant, quand je suis resté ici avec mon équipage, je pensais que nous pourrions changer les choses et aider ce monde mourrant. Rien n’y a fait. Les démons d’Illidan ont pris la place de ceux de la Légion, et maintenant ce sont des gens tout aussi inconscients qui vont lui prendre la sienne.

SAVONAROLE (perplexe) : Je ne sais pas quoi penser de tout ça je vous avoue…

TITECOUETTE : Oh tu es encore jeune tu sais… Pour un Nain je veux dire…

Elle le dévisagea un instant.

TITECOUETTE : Même si ta barbe blanchi un peu trop à mon goût… Même Maître Poerit a encore ses cheveux et sa barbe tous noirs. Est-ce que tu es albinos ou quelque chose du genre ?

SAVONAROLE (vexé) : Hey ! Mais d’où ?!

TITECOUETTE : Je plaisante imbécile. Calme toi…

Elle lui donna un tape vigoureuse sur l’épaule, qu’il ne manqua pas de soulager en frottant dessus, dès qu’elle eu le dos tourné pour regarder en arrière.

TITECOUETTE : Nous allons commencer ta formation cet après-midi Savonarole. Nous iront nous poser dans un village ogre abandonné au-dessus de Shattrath, il y aura de quoi s’entraîner. Nous ne seront que tous les deux, et je te préviens, je ne te ferai pas de cadeaux.

Il avala sa salive bruyamment.

TITECOUETTE : Alors tiens toi prêt !

Et prêt il ne le fut pas assez quand, quelques heures plus tard, il se trouvèrent tous les deux, face à face, au milieu du village désert.

TITECOUETTE : Alors, tu es prêt ?

SAVONAROLE (anxieux) : Non… J’ai perdu mon rouleau de bandages sur le bateau je pense… Je ne sais pas comment je vais faire pour healer.

TITECOUETTE : Deux choses gamin : Tout d’abord, oublie tout de suite de healer avec ces saloperies, on ne s’en sert qu’en dernier recours. De deux… je pense que c’est ça que tu cherches ?

Elle remua sa main qui tenait un rouleau de bandages marrons.

SAVONAROLE : Hey ! Mais vous m’avez fait les poches !

TITECOUETTE : Question de point de vue ça… Je dirai que je t’aide voilà tout.

SAVONAROLE : Eh bien vous aviez beau jeu de critiquer ces mercenaires qui viennent ici juste pour s’enrichir, vous n’êtes qu’une ninja vous !

TITECOUETTE : Mais moi c’est une maladie ça n’a rien à voir !
Et je suis une ninja mais en plaque, s’il te plait !

Il la regarda de haut en bas, l’air amusé.

SAVONAROLE : Euh vous êtes habillés en tissu là, c’est une tennue de pirate que vous avez je vous signale.

Elle ricana.

TITECOUETTE : Pour le moment.
Première leçon gamin : Il y a deux manière de roxxer dans ce monde. Avoir du skill et avoir du stuff. Le Skill c’est pas ce qu’il y a de plus facile à chopper alors, on va se concentrer sur le stuff pour le moment, histoire que tu ne sois pas à court de mana au bout de deux heals. Démonstration !

Elle sorti de son dos un glaive et le brandit en l’air le plus haut possible.

TITECOUETTE (solennelle) : PAR LE POUVOIR DU LOOT ANCESTRAL !

Le Glaive s’illumina et des arcs de lumière commencèrent à en rayonner dans tous les sens, puis il devint extrêmement brillant, tout comme Titecouette qui fut couverte de lumière un instant. Lorsque la lumière se dissipa, la paladine était toute de plaque vêtue, portant sur elle l’Armure du jugement. Elle abaissa son glaive toujours lumineux, et tint sa lame de l’autre main, alors qu’elle continuait à jeter des éclairs de lumière dans tous les sens, comme son arme.

TITECOUETTE (la voix forte) : JE DÉTIENS LE NEED SURPUISSANT !

Elle pointa son glaive en direction de Savonarole, et une décharge lumineuse en parti et vint le frapper de plein fouet. Il fut également recouvert de lumière, et lorsque celle-ci disparu, il ne portait plus sur lui sa robe de coton blanc, mais l’Investiture du Gladiateur impitoyable au complet.

Le Nain totalement stupéfait n’arrêtait pas de se regarder, n’en croyant pas ses yeux.


SAVONAROLE (ahuri) : Mais… Mais… Comment vous faites ça ?

TITECOUETTE : Être un rogue en plaque qui peut heal les autres ça procure certains avantages… Et puis cherches pas à savoir comment. Tu gardes ça pour toi et tu tiens ta langue, sinon je te coupe la barbe et je te la fais manger.

Il recula d’un pas par prudence.

TITECOUETTE : Alors !
Je suppose que tu ne sais que healer au bandage, les sorts, la mana et tout le tintouin ça te dit rien je pense ?

SAVONAROLE : Si ! Je sais que la mana ça sert à jeter des sorts.

TITECOUETTE (moqueuse) : Ouah ! Je suis impressionnée ! C’est moi qui vais prendre des cours Monsieur le PGM.

SAVONAROLE : Moquez-vous ! C’est comme ça que je vais apprendre tiens…

TITECOUETTE : À défaut d’avoir le sens de l’humour tu as celui la susceptibilité…
Bref ! Alors prends ça.

Elle lui posa sans ménagement un lourd grimoire dans les mains.

SAVONAROLE : Je peux savoir ce que c’est ?

TITECOUETTE : Ça, mon jeune ami, c’est ce qui est communément appelé un livre de sort et dans lequel tu vas pouvoir lancer tout ce que ta classe sait faire : des heals, des dommages, mais aussi tes compétences comme la monte ou la cuisine, parce que y’a pas de raison que ce soit Bibi qui se casse le cul à faire la tambouille tous les soirs, et j’y ai également mis ton arbre de talent ?

SAVONAROLE : Un arbre de talent ? Mais je veux pas jardiner moi.

TITECOUETTE : …
Bon, on verra le template un peu plus tard, ça va être un peu compliqué à ton niveau je pense. De tout façon je t’en ai déjà trouvé bien un tout fait, y’a pas à se prendre la tête 107 ans.

Le prêtre tournait les pages de grimoire l’air franchement intrigué.

SAVONAROLE : Mais qu’est-ce que c’est que tout ces machins ?
«Soins majeurs» je veux bien. Mais le reste… ? « Rénovation » ? « Mot de l’ombre » ? «Mot de pouvoir robustesse » ? « Grâce d’Elune » ?

TITECOUETTE : Oui… pour la grâce d’Elune, normalement tu l’as pas comme tu es un Nain, mais c’est un livre de sort que j’ai piqu… acheté à un Elfe qui n’en avait plus besoin. Tu t’en fous de toute façon ça sert à rien.
Par contre le reste, est beaucoup plus important, notamment Gardien de la peur, qui est ta police d’assurance pour être groupé et ne pas être kické.

SAVONAROLE : Hein ?

TITECOUETTE : Oui… bon… oublie tout ça. Pour l’instant on va se concentrer sur le heal de base. Ouvre ton Livre de sort au chapitre « Sacré », page 6 et dis moi ce que tu peux y lire.

SAVONAROLE : Y’a marqué : « /lancer Soins supérieurs(Rang 7) »

TITECOUETTE : Parfait, maintenant tu va réessayer avec une cible. Regarde moi en étant concentré sur mon image et tu relis.

Il fixa intensément Titecouette, puis lu le grimoire à voix haute.

SAVONAROLE : /lancer Soins supérieurs(Rang 7)

Un éclair de lumière vint frapper la paladine et une aura dorée luisit autour d’elle un court instant.

TITECOUETTE (applaudissant) : Félicitations ! Ton premier heal !

SAVONAROLE (incrédule) : Quoi c’était un heal ça ?

TITECOUETTE : Que oui mon grand !

Le nain tourna de l’œil et s’évanouit au sol.

TITECOUETTE (hochant la tête) : Pauvre garçon… L’émotion sans doute.
Bon allons lui faire les poches en attendant qu’il revienne à lui…

Quelques heures plus tard, l’obscurité commençait à tomber. Toraco, Monsaigneur et Poerit, vinrent prendre des nouvelles de l’avancement de la formation de Savonarole auprès de Titecouette, et ils trouvèrent ce dernier, faisant la grue sur un pied, avec une pile de livre posée dans chaque main en train de crier en direction de Titecouette.

SAVONAROLE : /lancer Soins supérieurs(Rang 7) !!!
/lancer Rénovation(Rang 8 ) !!!!
/select Savonarole
/cast Mot de pouvoir : Robustesse(Rang 5) !!!!

TITECOUETTE (souriante) : Parfait ! Ca commence à rentrer on dirait.

POERIT : Des progrès tu as déjà fait on dirait jeune Savonarole.

TITECOUETTE : Oh mais nous avons de la visite on dirait.

Le Nain se retourna pour voir qui venait d’arriver, mais il fit un mouvement trop brusque et se retrouva enterré sous sa pile de livre après être tombé à terre.

TORACO : Faudrait voir à lui faire mettre quelques enchants Agi sur son stuff, il a un problème d’équilibre on dirait…

Poerit aida le jeune prêtre à se relever et s’enquit de ses nouvelles.

POERIT : Alors, ton après-midi fructueuse a-t-elle été ?

SAVONAROLE : Très fructueuse Maître Poerit. Je crois que je n’ai pas perdu mon temps.

MONSAIGNEUR : Qui ne s’ignorait pas en ce temps là.

TITECOUETTE : Hein ?

MONSAIGNEUR : Montand. Signoret. Signoret Montand. Ça ne vous dit rien ?

Ils le regardèrent interloqué comme s’il était subitement devenu fou et qu’il débitait des absurdités.

MONSAIGNEUR (déçu) : Oh laissez tomber…

TITECOUETTE : Il a encore pas mal de progrès à faire mais il est sur la bonne voie. Quelques jours de mise à niveau, avec des instances après, et il sera fin prêt.

POERIT : Voilà une nouvelle que heureux je suis d’entendre, malgré mes réserves du début. À présent, je pense qu’assez tard il est à présent et que rentrer nous devrions. La nuit à tomber commence.

TITECOUETTE (tapant dans les mains) : Parfait, regagnons le navire alors.

MONSAIGNEUR : Pourrais-je vous entretenir d’une idée en chemin Capitaine ? Je pensais que nous pourrions profiter des récents travaux pour incorporer au vaisseau un système d’armement récent de mon invention qui seraient bien utile.

TITECOUETTE (ravie) : Mais entretenez m’en mon cher, entretenez m’en, je vous en prie.

Ils partirent en premier, suivis par Savonarole et enfin Toraco. Mais le paladin se retourna, ne voyant pas Poerit à ses côtés. Le Nain était resté en arrière, totalement immobile.

TORACO (intrigué) : Maître Poerit ?

Le prêtre demeurait silencieux.

TORACO (inquiet) : Quelque chose ne va pas.

POERIT : Douleur…

TORACO (intrigué) : Plait-il ?

POERIT : De la douleur je ressens. Comme de la tristesse, ou une peine très forte.

TORACO : Mais de qui cela peut-il venir ?

POERIT : Cela je ne puis voir… Diffus cela deviens. Mais très intense cela a été. Comme un déchirement.

TORACO : Nous ne connaissons vraiment rien de ce monde, il a beaucoup changé depuis la dernière guerre. Ce n’est peut-être rien de bien particulier.

POERIT : Dire je ne le pourrais…
De toute façon, trop tard il est maintenant, disparu cela est.

TORACO : Alors, suivons les autres. La nuit commence à tomber, et je n’aime pas cet endroit. Les ogres ne l’on sûrement pas abandonné pour rien…

Ils s’en allèrent laissant la place vide. Mais, dans les montagnes séparant Shattrath, de Nagrand et du Marais de Zangar, au creux d’une des nombreuses cavernes qui déchiraient ces remparts de pierre, dans une de ces obscures cavités rocheuses, dont l’entrée avait été bouchée par quelqu’un, une elfe de la nuit allongée sur le sol, rêvait d’un sommeil bien agité, qui la faisant trembler et remuer de manière brusque.

Dans le sommeil troublé de Lizandra, un battement faible comme celui d’un cœur émergea des ténèbres. Le son en devint de plus en plus prononcé à mesure que le temps avançait, avant de finir par devenir parfaitement distinct et reconnaissable. Puis un cri déchira le silence, un cri aigu, strident, semblable à celui d’une bête blessée. Et de nouveau tout s’illumina.

Lizandra voyait à présent une immense salle de bal, brillant de mille feux, dans laquelle des centaines de personnes, toutes mieux apprêtées les unes que les autres, pavanaient : Hauts-Elfes et Humains se mêlaient dans un décor de toute beauté, où la magnificence des toilettes rivalisait avec celle de la salle. Les invités étaient répartis tout autour de la pièce, laissant la grande piste de danse dégagée, et au bout, à la place d’honneur, sous une colonnade de marbre rouge, un homme à la barbiche noire siégeait, à côté duquel se tenait debout ce qui semblait être un conseiller.

Le regard de Lizandra se posa alors sur Mar’Hya, son visage, semblait plus jeune, et il affichait une visible contrariété. Autour d’elle papillonnait un Elfe bellâtre qui ne cessait de lui faire la cour.


MAR’HYA (excédée) : Tu as déjà pensé à chercher la signification du mot « lourd » dans un dictionnaire S’Elar ?!?!

S’ELAR : Mar’Hya, chère chérie… Le plus bel Elfe de Karazhan, et celui qui est issu de la meilleure famille qui soit, t’invite à danser au Bal du Magus, et tu refuses ? Tssss ce n’est pas sérieux voyons.

Il la prenait visiblement de haut, et son sourire arrogant était aussi tiré que ses dents étaient blanches.

MAR’HYA (agacée) : La naissance ne donne pas tout, à part peut-être l’arrogance…

S’ELAR (enjôleur) : Ton Père verrait du plus bon œil une alliance matrimoniale entre nos deux familles. Son consentement serait acquis d’avance. Le conseiller le plus proche de Medivh serait couvert d’encore plus de prestige par cette union.

MAR’HYA : Tu me joues quoi là exactement ? Un plan drague à 1 Po ou un plan mariage encore plus foireux ?

L’Elfe recula de surprise face à la remarque de celle qu’il visait.

S’ELAR (contrarié) : Je joue à celui qui t’invite à danser au bal le plus prestigieux auquel il est donné d’assister et de participer pour un futur membre du Kirin Tor !

MAR’HYA (pestant) : Tu m’en voies ravie, mais ça ne m’intéresse pas.

D’énervement, elle balayait la salle de son regard dans tous les sens.

S’ELAR (ironique) : Oh je suppose que tu as déjà quelqu’un pour te servir de cavalier ?

Elle cherchait encore en tournant sa tête dans tous les sens. Puis son regard s’immobilisa. Elle esquissa alors un large sourire.

MAR’HYA (l’air maligne) : Ne t’en déplaise, oui…

S’Elar la regarda avec incrédulité, et il la vit s’avancer en plein milieu de la piste de danse, totalement vide, pour se diriger de l’autre côté de la pièce. Plusieurs invités détournèrent leur regard sur son passage et la virent s’arrêter devant un groupe de jeunes humains.

Elle se posa devant eux et regarda droit dans les yeux un jeune homme aux cheveux blonds, coiffés en queue de cheval et aux sourcils broussailleux. Elle lui fit le plus charmant des sourires, et sans la moindre considération pour les autres, lui adressa la parole.


MAR’HYA : Enchantée, je suis Mar’Hya. Accepterais-tu d’être mon cavalier pour le bal ?

Le cœur de l’humain failli lâcher face à la beauté foudroyante de l’Elfe qui venait de l’inviter, et il pu à peine articuler.

HUMAIN : Je… je…

Ne pouvant articuler le moindre mot, il hocha la tête avec un sourire rêveur, comme s’il ne réalisait pas tout à fait ce qui se passait.

MAR’HYA : Adorable.
Comment t’appelles-tu au fait ?

HUMAIN : Dra… Drako, je m’appelle Drako.

Il semblait toujours aussi abasourdi. À côté de lui ce qui semblait être sa bande de copains lâchait quelques sourires moqueurs face à la timidité de leur camarade.

MAR’HYA : Alors en piste Drako !

DRAKO (affolé) : Quoi ?! Mais je…

Son cœur avait du lâcher trois fois en l’espace d’une seconde, le temps qu’il réalise que la superbe Beauté qui venait de l’inviter comptait l’amener immédiatement danser sur une piste vide, sans que le bal ait commencé, et qu’il allait se retrouver sous les quolibets et la désapprobation de centaines de personnes qui étaient quasiment tous ses supérieurs. Sans parler du fait qu’il était un piètre danseur.

Encore sous le coup de ses émotions, elle l’avait déjà empoigné fermement par le bras, traîné au milieu de la piste, sous l’observation des curieux.


MAR’HYA : Musique s’il vous plait !

Les membres de l’orchestre se regardaient pantois, et se détournèrent vers l’homme à barbiche noire qui dominait la salle.

CHEF D’ORCHESTRE : Que doit-on faire Ô Medivh ?

Un sourire amusé se dessina sur les traits de Medivh, qui leur lança :

MEDIVH : Eh bien jouez donc ! Si ces jeunes gens veulent danser, qu’ils réveillent un peu cette salle endormie !

Les joues de Drako prirent une teinte rouge pivoine encore plus marquée que celle de sa robe. L’orchestre commença alors à jouer une valse, à la satisfaction de Medivh, sous le regard désapprobateurs de plusieurs personnes, à commencer par son voisin de gauche, de S’Elar, et d’une dizaine de convives que cette audace horrifiait.

Les premiers mouvements de la musique résonnèrent, et Mar’Hya saisi fermement Drako par la main et la hanche, et le dirigea pour danser. C’était tout juste s’il pouvait tenir debout, et il ne savait même pas où regarder essayant au maximum d’éviter le regard de sa magnifique cavalière, ou celui des membres de l’assistance qui les regardaient tous les deux danser sur cette immense piste vide.

Le corps du jeune homme était crispé, et bien qu’il connu les pas de la valse, le trac, la honte et le stress ne rendaient pas la tâche de Mar’Hya des plus facile pour conduire la danse.


MAR’HYA : Décrispe toi voyons tu es trop tendu.

La boule qu’il avait à l’estomac lui donnait à présent la nausée, et il était au bord de l’évanouissement.

MAR’HYA : Drako, regarde moi dans les yeux.

Sa voix avait quelque chose de doux et rassurant, qui pour une raison qui lui était inconnue, le poussa à obtempérer et la regarder dans le bleu saphir éclatant de son regard. Le sien exprimait une sorte de tristesse mêlée de crainte, comme le regard d’un chien apeuré.

MAR’HYA : Détends toi tu na pas à avoir peur.

DRAKO (gémissant) : Mais tout le monde nous regarde !

MAR’HYA : Et alors ? Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu les connais ? Ils peuvent faire quoi avec leurs yeux ? T’envoyer des malédictions et ou des mauvais sorts ?

Le voisin de Medivh en revanche semblait fortement tenté par ces deux éventualités, au vu de la haine qui commençait à se peindre sur son visage et de son regard noir.

MEDIVH (amusé) : L’audace de votre fille n’a pas l’heur de vous plaire mon cher Zerevor.

ZEREVOR (froid) : Ma fille n’est qu’une idiote. Elle se ridiculise devant tout le monde aux bras de… de… cet humain…

MEDIVH : Il est vrai, que vous ne portez guère ma race dans votre cœur Zerevor…

ZEREVOR : Je ne demeure pas à Karazhan pour faire prévaloir mes opinions, mais pour servir le Gardien, ô Medivh.

Medivh semblait ne pas avoir entendu, il regardait fixement le couple danser au milieu de la piste, comme s’il venait de prêter attention à quelque chose qui lui avait échappé au premier regard.

ZEREVOR : Qu’y a-t-il maître Medivh ?

MEDIVH : Nous irons saluer votre fille et son cavalier à la fin de cette danse.

ZEREVOR (choqué) : Quoi ?! Mais ce serait cautionner publiquement son comportement qui…

MEDIVH (le coupant) : Si vous vouliez que votre fille se tienne mieux, ne vous en prenez qu’à vous-même de l’avoir éduquée ou non Seigneur Zerevor.

La remarque l’avait visiblement blessé, et il se renfrogna. Pendant ce temps, sur la piste, Drako semblait un peu plus décontracté.

MAR’HYA (riant) : Il y a déjà du mieux. Tu ne fais pas un si mauvais danseur que ça quand tu te détends finalement.

DRAKO (ironique) : Le fait que tout Karazhan nous regarde ne doit pas aider.

MAR’HYA (soupirant) : On croirait entendre Père. Vous et votre amour immodéré des limites à respecter… C’est d’un ennuyeux.

DRAKO (se justifiant): Ennuyeux ?! Et débouler sur la piste sans prévenir en invitant le premier inconnu à danser c’est plus glorieux peut-être ?

MAR’HYA : Je ne dis pas que c’est glorieux, mais c’est amusant. Regarde les visages de tous ces vieux coincés, qui nous regardent la bouche complètement bloquée par la stupeur…

Drako ne put s’empêcher de sourire, ce qui acheva de le détendre, tandis qu’ils dansaient tous les deux avec un peu plus d’habilité à chaque seconde de valse qui s’écoulait. Ils continuèrent ainsi quelques temps, jusqu’à ce que l’orchestre finisse de jouer, et au son de la dernière mesure, ils reçurent une tonnerre d’applaudissement de la part de la majeure partie des spectateurs, au premier rang desquels le maître de Karazhan.

Mais ce vacarme fut bientôt couvert par une vague de murmures et de chuchotements, Medivh, traversait la piste et se dirigeait vers eux, accompagné de Zerevor. Ils s’arrêtèrent face à eux, et Medivh fit un baise main à Mar’Hya.


MEDIVH : Mar’Hya, chère enfant, vous êtes aussi dansez divinement bien. Votre grâce n’a d’égale que la sagesse des conseils de votre père.
Que vous devriez d’ailleurs suivre, si j’en juge par vos résultats en magie…

Elle s’apprêta à objecter, mais Medivh l’arrêta de suite en se fendant d’un large sourire et lui ajouta, le ton bon enfant.

MEDIVH : Mais nous ne sommes pas là ce soir pour parler de Magie, mais pour nous divertir, ce que vous avez su faire avec brio avec votre cavalier.

Il se tourna alors vers Drako qui était au comble de la gêne, et qui semblait soudain fasciné par ses pieds, à moins que ce ne fut le sol en lui-même qui l’intrigua subitement de la sorte.

MEDIVH : Si je ne me trompes pas, vous êtes le jeune Drako, n’est-ce pas ?

Le Magus avait posé son regard bienveillant sur le jeune homme qui à grand peine osa le regarder dans les yeux.

DRAKO (hésitant) : Oui… c’est bien moi.

Medivh le fixa longuement dans le fond des yeux, comme pour sonder le fond de son âme. Il y avait visiblement quelque chose qui l’intriguait chez lui.

MEDIVH : Vous n’avez pas à rougir mon garçon, vous êtes un des éléments les plus prometteurs qu’il m’ait été donné de voir en ces murs, et vous avez un avenir tout aussi prometteur devant vous.
N’est-ce pas Seigneur Zerevor ?

Zerevor détourna la tête sur Drako, son visage était couvert par sa capuche et à moitié dans l’ombre, mais le jeune humain discernait parfaitement le regard totalement haineux que le conseiller du Medivh était en train de lui lancer. Un regard à vous glacer le sang, pour peu que la haine ardente qui y brillait ne donna pas des bouffées d’angoisse.

ZEREVOR : Assurément Maître Medivh, ma fille a fait là un choix… intéressant.

DRAKO (interloqué) : Votre fille ?!

ZEREVOR : Oui ma fille…

Son ton était tout sauf plaisant, on y sentait parfaitement le mépris qu’il portait à sa progéniture et au garçon qu’il avait pris en grippe dès le premier instant.

ZEREVOR : Elle a toujours plus brillé par ses attitudes flamboyantes que par sa maîtrise de la Magie… Elle ne fait pas la fierté de ma race je dois dire…

DRAKO : Sauf votre respect Seigneur Zerevor, la naissance ne donne pas tout, et ne prédestine à rien.

Drako ne savait même pas comment cela lui avait échappé de la bouche, ni comment il avait vaincu sa peur pour oser regarder Zerevor dans les yeux, et lui asséner cela, mais l’Elfe était visiblement piqué à vif :

ZEREVOR (sourcilleux) : Je vous demande pardon ?! Qu’avez-vous dit ?

DRAKO : Chacun a le droit de choisir ce qu’il veut devenir, la naissance ne doit pas tout déterminer. Il ne suffit pas de se donner la peine de naître pour avoir sa vie toute tracée.

Même Mar’Hya n’osait plus regarder son père, Medivh contemplait silencieux le duel verbal qui se déroulait, tandis que le reste de la salle de bal assistait, silencieux, à ce qui se passait, bien rangé le long des murs, sans pouvoir entendre ce qui se disait.
Zerevor redressa la tête et fixa intensément Drako dans les yeux.


ZEREVOR : Vous êtes un idéaliste jeune homme. Mais la réalité se rappellera cruellement à vous un jour pour vous enseigner que les belles idées ne résistent jamais à l’épreuve des faits : c’est la naissance qui détermine l’appartenance dans le monde. C’est là l’ordre établit des choses, et il doit demeurer ainsi au nom du grand Equilibre. Les choses sont comme le Sort les a faite, et il faudrait être soit un fou, soit quelqu’un d’extrêmement dangereux pour vouloir changer le Destin.

Un silence pesant tombait sur eux comme un chape de plomb. Drako ne lâchait pas Zerevor du regard.

DRAKO : Si votre seule ambition est de préserver l’ordre des choses comme elles le sont, ce n’est pas la mienne Seigneur Zerevor. J’aspire à mieux que laisser le monde dans un état semblable ou pire qu’il était lorsque je suis né.

ZEREVOR (à vif) : Comment osez-vous ?! Vous avez l’affront de me répondre de la sorte ?! Quelle insubordination !

Son ton était sec et il avait légèrement haussé la voix, de manière à être entendu de tous.
Drako à qui sa peur donnait des ailes, persévéra dans son entêtement :


DRAKO : Je n’appelle pas ça de l’insubordination mais une divergence d’opinion… C’est vous qui interprétez cela de manière erronée.

Ils ne se lâchaient plus du regard, d’autant que pour un humain Drako était grand et arrivait à la taille de Zerevor. Ils étaient tellement absorbés par leur joute verbale qu’ils avaient oublié Medivh, Mar’Hya, et les centaine de personne de l’assistance. La tension était à trancher au couteau entre eux deux, et Medivh décida d’y mettre fin.

MEDIVH : Orchestre ! Musique ! Que le Bal commence pour tous !

Il tapa alors dans ses mains. Drako et Zerevor reprirent leurs esprits, réalisant où ils étaient déjà, et les invités commencèrent à affluer sur la piste, tandis que Medivh retourna à sa place suivi de Zerevor. Mar’Hya sans se démonter, attrapa de nouveau Drako par la main et la hanche et ils dansèrent une nouvelle valse noyés cette fois dans la masse de la foules.

MAR’HYA : Alors toi, on peut dire que tu as du cran. Si tu étais aussi farouche sur une piste de danse que quand il faut défendre ses idées, tu serais un excellent danseur.

DRAKO (gêné puis réalisant) : Je ne sais pas ce qui m’a pris….
Tu aurais pu me dire que c’était ton Père !

MAR’HYA : Excuse moi, la prochaine fois je me promènerait avec cette indication écrite sur le front.

DRAKO : Ne te moques pas ! C’est sérieux !

Elle eu un ricanement de tendresse pour lui.

MAR’HYA : Tu es trop sérieux, Drako, tu prends les choses trop à cœur.

DRAKO : Tu semblais moins t’amuser lorsque ton père m’avait provoqué.

MAR’HYA : Il y a bien deux choses que je sais à propos de mon père. Règle n°1 : il a toujours raison. Règle n°2 : en cas de doute se reporter à la règle n°1…

Il la regarda désespéré tandis qu’ils continuaient à danser.

MAR’HYA : Mon Père est quelqu’un de puissant. Mieux vaut éviter de le contrarier. Mais pour être honnête…

Elle plongea ses yeux dans les siens, et le regarda de manière très suggestive.

MAR’HYA : Je dois avouer que ça me plait…

Le teint de Drako vira de nouveau au rouge écarlate, au grand amusement de Mar’Hya.

MAR’HYA : Voyez-vous cela ! Brave face au grand Zerevor, mais peureux face à une Elfe.

DRAKO (se justifiant) : Mais non ! Je… pas du tout… !

MAR’HYA : Tu es touchant Drako. Très touchant.

L’image se brouilla subitement, et Lizandra eu encore une fois cette impression de voyage à une vitesse extrêmement rapide à travers l’espace et le temps.
Lorsqu’elle s’arrêta, elle se trouva au sommet de la tour de Karazhan, elle pouvait voir Drako, le visage accablé, aux côtés d’une jolie jeune fille brune, assis tous deux contre un des créneaux.


DRAKO : Je deviens fou Circée ! Je ne sais plus quoi faire ! Elle me rend fou !

Il y avait de la résignation extrêmement triste dans sa voix.

CIRCÉE : Alors tu l’aimes ? Tu finis par l’avouer…

Une larme perla sur la joue du garçon.

DRAKO : Je l’ai dans la peau ! C’est infernal ! Je pense tout le temps à elle. Je suis à bout !

La jeune humaine resta muette un instant puis le regarda, grave :

CIRCÉE : Et elle, qu’en pense-t-elle ?

DRAKO : Je crois qu’elle est attachée à moi. Sinon elle ne prendrait pas tous ces risques... Si son père apprenait ça un jour, je ne donne pas cher de notre peau…

CIRCÉE : C’est vrai que le problème Zerevor se pose… Faudra que tu m’expliques comment tu as fait ton compte pour sortir avec la fille d’un raciste notoire comme lui…

DRAKO : Mais je n’ai rien choisi ! C’est elle qui est venu vers moi !
Misère ! J’aurai du lui dire non, et t’inviter pour le bal comme je pensais le faire.

CIRCÉE : Charmante attention. Merci de m’avoir préféré la fille du n°2…

DRAKO : Tu sais très bien que je t’adore, mais pas de cette façon…

CIRCÉE : Je sais bien nigaud… Ne te met pas martel en tête pour ça, ou pour elle.

DRAKO : Qu’est-ce que je dois faire alors ?

CIRCÉE : Zerevor finira bien par découvrir un jour ce qui se passe entre vous, tu as beau être doué, dès l’instant où il voudra en avoir le cœur net ce ne sera plus qu’une question de temps.

DRAKO : Ce type me hait. Dès le premier instant il m’a haït.

CIRCÉE : Vu ce que tu lui a envoyé au Bal, ce n’est pas étonnant. Il voit une sous race lui piquer sa fille, alors qu’il avait d’autres projets pour elle…
Elle continue toujours d’éconduire l’autre imbécile de S’Elar ?

DRAKO : Manquerait plus que le contraire ! Je risque pas ma vie tous les jours pour elle, pour la voir fricoter avec cette andouille.

CIRCÉE : S’il est aussi doué en magie qu’il est intelligent, il n’est pas près de changer les gens en cochon le bougre…
Mais bon méfie toi de lui, vous avez beau donner le change toi et ta douce en n’y laissant rien paraître, si ton beau papa et son futur ex-beau fils s’amusent à y regarder d’un peu trop près vous n’êtes pas dans la mouise…

DRAKO : Evitons de penser à ça alors…
Et toi comment ça va ? On se voit moins ces derniers temps à cause de mes plans « Romulo et Juliette ».

CIRCÉE (souriant) : Je progresse un peu sur la potion de jeunesse éternelle.

DRAKO : Arrête d’essayer c’est impossible à fabriquer ce truc !

CIRCÉE : J’y arriverai ne t’en déplaise. J’ai déjà réussi à obtenir un résultat intéressant sur un rat.

DRAKO : Quel genre de résultat intéressant ?

CIRCÉE : Le genre que voir un rat fondre en deux secondes c’est assez captivant à regarder je dois dire…

Ils éclatèrent de rire tous les deux, et l’image se brouilla encore une fois, avant de totalement s’obscurcir, et Lizandra retomba dans une profonde léthargie.



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 Sujet du message: Re: GW - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Mar 24 Juin 2008 16:20 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 27

Dans la brume et les flots




Dans une chambre de pierre élégamment décorée de tentures rouges et de tableaux aux cadres anciens, Mar’Hya était assise sur un lit à baldaquins et compulsait un grimoire noirci de formules magiques. Un bruit retint alors son attention : à trois mètres du sol elle vit la silhouette de Drako se détacher du clair de Lune à travers sa fenêtre en se tenant aux rebords.

MAR’HYA (affolée) : Drako ! Mais tu es fou de venir dans ma chambre à cette heure là !

Il atterri au sol en une remarquable pirouette, et se tint face à elle, tout sourire.

DRAKO : Fou ? De toi assurément.

Et sans autre forme de réponse il l’embrassa, avant qu’elle ne le repousse au bout de quelques secondes, en tremblant nerveusement.

MAR’HYA (nerveuse) : La chambre de mon Père est juste à côté ! Tu veux te faire tuer espèce d’imbécile ?!

DRAKO : Oh, ça, je m’en charge…

Il pointa l’index en l’air, et Mar’Hya arrêta son regard sur une sorte de boule de mana rouge qui tournoyait en l’air.

DRAKO : Ceci empêchera quiconque de s’intéresser de trop près à cette pièce et ce qui s’y passe.

MAR’HYA : Tu crois vraiment que Père n’a pas des contre-sortilèges pour empêcher ce genre de choses de fonctionner ?

DRAKO : Des « contre-sortilèges » ? Te serais-tu enfin mise à réviser tes cours de Magie ?

La seule réponse qu’il obtint fut un gros coussin de velours rouge jeté à sa figure.

MAR’HYA : Il est absolument hors de question que tu restes ici ! C’est du suicide ! C’est de…

DRAKO : Du calme, du calme Mar’Hya. Ce n’est pas mon intention. Toi et moi nous allons faire un tour dehors. Et contre-sortilèges ou pas, je peux te garantir qu’il ne nous arrivera rien.

Il sorti une rune de sa poche, et d’une incantation il ouvrit un portail dans la chambre de l’Elfe. Un vaste tourbillon d’arcanes, bleu électrique, tourbillonnait sur lui-même, crachant tout autour de lui des filaments d’énergies translucides qui projetaient sur leurs visages des reflets semblables à ceux de l’eau.

MAR’HYA (dubitative) : Tu te figures peut-être que je vais rentrer là-dedans ?

DRAKO (narquois) : Je t’ai connue plus téméraire ma chérie. Ton Père refroidit-il à ce point tes penchants aventuriers ?

MAR’HYA : Toi…

Elle fronça des sourcils en le regardant, mais elle ne pouvait réprimer le rictus d’amusement qui se dessinait au coin de ses lèvres. Elle l’attrapa par le col de sa robe et porta ses lèvres aux siennes, puis d’un virulente tape sur les fesses l’enjoignit à ouvrir la voie.

MAR’HYA : Allez passe devant avant que je ne te jette un autre coussin à la figure !

Il lui prit la main et ils rentrèrent ensemble dans le portail.

L’image se brouilla comme à l’accoutumée, et Lizandra fit de nouveau un bon dans l’espace et le temps. Elle se retrouva alors dans une grande salle froide, couverte d’étagères le long des murs, lesquelles étaient remplies de vieux livres et d’ingrédients d’alchimie. Toute la pièce était encombrée de chandeliers, d’ustensiles de Magie et d’autres appareils dont elle n’aurait pas su dire l’utilisation, ainsi que d’une rangée de tables couvertes de fioles et de réchauds. Il régnait un silence mortuaire que seul brisait le fonctionnement d’une imposante horloge par la marche inexorable de son balancier.

Au milieu, alignés en rang d’oignons, une quinzaine de jeunes gens, garçons ou filles, en robe de mage, se tenaient immobile face à Zerevor qui faisait les quatre cent pas devant eux, les mains croisées derrière le dos, la tête penchée vers le bas. Dès qu’il se fut retournée, Drako lança un regard à Mar’Hya en sortant la tête du rang, ce qui lui valut les gros yeux de cette dernière. Zerevor se retourna alors une dernière fois, face à eux et les considéra longuement. Il était pile en face de Drako et prenait un malin plaisir à le provoquer de la sorte en faisant tout pour lui faire commettre un impair.


ZEREVOR : Comme vous n’êtes pas sans le savoir, Antonidas ayant du être rappelé un temps à Dalaran, ce sera donc moi qui le remplacerai le temps qu’il revienne, et ce sur instructions du Gardien lui-même.

Sa voix était glaciale comme à l’habitude et transpirait le mépris à grosses gouttes. Au milieu de silence terrorisant qui régnait, elle n’en avait que plus de force.

ZEREVOR : Aussi, serais-je chargé aujourd’hui de vous dispenser le savoir nécessaire à la maîtrise des élixirs d’illusions. Vous irez donc un à un, dans le calme et l’ordre, chercher sur la table derrière moi les parchemins à vos noms puis reviendrez à vos places.

Ils s’exécutèrent immédiatement à la grande indifférence de Zerevor, qui gratifia seulement Drako d’un signe d’attention, en ne le lâchant pas du regard lorsqu’il alla prendre le rouleau qui lui était destiné. Une fois chacun revenu à sa place, l’Elfe les répartis par groupes de deux, ne manquant pas de mettre sa fille avec S’Elar et de placer Drako tout seul sur une table légèrement en retrait. Lorsque Zerevor lui désigna sa place, Drako émit un regard méfiant.

ZEREVOR (ironique) : Quelque chose ne conviendrait-il pas à notre ami humain le jeune Drako ?

Sa voix était extrêmement sarcastique et son ton délibérément provoquant. Drako lui répondit d’un large sourire hypocrite, le plus calmement du monde :

DRAKO : Mais lorsque vous vous occupez de quelque chose, tout va pour le mieux voyons Maître Zerevor…

L’Elfe plissa un instant des yeux et se pencha vers l’oreille de Drako pour lui chuchoter lentement :

ZEREVOR : Mieux vaut pour vous Drako…

Le murmure de sa voix mourut dans son oreille, tandis que l’Elfe reprenait sa place face à eux. Le lourd silence fut de nouveau brisé lorsqu’il leur donna leurs instructions.

ZEREVOR : Que chacune des tablées réalise l’élixir d’illusion pour lequel il a la recette sur les parchemins nominatifs. Inutile d’essayer de copier sur les autres, toutes les recettes sont différentes selon les tables. Une fois que tout le monde aura fini chaque table viendra faire la démonstration devant les autres de ce qu’elle a obtenu puis sortira de la salle.

Il retourna lourdement un grand sablier doré sur son pupitre.

ZEREVOR : Vous avez deux heures !

A la surprise de Drako, son parchemin ne contenait pas d’indications sur la nature de l’élixir à fabriquer, en revanche la recette en était fort complexe. Il regarda le bout de papier avec une moue perplexe que ne manqua pas de remarquer son adversaire.

ZEREVOR : Comme de l’avis de tous vous êtes doué, j’ai pris la liberté de corser un peu l’exercice spécialement pour vous, histoire que je puisse me faire ma propre opinion sur votre prétendu « don »… Hormis le fait que vous soyez seul, il faut que vous sachiez que mal préparé votre élixir est hautement mortel… Sur ce, je vous laisse faire montre de votre… « talent ».

Drako lança un regard noir de haine au Mage qui s’éloignait en ricanant. Et la vue de Mar’Hya coincée avec S’Elar n’arrangeait rien pour qu’il se calme. Il essaya néanmoins de se ressaisir afin de ne pas jouer le jeu de Zerevor en ne commettant pas les fautes qu’ils cherchait à provoquer.

L’image se brouilla encore, et Lizandra vit alors la même pièce mais qui n’était à présent plus occupée que par Zerevor et Drako, tandis qu’un dernier groupe d’élèves disparaissait en claquant la porte.


ZEREVOR : À nous à présent…

La haine et le mépris qui caractérisait leurs rapports ne mit qu’un instant à remplir cette immense pièce.

ZEREVOR : Voyons voir comment notre jeune « prodige » humain s’en est sorti.

DRAKO : Mieux que vous ne l’imaginiez je pense.

ZEREVOR (sec) : Il ne vous appartient pas ici de formuler des jugements sur la qualité de votre travail, mais à moi seul ! Je serai seul juge pour dire si vos gesticulations autour de ces fioles ont été concluantes.

Drako ne releva pas et préféra attaquer sous un autre angle.

DRAKO (provocateur) : Et peut-on savoir ce que vous m’avez fait préparer ? Du poison sans doute ? Pour que vous aillez la joie de me voir agoniser au sol.

L’Elfe se fendit d’un large sourire sous sa capuche rien qu’à imaginer cette éventualité.

ZEREVOR : Bien que l’idée ne me déplaise pas, je ne puis malheureusement la mettre en œuvre, car les humains sont tolérés ici.

DRAKO : « Accepté à part entière » serait le mot juste.

ZEREVOR : Il suffit ! Je ne vous demande pas votre avis !

DRAKO : Très bien…
Je suis sûr que Maître Medivh sera ravi d’apprendre que vous « tolérez » sa présence ici, dans sa propre tour.

ZEREVOR : Medivh connaît déjà mes opinions sur le sujet si vous souhaitez vous ridiculiser la porte de ses appartement vous sera grande ouverte une fois que nos aurons fini cette séance de travaux pratiques.

Drako lui répondit par un sourire de défi.

ZEREVOR : À en juger par la couleur de votre préparation vous avez convenablement exécuté la recette. Une fois que vous l’aurez bue nous saurons si vous méritez vos lettres de noblesse en Alchimie.

DRAKO (méfiant) : Et quel est l’élixir que vous m’avez fait préparer ?

ZEREVOR : Cela, vous le saurez une fois que vous l’aurez bu…

Le cœur de Drako battait nerveusement. Il sentait le coup fourré à plein nez.

DRAKO : Et si je refusais ?

ZEREVOR : Je vous ferai exclure pour insubordination, chantage à mon encontre et refus de vous soumettre à un examen. Et croyez moi, je vous jure qu’avec ça, vous ne serez pas près de suivre une formation en magie dans tout le monde civilisé…

DRAKO : Et qu’est-ce qui me prouve que vous ne le ferez pas si je bois quand même ce breuvage ?

De nouveau, un large sourire se dessina sous la capuche bleue de Zerevor.

ZEREVOR : Je vous donne ma parole d’honneur d’Haut-Elfe Bien Né que j’oublierai toutes ces accusations.

DRAKO : Vous êtes un malin Zerevor… Vous me provoquez délibérément pour que je me fasse exclure, et vous ne permettez mon sursis que grâce à une de vos manigances.

ZEREVOR (sec) : Je ne vous demande pas de faire des commentaires mais de boire.

Il lui jeta un regard haineux de ses yeux noirs et attrapa sèchement la potion avant de l’ingurgiter cul-sec en le fixant du regard.

DRAKO (avec un grand sourire hypocrite) : Satisfait ?

Le Mage émit un ricanement sec et tourna un instant autour de Drako, en silence, avant de se poster en face de lui.

ZEREVOR : Voyez-vous Drako, je vous soupçonne depuis un certain temps de convoiter mon idiote de fille parce qu’elle a fait la bêtise de inviter au bal.

DRAKO (ahuri) : Un élixir de vérité ?!?! C’est ça que vous m’av…

ZEREVOR (sec) : Taisez vous !
Si vous aviez un minimum de connaissances en Alchimie vous sauriez que les ingrédients et le temps de préparation nécessaires pour cet élixir là interdisent ce genre d’exercice en deux heures seulement. Si vous étiez au fait des règles qui régissent ce Haut Lieu de la Magie vous sauriez que son usage en est prohibé entre ces murs. En revanche…

Drako se mit à tousser, et des volutes de fumée blanche sortaient de sa bouche pour aller s’agglutiner en une masse de plus en plus grosse, entre lui et Zerevor.

ZEREVOR : L’Elixir de Désir est licite, et nettement plus simple à réaliser… ce qui explique d’ailleurs le fait que vous ayez pu réussir un tel exercice.

Il continuait de tousser.

DRAKO (toussotant) : Quoi ?!

ZEREVOR : Ce que vous désirez le plus va nous apparaître une fois que vous aurez fini de tousser. La fumée prendra peu à peu la forme de ce que vous convoitez et me le dévoilera ainsi. Et là ! Je saurai si oui ou non vous convoitez ma fille…

Drako était tétanisé, il essayait de s’empêcher de tousser et de penser à autre chose. Quant au Mage, il regardait avec de plus en plus d’attention l’image se formant peu à peu dans la brume qui prenait forme.

Deux silhouette humanoïdes qui semblaient enlacées commencèrent à se dessiner. Sur l’une d’elle de longues oreilles elfiques commencèrent à apparaître. Zerevor serait machinalement un pli de sa robe dans sa main droite attendant avec impatience que l’image devienne claire. Drako, lui, luttait du mieux qu’il pouvait pour se contenir.

L’image devint alors parfaitement claire. Dessiné dans la brume, on voyait un homme essayer d’étrangler un Elfe. L’image de Medivh avait les mains crispées sur le cou du Zerevor de fumée, tentant de l’asphyxier. Drako s’effondra haletant à terre alors que l’image se dissipait et que le vrai Mage explosait littéralement de colère. L’Elfe laissa ses mains brûler de flammes qu’il envoyait contre les étagères qui prirent feu, et les tables qui volèrent en éclat, tandis que l’Humain commençait à éclater de rire en se tordant au sol. L’image se brouilla une dernière fois et tout devint noir.

Non loin de la grotte où Lizandra était enfermée et condamnée à rêver, se déroulait un tout autre événement dans un paysage bien différent. Il y avait là de l’eau, à perte de vue elle s’étendait dans ce marais sinistre. Qu’elle fût croupie, devenue de la boue, ou alors la simple moiteur puante de l’air, elle était omniprésente dans le Marécage de Zangar. Cette zone à la faune et la flore aussi exotique qu’il était possible d’en voir en Outreterre, était emplie d’un silence étouffé, que seul le clapotis des flots contres les rivages, ou au passage d’une quelconque créature venait troubler. Des immenses champignons dominaient la zone où des Ogres, des Sporeggars, des Nagas et des Draeneis se trouvaient depuis de nombreuses années.

A l’Ouest de cette région, sur la bordure la plus occidentale donnant sur le Néant, un Portail, depuis longtemps fermé, laissait ouvert à tous les vents ses colonnes et son linteau de pierre, aux pieds desquels Oruchimaru était plus que perplexe.


ORUCHIMARU (pestant): Ces foutus Orcs ont ouvert leurs saloperies de portails partout…

Kefkka, les bras croisés dans le dos, était tourné du côté du Néant et semblait absorbé par l’immensité du vide qui s’étendait au loin. Il tenait son bâton, mais sans qu’il lui serve d’appui à présent. Depuis leur retour du Labyrinthe des ombres, sa forme s’était grandement améliorée et le temps où il semblait suffoquer à chaque pas semblait loin.

ORUCHIMARU : C’est Ner’Zhul qui les avait placé, non ?

KEFKKA (absent) : Oui… Oui… Le Roi Liche…

ORUCHIMARU : C’est pour faire du tourisme que vous nous avez traîné ici ou alors pour méditer en regardant le Néant Distordu ?

Il se retourna, agacé.

KEFKKA (sec) : N’ayez aucune crainte, je ne vous amène jamais où que ce soit sans but précis.

ORUCHIMARU : C’est pas l’impression que notre ballade romantique dans ce bourbier moisi me laisse… Même les Nains sentent meilleur que cet endroit !

KEFKKA (méprisant) : Vous m’en voyez navré. La prochaine fois, je tâcherai de trouver un endroit qui siéra mieux à votre sens olfactif ultrasensible…

ORUCHIMARU : Je ne vous demande pas de me traîner dans une parfumerie, mais je note juste qu’après les catacombes, vous me traînez dans un Marécage… Si vous prenez votre pied dedans c’est votre problème, mais vous m’empêcherez pas de me plaindre de l’odeur de rat crevé…

KEFKKA : Il est vrai qu’à part geindre sans cesse et poser des questions sur tout et n’importe quoi vous ne faites pas grand-chose… Heureusement que vous savez vous battre, ça rattrape le niveau de votre conversation.

Il alla se poser devant Kefkka et appuya son index sur sa poitrine en signe de provocation.

ORUCHIMARU (écoeuré) : Je vais vous le dire comme je le pense démoniste de mes deux : vous n’êtes que la pire des raclures que j’ai jamais rencontré ! Et je préfère largement avoir mes conversations qui ne volent pas haut, plutôt que vos…

Il ne put terminer sa phrase, il était littéralement en train d’étouffer. Il s’envolait peu à peu du sol, comme soulevé par une main invisible qui le tenait par le cou. Il s’immobilisa à un mètre du sol, le dos plaqué contre un des montants de la porte, agitant ses mains dans le vide comme un dératé pour desserrer l’invisible poigne qui l’empêchait de respirer. Kefkka, lui, impassible, détourna lentement son regard de l’horizon pour se tourner vers lui, et hocha tout aussi légèrement la tête vers le haut, pour plonger l’obscurité de son regard en direction des yeux exorbités du rogue, avant de lui dire le plus calmement du monde :

KEFKKA : Je vais une fois de plus devoir me répéter…

Sa voix avait pris un ton extrêmement las.

KEFKKA : Vous êtes là pour m’obéir. Pas pour me manquer de respect.

ORUCHIMARU (suffocant) : Je… suis… pas… votr’…. Chhhhien !

KEFKKA (sévère) : Inutile d’user de la métaphore canine… Je suis plus que fatigué de vos jérémiades incessantes et de vos scrupules inutiles ! Vous m’ennuyez Oruchimaru ! Maintenant gravez ceci une bonne fois pour toute dans votre esprit ; je vous l’ai déjà dit une fois, mieux vaut pour vous qu’il n’y en ait pas de troisième : Mort ou vivant, vous m’obéirez, tenez vous le pour dit !
Suis-je clair ?

Le teint de peau du voleur était tellement rouge et l’asphyxie le guettait de si près qu’il eu tout juste la force de hocher vaguement la tête en signe d’approbation. Aussitôt l’étreinte se desserra, et il s’écrasa lourdement sur la dalle de pierre qui servait de base au Portail. Il s’affala au sol, reprenant son souffle avec toute l’énergie qu’il pouvait, dans une bruyante volée de saccades respiratoires, en se frottant le cou pour calmer la douleur.

KEFKKA : À la bonne heure…

ORUCHIMARU (haletant) : Vous… vous…. êtes bien…. moqué de…. moi !

Le démoniste s’était de nouveau tourné vers le Néant.

KEFKKA : Et en quoi me suis-je moqué de vous ? Je vous avais dit que vous pourriez venger votre amie Elfe de la Nuit et que vous trouveriez des richesses au cours de notre périple. Pour la vengeance, le fait même d’avoir mis la main sur le Livre au Labyrinthe prouve que nous avons doublé notre ennemi Gniev. Pour les richesses, n’ayez crainte, vous en aurez à ne plus quoi savoir en faire une fois que tout ceci sera fini !

Il avait craché sa dernière phrase comme si le seul fait d’évoquer de l’argent était indigne de lui.

ORUCHIMARU : J’aurai mieux fait de me péter une jambe le jour où j’ai décidé de vous suivre ! Vous me traînez dans vos aventures morbides sur cette planète ravagée !

Le sang du démoniste ne fit qu’un tour dans ses veines.

KEFKKA (hurlant) : Et que pensiez vous trouver dans ce monde mourrant ?!?!

Il s’était retourné en direction du rogue et agitait nerveusement ses bras autour de lui. Sa voix, déformée par la rage, résonnait d’un écho caverneux et grave. Sa colère donnait l’impression qu’il était à présent beaucoup plus grand, dominant le voleur de sa hauteur.

KEFKKA : Dans ce monde en guerre ! Dans ce monde « ravagé », comme vous dites ! Nous sommes ici pour lutter ! Lutter contre l’obscurantisme qui déploie ses sombres ailes sur ces contrées dévastées ! Mes choix vous rebutent ?! JE les assume ! Vous n’avez qu’à prendre sur VOUS si mes méthodes vous dérangent ! Je ne vais pas gâcher la chance unique qui est donnée pour vos scrupules minables !

À mesure que Kefkka s’énervait, Oruchimaru paraissait faiblir et recommençait à s’essouffler, ce que le démoniste remarqua et le fit baisser d’un ton.

KEFKKA : Les gens comme vous, et votre prétendu « honneur »… Où est l’honneur lorsque l’on égorge les gens dans leur sommeil pour les délester de leurs bourses où se trouve le maigre pécule qu’ils ont pu amasser à la sueur de leur front ?!
Vous avez l’arrogance de me juger… Mais les gens comme vous sont pires… Ils n’assument pas leur médiocrité, leur petitesse. Ils préfèrent se réfugier derrière un prétendu code de l’honneur, où les seules choses honorables que l’on puisse trouver sont les politesses que vous vous réservez entre loups de meutes différentes !

Réalisant à quel point il s’était emporté, il se tut et considéra un instant le rogue qui étouffait à moitié.

ORUCHIMARU : Pourquoi… suis-je dans cet… état ?

KEFKKA : Le lien… magique… qui nous unit, est la cause de ceci… Evitez de m’énerver comme cela à l’avenir…

L’effroi se dessina sur le visage d’Oruchimaru, pour la première fois il réalisait vraiment à quel point son pacte le liait au démoniste et ce qui lui en coûtait. Il retint un sanglot et se leva aussi dignement qu’il put.


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 Sujet du message: Scène 28 : En quête de la clef
MessagePosté: Mer 24 Sep 2008 15:00 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 28

En quête de la clef




Dissimulées dans la pénombre des ruines des Flèches Jumelles, Kefkka et Oruchimaru observaient silencieusement une discussion se tenant au bord du Lac des Serpents entre deux Gnomes aux cheveux étonnamment fluorescents.

FOUREGUEULE (gémissant) : Je t’en prie Slay, tout sauf ça ! Je t’en supplie à genoux ! Je t’en…

SLAYEUR : Boucle-là Foure ! Tu veux que les autres nous entendent ?!

FOUREGUEULE : Non, bien sûr… mais je demande à être traité de façon décente ! La torture n’a jamais été une des…

SLAYEUR : Je ne te demande pas ton avis ! Je te dis de faire quelque chose et tu le fais. Point barre.

FOUREGUEULE : Tu ne m’avais jamais dit que je serai obligé de plonger dans de l’eau !

SLAYEUR : Tu survivras bien au fait de prendre un bain… Sinon on peut tester tous les deux le coefficient d’imperméabilité de ton herbier à de l’eau marécageuse…

Il tenait le précieux livre du chasseur entre le pouce et l’index, le balançant au-dessus de l’eau.

FOUREGUEULE (se mordant le bout des doigts) : Non non non ! Arrête ! Tout mais…

Il sembla alors lutter intérieurement, tant bien que mal, mais finit par craquer.

FOUREGUEULE (hurlant) : JE SUIS MIGNON !

SLAYEUR (les gros yeux) : Ta gueule !

FOUREGUEULE : Désolé, ça m’a échappé…

La voix d’Otiwana s’éleva au loin.

OTIWANA : Tout va bien là-bas ?

SLAYEUR : Oui oui !

OTIWANA : Les hémorroïdes de Titou vont mieux ?

SLAYEUR : Oui, je finis de lui appliquer l’onguent que Skaal m’a donné et on arrive.

Derrière ses grands yeux de Gnome, Fouregueule lançait un regard plein de rancœur à Slayeur.

FOUREGUEULE : Tu aurais pu trouver autre chose comme excuse, quand j’ai demandé à te parler !

SLAYEUR : Tu m’en vois navré, la prochaine fois tu en trouvera une toute seule. En attendant arrête de brailler et tu fileras dans l’eau que tu le veuilles ou non. À présent remonte ton pantalon et retourne toi… cette position devient plus que douteuse.

Alors qu’Otiwana, Skaal, Samovar, Bouty, Sylirie et Boumator étaient en train d’étudier la surface du lac, Slayeur et Fouregueule réapparurent, ce dernier arborant une mine aussi réjouie qu’un adolescent revenant d’une visite médicale chez le pédiatre.

OTIWANA : Bon d’après la [Carte] que Khadgar nous a vendue, le réservoir de Glissecroc se trouve là-dessous.

SAMOVAR : Et la zone est infestée de Nagas… le marécage de Zangar en pullule à présent.

SKAAL (fredonnant tout seul) : Le Lac c’est dégueulasse les nagas baisent dedans. Dès que le vent soufflera, je…

SYLIRIE : Bon un buff de respiration aquatique et ce sera réglé. Allongez la monnaie messieurs dames !

SLAYEUR (s’étouffant) : Quoi ?! Payer ?!

BOUTY : Je te demande pardon Syli ?!

SYLIRIE : Tu as parfaitement compris Bouty tu veux un buff : tu allonges la fraîche. Alors aboule les PO fillette !

BOUTY (outrée) : Mais comment je rêve ! On va pas la laisser nous extorquer de l’argent !

SAMOVAR : Si ça peut vous arranger, en tant que Chaman je suis capable de fournir les même prestations que notre amie démoniste ici présente, et ce, gratuitement.

SYLIRIE (protestant) : Et casses pas mon marché Sabots-fourchus !

Samovar lança un regard noir à Sylirie qui n’osa plus ouvrir la bouche.

BOUTY : À la bonne heure ! Eh bien, désolée Syli, notre nouvel ami bleu va te piquer ton boulot.

SAMOVAR : Il y a cependant un petit nota bene… Le buff est gratuit, par contre j’ai besoins de composants pour pouvoir le faire. Et il s’avère qu’ils coûtent de plus en plus cher sur le marché noir… Bien sûr je me résoudrai au sacrifice de vous les vendre à un prix d’ami, somme toute bien inférieur à ce qu’aurait proposé notre jeune Gnomette démoniste ici présente…

BOUTY (rageant) : MAIS C’EST QUOI CE GROUPE D’USURIERS ?!?!

SLAYEUR : Bouty a raison, il est absolument hors de question que l’on sorte un seul sous de nos poches ! Jamais un Na… n’aventurier digne de ce nom ne s’y abaissera !

BOUMATOR : Quel gachis ! Alors que tout ce bel argent pourrait servir à acheter à boire !

FOUREGUEULE : Ou commander sur e-bay des intercalaires pour herbier !

SAMOVAR : Sinon, il me reste toujours des anciens compos… Ça ne présente pas le même confort mais au moins c’est gratuit…

SKAAL (sourcilleux) : Elle est où l’arnaque ?

SAMOVAR : Nulle part ! J’ai besoins d’écailles de Nagas pour vous buffer. Avec les nouveaux modèles j’en canalise l’essence pour faire fonctionner le sort. Avec les anciennes, qui datent un peu, je tiens à le préciser, j’enchante l’écaille, et vous devez en mâcher une grosse poignée et la garder dans la bouche.

SKAAL : Ouais donc en gros on doit mastiquer de la merde gratos, ou payer pour pas gerber.

SYLIRIE : Je peux encore baisser mes tarifs hein…

SLAYEUR : Pas moyen, je lâche pas une thune !

Il arracha le bocal d’écailles avariées que le chaman tenait et essaya d’en placer de force une grosse poignée dans la bouche de Fouregueule.

FOUREGUEULE (évitant) : Arrête ! La…che… moi !

Finalement il se retrouva avec la grosse poignée d’écailles dans la bouche, cette dernière maintenue fermée par une pression énergique de Slayeur sur ses lèvres qui lui murmura quelques menaces concernant son herbier.

Pendant que le groupe pestait énergiquement lors de la distribution des écailles, et que Fouregueule était à deux doigts de vomir, Bouty sorti triomphalement un sachet de son sac !


BOUTY : Je les ai ! Je les ai retrouvés !

SLAYEUR : Et on peut savoir quoi ?

BOUTY : Mes [Ricola® : Saveur Respiration Aquatique] ! Depuis la Sanssaint je les ais balancé au fond de mon sac au cas où.

Aussitôt ils balancèrent tous leur ration d’écaille et Fouregueule parti vomir derrière un buisson alors que Bouty procédait à la distribution des pastilles. Lorsqu’il revint, elle le regarda, chagrinée :

BOUTY : Je suis désolé Titou, mais je viens de donner la dernière pastille à Syilirie… Tu vas devoir reprendre des écailles… Je… Titou ? Titou ?

SLAYEUR : Il a l’évanouissement facile, laisse tomber.

BOUTY (peinée) : Je m’en veux… Haleine de merde ou pas, je vais lui faire du bouche à bouche pour le réveiller, on peut pas le laisser comme ça.

SLAYEUR (explosant) : MAIS IL EN EST HORS DE QUESTION !

BOUTY (choquée) : Oula, faut se calmer hein… Si ça te gène, tu n’a qu’à le réanimer toi.

SLAYEUR (gêné) : Non… euh ça ne me gène pas, c’est que… Imagine que Steel l’apprenne.

BOUTY : Bien vu…
Attends une minute ! Comment connais-tu Steel ?

Ils le regardèrent tous avec un regard inquisiteur.

SLAYEUR : C’est que… Il… nous suit la nuit et… Fouregueule l’a vu sur son radar à camouflés… et que c’était toujours toi qu’il avait en target…

BOUTY (hallucinée) : Mais comment je rêve !

Elle hurla alors si fort que l’eau en vibra :

BOUTY (explosant) : STEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEL !!! SORS DE TON MODE FURTIF !!!!!

Sortant des ombres Steel, apparut tout penaud face à eux, à la surprise générale des autres, surtout de Slayeur qui avait les yeux grands ouverts, abasourdi par la justesse de son mensonge.

STEEL (pestant) : T’ain comment j’aime pas ça !

BOUTY : J’arrive pas à croire que tu me suives en fufu depuis le début !

STEEL : Et moi j’arrive pas à croire que tu allais embrasser un autre homme sur la bouche !

BOUTY : Moi au moins je ne suis pas une jalouse maladive !

STEEL : Moi au moins je ne vais pas rouler un palot à tout ce qui est allongé sur le sol !

BOUTY : Vaut mieux ça qu’être un jaloux monomaniaque obsessionnel !

STEEL : Et mieux vaut être ça qu’une Bouty¬-couches-toi-là !

SYLIRIE : Oh les enfants c’est pas fini tout ça ?! Il serait temps de vous…

Les deux devinrent alors extrêmement véhéments.

STEEL : Toi on t’a pas sonné la crevarde !

BOUTY : Ouais boucle-là sale radine !

STEEL : Même pas foutue de claquer un buff alors que ça lui coûte juste de la mana !

BOUTY : Quand on sait ce que la mana sa représente pour un démo ça me fait doucement rigoler.

STEEL : On dit que c’est les rogues qui sont une classe de putes, mais alors vous les démos…

BOUTY : De toute façon démo c’est pour les gens noskill qui savent pas jouer.

STEEL : Et encore… Je suis sûr qu’elle joue juste à la souris, comme elle sait pas ce que c’est qu’un clavier !

BOUTY : Allez noraj Syli, t’es une démo cousine, c’est pas grave, t’a juste raté ta vie.

STEEL : Comment on va trop se foutre de ta gueule avec Bouty ! Ha ha !

Face au retournement de situation qui venait de se dérouler sous leurs yeux, le reste du groupe hésitait entre la perplexité et l’étonnement le plus complet. Skaal ne s’embarrassa pas de ce genre d’interrogations puisqu’il entrepris de ramener la conversation là où elle devait en être :

SKAAL : En parlant de ça, on pourrait envisager d’en revenir au sujet principal, à savoir le premier morceau de la clef ?

BOUTY : Oui c’est juste… Steel retourne à Shattrath, et arrête de me suivre, nous reprendrons cette discussion plus tard.

STEEL : Ça roule, on en reparlera après.

Et il disparu sans dire au revoir.

OTIWANA : Bon on n’a plus qu’à jeter Titou à l’eau en espérant que ça le réveillera.

Le corps inerte du Gnome ouvrit alors un œil qui balaya avec anxiété les alentours et se referma aussitôt, ce qui n’échappa pas à l’œil magique de Slayeur.

SLAYEUR : Samovar, vous m’avez l’air assez robuste, je pense que vous pourrez nous rendre ce service ?

SAMOVAR (se baissant) : Je ne suis pas une bête de somme ! Mais je préfère encore le porter que de lui faire du bouche à b…
La vache ! Il est lourd !

SLAYEUR : Oui, il ne fait pas son poids…
Le mieux c’est de le projeter très loin de la berge je pense.

Le Draeneï avait hissé le corps du Gnome au dessus de lui à bras levés, et se préparait à le lancer au loin.

FOUREGUEULE (paniqué) : STOOOOOOOOOOOOOOOOOOP ! Je suis conscient arrêtez ! Arrêtez !

Slayeur échangea un clin d’œil avec le Chaman, ce dernier descendit Fouregueule en le tenant par la peau du cou, jusqu’au niveau de son visage.

FOUREGUEULE : Allez, tout va bien, descend moi maintenant.

SAMOVAR : S’il n’y a que ça pour vous faire plaisir…

Il lui fourra une énorme poignée d’écailles de Nagas dans la bouche et avant que l’autre n’ait eu le temps de recracher il se retrouva catapulté dans l’eau presque au milieu du lac.

FOUREGUEULE (vomissant les écailles) : Bande d’enfoirés ! *Beuarrrlfght* J’sais pas nager !

Ils le rejoignirent tous dans l’eau et bientôt notre équipée de huit aventuriers progressa à travers les profondeurs du lac et les tuyaux de la machinerie naga, pour se retrouver un peu plus tard, à l’air libre, dans une cavité rocheuse d’où partaient quatre tunnels.

SKAAL : Bon on fait quoi patronne ?

OTIWANA : On prend la deuxième entrée en partant de la gauche, ça doit être là en principe.

Ils empruntèrent un petit tunnel qui les mena à l’entrée d’un donjon où ils s’engouffrèrent.

SYLIRIE : On est où là ?

BOUTY : Dans le Caveau de la Vapeur noob ! C’est marqué au milieu de ton écran.

SYLIRIE : Ha non moi j’ai marqué « la difficulté de toutes les instance a été réglé sur héroïque »… Bizarre, ça veut dire quoi ?

SLAYEUR : Osef, on est là pour chercher une clef, non ? Alors ce qu’il y a de marqué au milieu de l’écran on s’en bat les flancs.

SAMOVAR : Avec trois chasseurs dans notre groupe, ce devrait être facile de trouver cette clef.

SLAYEUR : C’est dépassé le flair du chasseur, j’ai quelque chose beaucoup mieux pour trouver ce que je veux maintenant ! Tellement dépassé, que je pourrais éviter de me balader avec trois hunts dans mon groupe.

OTIWANA (comptant) : Comment ça trois ? Il n’y en a que deux avec toi…

SLAYEUR (se rattrapant aux branches) : Euh… l’autre est tragiquement morte sodomisée par un kodo… mais… elle est encore très présente dans mon esprit… C’est pour ça que je continue à la compter.

Il feignit de pleurer, mais la rugosité de son cœur de nain l’en empêchant, il dut se contenter de se retourner en imitant des bruit de sanglots, avant de se retourner l’air de rien.

SLAYEUR (hypocrite) : Excusez-moi.

SAMOVAR : Alors c’est quoi la merveille dont vous nous vanté les mérites ?

SLAYEUR : C’est…

Il sorti une sorte de double plaque métallique, qui s’ouvrait comme un livre, et pressa un bouton qui rendit lumineuse la plaque du haut.

SKAAL : Oh je connais ça, c’est le XB-500, pur produit de l’ingénierie gnomique. Il est beaucoup mieux que le XB-400, car il tourne sous Linux. En plus les logiciels fournis avec son totalement gratuits et ils évitent de payer des licences absolument hors de pr…
Quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?

SLAYEUR : Le druide a raison, mais ce qu’il disait n’était pas important. Grâce à ça je peux me connecter sur la Toile et obtenir le plan de cette instance, avec l’emplacement de la clef… Voila, je lance http://www.thotbott.com... Je vais dans la page des instances… Je clique sur la carte du Réservoir… Et paf ! Voilà le lien vers l’image… Je fais un copier coller dans mon navigateur de http://pix.nofrag.com/4/6/2/9efd201d771d931e062ff8965da76.html et voilà !

SKAAL : La clef se trouve dans ce petit bassin près de la rampe d’accès ?

SLAYEUR : Affirmatif. Y’a plus qu’à vider la salle et on y est.

Ils se risquèrent à jeter un coup d’œil dans la première salle et y virent des groupes de nagas et de grands géants fongiques qui rejetaient des nuages empoisonnés.

BOUTY : Et là on est sensés faire quoi ?

SLAYEUR : On s’occupe des nagas d’abord. Laissez moi seul avec Titou deux minutes s’il-vous-plaît.

Fouregueule les regarda, complètement paniqué, et secouant vigoureusement la tête, mais il partirent plus loin et se retournèrent.

SLAYEUR (sec) : Foure !

FOUREGUEULE : Fous moi la paix, j’en ait marre de prendre cher dans cette scène ! Pourquoi c’est pas Bouma qui trinque là ?! Hein, pourquoi ?!

SLAYEUR : Parce que le personnage comique auquel il doit arriver des malheurs c’est toi. Maintenant tu la fermes et tu baisses ton fute !

FOUREGUEULE : Encore ?! Mais tu lui veux quoi à mon cul ?

SLAYEUR : Tu tiens vraiment à ce que je te le dise ?

La gorge de l’autre se noua bruyamment. Pendant ce temps les autres attendaient de l’autre côté, sans prêter attention aux sanglots de Fouregueule, jusqu’à ce que Slayeur déboule en courant et crie :

SLAYEUR (paniqué) : SORTEZ TOUS DE L’INSTANCE !!!

Sans chercher à comprendre il s’exécutèrent et quittèrent l’instance. Arrivés dehors ils cherchèrent à comprendre ce qui se passait.

OTIWANA : Pourquoi sommes-nous sortis et où es Titou ?

SLAYEUR : Il teste une arme chimique.

OTIWANA : Un truc d’alchimie ?

SLAYEUR : Oauis voilà. Faut attendre un peu du coup que les effets se dissipent.

Boumator le pris à part et essaya d’en tirer un peu plus de lui.

BOUMATOR : Tu lui a fait quoi Slay.

SLAYEUR : Je lui ait foutu une orbe de puissance dans le cul, avant de le forcer à bouffer des flageolets magiques et des gangre-pois chiches.

BOUMATOR (horrifié) : Oh-mon-Dieu !

SLAYEUR (l’air sadique) : Comme tu dis… Et s’il reste encore quelque chose de vivant dans un rayon de trois cent mètres autour de lui, je veux bien rester un Gnome jusqu’à la fin de mes jours.

Il ne croyait pas si bien dire, car une fois le temps assez écoulé, ils découvrirent les cadavres épars des nagas et même des géants fongiques. Ils avaient tous le visage déforme par la douleur et étaient écroulés au sol, comme surpris par les griffes de la Mort elle-même.

BOUTY (les yeux écarquillés) : C’est quoi ce carnage ?

OTIWANA (se bouchant le nez) : Et c’est quoi cette odeur ? Pouah !

SYLIRIE (rageuse) : Mais comment ça doit être ultime en BG ça ! Ingé ça devient useless à côté d’Alchi maintenant ! Je vais devoir respé fait chier !

SLAYEUR : Te fatigues pas, ce sera sûrement nerf au prochain patch.

Dans un coin, Fouregueule, recroquevillé, sanglotait.

BOUTY : Ça va Titou ? Pourquoi tu pleures comme ça ? Pourquoi es-tu resté seul à l’intérieur ?

FOUREGUEULE (sanglottant) : J’ai été humilié… bouhhhh

BOUTY (peinée) : Oh… Mon pauvre Titou… Viens là dans mes bras… C’est finis calme-toi… Allez.

Elle le serait contre lui avec une tendresse telle que cela n’alla pas sans susciter des réactions dans le groupe.

SLAYEUR (bouillant) : QUOI ?! Mais moi aussi j’ai été humilié !!!

BOUTY : Arrête Bibou ! Le pauvre Titou est déjà assez traumatisé pour que tu rajoute tes malheurs par-dessus.
Allez calme-toi mon Titou.

Intérieurement Slayeur bouillonnait et était prêt à réserver un chien de sa chienne à son compagnon chasseur.

SLAYEUR (rogue) : Bon basta les calins, faut aller chercher la clef now. Maintenant que notre plongeur émérite est consolé, il va pouvoir plonger dans l’eau nous ramener l’urne scellée où elle se trouve.

BOUTY (protestant) : Tu lead maintenant ? Tu as trouvé que ça pour te venger de ce pauvre Titou qui est traumatisé ? L’envoyé de nouveau au casse-pippe ?!

SLAYEUR (menaçant) : Ecoute moi bien femme ! J…

BOUTY (outrée) : JE T’INTERDIS DE T’ADRESSER A MOI DE CETTE FAÇON ! La seule personne qui ait jamais osé le faire a fini dissous dans de la lave !

SLAYEUR : Alors va la chercher cette foutue urne si tu veux protéger ce noob de Fou… Titou !

BOUTY : Vas-y toi-même ! Le pauvre chéri est traumatisé !

SLAYEUR (hargneux) : MERDE ! Voilà ! Double et triple merde !
Ramène toi Bou… Toufou ! Vu que ces deux là roucoulent et que les autres restent les bras croisés on va devoir bosser nous-même.

BOUMATOR (claquant des bottes) : Oui mein F… Bibou, j’arrive.

SKAAL (ironique) : Si on dérange vous nous le dites hein, on vous laisse la clef et on se barre.

SAMOVAR : Inutile de palabrer ça ne ferait qu’empirer la situation, allons-y.

Ils se rendirent finalement tous près de l’étendue d’eau bordant la rampe, se frayant un passage à travers les cadavres de nagas morts asphyxiés. Tandis que Boumator se préparait à plonger Slayeur lui chuchota à l’oreille :

SLAYEUR : Si y’a quoi que ce soit de louche qui point le bout de son nez, tu me colle un détournement sur Foure, compris Bouma ?

BOUMATOR (acquiescant) : Voll verstanden…

Ils glissèrent Boumator à l’aide d’une [Corde de mana Enflammée] vers le fond et ce dernier tira trois coups, une fois qu’il trouva l’urne. Samovar et Skaal le remontèrent et c’est alors qu’ils purent contempler l’urne, identique à celle du Labyrinthe des ombres, qui contenait le second fragment de la clef de Karazhan.

SLAYEUR (chuchotant) : Tiens-toi prêt Bouma.

OTIWANA (excédée) : Enfin le second fragment ! Allez ouvrons vite avant que cette odeur putride ne nous tue à petit feu.

Otiwana leva les protections magiques qui préservaient l’urne des dommages de l’eau et du temps, et Samovar s’employa à l’ouvrir.

SAMOVAR (dévissant le bouchon) : Le secret c’est de fapper dans le cul du bocal une fois pour que l’air remonte vers le haut. Comme cela, l’ouverture est plus fa…

Son premier tour de poignet ne donna rien.

SAMOVAR : Plus facile en principe. Je redonne juste un petit coup et voil…

Il butta comme la première fois.

SKAAL (songeur) : Humm il doit sûrement y avoir une solution extrêmement compliquée et tirée par les cheveux qui nous permettra d’ouvrir cette urne, avec plein de théories et de lois de la physique. Quelqu’un à une calculatrice ?

SYLIRIE : Laissez tomber je vais crafter un [Décapsuleur] géant, et on fera sauter le bouchon comme une tête d’UD à qui a trop moisi dans sa boite en sapin.

Ses mains firent quelques tours de moulinet, puis au bout de quelques secondes un décapsuleur de la taille d’un Gnome se tenait devant eux.

SYLIRIE : Et c’est gratuit, je précise…

Elle lança un regard en coin au chaman qui ne releva même pas. Ce dernier fit alors sauter le bouchon à l’aide du décapsuleur, et aussitôt un élémentaire de mana rouge sorti et fonça sur Fouregueule, qu’il s’employa à mettre en pièces.

FOUREGUEULE (criant) : Aïïïe ! Non pas les fesses ! Au secours !!! ON ME HEAL !

SLAYEUR : Oh zut alors je suis OOM. Quel dommage. Peut-être que Skaal peut le faire à ma place.

SKAAL : Bah en fait j’ai respé féral…

OTIWANA : Et tu es encore dans le Conseil du heal de la NRV ?

SKAAL : Et pourquoi pas ?

BOUTY (marmonnant) : Prévaricateur !

FOUREGUEULE (hurlant) : Nan ! Pas entre les jambes ça fait mal !

Il se contorsionnait et se débattait dans tous les sens comme si des dizaines de chats sauvages l’attaquaient en même temps. L’élémentaire de mana ne ménageait pas le chasseur qui saignait de plus en plus et avait le corps couvert de brûlures magiques.

OTIWANA : Et vous Samovar ? Vous ne pouvez pas le healer ?

SAMOVAR : Je peux parfaitement le healer, comme vous vous pourriez attaquer cet élémentaire, ou la démoniste le bannir. Mais puisque visiblement c’est à moi de tout faire ici je vais le healer.

Au final, ils vinrent à bout facilement de l’élémentaire, et les soins de Samovar avaient gardé Fouregueule en vie. Ce dernier était particulièrement amoché et souffrait le martyr.

FOUREGUEULE (gémissant) : Bouty calin…

BOUTY (méprisante) : Pour saloper ma robe ? Pas question !

BOUMATOR (en aparté à Slayeur) : Mais comment saviez-vous qu’il y aurait un gardien dans cette urne ?

SLAYEUR (sourire narquois) : Je lis les patchnotes moi.

Alors qu’on soignait Fouregueule du mieux qu’on pouvait, Otiwana retira la clef de l’urne avant de la confier à Skaal.

OTIWANA : Et voilà ^^ Fragment de la Clef du Maître : 2/3. Prochaine étape : l’Arcatraz !


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 Sujet du message: Scène 29 : Le Prince, le Seigneur et le Prophète (1/3)
MessagePosté: Mer 08 Oct 2008 12:52 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 29

Le Prince, le Seigneur et le Prophète (1/3)




Le Prince




Dans les terres glacées de Northrend la silhouette fantomatique d’une nécropole du Fléau se dessinait dans le ciel balayé par le blizzard. Se mouvant lentement, ses contours inquiétants déchiraient l’horizon de leur masse sinistre.

Une terrasse de pierre en surplomb faisait face au vaste territoire qui se déroulait devant elle, et au-dessus de laquelle un immense œil translucide bleu, fait d’énergie runique, ne cessait de tourner comme pour sonder le lointain.

Debout sur ce balcon pierreux, se tenait, les mains posées sur le garde-corps, un Haut-Elfe dont la pâleur des traits et l’éclat des yeux ne faisaient aucun doute sur son allégeance. Son teint blafard, ses cheveux crayeux et ses pupilles d’un blanc laiteux étaient mis en valeur par ce masque qui lui recouvrait le bas du visage et cette collerette sinistre semblable à des ailes de chauve souris déployés derrière sa tête et ses épaules.

De son pas lourd, résonnant du cliquetis de la plaque, l’ombre massive d’un chevalier de la mort s’approcha de lui, et s’agenouilla dans son dos, tandis qu’il contemplait toujours l’horizon.


CHEVALIER : Prince Atherann, je suis revenu de la mission en Outreterre qui m’avait été confiée. Je sollicite votre temps afin de vous faire mon rapport.

ATHERANN : Parlez Darshanesh. Vous avez mon oreille et celle du Roi Liche. L’œil de l’Acherus est sur nous.

En un mouvement imperceptible, Darshanesh leva rapidement les yeux vers l’œil qui les dominait. Puis il repris :

DARSHANESH : Conformément à vos instructions, j’ai enquêté sur l’origine des flux magiques caractéristiques que vous aviez détecté. Ils m’ont mené auprès de certains de mes anciens compagnons d’aventure, dont j’ai ramené l’une d’elle, ici, à Fort d’Ebène.

ATHERANN : À en croire la délectable odeur de sang dont vous me faites cadeau, j’en déduis que la chose n’a pas été de tout repos.

DARSHANESH : Des vivants imprudents qui combattent à présent dans nos rangs Monseigneur. Qui servent le seul vrai Roi.

ATHERANN (un rire de satisfecit) : Vous me ramenez un vivant à questionner et vous avez encore grossi les rangs des Armée du Fléau, vous êtes le parfait exemple de ce qu’on peut attendre des soldats d’élites du Roi Liche.
Qu’avez-vous appris de votre « témoin » ?

DARSHANESH : C’était mon ancienne concubine, une Elfe de la Nuit Monseigneur.

ATHERANN (pestant) : Méprisables Kaldoreis…

DARSHANESH : Elle est tétanisée par la peur. Je l’ai suffisamment brusquée pour qu’elle soit à deux doigts de s’effondrer.

Le Prince Atherann émit un ricanement sadique qui ne laissait aucun doute sur le plaisir que lui procurait ce genre d’état chez les vivants. Darshanesh poursuivi :

DARSHANESH : Il s’avère qu’elle a été ramenée à la vie grâce à mon ancien bras droit, le paladin Slayeur.

L’Elfe se retourna de surprise.

ATHERANN : « Ramenée à la vie » dites vous ?

DARSHANESH : Oui, elle est aussi vivante qu’on peut l’être, pourtant, comme vous le savez, mon enquête m’a appris qu’elle était bien décédée en brûlant dans la lave du Mont Blackrock, ce qu’elle-même m’a confirmé.

ATHERANN : Le Roi-Liche peut ramener les morts à la vie pour le servir. Les prêtres, les druides, les chamans et paladins peuvent réanimer ceux dont l’état est aux portes de la mort, mais certainement pas ramener des cadavres à la vie ! Encore moins si les corps ont été au préalable brûlés et totalement dissous dans du magma. Comment expliquez-vous ce prodige ?!

DARSHANESH : Elle n’a pas été en mesure de me l’expliquer Monseigneur.

ATHERANN : Avez-vous appris autre chose ?

DARSHANESH : Oui. Elle, ainsi que deux autres anciens alliés du Paladin, sont revenus d’entre les morts, tout comme Slayeur lui-même. Ils se sont adjoints les services d’une chasseresse Elfe de la Nuit rencontrée en Outreterre et sont à la recherche de reliques.

ATHERANN : Mais encore ?

DARSHANESH : Une de ces reliques se trouverait sous le monolithe de Cristal, appelé Oshu’gun, qui se trouve en Nagrand, région d’origine des Orcs. Je ne sais pas si son groupe a pu la récupérer, car je l’ai enlevée avant, et l’ai ramenée ici par une Porte de la Mort, après l’avoir interrogée dans le marécage de Zangar.

ATHERANN : Savez-vous comment ce « Slayeur » est revenu à la Vie et quelles sont la nature et l’utilité des reliques qu’il recherche.

DARSHANESH : Je l’ignore Monseigneur.

ATHERANN : Avez-vous autre chose à me dire Chevalier ?

DARSHANESH : Non Monseigneur. C’est tout ce que je sais.

ATHERANN : En ce cas vous pourrez disposer, une fois que vous m’aurez indiqué l’endroit où se trouve notre captive, afin que je l’interroge et que la purge enfin de cette vie qui coule dans ses veines…

DARSHANESH : Elle se trouve au niveau inférieur, enchaînée à un mur, au centre de l’aire de combat.

ATHERANN : Très bien, vaquez où bon vous semble dans la nécropole jusqu’à ce que j’aie fini. Commencez d’ores et déjà à vous préparer pour un nouveau voyage, vous serrez de nouveau engagé en mission.

DARSHANESH : Pour le Roi-Liche !

Il se releva et salua Atherann, qui sans un regard rejoignit l’intérieur de la nécropole, en avançant d’un pas solennel parmi les installations militaires de cette base d’opération du Fléau. Arrivé au niveau inférieur, le Prince s’arrêta enfin devant un corps blême, recroquevillé et tremblotant dont un des poignets le maintenait attaché à un mur.

ATHERANN (sec) : Relevez-vous Kaldorei !

Anthem se redressa avec difficulté et parvint à se mettre debout en s’appuyant sur le rebord du muret sur lequel elle était attachée. Son corps ne cessait de trembler et elle fuyait du regard le Prince.

ATHERANN : M’ignorer ne vous sauveras pas, dans quelques instants vous serez morte…

Elle s’effondra alors en pleur, mais Atherann l’empoigna violement par le cou et la souleva d’un bon demi-mètre du sol.

ATHERANN : Cessez de pleurnicher ! Je n’ai aucune envie de perdre mon temps ! Et croyez-moi il y a des façons bien différentes de mourir, alors montrez-vous coopérante…

Sa voix était sèche, glaciale et aussi cassante que possible.

ANTHEM (pleurant) : Que… voulez-vous ?

ATHERANN : Ce que je veux méprisable vivante, c’est que vous me disiez tout ce que vous savez sur ce Slayeur, son objectif et la façon dont lui et vous êtes revenus à la vie.

ANTHEM : Mais j’ai déjà tout dit à Darsha…

ATHERANN (coupant) : JE LE SAIS !
Mais il semble que vous gardiez certains souvenirs pour vous… Vous puez la magie démoniaque à cent lieues, alors que vous êtes une Kaldorei. Le seul exemple que je connaisse de pareille incongruité présente avec tant de force, s’appelle Illidan Stormrage… Alors dites moi : comment êtes-vous revenus à la vie.

ANTHEM : Slayeur… C’est Slayeur qui nous a fait revenir…

ATHERANN : Comment ?!

ANTHEM : C’est son maître… un Seigneur Démon… il nous a tous ramené… On devait lui trouver des reliques…

ATHERANN : Quelles reliques ?!

ANTHEM : Une enfouie sous l’Oshu’gun… mais on ne savait même pas à quoi elle ressemblait.

ATHERANN : Vous avez été envoyée sur un continent inconnu, chercher un objet tout aussi mystérieux, dont vous ne saviez même pas ce qu’il était ?

ANTHEM (suffocant) : J’é-touffe….

Il la laissa tomber au sol sans ménagement, et la regarda de haut :

ATHERANN : Que saviez-vous de cette relique ?

ANTHEM (se massant le cou) : Son nom…

Un sourire en coin sinistre se dessina au bord des lèvres d’Atherann.

ATHERANN : Dites-le moi !

ANTHEM : La « volonté de Draenor », ou quelque chose de ce genre… Je ne suis plus trop sûre.

Atherann fut déconcerté l’espace d’un instant, puis considéra Anthem avec le plus de sérieux possible.

ATHERANN (grave) : En êtes-vous certaine Kaldorei ?

ANTHEM (le regard braqué sur le sol) : C’était quelque chose comme ça… je ne suis plus trop sûre.

ATHERANN : Pensez-vous détenir d’autres informations susceptibles de m’intéresser ?

Elle réfléchit un long moment.

ANTHEM : La chasseuse…

ATHERANN : Quelle chasseuse ?

ANTHEM : Celle que je suis allé enlever avec Foure. Slayeur tenait absolument à ce qu’on la trouve elle. Elle était la personne qui était la plus à même de nous aider en Outreterre, mais…

ATHERANN : Mais quoi ?!

ANTHEM : Elle disait qu’elle était du corps expéditionnaire de Tyralion. Mais c’est une Elfe de la Nuit comme moi.

ATHERANN : Il est absolument impossible qu’une Elfe de la Nuit ait pu rejoindre Draenor alors que Kalimdor dormait encore dans les limbes de l’oubli… Pourtant…

ANTHEM : Pourtant quoi ?

ATHERANN : Pensez-vous qu’il soit probable que ce soit un élément « égaré » qui ce soit aventuré loin de sa terre natale bien avant que les Kaldoreis refassent jour ?

ANTHEM : Non, parce qu’elle nous avait dit que la Légion l’avait capturée, et amené à Draenor, où elle avait connu Tyralion.

ATHERANN : Pourquoi pas… Les Seigneurs démons sont d’une puissance inimaginable. Si elle a pu être amenée lors des guerres anciennes, ça pourrait tenir debout… Que pouvez-vous me dire sur elle ?

ANTHEM : Elle buvait beaucoup…

ATHERANN : Ce genre de détails triviaux m’importe guère. Si vous n’avez rien de plus sensationnel à m’apprendre, nous pouvons d’ores et déjà nous occuper de votre mise à mort imminente.

Anthem s’effondra de nouveau et ses sanglots reprirent de plus belle.

ANTHEM : Elle… elle ne voulait pas retourner dans l’Oshu’gun… Elle disait… que… la ville qui s’y trouvait en dessous… était malsaine… mais je n’ai jamais su ce qui… qui l’effrayait autant. Elle disait que… ce cristal était la partie… immergée d’un… vaisseau Narou, Nauru ou je ne sais plus quoi… et que ça avait attiré le conseil des ombres et des démonistes.

ATHERANN : Autre chose…

Elle réfléchit à nouveau, essayant de gagner le plus de temps possible.

ATHERANN : Ma patience n’est pas infinie !

ANTHEM : Le polymorphe ! Il… Il y avait un polymorphe avec nous. Apparemment c’était le messager du seigneur démon quand il voulait transmettre des messages à Slayeur. Il avait une forme de corbeau, mais il pouvait se transformer en d’autres choses.

ATHERANN : Hum…

Le Prince Atherann resta perplexe un moment, puis rempoigna Anthem par le cou de manière à ce que ses yeux soient précisément alignés. La prêtresse semblaient envoûtée, et bien que terrorisée, elle semblait ne pouvoir décrocher son regard de celui de l’Elfe.

ATHERANN : Savez-vous autre chose… vivante ?

ANTHEM (tremblante) : Non… je vous le jure !

ATHERANN : En ce cas… Vous transformer en goule serait faire affront à ce que je vous aie laissé entendre… Bien que je me délecte de la peur et de l’effroi qui vous consument de l’intérieur, je pense qu’une autre « affectation » sera un peu plus judicieuse…

ANTHEM (suppliante) : Je vous en prie ! Épargnez-moi ! De grâce ! Par Elune !

Le large sourire qui se peignit sur le visage d’Atherann dévoila deux longues canines, et il ne pu réprimer un ricanement menaçant.

ATHERANN : Qu’Elune reste où elle est. Elle ne vous a pas sauvé la première fois, elle ne vous sauvera pas plus pour votre seconde mort… Anthem !

Et sans crier gare, ses mains semblables à des griffes enserrèrent l’Elfe de la Nuit à la taille et au crâne, avant qu’il ne plonge ses crocs pointus dans le cou de la prêtresse. Sons corps pétrifié était parfaitement immobile, et un bruit de succion résonnait tandis qu’elle devenait de plus en plus pâle.

Lorsqu’il la lâcha, son corps inerte s’effondra au sol, les yeux révulsés, la peau d’une pâleur innommable, et une expression d’effroi gravée dans le visage. Puis lentement en émergea une silhouette fantomatique qui se dressa peu à peu face à Prince Atherann. Lorsqu’ils se firent nettement face à face, elle prononça d’une voix d’outre-tombe :


ANTHEM : Pour le Roi-Liche !

Le Prince Atherann se fendit d’un rire sinistre, et contempla avec une joie extatique la nouvelle recrue qui venait grossir les rangs innombrables du Fléau Mort-Vivant. La nouvelle banshee qui venait de naître attendait statique, un ordre du prince, la moindre trace de volonté ayant disparu de son regard. Puis le Prince la regarda un long moment avant de déclarer :

ATHERANN : Je lis dans votre esprit que vous m’avez tout dit. En ce cas, peut-être qu’un degré d’autonomie un peu plus supérieur serait le bienvenu. Nous vous laisserons un peu plus conscience de vous-même jeune Banshee.
À présent, restez ici, vous recevrez bientôt de nouveaux ordres.

Puis, le pas lent et lourd, il reparti sur la terrasse et fit appeler Darshanesh. Cette fois-ci l’Elfe lui faisait face lorsqu’il arriva et une expression grave se lisait sans peine sur le visage d’Atherann.

DARSHANESH : Altesse, vous m’avez l’air soucieuse.

ATHERANN (sévère) : J’ai mené un contre-interrogatoire auprès de la Kaldorei, et il s’avère que bien des informations vous avaient échappées Chevalier de la Mort !

DARSHANESH : Je n’avais procédé qu’à un interrogatoire superficiel, la ramener à Fort d’Ébène était plus important à mes yeux.

ATHERANN : Quoi qu’il en soit, j’ai eu les réponses que je voulais, et elles sont inquiétantes pour le Fléau.

DARSHANESH : Comment cela ?

ATHERANN : Il s’avère que votre « Slayeur » et son équipée sont au service d’un Seigneur Démon tellement puissant qu’il peut ramener les morts à la Vie. J’ignore comment il accompli ce prodige, mais ce n’est pas cela qui nous importe le plus.
Le plus préoccupant pour l’instant était qu’ils étaient à la recherche d’une puissante relique connue sous le nom de « Volonté de Draenor », nom qui n’est qu’un parmi tant d’autres d’un puissant artefact qui joua une importance considérable dans les guerres anciennes.

DARSHANESH : Comment pouvaient-ils connaître sa localisation ?

ATHERANN : Le Seigneur Démon qui doit être dans l’impossibilité de s’y rendre lui-même, les aura envoyé, après que ses recherches lui eurent appris où se trouvait la Volonté. Et pour cause…
Après sa dernière utilisation la Volonté fut entourée d’innombrables protections magiques, qui malgré le temps sont encore en vigueur. Même si certaines ont pu s’éroder, il n’en demeure pas moins qu’une impénétrable barrière empêchant les draconiens et les démons de passer demeure toujours en place. Barrière mise en place par les Aspects eux-mêmes.

Il se retourna et posa ses mains sur le garde corps en perdant son regard dans l’horizon enneigé.

ATHERANN : La Volonté de Draenor s’il l’on en croit les légendes a été fortement liée à ce qui nous est resté aujourd’hui sous le simple nom de « Phénix ».

DARSHANESH : L’oiseau de feu ?

ATHERANN : Le nom est le même, la nature est différente. Son nom est apparu lors de la première guerre fratricide qui déchira les dragons, et qui vit la chute de l’un d’eux. Ce sont là les seuls détails qu’il nous reste, mais nous savons aussi que le Phénix y joua un rôle. Lequel ? C’est un mystère.

Il soupira longuement

ATHERANN : Le fait est que, du peu que nous en sachions, il apparaît que c’est quelque chose de puissant qui veille avec la plus grande vigilance sur les affaires du monde. Nous ne savons même pas si le « Phénix » existe encore. Mais le fait qu’un Seigneur Démon convoite cet artefact, nous permettra de voir si c’est le cas, pour peu qu’il parvienne à s’en emparer.

DARSHANESH : Comment pouvez-vous savoir tout cela Monseigneur ? Ce savoir semble connu de peu de monde…

ATHERANN (pédant) : Nous San’layn, Princes de sang du Fléau, avons amassé un savoir qui peut rivaliser avec celui de Dalaran. Le Roi Liche est omniscient, et à l’époque où il dépendait de la Légion, le savoir de cette dernière lui a été en partie dévoilé. Nos propres recherches, et notre héritage elfique ne sont pas pour rien non plus dans tout ceci.

DARSHANESH : Vous avez parlé de la puissance de cet artefact, et indiqué qu’il représentait une menace pour le Fléau, pourquoi ne pas le détruire si tel est le cas ?

Le Prince éclata d’un rire sarcastique.

ATHERANN : Pauvre benet ! Il faut une puissance magique colossale pour manier la Volonté, peut-être même que ce Seigneur Démon en serait incapable. Cet artefact est pétri d’une magie aux dimensions incommensurables, seuls les Aspects pourraient le maîtriser apparemment, ou seulement un démon de la puissance d’Archimonde, Kil’Jaeden ou du Titan Sargeras lui-même.

DARSHANESH : Mais vous aviez dit qu’il avait joué un rôle dans la première guerre qui déchira les dragons.

ATHERANN : C’est ce que nous pensons, pas ce qui est établi. De plus, le mystère qui entoure le « Phénix » nous empêche de connaître sa vraie puissance. J’ajoute, que depuis les temps anciens, les Aspects ont quelque peu perdu de leur vigueur originelle : Deathwing est sûrement mort ; Ysera subit la corruption du rêve d’Emeraude, dont nul ne connaît la cause ; Malygos a vu son vol décimé par les dragons noir et est aux frontières de la folie ; Nozdormu a quasiment disparu, nul ne sachant où il se trouve ; Alextraza bien que se trouvant en Northrend a déjà été grandement affaiblie par le passé, et elle a énormément de problèmes à gérer.

DARSHANESH : Alors quelle menace peut représenter la Volonté pour le Fléau ?

ATHERANN : À supposer que ce Seigneur Démon s’en empare et qu’il arrive à la maîtriser, il finira ce qu’Illidan n’a pu terminer. Et même si c’était un Eredar renégat, son ambition le pousserait à nous éliminer, car nous sommes la principale armée d’Azeroth.
De toute façon, un tel artefact doit rester dans sa prison d’oubli, ou être férocement protégé pour ne jamais servir.

DARSHANESH : Sauf votre respect, je ne vois pas où peut se trouver la menace avec cet artefact, si les Aspects ne peuvent rien faire, qu’un Eredar est tout aussi incapable. La menace immédiate vient d’avantages des démons que de cette chose tombée dans l’oubli.

ATHERANN (méprisant) : Vus n’êtes qu’un imbécile Chevalier de la Mort ! Je m’étonne que vous ayez à ce point réussi votre précédente mission en débitant des inepties pareilles ! Votre sens tactique semble proche du néant !
Ne voyez pas que c’est précisément ce genre de menaces sorti du fonds des âges qui sont les pires épées suspendues au-dessus de nos têtes ?!
Qui s’attendait à ce qu’en un temps record, le Fléau sorti de nulle part ravage totalement Loarderon et Quel’Thalas, en décimant quasiment toutes les populations de ces deux royaumes ?! Qui se serait attendu à un retour de la Légion en Azeroth, après la défaite qu’elle y subit des lustres auparavant ?!
Qui pourrait s’attendre à ce qu’un artefact oublié de tous, soit le fer de lance de l’assaut qui anéantirai le Fléau, le Roi Liche et permettrait enfin à la Légion ou à Démon conquérant de s’emparer de Draenor et de tout ce monde-ci ?!
Notre mission est de prévoir le pire. Notre devoir est de parer à toutes les éventualités. Keleseth, Taldaran, Valanar et les autres peuvent bien se charger de la Légion ! Je refuse de considérer cette piste à la légère !
Le Roi-Liche pense comme moi, et ça, ça me suffit ! Son avis est autrement plus important que vos suppositions erronées !

Atherann resta silencieux un long moment.

ATHERANN : Et il est d’accord avec moi pour vous envoyer en mission afin de savoir ce qu’il est advenu de cette expédition envoyée à l’Oshu’gun, et agir en conséquence.

DARSHANESH : Et s’ils refusaient de parler ?

ATHERANN : Les chevaliers de la Mort ne sont pas réputés pour leur subtilité. S’ils ne parlent pas tuez-lez, nous feront bien parler leurs cadavres à leur place. Mais ils nous seront plus utiles vivants.

Le Prince marqua un pause le temps d’observer Darshanesh en détail et il reprit :

ATHERANN : Même si j’émets à présent des doutes sur votre valeur, votre succès précédent joue pour l’instant en votre faveur. Et afin que vous ne me déceviez pas, je vais vous adjoindre l’aide d’un nouveau membre du Fléau que vous connaissez bien.
Ne me décevez pas Chevalier de la Mort, le Roi Liche sera moins tolérant face à la faiblesse que je ne le suis…


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 Sujet du message: Scène 29 : Le Prince, le Seigneur et le Prophète (2/3)
MessagePosté: Mer 08 Oct 2008 12:54 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 29

Le Prince, le Seigneur et le Prophète (2/3)



Le Prophète




Dans les jardins de la terrasse des Clairvoyants, le Prophète Velen marchait à pas lents avec Samovar. Ils étaient seuls sur cette gigantesque plate-forme qui surplombait Shattrath, et leur permettait d’éviter la cohue de la Ville basse.

SAMOVAR : De quoi vouliez vous m’entretenir Père ?


Velen parlait calmement mais on percevait nettement de l’inquiétude dans sa voix.

VELEN : Mon enfant, j’ai à te parler de choses de la plus haute importance. Ces choses ont nécessité la fermeture de cette partie de la ville afin que nous puissions tenir dans la calme la réunion qui nous a permit de discuter avec les représentants de quatre des cinq Vols draconiques.

SAMOVAR (inquiet) : La situation est-elle à ce point sensible ?

VELEN : Une ombre plane sur nous, et elle étend peu à peu ses ailes obscures sur notre avenir, celui de notre peuples et des autres races d’Azeroth et Draenor.

SAMOVAR (intrigué) : Quel genre d’ombre Père ?

VELEN : Je ne puis encore la distinguer clairement, mais l’avenir est certain : elle sèmera la mort et la destruction.
Les génocides qu’ont connu les Draeneis, les Humains et les Hauts-Elfes ne seront rien en comparaison de ce qui se trame dans les ténèbres du futur.

SAMOVAR : Que suspectez-vous ?

VELEN : Je ne puis que constater pour l’instant. Cette réunion où j’ai eu grand mal à faire venir les représentants des Dragons, devait dévoiler aux yeux de tous les signes avant-coureurs de ce qui se prépare.

SAMOVAR : A quoi pensez-vous ?

Velen regarda le ciel au dessus de la capitale de l’Outreterre : il était dépourvu de la moindre traînée laiteuse, comme pour faire mentir ce qu’il allait annoncer.

VELEN (grave) : Les nuages s’amoncèlent et annoncent un orage d’une violence extrême. Nous allons subir de plein fouet une Guerre aussi destructrice que fut l’invasion de la Légion.

Samovar s’arrêta net, avant que le Prophète ne fit quelque pas pour se retourner en sa direction.

VELEN : C’est semble-t-il inévitable, mais aussi mince que soit l’espoir qu’il nous reste, il nous faut le saisir.

SAMOVAR : Mais que se passe-t-il au juste ?
Et puis que pouvons-nous y faire ?

VELEN : Vois-tu, des évènements apparemment sans aucun lien entre eux, ont le mérite de partager un point commun : ils sont nouveaux et surtout inexpliqués. Le premier concerne le Vol Bleu, qui se fait d’ailleurs de plus en plus sourcilleux quant à l’utilisation de la magie. Dans la tour du dernier gardien, Karazhan, a lieu une activité arcanique troublée et inhabituelle, si j’en crois des membres du Kirin Tor. C’est dans cette même tour que se trouve le journal de Medivh que nous avons envoyé chercher par un groupe d’aventuriers pour lutter contre la Légion. Il faudra aller là-bas le plus vite possible.
A cet effet, vous devrez voyager dans le temps comme tu le sais. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre que le même groupe qui tente de réunir les trois morceaux de la clef, attende en vain le bon vouloir du Vol de bronze. Je compte envoyer un autre groupe aider nos amis en charge du temps, afin qu’ils vous permettent de rencontrer Medivh le plus tôt possible. Car, là est le second problème le Temps est troublé, il subi semble-t-il des perturbations, même si les dragons de bronze ne peuvent pour l’instant en déterminer l’origine. Mais ils sont toutefois assez vigilants pour repérer les traces laissés dans les failles temporelles par d’éventuels intrus.

SAMOVAR : Je comprends la réticence des dragons à venir s’il fallait s’expliquer de tout cela. Surtout concernant le Vol de Bronze.

VELEN : Le Vol de Bronze est coopérant. Le Vol bleu en revanche a été beaucoup plus menaçant, en mots à peine couverts. Ils envisagent une riposte d’envergure contre tout utilisateur de la Magie si une telle débauche dans son utilisation continue. Ils affirment qu’ils ont de bonnes raisons de penser que ce qui se trame dans les plaines de Farahlon… enfin, de Raz-du-Néant devrais-je dire, est des plus préoccupant, car de gigantesques quantités d’énergie magique sont en mouvement.

SAMOVAR : Le Vol Bleu nous menace d’une guerre ? Mais comment peuvent-ils être si borné au point de croire que tout usage de la Magie est à mauvais escient ?

VELEN : C’est un autre débat mon enfant. Je prie pour que Malygos reprenne ses esprits, mais pour l’instant, les dragons bleus ne sont pas notre souci principal. D’autres menaces, qui ont trait à ces reproches fait par le Seigneur de la Magie, sont tout aussi inquiétantes.

SAMOVAR : C’est-à-dire ?

VELEN : Deux endroits que tu connais bien ont également été le théâtre de déploiements d’énergie plus qu’anormaux. Il s’agit de l’Oshu’gun et de la partie d’Auchidoun contrôlée par le Conseil des Ombres. Tu as d’ailleurs pu constater toi-même le résultat de tout ceci au Labyrinthe des Ombres.
Enfin, tu as été témoin du dernier évènement inquiétant, c’est cette attaque de la Porte des Ténèbres, dont nous n’avons toujours pas pu déterminer l’origine, car la zone est saturée d’énergies gangrenée et arcanique qui masquent toutes les autres. L’objectif de cet assaut était clair : faire échec à la progression de la Horde et l’Alliance en Draenor, ou du moins les retarder. Cela indique que le ou les auteurs de cette attaque ont vent de ce qui se passait ici aussi bien qu’en Azeroth, ce qui n’est pas pour me rassurer.

SAMOVAR : Qu’est-ce qui vous fait dire que tout ceci est lié Père ?

VELEN : Tout ceci a eu lieu depuis l’ouverture de la Porte il y a quelques semaines. Sans l’ouverture de la Porte rien de tout ceci n’aurait pu avoir lieu. Des forces puissantes sont à l’œuvre, et pas pour le bien de tous.
Mais asseyons-nous un instant, je te prie.

Le Prophète Velen, désigna d’un geste amical de la main un banc de pierre à Samovar, et ils s’y assirent tous deux, en fixant la ville qui s’étendait face à eux. Le chaman perçu alors une expression d’inquiétude sur le visage du chef draenei.

SAMOVAR : Qu’y a-t-il Père ?

VELEN : Mon enfant, écoute moi bien. Je vous ai élevé toi et ton frère comme si vous étiez mes propres enfants, et vous considère comme tels. L’amour que je vous porte, et la fierté qui m’envahit lorsque je songe à vous emplissent mon cœur de joie et de bonheur. Tout ceci rend ce que je vais te demander encore plus difficile, mais il est de mon devoir de le faire.

Samovar était retourné et regardait empli d’appréhension le profil soucieux de Velen.

VELEN (grave) : Mon fils… Tu vas devoir mourir…

Ses yeux se fermèrent un instant comme pour réprimer un sanglot.

SAMOVAR (choqué) : Quoi ?!
Mais que voulez-vous dire Père ?

VELEN : J’ai eu une vision. Je t’ai vu distinctement périr, en te dressant face au mal qui approche.

SAMOVAR : Mais comment… ? Et pourquoi ne pouvez-vous voir cette menace qui arrive ?

VELEN : Comment importe peu, je ne puis ni ne doit t’en faire part. Quant à notre ennemi futur, il semble qu’il soit assez puissant pour brouiller l’avenir lui-même. Mais ce n’est pas ce qui importe le plus.

SAMOVAR : Alors qu’est-ce qui peut bien être aussi important.

VELEN : Je t’ai vu affronter cette… chose. Et une chose apparaissait distinctement dans ma vision : tu te sacrifiais, pour le bien de tous. Tu faisais gagner du temps à ceux qui en avaient besoin. Et ce temps, je suis sûr qu’il permettra de sauver bien des vies.

SAMOVAR : Mais père…

VELEN : Écoute-moi bien Samovar. Je suis placé devant le dilemme suivant : soit je te demande d’accomplir cet avenir au nom de notre peuple et de bien des êtres, de te sacrifier pour permettre ce qui serait peut-être décisif. Je dis bien peut-être. Soit je pense à l’amour que je porte à mon fils et refuse qu’il se sacrifie pour rien, peut-être, et j’essaye de le garder auprès de moi le plus longtemps possible en lui évitant cette mort certaine, et en envoyant un autre se faire tuer à sa place.

Velen resta là, désemparé.

SAMOVAR : Père… s’il y a bien une chose que vous m’avez apprise, c’est que chaque vie est un bien précieux qu’il nous faut chérir comme le plus grand des miracles. Je ne dis pas que j’accepterais de mourir de gaîté de cœur, et sans doute je ne réalise pas ce qui pourrait m’arriver, mais j’ai bien conscience d’une chose. Toute l’histoire de notre peuple, depuis sa fuite d’Argus, son extermination par les Orcs, sa dégénérescence avec nos frère devenus serviteurs de la Légion et les autres devenus Roués, m’a montré combien de drames peut connaître un peuple. Vous l’avez dit, les Humains, et les Hauts-Elfes ont payé un lourd tribu eux aussi. En conséquence, je n’ai moralement pas le droit de refuser un tel sacrifice s’il doit permettre à bien des vies, peut-être plus essentielles que la mienne, de durer.

VELEN : Ce n’est pas une décision à prendre à la légère mon fils. Il faut que tu y songes calmement. Les principes s’érodent parfois au contact de la réalité, et peut-être ne te sentiras-tu plus la force une fois face au danger.

Samovar se leva et regarda le Prophète avec l’air le plus grave possible. Son poing était serré et sa voix émue.

SAMOVAR : Je refuse, vous m’entendez Père, je refuse que d’autres connaissent une tragédie pareille à ce que nous avons connu ! Qu’ils soient Elfes, Trolls, Réprouvés ou Nains. Vous ne m’auriez donc rien appris ?! Si ma vie peut en sauver des dizaines d’autres, même pour un court laps de temps, eh bien, je l’offre tout de suite sur un plateau d’argent ! Que cela vous plaise ou non, mieux vaut vous causer la douleur de ma perte que de savoir que ma survie aura causé le même sentiment pour un nombre bien plus important de familles !

Velen ne répondit rien, il se leva simplement et enserra son fils entre ses bras, alors que des larmes coulaient sur leurs deux visages.




Le Seigneur



Dans le Rêve d’Émeraude, Slayeur attendait dans la cité en ruine qui servait de base d’opération au Seigneur Gniev. Etonnamment, ce dernier n’était pas présent sur son sombre trône, lequel restait ostensiblement vide. Surveillé par un gangregarde qui ne le lâchait pas d’une semelle et l’empêchait d’avancer à plus d’un mètre, le paladin commençait à perdre patience :

SLAYEUR : Je commence à en avoir assez d’attendre ! Laissez moi au moins aller ailleurs au lieu de m’empêcher de bouger !

DÉMON : J’ai reçu des ordres petit Nain. Tu ne vas nulle part.

SLAYEUR : Des ordres qui précisaient explicitement de ne pas me faire bouger d’un centimètre ?!

DÉMON : Sa Majesté m’a intimé l’ordre de te conduire ici et de t’empêcher d’aller où que ce soit d’autre.

SLAYEUR : Laissez-moi au moins aller m’asseoir. J’en ai ma claque de rester debout. On n’a qu’à marcher trente secondes pour aller s’asseoir sur ce madrier de pierre écrasé au sol.

Dit-il en désignant de la tête une longue barre de pierre échouée sur le sol.
Le gangregarde accepta avec difficulté, mais Slayeur fini par pouvoir s’asseoir, toujours sous l’œil sévère du démon qui le toisait superbement.
Pour meubler l’ennui le paladin décida d’engager un début de conversation un minimum sérieuse.


SLAYEUR : Vous avez appelé le Seigneur Gniev, « Majesté », le considérez-vous comme un roi ?

Avec encore plus de mépris dans son regard le geôlier lâcha un rire menaçant avant de réponde :

DÉMON (fier) : C’est le Seigneur Démon le plus puissant après Archimonde et Kil’Jaeden !

SLAYEUR : Vous ne comptez pas Sargeras ?

DÉMON : Sargeras est un Titan noir, petit Nain, on ne vous apprend pas ça dans ton monde ?

SLAYEUR : On m’a surtout appris que la Légion était une masse barbare qui ne vivait que pour restaurer le chaos originel et assouvir sa soif de destruction. Un multitude indifférenciée et indifférenciable, mis à part ses lieutenants.

DÉMON (arrogant) : Alors tu te trompes ! Le seul fait que nous ayons fait sécession de la Légion après la défaite d’Archimonde prouve que nous ne sommes pas le troupeau de mouton que tu imagines.

SLAYEUR : Pourquoi avoir fait sécession ? Je peux comprendre que Gniev l’ait fait, mais vous, simple démon de base, pourquoi l’avoir suivi ?

Le regard du gangregarde se fit encore plus noir et sa voix grimpa d’un cran dans l’arrogance :

DÉMON (railleur) : Tu dois sûrement penser que là où va notre Maître nous le suivons car il décide et nous obéissons en guerriers sans cervelle que nous sommes. Que tout ceci nous dépasse ! Mais tu te trompes !

SLAYEUR : Ha oui, et en quoi ?

DÉMON : Tu n’as pas idée des luttes intestines qui déchirent la Légion, et quelle est son organisation.

SLAYEUR (défiant) : Instruit-m-en en ce cas !

DÉMON : Si ton cerveau de Nain peut le comprendre…
La Légion est efficace car elle est strictement encadrée et coordonnée. Chaque créature a sa place, et son rôle. Le revers de la médaille c’est que cette organisation est faite sur la base du type de démon. Aux Eredars le commandement suprême, aux Nathzreims, de les seconder, puis les Seigneurs de l’abîme mènent les troupes, etc. jusqu’au plus petit diablotin.

SLAYEUR : Je n’ai pas l’impression que ça vous plaise…

DÉMON : Et tu vois juste ! Cet ordre préétabli en mécontente plus d’un ! Les démons en ont assez de ne pouvoir avoir l’importance qu’ils méritent à cause de leur nature. Et le Seigneur Gniev veut renverser cet ordre des choses, et il s’y emploie plus que bien.
De plus, avec la défaite d’Archimonde lors de la Bataille du Mont Hyjal, beaucoup de voix qui se taisaient se sont faites entendre. Nous avions déployé beaucoup d’efforts pour l’invasion de ton monde. Et ce n’était pas le premier échec que nous avions connu. Ce n’était pas le pire, certes, mais c’était un précédent fâcheux, et la défaite à Hyjal en a rajouté un deuxième, encore plus insupportable.

SLAYEUR : En quoi était-il insupportable ?

DÉMON : Le nombre de ressources mobilisés, de stratégies déployées, la mise en place du Fléau, et tant d’autres choses ne sont pas sans prix. Et nous l’avons payé avec la disparition du Seigneur Archimonde et la réduction à néant de tout ce que nous avions engagé.

SLAYEUR : Vous avez l’air de tenir Archimonde en respect.

DÉMON : Archimonde était un chef de guerre incomparable, même si sa fin a montré qu’il n’était pas infaillible. En revanche, son successeur logique, Kil’Jaeden, ne jouit pas du même prestige. C’est un comploteur, il fait ses coups en douce. On ne l’appelle pas « le trompeur » pour rien…
C’est peut-être un brillant tacticien, mais pas un bon chef de guerre, et il ne suscite pas le même respect qu’Archimonde.

SLAYEUR : Et Gniev dans tout ça ?

DÉMON : Sa Majesté (il insista sur ce titre pour bien faire comprendre au nain qu’on ne pouvait mentionner le nom de son maître sans employer de titre), bien que n’ayant pas des états de faits remontant à si loin que ceux Kil’Jaeden, était le plus populaire dans la Légion après le Seigneur Archimonde.

SLAYEUR : Et il a voulu profiter de la situation pour prendre le pouvoir…

DÉMON : Non, il a proposé à Kil’Jaeden de prendre la place d’Archimonde sur le terrain, mais ce dernier a refusé. Il voyait son heure de gloire venir et refusait de partager le pouvoir maintenant qu’il l’avait pour lui seul.

SLAYEUR : Alors le Seigneur Gniev a fait sécession ?

DÉMON : Le Trompeur n’a rien voulu savoir. Sa majesté a joué du ressentiment palpable dans la Légion, et du ressentiment déclenché par cette guerre perdue. Surtout que la rumeur s’est vite répandue que Kil’Jaeden manipulait Archimonde.

SLAYEUR : Et c’était le cas ?

DÉMON : Peu importe ce qui est vrai, ce qui compte c’est ce que l’on croit !
Sa Majesté a alors profité de la situation. La mort d’Archimonde contre l’Abre-Monde a créé une sorte de brèche avec le rêve d’Emeraude où ces imbéciles de druides se réfugient parmi les dragons verts. L’énergie démoniaque libérée par la mort de notre Seigneur a créé une sorte de passage. Le Seigneur Gniev a sauté sur l’occasion. Il a déclenché une rébellion dans la Légion, et lui et tous ses fidèles se sont réfugiés ici.

SLAYEUR : Mais combien êtes-vous ?

DÉMON : Cela ne te regarde pas !
Mais nous ne perdons pas notre temps. Nous corrompons petit à petit ce plan du Rêve, et nous sommes en passe d’en faire une solide base d’opération qui nous permettra de prendre le pouvoir dans la Légion.

SLAYEUR : Je doute que le Seigneur Gniev ait pu rallier la moitié des démons avec lui, et par conséquent je vois mal comment il pourra s’emparer de la Légion.

DÉMON : Tous ceux qui sont resté ne sont pas fidèles, et ils n’attendent qu’une chose, c’est que Kil’Jaeden faiblisse. Et puis une fois le Rêve d’Emeraude corrompu, nous nous en prendrons à Azeroth, et lorsque cette fois nous aurons réussi, réussi là où deux fois la Légion a failli avant, et bien elle s’offrira à nous.

SLAYEUR : Tu m’as l’air bien instruit de tous les plans du Seigneur Gniev pour un simple Gangregarde.

Le démon pouffa d’un rire de mépris. Il se cambra alors d’un coup et après un bruit de déchirure, deux sombres ailes noires, se déployèrent derrière son dos.

DÉMON : Je t’ai dit que le Seigneur Gniev s’employait à renverser l’ordre établit des choses… Dans la légion je ne serai qu’un simple soldat. Avec sa majesté, je suis un des lieutenants les plus importants de l’armée, et surtout je supervise la phase 2 de notre plan de conquête, celle qui frappera Azeroth.

SLAYEUR : Alors tu n’es pas qu’un simple gardien.

DÉMON : Non ! Je suis Zagovor, ton nouveau supérieur direct, et lien avec sa Majesté qui a fort à faire en ce moment.

SLAYEUR : Ce qui veut dire ?

ZAGOVOR : Que je ne serai jamais loin de toi. Et que je t’aiderai autant que faire se pourra pour mener à bien ta mission, mais ça… sa Majesté te le dira mieux que moi.

Slayeur écarquilla son œil, car il venait de ressentir une secousse violente. Le sol tremblait fortement et un brouhaha indescriptible résonnait de manière de plus en plus proche. Lorsque le bruit devint franchement assourdissant et les vibrations au sol trop violentes Slayeur s’agrippa contre le madrier et se boucha les oreilles. Quelques instants après, levant la tête, il vit s’approcher le silhouette gigantesque de Gniev, sans son casque, sa tête d’Eredar déformée par la colère et la haine. Flottant à ses côtés, une bulle magique d’énergie gangrenée le suivait de près, alors que loin derrière son armée démoniaque marchait à sa suite de manière chaotique et bruyante.

À une centaine de mètres du trône, l’armée cessa d’avancer et resta cantonnée dans les premiers faubourgs de la ville en ruines. Gniev, lui, avançait de son pas lourd et sonore, toujours suivit de la bulle. Il était comme épuisé, ou harassé, tel un guerrier après un combat. Son armure était lacérée d’entailles magiques en plusieurs endroits et portait des traces de brûlures. Son casque, à moitié détruit se trouvait dans sa main gauche, contre son flanc, et avait bien piètre allure.

Il s’assit lourdement sur son trône, faisant sursauter le Nain du sol de quelques centimètres, puis il s’affala dedans en poussant un long soupir après avoir laissé tomber avec fracas au sol ce qui restait de son casque.

Zagovor se mis aussitôt à genoux devant Gniev, aussitôt imité par Slayeur. L’Eredar resta un long instant silencieux, pour se reposer de ce qui semblait avoir été une rude bataille. Au bout de quelques minutes, Slayeur ne supportant plus cette position inconfortable, essaya d’attirer l’attention du Seigneur Démon sur lui.


SLAYEUR : Êtes-vous rentré victorieux de la bataille mon Maître ?

Gniev considéra un instant le Nain, maintenant qu’il avait la tête découverte, on pouvait voir ses yeux plisser de mécontentement en fixant le paladin qui avait le visage braqué sur le sol.

GNIEV : Je ne crois pas vous avoir donné la parole Seigneur Slayeur. Qui vous a autorisé à la prendre ?

SLAYEUR : Personne mon maître, je m’en excuse platement.

GNIEV : Ne vous rapprochez pas plus du sol que vous ne l’êtes déjà paladin !
Zagovor, as-tu fais connaissance avec ta nouvelle recrue ?

ZAGOVOR : Oui Majesté.

GNIEV : Alors lève toi.

Le Gangregarde s’éleva de toute sa hauteur, redéployant ses ailes, et regarda son maître en silence.

GNIEV : Seigneur Slayeur bien que vous forcer à rester dans cette position inconfortable serait une punition plus que méritée, je n’ai pas de temps à perdre, et je vous veux en plein possession de vos moyens, aussi, levez-vous également.

Slayeur se leva il vit Gniev, en majesté sur son trône, plus menaçant que jamais. Au dessus d’eux, flottait cette boule d’énergie gangrenée qui ne cessait de tournoyer sur elle-même.

GNIEV : Comme vous pouvez le voir, je rentre d’une bataille plus que violente contre les dragons d’Emeraude. Ces derniers ont mobilisé plus de forces que prévu, ce qui m’a obligé à intervenir personnellement de manière plus directe que je ne le pensais. Néanmoins nous sommes sortis victorieux, et nombre de dragons verts et de druides ont préféré fuir plutôt que périr. Aussi, nous contrôlons maintenant un secteur de supplémentaire du Rêve et étendons chaque jour un peu plus notre emprise sur ce qu’il faudra bientôt appeler le Cauchemar d’Émeraude.

ZAGOVOR : Notre victoire est inéluctable Majesté. Les Dragons et les druides seront décimés, et nous feront notre cet endroit puant la magie de la nature.

GNIEV : Le temps joue pour nous Zagovor, et il est en passe d’être accéléré si j’arrive à doubler celui qui nous a mis en échec en Azeroth il y a quelques semaines en dérobant à notre place le Livre des Noms gangrenés.
Quelles nouvelles me ramenez-vous Seigneur Slayeur ?

SLAYEUR : Nous avons pu récupérer le second morceau de clef mon Maître. J’en également fait un moulage en secret de ce morceau-ci afin que nous puissions disposer d’une copie de la clef que nous ferons enchanter par Medivh dans le passé.

GNIEV : Les nouvelles sont-elles aussi bonnes concernant ce Savonarole ?

SLAYEUR : Je n’ai pu le rencontrer encore cette fois, mais je me suis laissé dire qu’il sera présent lors de notre prochaine mission.

GNIEV : En ce cas c’est là que nous frapperons le concernant. Il faut impérativement le ramener vivant. Si sa formation lui permet de partir déjà en mission, cela n’arrange que peu mes plans, qui ont quelque peu changé.

SLAYEUR : Maître ?

GNIEV : Votre mission originelle était de préparer mon avènement en Azeroth. La corruption que j’insuffle dans le Rêve et le travail de sape et d’infiltration qui auraient suivi m’auraient permis d’éradiquer toute résistance à la future conquête militaire que je prépare. Pour cela, je vous avait confié une tâche bien précise : récupérer des reliques de pouvoir, et semer la discorde entre Alliance et Horde en ralentissant leur progression en Draenor. Jusque-là vous vous en êtes bien tiré dans la quête des reliques. Par contre, votre échec à la Porte et la tentative ratée d’enlèvement de Savonarole sont des prestations très décevantes.

La volonté de Draenor est mienne, même si pour l’instant je ne puis m’en servir. Le journal de Medivh est en bonne voie pour arriver également dans mes mains et peut-être pourrais-je y trouver quelque indice concernant l’utilisation de ce puissant artefact. De plus, même s’ils n’ont pas atteint l’intensité espérée, les affrontements entre l’alliance et la Horde lors du passage de la Porte ont été une bonne chose. Mes projets semblent donc être sur le bon chemin, pourtant…

Il se tût un instant.

ZAGOVOR : Pourtant… Majesté ?

GNIEV : Quelque chose me contrarie. Des détails qui peuvent paraître infimes au vu de nos succès, mais qui sont autant de nuages susceptibles d’obscurcir le ciel.
Il y a eu l’attaque de ce qui semble être un chevalier de la Mort lorsque vous étiez à Nagrand : si le Roi-Liche commence à se mêler de cette affaire cela me contrariera au plus haut point. Ensuite quelqu’un essaye de nous doubler. S’emparer du Livre des Noms Gangrenés peu après l’ouverture de la Porte nous montre que ces adversaires ne sont à prendre à la légère, et que les choses sont bien parties pour qu’ils poursuivent eux aussi le journal de Medivh.
Enfin il y a le rôle que doivent jouer ce Savonarole et cette Lizandra. Je ne le connais pas encore, mais les énergies qui confluent vers eux montrent que leur Destin sera important. Si le cas de Savonarole sera bientôt réglé et est relativement clair, les rêves de la chasseuse kaldorei le sont moins. Ceci a sans le moindre doute une importance vitale, et je tiens à découvrir laquelle.

SLAYEUR : Mais comment mon Maître ?

GNIEV : J’en ai assez des récits de seconde main de ce qu’elle veut bien te raconter. Je tiens à voir les choses par moi-même !

SLAYEUR : Entrer dans ses rêves ? Mais c’est impo…

GNIEV : Tu oublies où nous sommes ! Je contrôle une fraction suffisamment importante de cet endroit pour me permettre cela. De plus j’ai amené quelque chose qui devrait nous faciliter la tâche.

Les yeux de l’Eredar s’étaient levés en direction de l’orbe d’énergie démoniaque qui tournoyait au-dessus d’eux.

ZAGOVOR : Qu’est-ce que ceci Majesté ?

GNIEV : Je vous avais dit que les dragons avaient tenté de fuir. Mais j’ai réussi à capturer vivant l’un d’eux. Je vais canaliser son énergie et sa puissance pour nous ouvrir un portail vers les Rêves de ton amie, Nain. Et là, nous pourrons voir de quoi il retourne exactement. Et qui sait… ? Peut-être obtiendrons-nous des informations importantes.

La sphère d’énergie redescendit lentement pour se poser face à Gniev, avant de se dissiper. En disparaissant, elle dévoila un dragon d’Émeraude, blessé au flanc, le souffle haletant et visiblement très mal en point.
En apercevant l’étrange assemblée qui les entourait il voulu réagir, mais une sorte de filet invisible le retenait prisonnier dans les airs sans qu’il puisse esquisser le moindre mouvement.


DRAGON (belliqueux) : Relâche-moi démon !

GNIEV : Tu n’es pas en position d’exiger quoi que ce soit dragon.

Il avait parlé avec un calme froid, n’augurant rien de bon pour le saurien.

DRAGON : Que me veux-tu engeance maudite de Sargeras ?!

GNIEV : À toi ? Rien du tout, ton sort m’indiffère au plus haut point. En revanche j’ai besoin de ton âme pour ouvrir un portail vers les rêves.

Le rire émit par le dragon ne laissa aucun doute sur ce qu’il pensait de l’idée de Gniev.

GNIEV : Allons, je suis disposé à me montrer clément… Coopère, et tu mourras sans douleur. Refuse de m’aider et je te garanti que tu payera cher ton entêtement, tout dragon que tu es. Et crois moi ce n’est pas une parole en l’air.

DRAGON : J’ai suffisamment vu les souffrances que tu as infligées à mes frères et à mes sœurs pour savoir de quoi tu parles Eredar ! Mais ce serait faire injure à leur mémoire et à leur vaillance que d’accepter de te servir pour mourir en lâche !

GNIEV (menaçant) : Tu sais que tu condamnes ainsi ton âme à une douleur peu enviable, et une errance éternelle dans les corridors de l’affliction ?

DRAGON : Va mourir Démon !

GNIEV : Un jour peut-être… mais pour l’instant c’est ton tour !

Le corps du dragon se convulsa frénétiquement dans les airs. Ses os craquaient à chaque spasme alors qu’il hurlait de douleur, projetant des flammes autour de lui. Son corps se démembra lentement, tandis que ses écailles se mirent à devenir incandescentes. Une ses pattes et sa queue ôtées de son tronc, la chair du saurien à nu se mit à brûler et commencer à tomber en cendres, soumises qu’elle était à des températures infernales. Tout ceci dura plusieurs minutes, avant qu’il ne reste plus du dragon qu’un tas de cendres recouvrant ses membres arrachés tombés au sol.

Slayeur avait eu un haut le cœur et était parti vomir. Gniev et Zagovor, avaient regardé sans ciller et avec un plaisir non dissimulé cette mise à mort barbare. Mais du dragon, il restait le plus important : son âme.

Flottant face à l’Eredar dans une danse élégante, elle brillait d’une pureté cristalline telle que le Nain n’en avait jamais vue auparavant. Ce genre de considérations esthétiques ne touchaient pas Gniev, qui commençait déjà à incanter des formules secrètes, en dessinant dans les airs un cercle de pouvoir avec de l’énergie démoniaque. Une fois terminé, le cercle se déplaça lentement vers l’âme, et les deux ne firent plus qu’un vaste globe d’énergie pure qui s’étendit pour avoir la forme d’un gigantesque portail, tournoyant sur lui-même.


GNIEV : Nous y voilà…

Il finit quelques incantations, puis le tourbillon pris une teinte sombre, et ils plongèrent tous les trois leur regard dedans.


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 Sujet du message: Scène 29 : Le Prince, le Seigneur et le Prophète (3/3)
MessagePosté: Mer 08 Oct 2008 12:56 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 29

Le Prince, le Seigneur et le Prophète (3/3)



Les pas de Drako résonnaient sur un dallage de pierre au rythme de la marche empressée qui le menait rapidement le long d’un couloir en pierre mal éclairé. Il se trouva à un moment face à une pénombre complète, devant une portion de chemin totalement plongée dans l’obscurité, il considéra la chose un instant, avant de faire danser une flamme autour de sa main de manière à produire un peu de lumière. Le claquement de ses pas sur le sol repris de plus belle, mais il semblait comme intrigué et méfiant de se trouver ici. Le boyau pierreux dans lequel il s’enfonçait descendait de plus en plus bas, après bien des pentes douces et des escaliers en colimaçon. Après avoir passé encore un temps dans cette obscurité presque totale, il aperçu au bout de son chemin deux point lumineux qui devinrent deux torches encadrant une porte de bois sans âge totalement fermée. Il s’arrêta circonspect devant, la considérant un moment avec méfiance. Comme pour lever un doute il sorti un morceau de parchemin de sa poche sur lequel était griffonné d’une écriture féminine un court message à l’encre noire. Il hésita encore à rentrer, fixant la porte comme s’il cherchait à voir au travers, puis devant le manque de résultats, il la poussa et pénétra dans une pièce faiblement éclairée.

DRAKO (méfiant) : Circée ?

Il scruta les alentour, mais ne vit rien mis à part le fait que la pièce était totalement vide, à l’instar des murs qui étaient seulement percés d’une autre porte face à celle par laquelle il venait de rentrer. Il poursuivit son chemin avec tout autant de méfiance vers la porte du fond et l’ouvrit. Il vit alors une pièce de même dimension, tout aussi peu lumineuse, mais au fond de laquelle Circée était attachée et bâillonnée sur une chaise, sa robe de travers laissant une épaule dénudée. Avant qu’il n’ait pu articuler le moindre mot, un bruit de fort courant d’air se fit entendre, et on lui couvrit la tête avant de l’assommer.

Lorsqu’il reprit connaissance, il était lui-même ligoté dans un coin de la pièce, non loin de Circée qui avait son visage en pleurs plongé vers le sol. Ils n’étaient pas seuls dans la pièce puisque S’Elar et deux autres Elfes à l’air aussi suffisant que lui les toisaient avec arrogance.


S’ELAR : Alors, on reprend connaissance l’humain ?

Drako le regarda avec morgue. S’Elar n’y prêta pas attention et commença à faire les cent pas face à lui.

S’ELAR : Alors dis-moi, tu as du trouver bizarre que ton amie Circée te fixe un rendez-vous si loin de Karazhan, dans ce donjon oublié de tous.

L’Humain ne broncha pas. S’Elar se tint face à lui et le regarda droit dans les yeux.

S’ELAR : Tu as entendu ce que je viens de te dire ?

Drako ne répondit toujours pas.

S’ELAR : Je vois… Monsieur fait sa forte tête. Zerevor avait raison tu es un obstiné. Mais plus pour longtemps…

À la mention du nom du mage, Drako décocha un regard encore plus noir à l’Elfe qui n’avait pas bougé.

S’ELAR : Tu te doutes bien de la raison de ce double enlèvement et de cette supercherie pour t’emmener ici ?

Il s’était à présent posté devant Circée et faisait passer les cheveux de l’humaine entre ses doigts en tournant le dos à Drako.

S’ELAR : Drako… Drako… Drako… Il va falloir te décider à parler. Imagine la tête de cette chère Mar’Hya si elle apprenait qu’avant de mourir tu sois resté muet comme…

DRAKO : SILENCE !

Il avait hurlé si fort que les trois Elfes reculèrent d’un pas. S’Elar était retourné vers lui en lui appuyant le doigt sur le torse.

S’ELAR : Je t’interdit de me donner des ordres humain !

Drako avait alors la tête levée en direction de S’Elar, un rictus inquiétant commençait à se dessiner au coin de son visage de l’humain et ses yeux brillaient d’une lueur rouge de plus en plus prononcée.

DRAKO : Et moi je t’interdit de toucher ou d’approcher Mar’Hya, et de souiller son nom en le prononçant avec l’égout qui te sert de bouche !

L’Elfe tendit le bras en arrière pour donner un coup de poing à Drako, mais avant d’avoir pu finir son mouvement il se trouva soudainement projeté avec force sur le mur du fond de la salle. Ses deux acolytes regardèrent la scène avec incrédulité et n’osèrent pas intervenir.

DRAKO : Les ordres c’est moi qui vais les donner à présent ! Tu kidnappes ma meilleure amie afin de me tendre un traquenard, puis tu m’attaches pour que je ne puisse rien faire en imaginant que cela m’empêchera de me défendre !

Il émit un ricanement sinistre. Les deux autres Elfes commençaient à tendre les bras vers lui en psalmodiant des débuts de formule magique, mais ils subirent le même sort que S’Elar et s’écrasèrent contre le mur avec tout autant de fracas. Drako les considéra alors avec toute la haine dont il pouvait faire preuve, ses yeux brillèrent avec encore plus de force, tétanisant ainsi ses trois ennemis.

Les liens et le bâillon de Circée s’évaporèrent comme de la simple fumée, sans même que Drako ait ouvert la bouche ou jeté un regard dans sa direction. Il y eut un bruit de serrure qui se déverrouille, et la porte s’ouvrit en grand, buttant fortement contre l’épaule de l’acolyte de S’Elar qui était à côté.


DRAKO (directif) : Attend moi dans le couloir Circée.

Elle parti sans dire un mot, sanglotant à moitié, en lançant un regard inquiet en direction de son ami avant de quitter la pièce. Au moment où elle sorti, S’Elar essaya d’en profiter pour s’enfuir. À peine eut-il posé la main sur l’encadrement de la porte pour essayer de se relever, que cette dernière se ferma avec fracas sur ses doigts en sectionnant ceux qui s’étaient trop avancés. L’Elfe se tordit de douleur au sol, pressant ses phalanges mutilées contre son autre main et gémissant avec force de cris.

Drako était toujours sur sa chaise, attaché, les yeux ardents, la tête à moitié inclinée vers le bas en fixant S’Elar du regard sans le lâcher.


S’ELAR (hurlant) : Tu n’es qu’un malade !

DRAKO : Je vais te poser la question une seule fois imbécile d’Elfe consanguin ! Tâche d’y répondre sans me mentir… Sinon je te promets que la mort inéluctable qui t’attend toi et tes deux petits copains sera bien pire qu’une simple représaille.

S’Elar continuait à couiner au sol, tandis les deux autres étaient devenus aussi pâles que des linges, n’osant même plus bouger.

DRAKO : Qui est à l’origine de ce piège qui m’est tendu et pourquoi ?!

S’ELAR (gémissant de douleur) : Je… ne… sais pas !

DRAKO : Tu me prends pour un idiot ! Pauvre fou !

Il se tourna subitement vers l’un des deux autres, et son regard brilla avec encore plus d’éclat. L’Elfe se mit à hurler encore plus fort que S’Elar en se tenant la boite crânienne. Son corps fut alors pris de contractions violentes pendant quelques secondes… avant que sa tête n’explose en projetant du sang, ainsi que des bouts de chair et d’os dans toute la pièce. S’Elar avait cessé de hurler, son regard était vide, la peur commençait à le ronger de l’intérieur. Drako lui reposa de nouveau la question de manière encore plus autoritaire.

DRAKO : Deuxième essai ! Qui est à l’origine de ce piège qui m’est tendu et pourquoi ?!

S’Elar s’effondra en pleurs.

S’ELAR : Zerevor ! C’est Zerevor !

Sa voix était sanglotante, elle transpirait la peur à grosse goûtes.

DRAKO : Pourquoi donc ?!

S’ELAR : Pour te tuer !!! Il te hait ! Il est convaincu que tu es avec Mar’Hya, même s’il ne peut pas le prouver ! Il ne supporte pas que Mar’Hya refuse mes avances alors qu’il avait arrangé le mariage entre nous de longue date ! Il m’a dit d’enlever Circée, il m’a indiqué cet endroit en me disant d’écrire ce faux billet de rendez-vous pour t’emmener ici.

Drako bouillait de rage. Ses cordes commencèrent à s’évaporer à leur tour, avant qu’il ne se lève pour aller rejoindre S’Elar, recroquevillé sur le sol en chien de fusil.

DRAKO : Que sais tu d’autre ?

Il le toisait de toute sa hauteur. Il avait dit cela avec une voix extrêmement froide. Aussi froide que l’air qui commençait à remplir la pièce. Aussi froid que la lumière de torche qui commençait à baisser.

S’ELAR (pleurnichant) : Je ne veux pas mourir…

DRAKO (criant en détachant chaque syllabe) : QUE-SAIS-TU-D’AUTRE ?

S’ELAR (agité) : Quand tout ça devait être fini… je devais le retrouver dans ses appartements au petit matin. Je devais lui ramener ton cœur comme preuve de ta mort… et celui de ton amie aussi, pour être sûr qu’elle ne dise rien.

Drako contenait de plus en plus mal sa colère. L’air était de plus en plus froid, l’éclairage était aussi blafard que celui d’un cimetière au clair de Lune. S’Elar au sol continuait à pleurnicher.

DRAKO : Tu es une créature de la pire espèce S’Elar… Un bellâtre décérébré qui ne doit son parcours qu’à sa naissance… Les gens comme toi, leur médiocrité, leur arrogance… toutes ces choses abjectes qui vous caractérisent… un jour viendra où elles seront mises à bas. Les vermines de ton espèce n’en ont plus pour longtemps.

Le froid et l’obscurité continuaient de se faire plus importants. Ce n’était pas tant la lumière qui faiblissant que des lambeaux de brume noire qui emplissaient de plus en plus la pièce où ils se trouvaient. Des râles venus d’on ne sait où commençaient à se faire entendre.

S’ELAR (anxieux) : Qu’est-ce que tu fais ?

DRAKO : Je t’avais dit de répondre immédiatement…

S’ELAR (hystérique) : Drako ! Arrête ! ARRÊTE !

Les râles étaient de plus en plus audibles, comme des gémissement plaintifs venus d’outre-tombe. Les lambeaux de brume commençaient à dessiner deux sortes de disques derrière les Elfes. Comme des tourbillons au centre desquels les ténèbres étaient grandissantes. Les voix s’en échappaient de plus en plus distinctement.

S’ELAR : Je t’en supplie ! Arrête ! Arrête !

Il était en pleurs, à moitié couvert de sang et ne cessait de gémir comme son acolyte qui semblait avoir perdu la raison. Leurs deux corps affalées au sol se soulevèrent lentement dans les airs, semblant tirés par des fils invisibles. Ils flottaient devant les tourbillons de brume, ne cessant de gémir. Mais leurs couinements ne pouvaient même plus couvrir les râles de plus en plus nombreux qui s’élevaient de derrière les disques ténébreux.

Les deux elfes s’immobilisèrent alors dos au disque. Drako se posa quasiment nez à nez avec S’Elar qui était en pleur.


DRAKO : L’aimais-tu au moins ?

S’ELAR (ne comprenant pas) : Quoi ?! Qui ça ?

DRAKO (hurlant) : Mar’Hya ! Espèce de pauvre imbécile ! Je te demande si tu aimais la femme que j’aime, et pour laquelle tu étais prêt tuer deux innocents !!!

Ses sanglots ne couvraient même plus les murmures qui se rapprochaient.

S’ELAR (suppliant en pleurs) : Je t’en prie !

DRAKO : Je me passerai de ta réponse ! Elle se lit dans la couardise de tes traits !

Couvrant de plus en plus les râlements, un cliquetis métallique se rapprocha distinctement. Perçant d’un coup le brouillard ténébreux, des chaînes en jaillirent de tous les côtés pour aller s’enrouler fermement autour des bras et des jambes des Elfes, les serrant si fort que leurs os furent broyés. Perdus dans leurs cris de douleur ils ni réalisèrent pas immédiatement ce qui se produisit ensuite.

Des bras décharnée, putréfiés, dans des états de décomposition et de pourriture plus ou moins avancé émergèrent des disques d’ombre et vinrent s’agripper aux corps des Elfes. Des dizaines et des dizaines de bras, s’accrochant à eux, empoignant leurs membres broyés par les chaînes, attrapant et griffant leurs joues, leur cous, leurs cheveux, comme autant de caresses effrayantes et morbides. En voyant ce qui était en train de les saisir, les deux Hauts-Elfes hurlèrent comme ils n’avaient jamais hurlé, criant comme des damnés, beuglant comme des bêtes à l’abattoir. Leur terreur, leur effroi, le fait de réaliser que ce qui les attendait était sans doute pire que la mort, tout cela donnait encore plus de force et d’intensité à leur cris. Tandis que leurs liens de métal se resserraient, que les bras s’agrippaient plus vigoureusement, que les doigts décomposés creusaient des sillons de plus en plus large dans leur chair, les brumes les enveloppaient de plus en plus.

S’Elar ne pouvait plus rien dire, l’effroi le rendait muet. Le seul œil qui lui restait pour voir était écarquillé, injecté de sang, sa pupille contracté à l’extrême. Drako le regarda avec un sourire malsain et ricana.


DRAKO : J’allais oublier… Avant que tu ne t’en ailles j’ai quelque chose à récupérer pour ton beau-père…

D’un coup sec il enfonça sa main dans le torse de S’Elar, et lui arracha le cœur avec sadisme. Tandis qu’il finissait de retirer son bras, les brumes achevaient d’emporter les deux Elfes, avant que les tourbillons ne se referment à jamais.

En quelques instants la pièce retrouva sa clarté et sa chaleur relative. Tout en avais disparu, y compris le cadavre du troisième Elfe, ne restait que Drako, le bras ensanglanté, tenant le cœur de Selar encore chaud dans sa main.

Il le fourra dans sa besace, avant de sortir pour retrouver Circée. Elle était assise contre le mur du couloir, voûtée sur elle-même. Elle tenait sa robe avec force pour le remonter jusqu’au menton, et s’efforçait de faire disparaître le plus possible ses jambes à l’intérieur de son vêtement. Elle était tremblante et ne cessait de pleurer.


DRAKO (alarmé) : Circée…

Il s’approcha d’elle, et voulu l’attraper par les épaules en signe de réconfort. Elle émit alors un cri strident avant de le repousser violement en arrière et de pleurer de plus belle.

DRAKO (inquiet) : Circée ! Mais qu’est-ce qu’ils t’on fait ?!

Elle pleurait à chaudes larmes, ne pouvant articuler le moindre mot. Drako sembla se faire violence et il s’accroupi à se côtés avant de la prendre le plus délicatement du monde contre elle, l’enserrant dans ses bras, la calmant du mieux qu’il pouvait.

DRAKO (rassurant) : Allons… Allons, ça va aller… Je suis là… Calme toi.

CIRCÉE : Drako…

Elle continuait de pleurer, mais s’était lovée avec force autour de lui.

CIRCÉE (pleurant) : Ils… Ils m’ont…

Elle ne pu finir sa phrase et pleura comme jamais. Tandis que Drako resserrait son étreinte protectrice autour d’elle, son regard consumé par la haine brilla avec encore plus d’éclat.

L’image se brouilla puis le portail des rêves montra une nouvelle scène.

Malgré l’heure tardive, Zerevor était attablé à son bureau en train de noircir un parchemin de son écriture ample. Sa plume était rapide et précise, dessinant des lettres et des symboles extrêmement élaborés et tracés avec une grande adresse. Mais tandis qu’il s’appliquait à finir son travail, le cœur de S’Elar vint d’écraser sur le papier, répandant du sang partout.


ZEREVOR : S’Elar ! Qu’est-ce qu..

Il avait levé la tête en direction de sa fenêtre, mais à sa grande déception ce n’était pas son préféré qui se tenait dans l’encadrement, mais Drako.

ZEREVOR : Comment osez-vous ?!

Zerevor s’était levé indigné. Drako n’en tint même pas compte et vint atterrir à quelques mètres de lui en le jaugeant avec toute le courroux et la haine dont il pouvait faire preuve.

DRAKO : Vous devriez être heureux, je vous ramène le cœur du prétendant de votre fille, comme vous l’aviez demandé. Cet être aussi abject que vous ne méritait même pas qu’on en conserve un souvenir.

Le Mage regarda le cœur qui continuait de dégorger du sang sur son bureau. Drako le fixa intensément dans les yeux marquant ostensiblement sa rage, mais l’Elfe ne répondit rien.

DRAKO : Vous avez poussé les choses trop loin cette fois-ci Zerevor ! Vous avez planifié mon assassinat et celui de Circée qui n’y est rien mêlé à cela, et qui a subit le pire affront que l’ont puisse faire à une femme de la part de vos trois loufiats !

Il contenait sa haine avec mal, et serait son poing le plus fort possible pour ne pas faire de bêtises.

ZEREVOR : Et peut-on savoir comment vous comptez prouver une telle accusation à mon encontre tout en vous disculpant du meurtre de l’héritier d’une des plus vieille lignée des Quel’doreis ?

DRAKO : Votre ex-gendre a été très bavard, et fort heureusement je ne suis pas aussi inconscient et imbécile que vous voulez vous en convaincre.

ZEREVOR (méprisant) : Vous m’en direz tant…

Drako tendit son poing fermé vers Zerevor. Lorsqu’il l’ouvrit une bille de lumière bleue s’en échappa et s’éleva dans les airs, puis elle scintilla avec un fort éclat. Sur un voile de lumière se rejoua la scène qui s’était déroulée quelques temps auparavant où l’on voyait et entendait distinctement S’Elar rapporter ce que Zerevor lui avait demandé.

DRAKO : Vous connaissez aussi bien moi les « souffles de l’âme » et vous savez comme moi qu’ils sont infalsifiables et indestructibles…

Zerevor regardait Drako droit dans les yeux, sans mot dire.

DRAKO : Ne venez pas me faire votre numéro de notable éhonté qui menace de me faire renvoyer. Si la disparition de S’Elar est mise sur mon dos, je vous jure sur ce que j’ai de plus cher au monde que j’ai de quoi vous faire chasser de toute institution magique. Nous resterons donc quitte pour cette fois à moins que vous ne vouliez chercher un nouveau travail si Medivh ne vous tue pas avant.
Mais je peux vous promettre que la prochaine fois ce sera à votre tour d’y passer Elfe ! Je vous le jure sur tout ce que j’ai de plus cher que dès que l’occasion se présentera vous payerez cette double tentative d’assassinat et ce viol, vieux débris !

Le Mage, sans e démonter, le regarda et se fendit d’un large sourire hypocrite.

ZEREVOR : Et comment expliquer la mort de S’Elar ?

Drako ricana.

DRAKO : Qui a parlé de mort ? Il a disparu.

ZEREVOR : Et peut-on savoir où je vous prie.

DRAKO : Dans un endroit d’où il ne reviendra jamais où « la Mort elle-même ne voudrait pas mettre les pieds ».

Drako aurait pu jurer qu’en l’espace d’un instant il vit de l’inquiétude traverser le visage de Zerevor.

ZEREVOR (grave) : Il semble que je vous aie sous estimé Drako… Et il semble également que vous empruntiez un chemin bien sombre. Avant de nous quitter je vous rappellerai seulement deux choses. Sachez tout d’abord que tout pouvoir se paye. Sachez ensuite que cela ne vous en rend que plus abject. Et ce n’est pas au prétexte que vous avez fait « disparaître » pour de bon celui à qui je destinais ma fille, que j’accepterais que vous lui tourniez autour. Je suis convaincu qu’il y a quelque chose entre vous deux. Vous êtes sans doute habile à me le cacher, mais je peux vous jurer que le jour où j’en aurai la preuve vous aurez intérêt à vous préparer car je vous assure que je vous tuerai. Je vous le promets…

DRAKO : L’un de nous deux tuera nécessairement l’autre. Quand, je ne sais pas, mais ce dont je suis sûr c’est que c’est que ce sera moi qui sera victorieux.

ZEREVOR : C’est ce que nous verrons…
D’ici là sortez d’ici, et si on vous demande où vous vous trouviez hier soir dites que vous et votre amie Circée étiez en séance de perfectionnement magique ici même avec moi. Je me charge du reste.

DRAKO : Priez pour votre carrière que votre mensonge fonctionne. Si je tombe, vous tombez avec moi…


---


Sur cette phrase, le portail de rêve se referma, laissant les deux démons et le Nain dans la plus grande perplexité.

ZAGOVOR : C’est à n’y rien comprendre… Cela ne m’éclaire en rien sur ce que nous savons déjà.

SLAYEUR (bredouillant) : Circée…

GNIEV : Vous connaissez la jeune humaine que nous avons vu dans ce rêve me semble-t-il Seigneur Slayeur.

SLAYEUR : Oui, c’était mon ancien bras-droit lors de mon ascension. Mais j’ignorais cet épisode de sa vie.

GNIEV : Jusqu’à maintenant…
Comprenez-vous quelque chose susceptible de nous aider dans ce que nous venons de voir ?

SLAYEUR : Le moins du monde, mon Maître. L’histoire de ces personnes se dévoile à nous sans que nous puissions y voir quoi que ce soit d’utile.

GNIEV (directif) : Alors inutile de perdre du temps en palabre, et faisons revenir votre amie pour y voir plus clair.

SLAYEUR : Faire venir Lizandra ?!

GNIEV : Non, idiot, je n’ai pas ce pouvoir, car elle ne m’est pas liée comme vous l’êtes. Et si j’ai cette possibilité de vous rappeler auprès de moi, c’est car je vous ai ramené d’entre les morts. Ce à quoi je vais m’employer avec l’humaine.

SLAYEUR : Ressusciter Circée ?

GNIEV : Non, il est trop tard pour que je la ramène en chair et en os parmi nous, sa substance est trop altérée. Mais ce qu’il reste de son esprit, et qui passe dans le Rêve comme tous les morts, fera un substitut acceptable.

SLAYEUR : Elle va revenir sous forme de fantôme ?

GNIEV (expéditif) : En quelque sorte… Mais cessons de perdre du temps sur la théorie et passons à l’action.

Avec force d’incantations magiques, il utilisa l’énergie de ce qui restait du portail vers les rêves pour invoquer l’esprit de la mage depuis longtemps défunte. Le disque d’énergie se contracta pour prendre une forme qui dessinait de plus en plus une silhouette humanoïde, avant de former clairement et distinctement une femme, translucide, dont Slayeur n’avait contemplé les traits depuis fort longtemps.

Le fantôme était au pied du trône et considéra avec scepticisme le démon.


CIRCÉE : Alors c’est donc vous qui troublez le repos des esprits, Eredar.

GNIEV : Que vous importe ? Votre chemin vers la mort ne vous maintiendra pas longtemps en errance dans ce monde bientôt sous ma botte.

CIRCÉE (pestant) : J’estime avoir le droit à un peu de quiétude dans mon dernier voyage ! Même dans l’au-delà la Légion viens tourmenter ses victimes !

GNIEV : À ce que je sache, vous n’êtes pas une victime de la Légion, humaine.

CIRCÉE : Et qu’en savez-vous démon ?!

SLAYEUR : Moi je le sais !

Le fantôme de la mage s’était instantanément retourné vers le paladin. Et au vu de l’expression qui se dessinait maintenant sur son visage, elle avait parfaitement reconnu Slayeur.

CIRCÉE : Tiens tiens ! Voilà mon brillant associé… Il m’avait semblé que tu y étais passé aussi. J’avais cru sentir ton esprit méphitique peu après ma mort.

SLAYEUR (narquois) : Je ne faisais justement que « passer ».

CIRCÉE : Et que fais-tu maintenant ? Tu ruines un nouveau plan génial de prise de pouvoir avec tes calculs mesquin et ton double jeu digne d’un démon.

Elle avait montré de la tête le démon sans daigner le regarder, et en fixant imperturbablement Slayeur dans les yeux.

SLAYEUR : Non j’enquête… Et j’aurai besoin de tes services.

CIRCÉE : Voyez-vous cela ? Et tu crois que je vais t’aider ? Parce que je puis t’assurer que ce ne sera pas le cas. La seule chose que toi ou tes copains démons puissiez faire c’est me faire retourner d’où je viens. Quant à l’énergie qui me maintient sous cette forme elle ne sera pas infinie.

SLAYEUR : Tu me dois ce service !

CIRCÉE : Et pourquoi je te prie ?

SLAYEUR : Parce que c’est moi qui ait fait de toi quelqu’un alors que tu sortais de ce que je croyais être Dalaran.

CIRCÉE : De ce que tu « croyais ». Mon passé semble subitement t’intéresser, et je n’aime pas ça.

SLAYEUR : Parce que tu as peur de parler de Karazhan ?

Le regard de la mage se ferma un peu plus au son de ce mot.

CIRCÉE : Qui t’as parlé de ça ?

SLAYEUR : Peu importe ! Je peux aussi te parler de Drako si tu le souhaites.

À la simple prononciation de ce nom, Circée demeura interdite.

CIRCÉE : Mais c…

SLAYEUR : Je peux te parler d’une soirée dans un souterrain en compagnie de Drako, de S’Elar et de deux de ses camarades.

CIRCÉE (hors d’elle) : Qui t’a parlé de tout ça ?!?! RÉPONDS !

SLAYEUR : Ne t’énerves pas Circée !

La mage devint franchement hostile envers le Nain.

CIRCÉE : Après m’avoir trahi, tu me ramènes d’entre les morts pour me parler de l’évènement le plus traumatisant de ma vie, et tu crois sincèrement que je suis disposé à t’aider ?! Pauvre débile !

SLAYEUR : Tout ce que je veux c’est en apprendre plus sur Drako.

CIRCÉE : Comment peux-tu connaître Drako ? Il est mort il y a des décennies !

SLAYEUR : Mort ?

CIRCÉE : Oui MORT ! J’ai vu son cadavre au pied de Karazhan échoué sur une rive comme un vulgaire déchet vomi par la rivière ! Moi ! La seule qui était digne de lui !

Slayeur perçu la faille et s’y engouffra.

SLAYEUR : Pourtant il semble qu’il n’avait d’yeux que pour Mar’Hya…

CIRCÉE : Comment sais-tu tout ça ?! C’est un passé depuis longtemps révolu !

SLAYEUR : Si je te le dis, consentirais-tu à m’aider ?

Même translucide, on voyait parfaitement sur le visage de Circée qu’elle hésitait entre la haine qu’elle vouait à Slayeur et l’amour qu’elle portait encore à Drako. Le débat faisait rage en elle et ses traits s’en déformaient à mesure. Puis son visage devint immobile, son regard glacé se posa sur le nain et elle lui dit des plus froidement :

CIRCÉE : Parle, je t’écoute.

Slayeur lui narra alors comment il avait eu connaissance de cette histoire entre Mar’Hya et Drako, et les développements qu’il en connaissait. Il lui parla des rêves agités de la chasseuse, et de leur ignorance totale sur la chose. Tout ceci laissa Circée fort perplexe.

CIRCÉE (intriguée) : Elle rêve de gens que ni elle, ni toi, ni les démons ne connaissent ?

SLAYEUR : C’est cela.

CIRCÉE : C’est plus qu’étrange… Elle rêve de ce couple maudit (elle avait eu du mal à prononcer couple, comme s’il s’agissait d’un gros mot) sans les connaître. Sais-tu quelque chose d’étrange qui pourrait l’expliquer ?

Il réfléchit longuement, sans trouver d’idée. Tournant et retournant dans sa tête les éléments dont il disposait. Son regard se perdait à travers la silhouette éthérée de Circée. Puis soudain, comme en la voyant, il eu le déclic :

SLAYEUR : Le souffle de l’âme !

CIRCÉE : Quoi ?!

SLAYEUR : Le souffle de l’âme ! On vient de le voir dans le dernier rêve. C’est bien une sorte de souvenir dans une forme d’orbe d’énergie magique ?

CIRCÉE : En caricaturant à gros traits… Mais quel est le rapport ?

SLAYEUR : Quand nous sommes allé à Nagrand, Lizandra nous a parlé d’un mésaventure la dernière fois où elle était allée sous l’Oshu’gun. Elle a dit qu’un vieux mage lui avait donné un coup d’épée dans le flanc, avant de la guérir sa plaie. Après cela, le mage était mort contre une abomination sortie d’entre les âges.

CIRCÉE : Tu penses que le mage lui a « injecté » un souffle de l’âme dans le corps avant mourir ?

SLAYEUR : Avant de devoir mourir. Il se savait condamné, alors il aurait préféré mettre ces « souvenirs » en lieu sûr.

CIRCÉE : Mais qui était ce mage ?

SLAYEUR : Pas Drako, car il est mort. Donc nécessairement quelqu’un qui a eu un rapport de près ou de loin avec cette histoire. Tu vois qui ce pourrait être ?

CIRCÉE : Peut-être un des amis de Drako qui les lui aurait confié avant de mourir… je ne sais pas. Demande à ta copine chasseuse à quoi ressemblait le mage.

SLAYEUR : Ce pourrait…

Il s’arrêta net. D’un coup le fantôme de Circée était devenu plus transparent.

CIRCÉE : Je t’ai dit que je ne pourrais rester parmi vous très longtemps, l’énergie s’épuise.

SLAYEUR : J’aurais du abréger les détails sur les rêves…
Dis m’en plus sur Drako maintenant.

Une expression de regret passa sur le visage de Circée, et son regard s’emplit de peine.

CIRCÉE : Le seul homme que j’aies jamais aimé, et qui n’a jamais voulu voir en moi qu’une simple amie, une confidente au mieux, mais certainement pas l’amour comme avec Mar’Hya. C’était le mage le plus doué de sa génération lorsqu’il a du quitter Karazhan. Lorsqu’il en est revenu il était mort avant que je n’aie pu mesurer l’étendue de ses nouveaux pouvoirs.

SLAYEUR : Il a du s’exiler ?

CIRCÉE : Après ce que tu sais, il tenait un moyen de faire tomber Zerevor. Le jour où ce dernier a découvert je ne sais comment qu’il sortait bien avec sa fille, il a été condamné à l’exil de la tour du Magus. Il aura au moins évité la mort promise par l’autre fumier d’Elfe. Mar’Hya l’avait délivré des cachots, et juste avant de quitter les lieux il était passé me voir en toute discrétion.

SLAYEUR : Que t’a-t-il dit ?

CIRCÉE : Des choses qui ne regardent que moi et d’autres plus intéressantes.

SLAYEUR : Du genre ?

CIRCÉE : Drako n’était plus le gentil petit mage que j’avais connu, ses confrontations avec Zerevor avaient exacerbé son penchant pour la magie Noire.

SLAYEUR : La nécromancie ? La démonologie ?

Elle eut un rire froid.

CIRCÉE : Ce ne sont que des passes-temps d’enfants à côté de ce qu’il s’était mis à étudier : sortilèges interdits, malédictions ultimes, envoûtements et autres joyeuseries du septième cercle. En gros il s’était intéressé à tout ce qui était tabou et proscrit.
Et quand il est venu ce soir là, il m’a dit qu’il partait en quête, en quête du savoir et du pouvoir nécessaire pour conquérir définitivement Mar’Hya.

Circée devenait de plus en plus transparente, et Slayeur dut se rapprocher pour entendre sa voix qui faiblissait.

SLAYEUR : Quoi d’autre ?

CIRCÉE : Le fait est qu’il a mal tourné. Quand il est revenu à Karazhan, des années après, il a commis de nombreux meurtres, et il a été tué par Zerevor qui a balancé son corps par-dessus les parapets. Je sais qu’il échangeait une correspondance secrète avec Mar’Hya et a pu l’informer du soir prévu de leur retrouvailles. La dernière fois que je l’ai revu, il était mort.

Même devenue si translucide, Slayeur discerna distinctement ses yeux s’embuer.

CIRCÉE (se lamentant) : Jusqu’au bout je l’ai aimé ! Jusqu’au bout !

Sa voix était devenu un murmure.

CIRCÉE : Alors que cette pimbêche dont il était amoureux n’avait…

Elle ne pu pas finir sa phrase, elle avait totalement disparu. Slayeur se tourna derechef vers Gniev.

SLAYEUR (impatient) : Ne peut-on la faire revenir ?

GNIEV : Le temps de trouver un dragon pour accomplir le rituel, son esprit aura totalement disparu. Le fait que malgré la puissance du saurien sacrifié nous n’ayons pu la garder si peu de temps alors qu’il restait tant d’énergie dans le portail en est un signe.

SLAYEUR (rageant) : Maudit soit ce mystère !

GNIEV : Nous n’avons pas tout perdu, car nous avons néanmoins un début d’explication plausible sur l’origine des rêves de Lizandra. À vous de la questionner pour en savoir un peu plus.

SLAYEUR : Ne serait-il pas bon de dépêcher quelqu’un au Kirin Tor de manière à voir ce qu’il est advenu des tous ces gens ?

GNIEV : Parfaitement inutile. Karazhan vivait en vase quasiment clos. Et tous ceux qui y résidaient ont été tués en même temps que Medivh. Les autres se sont dispersés dans la nature. De plus vous envoyer enquêter vous ou une autre de mes recrues ne ferait que susciter la méfiance, tant vous êtes marqués par l’énergie démoniaque que n’importe quel mage assez puissant détectera dès que vous approcherez.

SLAYEUR : Que faire de tout ceci alors ?

GNIEV : Ma priorité est de mettre la main sur le Journal de Medivh, une fois dans Karazhan vous pourrez faire des recherches, et si cela ne donne rien, nous pourrions tenter une mission auprès du Kirin Tor. Mais la priorité est de s’emparer du journal le plus vite possible.

Pour le moment vous irez questionner Lizandra avec Zagovor qui la surveillera jusqu’à votre retour. Une fois revenu nous préparerons ce voyage dans le temps afin que vous puissiez soumettre votre copie de la clef à Medivh dans le passé.

SLAYEUR : Très bien mon Maître.

GNIEV : Deux autres choses avant de vous renvoyer en Draenor…
Mon combat dernier combat a considérablement endommagé mon armure et je vais devoir en changer contre un plus approprié pour les affrontements futurs. Je vous lègue donc celle-ci en prévision des missions qui vous attendent.

L’armure de l’Eredar se détacha de lui et vint flotter au-dessus du paladin. Elle se mit à scintiller avec éclat pour finalement devenir comme neuve, vierge de toute dégradation, puis, sa taille se mit à diminuer jusqu’à atteindre les proportions du Nain, qu’elle vint habiller une fois sa propre armure retirée de façon tout aussi magique.

Slayeur se tenait debout, portant l’armure de plaque de son maître, ne conservant que le bandeau qui tenait son œil magique en lieu et place du casque qui semblait irrémédiablement fichu.

Le Nain s’agenouilla face au démon et lui dit la voix pleine de déférence :


SLAYEUR : Loué soyez-vous pour cet insigne honneur mon maître.

Gniev ne prêta même pas attention à la remarque, et il enchaîna comme si de rien n’était :

GNIEV : Seigneur Slayeur, si je vous ai choisi c’est avant tout pour vos qualités de remarquable meneur d’hommes. Je vous ait également choisit car votre haine envers vos ennemis raciaux et la rage qui vous consumaient après votre défaite, faisaient de vous un allié tout trouvé pour un Démon. Cette haine qui vous habitait, je l’ai senti faiblir en vous. Je l’ai vu être remplacée par ce qui semblait être de l’hésitation, de la compassion, voire même de l’amour, et ce, à diverses occasions.

SLAYEUR : C’est que…

GNIEV (très sec) : Silence !
Je vous mets en garde cette fois, mais il n’y en aura pas d’autre. Cédez à la bonté et vous subirez le même sort que le dragon d’Émeraude qui se tenait parmi nous tout à l’heure.
En attendant, gageons que vous retrouviez des états d’esprits plus adéquats à votre mission. Je ne laisserai pas le Journal du dernier Gardien m’échapper comme le Livre des Noms gangrenés. Que le Journal de Medivh m’échappe et vous mourrez pour de bon.

SLAYEUR : Il sera votre, je puis vous le jurer… mon Maître.



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 Sujet du message: Scène 30 : On met les voiles
MessagePosté: Jeu 26 Fév 2009 13:38 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 30

On met les voiles



Slayeur avançait dans le sombre boyau rocheux où une quasi obscurité régnait, pour ne laisser place qu’au bruit de l’air et à la lointaine lueur d’un torche qui s’étiolait. Il avait déverrouillé l’accès de la caverne où il retenait prisonnier Lizandra et tentait tant bien que mal d’avancer sans trébucher ou même glisser, ce qui le rendait d’humeur acariâtre :

SLAYEUR (grommelant) : Cette idiote devrait laisser encore moins de lumière sur le chemin…

À mi-distance il pouvait apercevoir de plus en plus distinctement la chambre de pierre où l’Elfe était enfermée, et distinguait maintenant la torche dont le feu dansait avec un rythme pour le moins essoufflé. Sa route se poursuivi sans encombres, jusqu’à ce que, en marchant sur une pierre, un déclic se déclenche :

SLAYEUR : Et merde….

Un geyser de glace s’éleva du piège sur lequel il venait de marcher l’aveuglant à moitié tout en le faisant trébucher. Lizandra, sortie des ombres, lui envoya un coup de pied au plexus, puis un coup de coude dans la tête. Lorsque le Nain fut à terre, elle se sauva à toute vitesse vers la sortie qui était restée vierge du rocher qui en condamnait l’accès depuis le début de sa captivité.

Sur les derniers mètres une voix grave et froide résonna :


VOIX : Pas si vite !

Surgissant au milieu de la lumière qui perçait de dehors, Zagovor balança son bras puissant vers le cou de la chasseresse qu’il souleva avec une facilité déconcertante. Sa respiration fut coupée et elle eu de plus en plus de mal à discerner les choses autour d’elle, à mesure que le démon retournait vers le fond de la grotte, l’éloignant pour un moment de la Liberté qu’elle faillit retrouver.

De son pas lourd, martial, et pataud il continua, tenant toujours sa proie par le cou, se baissant pour ramasser Slayeur, et ils s’en furent vers la « cellulle » de Lizandra tandis que le rocher qui condamnait la sortie repris seul sa place et acheva de plonger la caverne dans l’obscurité.


ZAGOVOR : Où croyiez-vous aller petite Elfe ?

Le ton de sa question n’appelait certainement pas à réponse. Il plaqua sa prisonnière contre une paroi de la grotte tandis que des liens magiques l’attachèrent à la pierre, pour l’immobiliser dans une position raide quelques centimètres au-dessus du sol.

D’un passage de la paume de sa main au-dessus du Nain, il sorti Slayeur de sa léthargie et l’installa assis sur un rocher qui lui permit de se retrouver au même niveau que la chasseuse. Puis Zagovor, lieutenant du Seigneur Gniev, prit les choses en main :


ZAGOVOR : Votre tentative de fuite a échoué Elfe ! Et c’est tant mieux car nous avons certaines questions à vous poser.

Sa voix était grave et froide. Elle n’inspirait aucune compassion, juste de la détermination à trouver ce qu’il cherchait :

LIZANDRA : Allez au Diable avec vos questions Démon ! J’en ai assez de rester enfermée ici !

ZAGOVOR : Je crois que vous ne mesurez pas tout à fait la position dans laquelle vous vous trouvez. Si le paladin Slayeur a estimé nécessaire de vous ménager et de vous considérer comme une de ses coéquipières, je n’ai pas cette prévenance. Aussi avez-vous intérêt à répondre à ce que je vous demande sinon…

La main du démon était tendue vers Lizandra qui commençait à crier de douleur.

LIZANDRA (criant) : Arrêtez ! Stop !

ZAGOVOR : Ce n’est qu’un avant goût de ce qui vous attendrait… Puis-je être assuré de votre coopération la plus totale, petite Elfe ?

LIZANDRA (se tortillant de douleur) : Oui ! Oui ! Oui ! Mais arrêtez ! Ça… fait… trop… mal !

Zagovor baisse son bras et la douleur cessa immédiatement.

ZAGOVOR : À la bonne heure…

Slayeur avait tourné pudiquement la tête jusqu’à ce que les cris de douleur cessent. Lorsqu’il contempla de nouveau Lizandra celle-ci le toisait avec mépris.

LIZANDRA : Tu n’es qu’un sale vendu ! Tu bosses pour ces sales démons !

SLAYEUR : Ça te choque que l’on puisse être à leur service ? Tu as pourtant du en voir des choses en Outreterre depuis ton arrivée.

LIZANDRA : J’en ai vu, mais des salauds mais dans ton genre non. Tu t’étais bien gardé de me dire qui était ton véritable patron !

Elle lui cracha dessus, ne cessant de lui jeter un regard courroucé.

LIZANDRA : Toi et ton Gniev vous me le paierez !

ZAGOVOR (inquisiteur) : Comment connaissez-vous l’identité du Seigneur Gniev, Elfe ?

LIZANDRA : Mais grâce à vous ! Vous croyez peut-être que pénétrer dans mes rêves ne passerait pas inaperçu ?

SLAYEUR : Mais co…

LIZANDRA : On s’en fout du comment. Tout ce que tu dois savoir c’est que je l’ai ressenti et ça l’a ressenti aussi d’ailleurs.

ZAGOVOR : Qui est ce « ça » à qui vous faites référence ?

LIZANDRA : La présence oppressante que je ressens à chaque fois. Et qui de toute façon ne me gênera plus. Cette chose a ressenti votre intrusion autant que moi, et elle m’a annoncée que il n’y aurait plus de vision du tout pendant mon sommeil.

ZAGOVOR : Cette chose est à l’origine de vos « rêves » ?

LIZANDRA : J’en sais rien, tout ce dont je suis certaine c’est qu’elle peut au moins les arrêter, et je ne vais pas m’en plaindre.

Slayeur semblait plus que circonspect, mais Zagovor, lui, revint à la charge :

ZAGOVOR : En ce cas nous pourrons tout de suite concentrer nos questions sur ce qui motive notre présence ici, avant d’avoir à éventuellement revenir sur l’incident de « l’intrusion ».

LIZANDRA : Qu’est-ce que vous voulez savoir Démon ? Pourquoi ne m’oubliez-vous pas ?

ZAGOVOR : Le Destin vous a marqué petite Elfe, et jusqu’à ce que son doigt cesse de pointer en votre direction, vous serez d’une importance cruciale. Aussi nous importe-t-il de connaître votre passé.

LIZANDRA : En quoi mon passé peut-il vous intéresser ?

ZAGOVOR : Ce n’est pas à vous de poser les questions, vous n’avez qu’à y répondre.
Je voudrais que vous me parliez de votre lointaine aventure sous l’Oshu’gun.

Le visage de Lizandra se glaça d’effroi.

LIZANDRA : J’en ai assez qu’on me rappelle ça ! Qu’est-ce que ça peut vous faire ?!

Zagovor avança vers elle, et posa son doigt sur sa cicatrice au flac, masquée par sa cotte de maille.

ZAGOVOR : Cette cicatrice, son histoire et son auteur nous intéressent au plus haut point. Je ne saurais que trop insister sur ce point… Alors je vous conseille d’être plutôt bavarde sinon je n’hésiterai pas une seule seconde à trouver des moyens moins prévenants pour vous délier la langue. Suis-je clair ?

LIZANDRA (écœurée) : Très…
Que voulez-vous savoir ?

ZAGOVOR : Décrivez-nous celui qui vous a fait cette cicatrice, avec le plus de détails possibles.

Elle leur narra avec le plus de détails possible la mésaventure qui lui était arrivée plusieurs années auparavant, alors qu’elle se trouvait à Nagrand. Elle essaya d’être plus précise que lors de son premier récit à Slayeur mais, dans le fond, on n’y apprenait rien de nouveau.

SLAYEUR : Tu ne nous apprends rien de neuf…

LIZANDRA (ironique) : J’aurai peut-être du l’écrire dans mon journal intime ?

ZAGOVOR : Il suffit !
Qui était selon vous cet homme perdu sous l’Oshu’gun ?

LIZANDRA : J’en sais rien. Un vieux mage perdu sans doute.

ZAGOVOR : Et pourquoi vous a-t-il fait cette blessure avant de la guérir aussitôt ?

LIZANDRA : Mais allez lui demander ! Vous croyez que je lui ai fait remplir un formulaire à ce v….
Ahhhhhhhhhhhh !

Zagovor avait de nouveau passé sa main au-dessus de Lizandra durant un bref instant.

ZAGOVOR : Je vous prierai d’arrêter les sarcasmes…
Vous êtes-vous sentie changée depuis cet incident ?

LIZANDRA : Pour sûr, ça m’a traumatisé…

ZAGOVOR : Pas de rêves bizarres ? Une nouvelle façon de se sentir… Que sais-je encore… Rien ?

LIZANDRA : Non. Je n’ai jamais eu cette impression. Mis à part le fait que la guérison m’ai aussitôt soulagée je ne vois rien d’autre à ajouter.

ZAGOVOR : Essayez de vous rappeler de lui… Avait-il un signe distinctif ? Une cicatrice ? Une coiffure originale ? Un accent ?

Elle se concentra un long moment, exhumant de sa mémoire ces souvenirs depuis longtemps enfouis.

ZAGOVOR : Je crois qu’une aide serait souhaitable pour vous aider à fouiller dans les limbes de votre passé.

Zagovor sorti une fiole au liquide vert fluorescent de sa ceinture, sous l’œil intrigué de Slayeur.

ZAGOVOR : Buvez ceci ! Et concentrez vous au maximum sur vos souvenirs de l’époque.

Bien que méfiante elle s’exécutât rapidement, se méfiant d’un probable mauvais goût de la potion. Elle avait raison. Aussitôt son contenu absorbé, elle essaya de se concentrer sur ce qu’on lui demandait. Elle fut immédiatement prise de vertiges et de sueurs froides, sa tête lui donnant l’impression de peser un poids affreusement lourd.

Et là, elle le vit, comme par le passé. Le vieil homme s’approchant d’elle en courant. Elle était de nouveau dans cette cité souterraine obscure, suspendue au dessus du vide. Elle pouvait scruter chaque détail de son visage maintenant ; faire attention au moindre bruit, au moindre geste. Puis il y eu le coup de lame dans le flanc ; la traîne de son corps sur le côté ; les incantations et l’arrivée de l’être d’ombre et de flamme avant que ce dernier et l’homme en loques et à la barbe grise ne tombent dans le vide.

Lizandra revint à elle comme si elle sortait la tête de l’eau après une longue plongée en apnée. Elle était essoufflée et avait le regard perdu. Sans plus de considération que cela Zagovor vint aux nouvelles :


ZAGOVOR : Je vous écoute…

LIZANDRA : La voix… Il avait une sorte d’accent bizarre. Je n’ai jamais entendu ça auparavant… Et sur le poignet… le tatouage…

ZAGOVOR : Quel tatouage ?!

LIZANDRA : Une sorte d’oiseau… un phoenix je crois… au milieu d’un cercle… comme une sorte de sceau.

Slayeur paraissait intrigué et tourna la tête vers le démon. Mais contrairement au Nain, celui-ci était complètement abasourdi.

ZAGOVOR (grave) : En êtes vous certaines, Elfe ?

LIZANDRA : De ce que je viens de voir ? Oui…

Zagovor resta circonspect un instant, comme s’il conversait avec lui-même. Puis il passe sa main au-dessus de la cicatrice de Lizandra et ferma les yeux en se concentrant semblant chercher quelque chose d’invisible à l’œil nu. La scène fut fugace mais elle semblait concluante.

ZAGOVOR : Votre captivité dans cette grotte est finie !

Avant que l’Elfe n’ait pu réagir, une seconde nouvelle finit de ruiner la première :

ZAGOVOR : Maintenant, où j’irai, vous irez, vous êtes trop importante pour rester seule, à portée du premier groupe d’aventurier venu.

Aidez-là à se préparer petit Nain ! Je dois faire mon rapport dans le Rêve d’Emeraude. Quand je serai revenu vous vous apprêterez à partir en quête du dernier morceau de la clef.

Le paladin s’exécuta dans un claquement de talons. Lorsque Zagovor revint après un long moment d’absence, les deux anciens compagnons d’aventure étaient prêts, la première ne cessant de jeter des regards noir au second qui ne semblait pas s’en soucier.

ZAGOVOR : Vous partez pour l’Arcatraz retrouver vos amis Gnomes petit Nain. Quant à vous, chasseuse, nous allons également nous rendre à Raz-de-Néant où nous pourrons suivre les évènements de loin et où j’aurai tout le loisir de vous questionner sur beaucoup de choses…

Il plaqua l’Elfe contre lui, l’enserrant de son bras droit contre son corps, puis il s’éleva dans les airs.

ZAGOVOR : Et surtout Slayeur… ne nous décevez pas…

D’un battement d’ailes puissant il se propulsa haut dans le ciel avant de disparaître progressivement de la vue du paladin. Slayeur se mit alors en route vers son campement à la sortie de Shattrath pour retrouver Boumator et Fouregueule qui l’y attendaient.

FOUREGUEULE : Tu en as mis du temps ! Ça fait trois plombes qu’on fait le pied de grue à t’attendre !

Slayeur voulu lui répondre mais il resta bloqué quand il vit l’immense œil au beurre noir sur le visage de Fouregueule.

SLAYEUR : Mais comment tu t’es fait ça ?!

BOUMATOR (sec) : On me touche : je cogne…

SLAYEUR : Qu’est-ce qui s’est passé ?

FOUREGUEULE : Bah je m’ennuyais un peu… Alors j’ai commencé à tripoter Bouma…

SLAYEUR : Tu te moques de moi ?!

FOUREGUEULE : Non ! Je suis en manque de sexe ! Je suis en manque de mon herbier que tu m’as confisqué ! Et j’en ai marre d’être dans ce corps de Gno…. JE SUIS MIGNON !

Un instant après l’œil droit de Fouregueule arborait la même auréole violet bleuté que l’œil gauche.

SLAYEUR (se massant le poing) : Ça soulage… et en plus tes deux yeux sont raccord comme ça. Tu as d’autres pulsations à guérir ou ça ira ?

Sans réponse de la part de son acolyte, il enchaîna :

SLAYEUR : Bien ! Comme vous le savez nous devons retrouver cette vermine gnomique afin de récupérer le dernier morceau de la clef de Karazhan. Ce dernier fragment a été caché dans un des satellites du Donjon de la Tempête que l’on nomme Arcatraz. Il se trouve à Raz-de-Néant, une région qui se trouve à l’extrême Nord-Est de cette foutue planète décomposée.

Nous avons également un autre objectif, tout aussi important que le premier. Il s’agit de capturer Savonarole et de l’emmener avec nous. Le hasard faisant visiblement bien les choses, il sera un des cinq membres de l’expédition chargée de ramener le troisième fragment. Il y a donc une place en moins pour un de vous deux.

C’est pour cela, que toi Fouregueule tu restera en dehors de l’Arcatraz au cas où les chose tournent au vinaigre.

Voyant Fouregueule grommeler il repris aussitôt :

SLAYEUR : Rassures-toi, tu ne vas pas t’ennuyer, j’ai prévu quelque chose qui ravira l’ingénieur qui sommeille en toi… Il faudra juste guérir ces deux vilains coquards autour de ton regard de braise et tu seras fin prêt.

FOUREGUEULE : Qu’est-ce que je dois faire ? Qu’est-ce que je dois faire ? Qu’est-ce que je dois faire ? Qu’est-ce que je dois faire ?

Il se tut dès que Slayeur commença à brandit le poing face à lui.

SLAYEUR : Ça, tu le sauras bien assez tôt. Et cette fois-ci, nous n’aurons pas le droit à l’erreur !



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 Sujet du message: Scène 31 : Au-dessus du vide
MessagePosté: Mer 01 Juil 2009 14:06 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 31

Au-dessus du vide



Dans le temple de la Lumière à Shattrath Velen et Khadgar se tenaient debout à côté d’A’dal et tous trois discutaient du récit qu’on venait de leur faire de la mission envoyée dans les grottes du temps.

KHADGAR : C’est assurément un facteur aussi nouveau que préoccupant… Je ne puis imaginer un seul instant que cela n’ait rien à voir avec le reste.

VELEN : Je partage votre avis Khadgar, et peut-être encore plus votre inquiétude. Nous devons agir sans tarder, et envoyer de immédiatement nos champions à l’Arcatraz. Le Vol de bronze les laissera passer sans encombre vers les morasses noires pour rencontrer votre ancien mentor maintenant qu’ils ont conscience de ceci.

KHADGAR : Le « Vol Infini »… Comme si nous n’avions déjà pas assez de problème. Il ne nous manquait plus que ça.

VELEN : Je crois qu’il va précisément devenir notre principal problème. Des dragons sortis de nulle part et avec un tel pouvoir sont autrement plus inquiétants que tous les autres signes. Et ils doivent sûrement être à l’origine de beaucoup de choses qui demeurent encore inexpliquées.

KHADGAR : Vous avez sûrement raison Prophète… Vous avez sûrement et malheureusement raison… Les dragons de bronze ont bien fait de nous demander de les aider à enquêter. Au moins nous n’avanceront pas totalement à l’aveuglette.

VELEN : Je vais faire prévenir nos aventuriers de leur départ. Je vais demander à Voren’Thal de les téléporter devant le Donjon de la Tempête. Chaque seconde devient précieuse, il n’y a plus de temps à perdre.

En effet, quelques minutes plus tard, Samovar arrivait sur le navire de Titecouette, en pleins travaux, pour assigner leur mission aux chercheurs du dernier fragment de la clef :

OTIWANA : Vous voilà revenu Samovar ? Les travaux vont bon train, le navire devrait bientôt pouvoir partir.

SAMOVAR : Mais je croyais le navire déjà réparé…

TITECOUETTE : Mais il l’est !

La Naine était venue se joindre à leur discussion.

TITECOUETTE : Seulement je finis de faire installer de nouveaux systèmes d’armements de la conception de votre prêtre ingénieur… Comment s’appelle-t-il déjà ?

OTIWANA : Monsaigneur ?

TITECOUETTE : Voilà ! Du bel ouvrage pour poutrer la gueule à ce qui se présentera devant nous.

Elle rajouta un peu intriguée.

TITECOUETTE : Il est bien soigneur pourtant ?

OTIWANA : Oui oui selon toute vraisemblance il soigne les gens… Et il conçoit des systèmes d’armements pour les véhicules… Chacun sa passion hein. Moi par exemple j...

TITECOUETTE : C’est sûrement très intéressant. Mais je crois que le gros bleu est venu nous dire quelque chose.

Samovar paru extrêmement vexé de ce nouveau qualificatif.

SAMOVAR : Pour l’amour de la Lumière ! Quel est votre problème avec ma race ?!
Et puis ce n’est pas la question ! Il n’y a plus de temps à perdre, je suis venu vous prévenir que vous et votre groupe allez être directement téléportés devant le donjon de la tempête.

TITECOUETTE : Mais les travaux s…

SAMOVAR : Au Néant les travaux ! Nous devons nous dépêcher de récupérer le dernier fragment de la clef dans les plus bref délais. La situation dans les grottes du temps s’est largement compliquée. Et il faut absolument que nous fassions activer par Medivh la clef réassemblée pour pouvoir entrer dans Karazhan.

VOIX : Alors je vois que nous arrivons à point nommé !

Slayeur et Boumator venaient de franchir le pont menant sur le navire, ayant toujours leur apparence de Gnomes.

OTIWANA : Ha Bibou, Toufou vous tombez bien !

SLAYEUR : Nous sommes fins prêts à partir.

OTIWANA : Si le départ est censé être imminent… Je vais chercher Bouty et Savonarole.

Pendant qu’elle était partie en quête du reste de son groupe, Titecouette ne pouvait s’empêcher de dévisager Slayeur.

TITECOUETTE : On ne se serait pas déjà vu quelque part le Gnome ?

Slayeur essaya de donner le change au possible.

SLAYEUR : Je ne crois pas.

TITECOUETTE : Pourtant j’ai une drôle d’impression de déjà-vu.

SLAYEUR : Moi pas. Croyez bien qu’une naine borgne ça ne court pas les rues, je me rappellerai de vous Capitaine.

Elle fit mine de ne pas relever et s’éloigna le plus dignement possible. Otiwana revint quelques secondes plus tard avec le prêtre et la mage et Samovar mena les cinq aventuriers jusqu’à Voren’thal sur la terrasse des Claivoyants.

VOREN’THAL : Ha vous voilà enfin ! Le temps presse mes enfants…

Sans autre forme de civilité, le magistère sin’dorei commença à invoquer un portail vers le donjon de la tempête.

VOREN’THAL : Vous arriverez sur le module de l’Arcatraz, presque devant l’entrée du vaisseau.

Le Portail s’était stabilisé et avant de les laisser passer il finit de leur donner ses dernières recommandations :

VOREN’THAL : Du côté des Elfes de Kael’Thas les choses ne sont pas claires non plus. Il semble qu’ils aient connu quelques problèmes avec les créatures du Néant. Quoi que vous fassiez, rappelez-vous d’une chose : l’Arcatraz est avant tout une prison, là où les Na’arus gardaient enfermées les créatures parmi les plus dangereuses de l’univers.

SAVONAROLE : C’est engageant…

VOREN’THAL : La clef devrait se trouver au premier niveau. Une fois que vous l’aurez récupérée votre amie mage vous fera un portail vers Shattrath.

BOUTY : Et vous me rembourserez la rune !

VOREN’THAL : Faites bien attention à vous champions…

Tous les cinq s’engouffrèrent à travers le portail avant que celui-ci ne se referme sous les yeux du Draenei et de l’Elfe.

VOREN’THAL : Dites à leurs compagnons de rester vigilants et de se tenir prêts. Un voile sombre entoure bien des évènements récents et commence à s’abattre sur eux… Dites aussi à Velen que je me tiens paré au cas où les chose dégénèreraient dans le Passé.

SAMOVAR : Je transmettrai vos messages ô Voyant.

Le Chaman s’inclina face à lui avant de se retirer.

VOREN’THAL : Attendez !

Son ton semblait préoccupé.

VOREN’THAL : L’Ombre qui s’étend est assez obscure pour qu’un Prophète et un Voyant la craignent. Ayez-en pleinement conscience, Chaman.

SAMOVAR : Le sort est déjà jeté, je ne fais que l’accepter.

Et il s’en alla après un dernier salut de la tête.

VOREN’THAL (à voix basse) : Méfiez vous fils de Velen, le Destin aussi parfois bégaie.

Il hocha la tête de dépit et s’en retourna à sa bibliothèque.

Beaucoup plus loin de là, Otiwana, Slayeur, Boumator, Bouty et Savonarole étaient arrivés face à l’entrée de l’Arcatraz. Tout autour d’eux le Néant et le vide les entouraient, mis à par les autres modules du Donjon de la tempête qui flottaient aux alentours, et les lambeaux de terre déchirés qu’ils toisaient de plusieurs dizaines de mètres de haut.


BOUTY : C’est très sympathique ici.

Malgré son déguisement magique, Slayeur sentait son œil magique tourbillonner dans tous les sens, l’instruisant du passé et du présent de la zone, de sa configuration et des dangers qui les entouraient.

SLAYEUR : Peut-être mais je n’y passerai pas les vacances. Allez rentrons !

Savonarole leva les yeux vers le sommet du vaisseau qui s’élevait avec panache au-dessus d’eux de ses milles pointes de cristal.

SAVONAROLE : Espérons que l’intérieur donne moins le vertige que l’extérieur…

Si l’intérieur du vaisseau était moins impressionnant que l’extérieur par ses dimensions, la situation chaotique qui y régnait avait tout de même de quoi dérouter. Dans la première pièce des cadavres épars d’Elfes de sang et de bêtes faites de chair et d’ombre recouvraient le plancher un funeste tapis.

BOUTY : Sympa la déco…

SLAYEUR : Je vous le dit au propre comme au figuré : ça ne sent pas bon…

OTIWANA : Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer ici ?

SLAYEUR : Ça ma douce enfant je n’en sais rien mais je m’en moque. Notre objectif est le fragment de clef. Le reste, nous auront tout le loisir d’en parler sur le chemin du retour.

Il scruta attentivement les alentours de son œil magique qui lui permettait de voir à travers les murs, avant de s’y fixer sur un point bien précis qui semblait s’élever au-dessus d’eux. Il plissa son dernier œil valide, et un rictus se dessina au coin de sa bouche.

SLAYEUR : C’est au premier… Suivez moi et restons bien groupé. Ça grouille de ces atrocités partout autour.

Savonarole se sentit défaillir en s’imaginant que partout autour d’eux pullulaient ces créatures de chair à la mâchoire démesurée, mais il reprit ses esprit pour commencer à suivre les autres qui étaient déjà partis en avant.

Ils pénétrèrent dans la pièce suivante pour trouver des archers Elfes qui étaient en fort mauvaise posture face à des créatures de chair qui les assaillaient. Malgré le fait que les Sin’dorei tenaient une position facilement défendable, en bloquant une encadrure de porte, ils furent vite submergé par le nombre des monstruosités, qui bien qu’à peine supérieurs, les plongeaient dans l’effroi et venaient trop près d’eux pour rendre leurs flèches efficaces.

Sans chercher à réfléchir, il partirent à l’assaut de ce qui restait des monstruosités, à coup de tempêtes de feu ou de glace, tandis que la lumière sacrée du Paladin finissait de brûlait les résidus impies de ces horreurs sorties du Néant.

Après un temps de repos pour se remettre de leurs émotions ils parcoururent un couloir en coude où ils trouvèrent de nouvelles bêtes de chair qui ne posèrent pas plus de difficultés que les précédentes. Bien décidés à ne pas rester trop longtemps présents dans cette antichambre de la Folie, il avancèrent avec prudence le long du couloir. Jusqu’à ce qu’un cri les stoppe net.

Savonarole venait de passer trop près d’un cadavre d’Elfe, et ce dernier vit son ventre exploser après ce léger contact. La plaie béante recracha les viscères de l’archer malheureux et surtout trois énormes vers d’une couleur rougeâtre et dont les plis de la peau étaient ornés de cloques vertes.

Les vers étaient déjà en train de ramper le long de ses jambes, mais les réflexes du paladin débarrassèrent le Nain des parasites d’un coup d’horion sacré, avant qu’ils ne finissent rotis par les traits de feu de Bouty.


SLAYEUR : Regarde où tu marches le prêtre.

SAVONAROLE : Mais je n’av…

SLAYEUR : Ça ne m’intéresse pas !
Le Néant a vomi toutes les choses les plus abjectes qui soient dans ce vaisseau, et je ne tiens pas à mourir comme ces idiots d’Elfes. Compris ?

SAVONAROLE : Compris…

Ils reprirent leur avancée pour arriver dans une immense salle, d’où parait une passerelle menant au premier étage. Cependant, s’il trouvaient les bêtes de chair effrayantes, elles n’étaient rien en comparaison des atrocités qui résidaient face à eux : des chiens à trois têtes ornés de tentacules ; des sortes de têtes au milliers d’yeux et aux bouches barbelés de crocs aiguisés. L’impression malsaine et angoissante qu’ils dégageaient n’en laissait aucun indifférent, ceci agrémenté du fait que leurs écailles reptiliennes et leur bave gluante achevait de les rendre totalement repoussants.

BOUTY : Mais c’est quoi ces horreurs…

SLAYEUR : Évidemment elles bloquent l’accès à la passerelle. Mmmmm comment faire ?

Etudiant la configuration de la pièce et la disposition des ennemis ils tentèrent d’échafauder un plan d’action. Après plusieurs minutes de réflexion le paladin émis une hypothèse.

SLAYEUR : Bon j’ai une idée, mais elle nous coupera l’accès à la sortie et nous devrons rentrer à Shattrath par des moyens magiques.

BOUTY : Comme si tu pouvais imaginer une minute que nous allions rentrer autrement.

SLAYEUR : Il faut juste espérer que la clef soit bien au-dessus de nous et pas derrière nous, sinon nous ne pourrons plus y accéder.

OTIWANA : Que proposes-tu Bibou ?

Une lueur de malice brilla dans l’œil du Nain gnomifié.

SLAYEUR : C’est osé mais ça peut marcher.
Vous voyez ces deux cristaux géants à l’entrée de la passerelle, comme deux obélisques ?

Suite à leur approbation il continua.

SLAYEUR : Comme vous pouvez le remarquer, suite au ramdam qui s’est déroulé ici, pas mal de choses ont été déréglées, surtout au niveau des mécanismes de fonctionnement du vaisseau. Et la conséquence semble en être ces arcs électriques qui crépitent partout contre le plafond et les murs.

En effet de longs rubans d’électricité se déployaient par intermittence entre plusieurs détails de la structure du vaisseau.

SLAYEUR : Il faudrait donc, au moment propice, foncer vers la passerelle et une fois derrière les cristaux, les faire s’écrouler et disjoncter pour qu’ils forment un barrage infranchissable pour ces monstres.

OTIWANA : Et s’il y en a d’autre derrière sur la passerelle ou qu’ils savent voler ou se téléporter ?

SLAYEUR : En haut il n’y a rien à proximité immédiate. Pour le vol, ils semblent pouvoir flotter un peu au-dessus du sol mais rien de plus. Quant à la téléportation à mon avis ils ne le peuvent pas tous, et quand bien même ils le pourraient ils seront toujours moins nombreux que ce qu’il y a dans toute la salle.

OTIWANA : Ça me parait le mieux à faire. On ne va pas risquer nos vies à essayer de tous les tuer, donc autant passer avec fracas plutôt qu’avec pertes.

BOUMATOR : Le plan d’opération semble valide. Je créerai une diversion à l’opposé de la pièce au bon moment pour nous permettre de passer.

BOUTY : Je couvrirai nos arrières avec des murs de flammes et Oti tu pourrais faire des barrières de glace et des plaques de verglas ?

OTIWANA : Sans problèmes.

SLAYEUR : En ce cas, je me chargerai des cristaux d’énergie.

Ils lancèrent l’exécution du plan. Boumator envoya une flèche explosive au coin opposé de la salle, ce qui eu pour effet de détourner l’attention des monstres qui s’occupaient à présent du chapelet d’explosion qui commençait à se faire entendre dans un coin. Aussitôt, ils passèrent à l’action et s’engagèrent en direction de la passerelle montant au premier étage. Couvrant les arrières, les deux magiciennes firent usage de leurs pouvoirs pour ériger une barrière de flammes et rendre le sol aussi glissant que s’il avait été lustré à l’huile. Une fois engagés sur la passerelle, à mi-chemin de la montée, les créatures du Néant étaient déjà sur leurs traces, les diversions ayant finit leur effet. Retenues par les obstacles magiques qui leurs barraient la route, elles assistaient impuissantes à ce qu’était en train d’accomplir Slayeur. Le paladin invoquait des marteaux de lumière qui se matérialisèrent au-dessus des deux obélisques de cristal, et qui s’abattirent violement dessus en les fracassant.

L’explosion produisit un formidable panache d’éclairs qui commença à griller les créatures du Néant alors que la passerelle et le sol autour se mettaient à s’effondrer sous l’effet de la déflagration. Pendant que le vide avalait les monstruosités qui les contemplaient d’en bas, ils montèrent tous les cinq en haut pour arriver à la mezzanine du premier qui débouchait sur un couloir, mais les bruits dans leurs dos leurs faisaient craindre le pire.


OTIWANA (inquiète) : Je crois que nous avons déclenché une réaction en chaîne…

BOUTY : Raison de plus pour ne pas traîner. Je ne tiens pas à moisir ici !

SLAYEUR : Le fragment de clef se trouve au bout de ce couloir, dans la grande pièce circulaire !

Comme poursuivis par l’enfer lui-même, ils foncèrent à travers le corridor, éliminant sans ménagement les sentinelles court-circuitées et les derniers cadavres d’Elfes infectés et débouchèrent sur une grande pièce ronde, mal éclairée où patrouillaient des élémentaires d’ombres.

SAVONAROLE : Là-bas ! Regardez ! L’espèce de vase, c’est pas ça la clef ?

SLAYEUR : Tout juste… On nettoie les trois merdes qui nous barrent le passage et on se barre après avoir pris cette clef.

Ils n’eurent pas à se déplacer puisque les élémentaires d’ombre venaient en leur direction, suivis par leurs traînées d’ombres du Néant. Quelques jugements sacrés et boules de feu plus tard, il n’en resta rien, sinon des vortex brumeux qui disparurent peu à peu.

Deux fortes explosions encore plus proches que les précédentes les paniquèrent encore plus.


OTIWANA : Bon on prend le vase et on se barre.

SLAYEUR : Hors de question ! On s’assure que le morceau de clef est bien dedans. Si on se retrouve avec un suppositoire géant qui est vide on aura l’air de rien !

OTIWANA : Fais vite alors Bibou…

Comme pour lui donner raison une détonation supplémentaire, au bout de la pièce où ils se trouvaient fit s’écrouler un morceau de plafond et projeta des débris dans toute la pièce. Le souffle de l’explosion fut tel qu’ils furent tous projetés au sol, sauf Slayeur, solidement cramponné au réceptacle du fragment de clef. Il ouvrit rapidement ce dernier et plaça le fragment dans une sorte de pâte luisant d’énergie arcanique qui prit le moule exact de la portion de clef placée dedans.

Alors que les autres se relevaient avec peine il fit un clin d’œil entendu à Boumator puis leur annonça :


SLAYEUR : J’ai le dernier fragment ! On peut se barrer.

BOUTY : Plutôt deux fois qu’une !

La Gnome mage commença à invoquer un portail vers Shattrath. Alors que les volutes du tourbillon d’énergie commençaient à se stabiliser, une explosion, plus forte que toutes les autres retentit, et souffla une bonne moitié de la pièce. Ils furent projetés dans tous les sens, alors que l’Arcatraz commençait de plus en plus sérieusement à se décomposer dans le Néant.

Le vaisseau-prison n’était plus qu’une carcasse que chaque déflagration supplémentaire amputait d’un bout de sa structure. Il aurait pu sembler être fait de sable et soufflé par le vent. De longs rubans de débris se déployaient dans le vide au milieu des panaches d’énergie de Raz-de-Néant alors que certains retombaient avec fracas plus bas, quand ils ne disparaissaient tout simplement pas dans l’espace.

Après le choc subit, Slayeur eut un peu de mal à se relever, sa tête lui donnant l’impression qu’elle allait exploser. Se remettant doucement, il se leva avec peine, et réalisant avec effroi ce qui venait de se passait, fouilla dans sa poche à tâtons.

Son visage se crispa d’effroi quand il senti qu’il avait perdu la fragment de la clef de Karazhan, avant de se radoucir en voyant qu’il avait toujours le moulage sur lui. Ceci le rassura à moitié, mais il devrait faire avec.

Regardant où il se trouvait, il vit qu’il se tenait maintenant sur une passerelle, quasiment décrochée de la superstructure, qui se tenait au-dessus du vide. Derrière lui le chemin vers l’Arcatraz était libre mais devant, le pont de fer se perdait quelques mètres plus loin dans l’abîme. Face à lui, à quelques mètres du Néant, Savonarole, sonné, essayait lui aussi de se relever.


SLAYEUR (agréablement surpris) : Voyez-vous qui voilà…

SAVONAROLE : Ha… Bibou, tu es l…

Il bloqua soudain en regardant Slayeur, et son visage fut bloqué par la surprise.

SAVONAROLE (effrayé) : Mais… Mais tu es… Slayeur…

Les sourcils du prêtre se froncèrent en prononçant le nom du paladin. Ce dernier jeta un rapide coup d’œil sur lui-même et vit qu’il avait repris son apparence de Nain.

SLAYEUR (pour lui-même d’abord) : L’explosion a sûrement perturbé la magie de mon déguisement… Dans le fond c’est tant mieux. Cette apparence de Gnome me faisait vomir.

Il eut un rictus de dégoût.

SAVONAROLE : C’est toi qui est à vomir vermine ! Meurtier ! Assassin !

Il se remettait doucement debout, mais avant néanmoins besoin de se cramponner à la rampe de la passerelle.

SLAYEUR : Tututut…. Voilà de bien grands mots. Il faut toujours voir les choses du côté positif. Ce qui tu appelles des meurtres ou des assassinats, moi je le conçois comme une noble œuvre d’épuration.

SAVONAROLE (furieux) : Et l’assassinat de mon père aussi c’était une « épuration » espèce de fumier ! C’était un Gnome peut-être ?!

Le paladin éclata de rire.

SLAYEUR : Pour ton père ce n’était pas un « épuration »…

SAVONAROLE (à bout) : Qu’est-ce que c’était alors ?!

SLAYEUR : Je vois que Poerit ne t’a pas dit la Vérité… Ce n’à jamais été un meurtre, un assassinat ou une épuration. Et en fait il n’a jamais été mort.

SAVONAROLE (bouche bée) : Quoi ? Mais… ?

Il s’avança d’un pas et le déclara très solennellement :

SLAYEUR : Savonarole… Je suis ton père !

Au comble de l’incompréhension et de l’abattement le prêtre hurla de chagrin :

SAVONAROLE : Nooooon !!! Tu mens ! Tu mens !

SLAYEUR : Lis au fond de toi, et tu verras que le même sang coule dans nos veines. Comme tu verras aussi que l’autre Gnome qui était avec nous était ton propre frère.

SAVONAROLE (en sanglots) : Jamais ! Jamais !

SLAYEUR (sec) : La barbe ! Je ne te demande pas ton avis ! Tu vas venir avec nous à un endroit où tu seras beaucoup plus utile qu’ici.

SAVONAROLE (haineux) : Je n’irai nulle part avec vous.

SLAYEUR : Oh que si tu v…

Il s’était arrêté net de parler. Le prêtre tenait devant lui, au-dessus du vide, le troisième fragment de la clef de la Tour de Medivh.

SLAYEUR : Ne fais pas ça petit…

SAVONAROLE : Tu n’as aucun ordre à me donner. Recule vermine nainzie !

SLAYEUR : Ne dis pas de bêtise et donne moi ça !

Il avait avancé d’un pas vers Savonarole qui en réponse en avait reculé d’un vers le Néant.

SLAYEUR (sec) : Ce n’est dans l’intérêt à personne que tu fasses ce genre de bêtise. Alors viens gentiment vers moi et donne moi ce fragment !

Le prêtre avait encore reculé d’un pas, mais il ne lâchait pas Slayeur d’un regard plein de rancœur. Excédé le paladin commença à incanter un sort. Grand mal lui en pris, Savonarole le remarqua, et il sauta dans le vide. Slayeur se précipita pour le rattraper, mais il n’y pu rien.

Le Nain sentait siffler l’air dans ses oreilles, s’attendant à sa mort toute proche. Il s’écrasa avec force contre quelque chose de dur, mais ce n’était pas le sol. La douleur lui fit ouvrir les yeux et il vit qu’il se trouvait dans un petit aéronef, piloté par Sylirie et à l’arrière duquel se trouvait Kyriah.


SYLIRIE : Jolie réception ! Allez Savo, descend de l’aile et viens sur le siège passager.

KYRIAH (montrant les dents) : Bonjour Clarisse…

SAVONAROLE (hésitant) : Euh…. Je préfère rester sur l’aile.

SYLIRIE : Tu as déjà bien du l’amocher avec ta chute, il est hors de question que tu restes dessus. Allez monte, elle ne va pas te bouffer…

SAVONAROLE (méfiant) : Ouais, c’est toi qui le dit…

Un peu plus haut Slayeur avait vu la réception de Savonarole par l’avion de la démoniste. Il sorti son palantir de poche et annonça d’une voix monocorde.

SLAYEUR (grave) : Couverture dévoilée. Repli immédiat sur la base. Fouregueule, plan B…

L’avion filait plein Sud en direction de Terrokar. Pendant le vol Sylirie en profita pour questionner le Nain qui semblait au comble de l’abattement.

SYLIRIE : Il s’est passé quoi alors ? Pourquoi tout a pété ? Personne n’a rien j’espère ?

SAVONAROLE : On a voulu se frayer un chemin vers le premier étage, et apparemment on a forcé un peu la dose sur la partie du vaisseau qu’on a fait s’écrouler pour assurer nos arrières. Pour le reste je sais pas, on a été séparés par l’explosion.

SYLIRIE : Vous n’avez pas fait les choses à moitié… Et on peut savoir pourquoi tu fais cette tronche alors ?

SAVONAROLE : Slayeur était avec nous… Il était déguisé en Gnome. Il a…

SYLIRIE : Ne dis pas de conneries ! Slayeur est mort au Mont Blackrock y’a une paye ! Il n’est sûrement pas réapparu sur l’Arcatraz. Ça n’a aucun sens.

SAVONAROLE : C’est… c’est… mon père !

Le Nain éclata en sanglot.

SYLIRIE : Écoute je ne pige rien à tout ça, d’autres seront sûrement plus qualifiés que moi pour comprendre quelque chose à tout ceci et t’aider. En attendant on rentre à Shattrath. Vous avez pu chopper la clef au fait ?

SAVONAROLE : Oui… j’ai le fragment.
Et comment tu savais que j’allais sauter au fait ?

SYLIRIE : Couette m’a conseillée de rester dans les parages et de surveiller les choses au cas où… Elle a bien fait. Et en passant autour du vaisseau qui commençait à se décomposer j’ai vu quelqu’un tomber, donc du coup je l’ai récupéré, et c’était toi.

SAVONAROLE : Je te dois une fière chandelle alors… J’espère que les autres auront pu s’en tirer.

SYLIRIE : Ne t’en fais pas pour…

Elle s’interrompit. Un projectile massif venait de les frôler dans un violent sifflement, avant de s’écraser en explosant sur une des aiguilles rocheuses de la zone.

SYLIRIE (surprise) : Mais c’est quoi ce bordel ?!

KYRIAH : Géant de Fer ! Gant de Fer !

Sylirie et Savonarole tournèrent la tête vers l’arrière et purent voir une saccageur gangrené qui fonçait vers eux au pas de course.

SYLIRIE (gardant son calme) : Là on est dans la merde…
Kiki, mitraillette s’il te plait. On va essayer de s’en sortir du mieux qu’on peut.

KYRIAH (plissant les yeux) : Tuer…

SYLIRIE : Faut absolument atteindre le Néant pour semer cette saloperie.

À la première manœuvre pour couper directement à travers le Néant, l’avion essuya un tir de barrage et dut braquer à l’opposé, vers les terres.

SYLIRIE : Bon, c’est un vicieux…

La Gnomette enclencha deux interrupteurs et un écran de fumée se déploya derrière l’avion, alors que deux roquettes en partirent en direction du saccageur. Ils entendirent deux bruits d’explosion contre le métal, et poussèrent un soupir de soulagement.

Le répit fut de courte durée puisque, perçant le nuage de brouillard, ils virent le géant de fer tenir dans ses mains les deux fusées qu’il jeta avec dédain au sol.


SYLIRIE (pestant) : Il se rapproche le con…

Derrière eux, dans la cabine de pilotage aménagée au cœur du saccageur, Fouregeule s’amusait.

FOUREGUEULE : Mmmm elle se laisse pas faire la coquine… On va jouer à la chasse aux papillons voir si elle s’en sort mieux.

Aussitôt dit, aussitôt fait : le saccageur s’arrêta net, plia un genou à l’avant et tendit une jambe à l’arrière tout en allongeant son bras droit que tenait son autre main. Le poignet se mit à tourner très rapidement comme un barillet de pistolet pour que d’une des aspérités des poignets soient éjectés trois missiles qui foncèrent vers l’avion.

Kiryah, très réactive, mis en branle la mitrailleuse fixée à l’arrière de l’appareil. Les canons de l’arme commencèrent à cracher un flot ininterrompu de balles en direction du plus proche des missiles qui s’approchait, avant qu’il n’explose dans une nova d’énergie verte.

Le deuxième missile eut plus de chance puisqu’il ne cessait de modifier son cap pour éviter les coups de feu émis depuis l’avion. Lorsqu’il fut à la distance souhaitée, il se scinda en deux, et une orbe d’énergie verte se libéra tout en se dilatant pour foncer vers l’avion et l’envelopper telle une bulle de chewing-gum.

Prisonnier de cette gangue verdâtre, l’avion commença à ralentir et perdre de l’altitude. Une seconde manœuvre d’esquive se heurta à un nouveau tir de barrage et Sylirie dut remettre le cap sur l’intérieur du continent. Kyriah impuissante face à cela, dégaina son épée à deux mains et commença à monter sur les ailes de l’aéroplane. Alors que la bulle ne cessait de se resserrer sur l’appareil, du tranchant de sa lame la jumelle de la démoniste commença à la déchirer de l’intérieur comme une enveloppe avec un vulgaire coupe papier. Bientôt la sphère qui les emprisonnait sauta comme la peau d’un petit pois et ils purent reprendre de la vitesse et de l’altitude.

Cependant le saccageur s’était dangereusement rapproché et le troisième missile était toujours là, oscillant autour d’eux. Sans présenter aucun angle d’attaque pour la mitrailleuse. Une rafale de balles parti du saccageur gangrené et failli heurter de peu la guerrière qui en lâcha son épée de surprise la laissant filer vers le sol.

Savonarole tenta alors le tout pour le tout. Se concentrant au maximum qu’il put, ses yeux brillèrent d’une leur dorée surnaturelle. D’une voix désincarnée il prononça une formule magique et venant des cieux, un feu divin consuma le dernier missile.


SYLIRIE (jubilant) : Bien joué les enfants !

Le saccageur continuait à courir vers l’avion et s’en rapprochait dangereusement. À chaque instant sa course effrénée le rapprochait de l’aéronef. Il tendit son bras pour agripper la queue de l’appareil. Et ce fut le choc et l’explosion.

Le saccageur avait été percuté par un bateau volant cuirassé sur la proue. Un immense éperon d‘acier avait transpercé le géant de métal dans son flanc, pour aller ressortir de l’autre côté.


SYLIRIE : Ha ha ! Couette est là ! Allez on se sauve les enfants ! Direction Shattrath !

Alors que l’avion s’éloignait. Le bateau poursuivait son attaque. L’Octobre Rouge éjecta son éperon de métal comme on lance un harpon, puis pointa les canons qui y avaient été installés en direction de saccageur qui avait chuté au sol. Fouregueule eut juste le temps de se sauver avec le siège éjectable. La salve de tirs réduisit le titan de métal en pièces.

Alors que Savonarole revenait vers Shattrath, les flammes qui consumaient le saccageur gangrené donnaient un éclat bien menaçant au demi échec de Slayeur et auguraient mal de sa prochaine rencontre avec le Seigneur Gniev.



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 Sujet du message: Re: Trilogie NRV - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Mer 29 Juil 2009 20:28 
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LES AILES VENGERESSES

Scène 32

« Les écorchés »




Sur les terres dévastées de Raz-de-Néant, les manaforges vomissaient leurs flux incessants d’énergie arcanique en direction du ciel. Ces colonnes d’éclairs pourpres fendaient les cieux, perçant les nuages en s’étiolant en de gigantesques tourbillons d’énergie qui ne cessaient de déployer leurs bras. Ces vestiges de la technologie des Na’aru ponctuait cette région anéantie qui avait été autrefois une luxuriante étendue de vertes plaines ; saturées de magie elle étaient à présent le nœud de rencontre des toutes les créatures attirées par la magie sauvage qui s’en échappait. Les manaforges de Raz-de-Néant avaient attiré les Elfes de Sang, qui les exploitèrent pour leur propre compte. Les Sin’doreis qui, en usant de cette puissance débridée, attirèrent jusque dans les forges les chimères que le Néant contenait.

Dans ce paysage d’apocalypse, deux silhouettes humaines se tenaient debout parmi les débris d’une bataille récente. L’une était coiffé d’un crâne qui couronnait la capuche qui voilait son visage ; elle tenait dans sa main un long bâton de magicien orné d’une tête de dragon. L’autre, était un homme plutôt jeune à la peau sombre et aux cheveux gris, qui de ses mains jouait encore avec deux énormes masses qu’il faisait tourner dans les airs. Kefkka et Oruchimaru se dressaient debout au milieu des restes d’Elfes de Sang et d’anomalies du Néant combattus quelques instants plus tôt. L’escarmouche avait été brève et sanglante, et tous les deux en étaient sortis parfaitement indemnes.

Se tenant sous une des élégantes tentes des Elfes, le démoniste observait avec attention un saccageur gangrené poursuivre un petit aéroplane qui s’échappait de l’Arcatraz. Dans l’horizon proche, ce vaisseau-prison des Na’arus se décomposait en une infinité d’explosions et de vagues de flammes dans le ciel troublé du Néant déjà bien agité. Le rogue, quant à lui, bien que n’ayant aucune crainte face à d’éventuels nouveaux adversaires, éprouvait une sensation de malaise et d’anxiété dans ce lieu où tout lui paraissait étranger.

Kefkka, fébrile, marmonnait dans sa barbe des choses incompréhensibles, ne lâchant pas la course-poursuite des yeux. Si son visage avait été visible, il eut été certain qu’il était en train de sourire face au tour que prenaient les évènements qui se déroulaient face à lui.

- Qu’est-ce qui vous fait vous extasier comme ça ? demanda le voleur.
- L’assurance que tout se passe très bien mon garçon, répondit son compagnon en se retournant.
- Et ça aussi c’est bon signe ? interrogea-t-il en désignant l’Arcatraz qui se désintégrait dans le Néant.
- Ceci n’a plus aucune importance, et puis… cela fera ton sur ton avec le reste de la région. L’essentiel est que vos anciens compagnons aient réussi à s’emparer du troisième morceau de la clef qui ouvre l’accès à la Tour de Karazhan.
- Comment ça « mes anciens compagnons » ? Vous me chantez quoi là ?
- La Gnome Otiwana, son amie Bouty, et même votre ancien chef, le Nain Slayeur…
- Vous délirez ! Slayeur est mort, désintégré dans la lave.
- Les démons savent ramener les morts à la Vie, Gniev ne fait pas exception. Votre ami le Nain porte sa souillure puante sur lui, je la vois à des kilomètres.

Il avait dit cela avec un ton dégoûté, avant de rajouter :

- Vous aussi vous la portez d’ailleurs.
- Je porte la trace de votre pote de la Légion ? Vous déraillez ! Notre ballade à Auchindoun mise de côté, ça fait des mois que je n’ai pas vu de démons.

Kefkka ricana et considéra Oruchimaru un instant, il parti alors s’asseoir sur une caisse qui traînait et ne cessait de le dévorer du regard.

- Pour vous qui n’êtes pas initié aux arts magiques cela reste une dimension insoupçonnée. Mais pour les gens comme moi, versés dans le savoir des arcanes ; des gens comme moi qui ont abandonné leurs yeux pour mieux voir, cela constitue la majorité du monde visible.

Il releva imperceptiblement son chef en direction du voleur. Dans la pénombre de sa capuche, ce dernier pu voir la lueur des yeux verts du démoniste briller avec un éclat soutenu.

- Je ne vois pas les choses comme vous, les choses physiques. Même si je devine leurs formes… En revanche, je distingue toutes les énergies, magiques ou non qui imprègnent chaque être, chaque chose qui existe. Toutes ces arabesques élégantes dessinent mon monde, et celui-là ne ment pas. Il montre les choses qui sont, et pas celle qu’on veut faire paraître.
- Quel est le rapport avec moi ? protesta le rogue. Je ne suis pas un mage.
- Certes non, mais l’énergie court en vous comme en toute chose. Et vous portez en vous la souillure indélébile de Gniev.

Le rogue réalisa alors ce que Kefkka voulait dire.

- Béné…
- C’est exact. C’est lui qui vous a marqué. En tant que premier serviteur du Seigneur Eredar, il maniait une magie démoniaque. Sa magie démoniaque. Et en vous attaquant il a laissé des traces. C’est pour ça que je vous ait choisi.

Le regard du voleur se plissa :

- Que voulez-vous dire ?
- Je ne suis pas tombé sur vous par hasard. Même si vous étiez à Darnassus, j’ai pu sentir votre présence depuis Gangrebois. Les démons majeurs sont détectables de très loin.
- Vous ne connaissiez pas Samantha alors ? demanda-t-il avec un tremblement de colère dans la voix.
- Pas personnellement. Mais je vous offre toujours de la venger.

Oruchimaru s’avança d’un pas vers le démoniste.

- Vous m’avez MENTI ! aboya-t-il.
- Un mensonge utile. La fin justifie les moyens. Et sur la fin je ne vous ai pas menti.
- Comment voulez-vous que je vous fasse confiance ? Vous êtes déjà flippant au possible et vous avez le culot de me dire que depuis le début vous me manipulez ! Vous vous êtes servi de mes remords pour m’utiliser !
- Pour le bien commun, répondit Kefkka sans se départir de son calme. J’ai besoin de la marque de Gniev que vous portez sur vous. Elle me permet de suivre ce qu’il fait. Elle me permet de savoir ce que notre ennemi complote.

Le rogue dégaina une de ses dagues et toisa Kefkka avec morgue :

- Je devrais vous égorger comme le vulgaire chien que vous êtes…
- Vous savez ce qu’il vous en coûtera. Même mort vous porterez la marque et vous continuerez de me suivre comme une vulgaire marionnette. À vous de voir.

L’absence de représailles immédiates de Kefkka intrigua son compagnon de route. Lui qui était d’habitude si prompt à ne pas se laisser offenser semblait prendre ceci à la légère. Sans doute l’aveu qui venait de lui faire avait été calculé et il ne voulait pas en rajouter après cette révélation. Oruchimaru rangea son arme en ne lâchant pas son compagnon des yeux. Le démoniste toujours assis sur son siège de fortune le dévorait également du regard, mais il semblait amusé :

- Je vais inverser les rôles pour une fois, déclara-t-il. C’est moi qui vais poser des questions.
- Gardez vos sarcasmes, cracha le rogue.
- Et votre fausse dignité pour vous, voleur ! Dites-moi plutôt ce qui vous a poussé à me suivre. Je pense inspirer beaucoup de chose sauf de la confiance.

Oruchimaru fut pris de court et le doute commençait se peindre sur ses traits.

- Si je le savais moi-même… soupira-t-il.
- Vous avez nécessairement une raison. Je vous ai promis vengeance et richesse, c’est donc cela qui vous a poussé à accepter ? s’étonna-t-il un brin dubitatif.

Le voleur s’éloigna de quelques pas, et fixa sur l’horizon l’Arcatraz qui n’en finissait plus de se désintégrer.

- Elle était à mes côtés depuis tout ce temps, et pourtant je n’ai rien vu. Elle s’est sacrifiée pour moi, alors que pendant tout ce temps j’ai été plus aveugle que vous Kefkka !

Il avait aboyé sa dernière phrase avec la rage du désespoir, son regard humide de colère ne lâchant pas le chaos que vomissait le vaisseau explosant dans le ciel.

- Vous avez raison de douter de mes motivations concernant ce que vous m’avez proposé. La vengeance ne pourra jamais effacer les remords qui me dévorent. La richesse encore moins. Dans le fond si je vous ai suivit ça doit être parce que vous avez l’air assez craignos pour que je risque d’y passer et que je sois enfin délivré de tout ça.
- Vous pensiez que je vous menais à une mort certaine ? s’esclaffa le démoniste. C’est que vous n’avez rien compris mon garçon.
- Arrêtez avec votre paternalisme à deux ronds ! Vous n’avez aucune idée de ce que je vis ! Vous n’avez pas de cœur ! La seule chose sur laquelle vous avez sûrement du pleurer dans votre vie c’est sur un de vos rituels démoniaques foiré ou une invocation ratée.

Il y eut un bruit bizarre et Oruchimaru senti une présence juste derrière lui. En pivotant sa tête il se trouva nez à nez avec Kefkka qui le collait à moins d’un centimètre. Le rogue se retourna pour rendre son regard au démoniste soudainement apparu derrière lui. Ils n’avaient jamais été aussi près l’un de l’autre et à présent Oruchimaru distinguait parfaitement dans tout son détail le flamboiement des yeux verts enflammés de Kefkka. Et ce n’était certainement pas une lueur de joie.

- Mais qui êtes vous, VOUS, pour oser affirmer de façon péremptoire de telles assertions concernant ma vie passée, jeune rogue ?! grinça le démoniste d’un ton extrêmement sec et cassant.
- Je n…
- Vous n’êtes qu’un bâtard orphelin élevé dans la souillure de la rue ! Et ce n’est pas parce que votre frère adoptif est un adpete de la lumière que cela vous donne le droit de juger du haut de votre superbe tout un chacun.

Le voleur demeurait interdit face à cette révélation.

- Vous pouvez bien faire cette tête ! Oh oui ! Je sais plus de choses sur vous que vous ne pourrez jamais le savoir. Je lis en vous comme en un livre ouvert. Votre âme est d’une telle simplicité qui je pourrais l’étaler sur une simple feuille de nénuphar, qu’elle n’en prendrait pas toute la place. Vous êtes risible ! Vous n’êtes qu’un bouffon qui veut se donner des airs de justicier alors que dans le même temps vous volez les gens dans leur dos…

Il s’arrêta exténué, comme lors de leur dernière dispute. Cette fois-ci le rogue le fut également, moins fatigué que le démoniste, mais néanmoins frappé d’une étrange faiblesse pour quelqu’un qui n’avait rien fait ou rien dit.

- Je vous le redis. À l’avenir cessez de m’énerver comme cela. La magie qui nous lie provoque ce genre de désagréments qui pourraient s’avérer dangereux un jour.

Kefkka se redressa sur son bâton et retourna s’asseoir sur sa caisse. Son compagnon lui fit de même sur une table qui était posée sous une tente toute proche. L’ambiance restait glaciale entre les deux, jusqu’à ce que le démoniste décide de briser le silence malsain qui s’installait :

- Vous vous trompez sur moi Oruchimaru. J’ai beau avoir mes méthodes, je crois pouvoir dire que je suis aussi écorché à vif que vous ne l’êtes.
- Vous voulez dire quoi par là ?
- Tout comme vous je suis orphelin, même si je n’ai pas eu la chance d’avoir quelqu’un pour veiller sur moi. Et tout comme vous j’ai perdu celle que j’aime. Cela fait au moins deux points commun entre nous. Cela vous prouve aussi que j’ai un cœur, et qu’il a saigné, quoi que vous pensiez.
- Vous devriez apprendre à le montrer plus souvent alors. Ça vous rendrait moins effrayant.
- Je ne cherche pas à attirer les gens, seulement à rendre ce monde meilleur ; et il est déjà trop empli de vice pour que je m’amuse à le soigner avec de la vertu.
- Je préfère ne rien tenter. Tout tourne déjà très bien, même si ce n’est pas le paradis.
- C’est votre choix jeune rogue.
- Arrêtez de m’appeler comme ça. Vous n’êtes pas si vieux, alors gardez votre condescendance.
- « Pas si vieux » ? Vous seriez extrêmement surpris si vous connaissiez mon âge, s’amusa le démoniste.
- Et peut-on le savoir ? questionna le rogue.
- On ne demande pas ça à une personne âgée voyons, répondit Kefkka d’un ton goguenard.

Le voleur se contenta de cette réponse. Il regarda alors dans la direction qu’avaient empruntés le saccageur et l’avion.

- Est-ce que nous sommes en train de suivre Oti, Bouty et Slayeur ? demanda-t-il.
- On ne peut rien vous cacher. Nous les suivons effectivement
- Jusque Karazhan ?
- Nous devrons nous y rendre. Cependant, vos amis ont une dernière mission à accomplir avant. Ils doivent retourner dans le passé pour faire activer la clef par Medivh. Et pour ça je ne m’inquiète pas, ce ne sera qu’une simple formalité. Pour ce qui nous concerne, nous n’avons plus à les suivre jusqu’à ce qu’ils doivent s’y rendre. Une fois qu’ils y seront nous devront leur prêter main forte en nous joignant à eux.
- Dans un but totalement désintéressé évidement, persifla le rogue.
- Cela va de soit, ricana Kefkka sur un ton tout aussi hypocrite.


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 Sujet du message: Re: Trilogie NRV - Episode II - Les Ailes vengeresses
MessagePosté: Ven 31 Juil 2009 15:23 
Sarah Kerrigan
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LES AILES VENGERESSES

Scène 33

« Le secret des dragons »




Au milieu de la faune et de la flore des collines verdoyantes de Nagrand, dans les hautes herbes grasses, les elekks et les sabots-fourchus paissaient tranquillement au pied de l’Osho’gun qui dominait la plaine de sa stature imposante. Ce gigantesque monolithe de cristal, était tout ce qu’il restait d’une nef interdimensionnelle Na’aru qui s’était écrasée sur Draenor des siècles auparavant. Si ces faits étaient relativement connus pour ceux qui se donnaient la peine d’être curieux, la présence d’un gigantesque complexe souterrain en dessous de la carcasse du vaisseau, était en revanche un élément quasi-ignoré de tout le monde.

Cet immense dédalle de couloirs et de salles n’avait rien à envier en taille et en proportions aux plus grandes des villes d’Azeroth, mais à présent, seuls le silence, la Mort et une inextricable sensation d’angoisse régnaient sur ces lieux. Tombeau de secrets oubliés depuis des millénaires, son dernier gardien avait succombé à la suite de l’intervention des séides du Seigneur érédar Gniev. Maintenant vide de toute présence, l’Oshu’gun demeurerait-il aussi abandonné qu’il l’avait été pour les siècles précédents ? Rien n’était moins sûr.

À présent, deux serviteurs du Roi-Liche faisaient un retour discret aux abords de cette montagne de cristal dont la surface parfaitement lisse reflétait les rayons solaires avec une constance séculaire. Dans la plaine baignée de lumière, un chevalier de la mort et une banshee troublés par ce cadre étincellent, se morfondaient :

- Cet endroit empeste la vie, remarqua Anthem.
- Tu as été vivante durant des siècles et tu t’étonnes aujourd’hui de l’odeur nauséabonde que dégagent les êtres vivants ? De l’abject éclat de la lumière ? Tu as encore beaucoup à apprendre.
- Le Roi Liche soit loué, cet état de fait n’est heureusement plus. Ce qui me permet d’être là aujourd’hui pour accomplir cette mission.
- Alors trêve de bavardage et voyons donc ce que ce cher Slayeur et ses amis ont pu laisser comme trace de leurs exploits ici. Si toutefois ils en sont revenus…
- Tu peux faire confiance au Nain pour rester vivant dans les pires situations Darshanesh. Il est plus increvable qu’un mort vivant.
- Cela me rappelle quelqu’un… persifla le chevalier de la mort.

La banshee ne releva pas le sarcasme, et ils se lancèrent alors dans un relevé détaillé des éventuelles traces laissées par l’équipée du paladin. Si les groupes d’animaux les évitaient soigneusement, apeurés par l’aura malsaine qui se dégageait d’eux, les élémentaires d’ombres et le Gron géant restaient toujours des menaces bien présentes. Malgré cela ils purent chercher dans un calme relatif ce qui les intéressait et se rendirent vite compte que l’Oshu’gun avait été obstrué au niveau de ce qui semblait être son entrée principale.

- Cet éboulis semble récent, remarqua Darshanesh en passant la main sur les pierres.
- Je vais voir de l’autre côté ce qu’il en est.

Sous sa nouvelle forme de banshee Anthem n’avait aucun mal à traverser ce genre de parois. Sa silhouette éthérée disparu à travers les éboulis rocheux, pour n’en réemerger que quelques instants plus tard.

- Alors ?
- Ils sont passés par là. Ça grouille de cadavres de démons et d’adeptes de je ne sais quelle secte.
- Tu as remarqué autre chose ?
- Il y a une sorte de structure métallique après mais je préfère t’attendre pour en poursuivre l’exploration, ça a l’air assez grand.
- En ce cas ne perdons pas de temps. Recule toi…

Suivant ses ordres, l’Elfe qui semblait faite de brume glisa silencieusement sur le sol jusque derrière lui. Le chevalier concentra alors une énergie d’un violet sombre dans son poing avant de l’envoyer en une déferlante sur l’entrée obstruée qui se libéra en un fracas explosif, les débris pierreux éraflant à peine l’armure sinistre que Darshanesh portait. Ils purent alors pénétrer dans l’Oshu’gun.

À l’intérieur, le carnage avait laissé après quelques jours une odeur de mort répugnante, qui ne gênait en rien ces deux séides du Fléau. Une fois une exploration succincte de la grotte et des premières salles accomplie, le serviteur du Roi Liche guigna en direction des corps gisant au sol :

- Voilà qui va nous faciliter la tâche, s’amusa Darshanesh.

Levant son poing en l’air il canalisa des éclairs d’énergie sombre qui virent frapper les dépouilles de ceux qui étaient tombés au combat. À l’exception des démons dont les cadavres restèrent dans le même état immobile, les ritualistes orcs s’animèrent et convergèrent vers le chevalier qui les regarda avec satisfaction.

- Trouvez le chemin laissé par les vivants, ordonna-t-il

La quinzaine de marionnettes qu’il venait de relever s’ébranla immédiatement et fila dans toutes les directions. Le temps passa, et finalement tous finirent par converger dans la même pièce, là où se trouvait un Na’aru brillant d’une ténébreuse lueur.

Image

- Qu’est-ce que c’est que cette chose ? pesta Darshanesh.
- Je crois en avoir vu un à Shattrath… Mais je ne sais pas ce que c’est. Celui que j’ai vu n’était pas sombre de toute façon, il brillait d’une lumière cristalline.
- L’énergie qui se dégage de lui semble faible, comme à l’agonie…
- Je n’aime pas cette chose, quoi qu’elle soit.
- Moi non plus ma douce. Il semble pourtant que les autres aient du passer par ici. Va jeter un œil derrière ces murs il doit sûrement y avoir une salle derrière.

Et effectivement, après le retour d’Anthem une minute plus tard :

- Il y a bien un couloir derrière l’estrade où se tient cette chose.
- Les murs sont épais ? questionna l’ancien paladin.
- Quelques centimètres au maximum.
- Alors nous allons faire parler la poudre, dit-il en sortant de sa sacoche une bombe gravée d’une tête de Mort.

Il alla la placer au pied du mur, juste derrière le Na’aru qui commença à changer de couleurs. Les nuances d’énergie sombres variaient de plus en plus à sa surface, pourtant il demeurait immobile.

- Et on fait quoi de ce truc ? demanda l’Elfe en le désignant de la tête.
- S’il comprend ce que l’on dit, il a intérêt à déguerpir sinon il va perdre un morceau je pense.

Comme pour lui répondre une sorte de bruit magique retentit et une porte apparut au milieu d’une aura de lumière qui se dessinait dans le mur. Le chevalier manqua de tomber sous l’effet de la surprise, mais il resta droit et faisait maintenant face au couloir sombre qui plongeait devant eux. Après avoir repris la bombe, Darshanesh, Anthem et la quinzaine de goules pénétra dans le couloir. Tous morts qu’ils étaient ils ressentirent eux aussi cette étrange sensation de mal-être et d’angoisse.

- Nous ne devrions pas éprouver ceci… C’est… étrange.
- Ça me perturbe aussi… Tu as déjà ressenti ceci auparavant Darsh ?
- Pas depuis que je Le sers… Mais ça n’a aucune importance… avançons !

Les goules en tête ils s’engouffrèrent dans les boyaux de l’Oshu’gun, suivant les résidus de Vie et d’énergie démoniaque laissés par Slayeur. Même s’ils pensaient que l’équipe du paladin s’en était sortie, ils restèrent vigilants, guettant le moindre bruit, étant attentif à la moindre énergie, parés au moindre danger. Ne ressentant ni la faim, ni le froid, ni la gène provoquée par l’obscurité, ils marchèrent longuement dans les couleurs pierreux et en ruines du complexe souterrain.

Arrivés devant le pont de pierre brisé, Anthem pu flotter sans trop d’encombres jusque de l’autre côté, Darshanesh lança un par un de l’autre côté leurs serviteurs réanimés, avant d’utiliser sa poigne de la mort pour d’agripper à un aspérité rocheuse à l’opposé.

Ils reprirent leur route, mais ils étaient comme hors du temps et de l’espace, seul le lien mental les attachant au Roi Liche les ramenait encore à un semblant de réalité au milieu de cette obscurité et de cet oubli. Pendant des heures, ils déambulaient dans cette longue succession de caverne aux parois taillées mais qui semblaient inhabitées depuis longtemps, des années, des siècles peut-être, au milieu de l’obscurité d’où ne perçait que la lueur de leurs yeux irisés de bleu. Sur les traces du paladin, de temps en temps ils entraient dans ce qui semblait être une habitation mais il n’y trouvaient rien d’autre que des squelettes méconnaissables, tout le reste était en état de décomposition trop avancé, quand ce n’était pas déjà devenu poussière. C’est alors que Darshanesh s’arrêta, au milieu d’un des couloirs :

- Qu’y a t il Darsh ?
- Tu ne sens pas cette présence ? Une magie puissante… Je n’aime pas ça, répondit-il préoccupé.
- Par le Roi Liche tu as raison ! murmura Anthem qui détectait à présent la même chose.
- Camouflons-nous avant que ceux qui sont derrière ne repèrent la signature de notre énergie. Je n’ai pas envie de faire de mauvaise rencontre…

Ils reprirent alors leur route avec beaucoup de précaution. Après une fin de périple d’autant plus longue que la prudence imposait sa lenteur, ils arrivèrent devant l’immense porte sculptée de runes, dont les proportions lui faisaient bien atteindre dix mètres de hauteur et dont l’encadrement était lui aussi parsemé de runes inconnues. Les battants de mithril étaient toujours ornés des énormes têtes de dragons sculptées, mais la porte qu’ils supportaient était beaucoup plus largement entrouverte suite au passage du balrog.

- Le chemin de Slayeur mène ici, murmura le chevalier. Passe discrètement un coup d’œil.

Anthem passa sa tête en travers quelques secondes le temps d’appréhender ce qui se trouvait de l’autre côté.

- Alors ? murmura le chevalier au comble de l’impatience.

La banshee ressorti sa tête et le regarda, circonspecte :

- C’est une salle absolument gigantesque et il y a une sorte de squelette immense au milieu.
- Personne dedans ?
- Je ne crois pas. Mais je sens l’aura de puissance se rapprocher de plus en plus.
- Dépêchons nous d’explorer alors. J’aimerai avoir assez d’information à récolter avant de… tomber sur un os.

Ils ne purent retenir leurs cris de stupeur en entrant. Ils se trouvaient sous un immense dôme rocheux qui aurait facilement pu contenir Ironforge ou Stormwind, il était parsemé de millier et de milliers de cristaux incrustés dans la roche. Au sommet plusieurs gros cristaux de taille gigantesque sortaient du plafond et éclairaient faiblement la pièce, mais surtout ils projetaient un rai de lumière géant sur un squelette colossal au centre de la salle. Cette colonne de lumière brillait au milieu de ce dôme dont les parois étaient semblables à une nuit étoilée. Dès qu’ils regardèrent plus attentivement le squelette, la sensation d’angoisse les repris.

- Ce sont ces ossements qui nous troublent autant… remarqua Anthem.
- Je sens la présence de deux cadavres plutôt récents. Rapprochons nous.

Il leur fallu bien cinq bonnes minutes à pied pour atteindre le squelette. Il avaient stoppé juste avant le cercle de lumière dans lequel il baignait et se tenaient face à sa tête. C’était sans conteste les ossements d’un Dragon, mais jamais ils n’en avaient vu de si imposant. Il devait bien être trois fois plus gros que les sauriens normaux, qui déjà étaient d’une bien respectable dimension.

- Le Fléau aurait une grande utilité d’une telle créature ramenée à la vie.
- Comment ce dragon est arrivé là ? Tu as vu sa taille ?
- Je l’ignore ma douce… je l’ignore, répéta Darshanesh fasciné par le dragon.

Il secoua sa tête pour reprendre ses esprits.

- Ils sont deux... réalisa-t-il.
- Quoi ? demanda Anthem.
- L’aura de puissance : ce sont deux personnes. Je les sens. Des mages je crois. Ils arrivent de plus en plus vite.
- Ils n’auront pas perdu de temps comme nous à suivre les traces de Slay qui s’est sûrement perdu.
- Il faut nous cacher, s’ils approchent plus, notre camouflage sera inefficace et ils sentiront notre présence…

Ils regardèrent partout autour d’eux, mais le terrain était désespérément à découvert. Les yeux irisés de bleu de Darshanesh se posèrent alors sur la tombe du polymorphe à quelques mètres du dragon. Il réfléchit quelques secondes puis jeta un regard vers les Orcs morts-vivants qui les accompagnaient.

- Les cadavres feront une bonne couverture, murmura-t-il pour lui-même.
- Comment ça ?
- Il faut nous cacher à proximité de la tombe, et nous recouvrir des corps des Orcs que nous avons ramenés. Leur présence cachera la notre. Et comme je pense que la tombe doit être aussi fraiche que les goules, ce sera la meilleure des protections que nous pourront utiliser pour le moment.
- Et si ça ne marche pas ?
- Il faudra que ça marche. Nous ne somme pas du tout de taille face à ce qui arrive. Si on peut se cacher et qu’ils ne fouillent pas trop nous avons une chance.

S’activant du mieux qu’ils purent, ils essayèrent de donner la meilleure mise en scène possible pour que tout paraisse le plus anodin du monde. Il se recroquevillèrent près de la tombe, puis Darshanesh ordonna aux Orcs de s’entasser sur eux pour simuler un empilement de cadavres faisant suite à une bataille. Après avoir laissé assez d’espace pour que les bruits alentours puissent leur parvenir, le chevalier de la Mort ota l’étincelle de vie qui animait les Orcs, et leurs dépouilles d’affaissèrent sur eux. Darshenesh et Anthem réduirent leur présence au maximum, se camouflant encore plus, de manière à pouvoir être totalement cachés par la pyramides de cadavres qui les surmontait.

Leur excitation était à son comble, ils redoutaient le danger imminent qui approchait. Cette fébrilité n’échappa pas à Celui grâce à qui ils étaient revenus d’entre les morts. La connexion qui les reliait en permanence au Roi Liche se dilata. Ce qu’ils vivaient, Il le ressentait, ce qu’ils percevaient, Il en avait conscience, ce qu’ils craignaient, Il en sentait la force. Alors ils ressentirent la puissance du Fléau affluer en eux, non pas pour se préparer à l’affrontement, non, mais pour décupler leurs sens et leur permettre de mieux saisir ce qui se passait. Pour parfaire leur couverture, pour les rendre aussi indétectables que possible, pour se fondre au maximum. Si ces deux visiteurs étaient aussi puissants qu’ils semblaient l’être, les observer serait plus fructueux que de les affronter. Alors, calmement, ils attendirent.

Un bon quart d’heure après, ils ressentirent avec force l’approche de ces deux êtres extrêmement puissants. Ils ne pouvaient rien voir, mais l’énergie qui émanait des nouveaux venus était si claire et si intimidante que même l’obscurité la plus profonde où ils se trouvaient ne la leur cachait en rien. Le temps passa encore et ce fut finalement des bruits de pas qui annoncèrent les nouveaux venus. Ils ne parlaient pas, mais tous les sens des deux membres du Fléau étaient tendus vers le déplacement de ce qui était clairement deux mages.

À proximité du squelette géant et de la pyramide de cadavres arrivèrent un humain, de haute taille, aux cheveux d’un rouge flamboyant, ainsi qu’un autre à la race incertaine, mais auquel son teint blafard et la finesse de ses traits faisait ressembler à un Haut-Elfe.

- C’est… fascinant, s’exclama l’humain aux cheveux roux en regardant partout aux alentours.
- C’est pourtant un endroit des plus funeste, lui répondit le Haut-Elfe attristé en ne lâchant pas le squelette de dragon du regard.

L’humain le remarqua et l’imita aussitôt. Ils restèrent silencieusement à contempler l’immense carcasse osseuse qui se tenait devant eux, jusqu’à ce que l’humain brise le silence.

- C’est donc de ceci qu’émane cette sensation malsaine ?
- Oui Rhonin… C’est bien de lui.
- Au moins il efface la puanteur morbide de ce tas d’Orcs… se consola le mage en désignant la pyramide de corps.
- Ma Reine avait vu juste. Il s’est bien passé quelque chose ici.
- Alextraza a ressenti ce qui s’est passé jusque là ?
- Non. Mais suite aux évènements récents, elle en a déduit que l’une des pistes à explorer pourrait se situer dans cet endroit et elle avait raison.
- En ce cas Krasus, peut-être peux-tu m’en dire plus sur ce lieu à présent ?

L’Elfe acquiesça dans un soupir :

- Je te dois bien la Vérité. Si ce que nous croyons est juste, alors tu as tout intérêt à la connaître.

Krasus resta le regard plongé vers le squelette, la peine et la préoccupation étaient gravées sur ses traits. Sans lancer un regard à Rhonin il commença son récit d’une voix tout aussi affectée :

- Les dragons… Des êtres immémoriaux auxquels les Titans confièrent la garde de ce monde. À l’aube des temps, ils créèrent les Aspects qu’ils investirent de pouvoir formidables pour veiller sur leur Création. Chaque Aspect avait en charge un domaine particulier de leur Grand Œuvre, chacun possédant son vol, chacun devant veiller à un pan entier du monde.
Ceux là furent Alextrasa la Lieuse de Vie, Reine des Dragons et du Vol Rouge ; Ysera la Rêveuse, souveraine du Vol Vert ; Nozdormu, l’intemporel, du Vol de Bronze, Aspect du Temps ; Malygos le Tisse-Sort, dragon bleu Gardien de la Magie ; Neltharion que nous nommons maintenant Deathwing, Gardien de la Terre… et son frère jumeau Ikarius, Aspect des éléments et frère souverain du Vol noir, acheva Krasus dans un soupir empli de chagrin.

- Quoi ? Mais je n’ai jamais entendu parler de lui, s’étonna Rhonin abasourdi.
- Et pour cause… Nous avons tout fait pour. Ce qu’il a initié nous a obligé à le faire.
- Qu’a-t-il pu accomplir de si terrible ? demanda Rhonin intrigué.
- Ikarius avait… de grands projets pour nous. Il ne supportait pas de nous voir uniquement veiller à l’équilibre d’Azeroth. Pour lui, les dragons devaient être à l’initiative, être l’avant-garde, façonner comme ils l’entendaient la création des Titans plutôt que de veiller dessus. Il était prêt à tout pour cela, y compris à combattre les siens.
Et il n’était pas seul à penser comme cela. Il avait de nombreux partisans, et pas que chez les Noirs, dans tous les Vols on l’écoutait car il était l’égal d’Alextrasza, ce que Neltharion supportait mal d’ailleurs.
- Il était si puissant que ça ?

Krasus tourna sa tête vers l’humain et le regarda droit dans les yeux avec gravité.

- Bien plus que tu ne peux l’imaginer. Et il en avait parfaitement conscience. Fort de ses soutiens, ivre de sa puissance il a voulu modeler ce monde à son image. Il s’est rebellé contre ses frères et sœurs et fit sécession. Une guerre fratricide éclata alors entre les dragons d’Ikarius et ceux des autres Vols.
Elle dura des années et des années… Et les pertes furent nombreuses dans tous les rangs.
- Mais comment un seul Aspect a pu tenir tête à tous les autres ? interrogea le mage au cheveux de feu. C’est impossible.
- Il était fort, il avait de nombreux fidèles, et surtout il possédait un artefact face auquel même l’Âme du Démon ne représentait rien : la Volonté de Draenor.
- « La volonté de Draenor » ? Mmmmm… Ça me dit vaguement quelque chose, réfléchit l’humain.
- Si tu n’en avais pas entendu parler ce ne serait sans doute pas étonnant, même pour un membre éminent du Kirin Tor.
- Cela aussi vous l’avez caché ?
- Nous le devions Rhonin, nous le devions.
- Mais pourquoi ? Et comment… comment cet Ikarius est-il entré en possession de cette… chose ?
- Je vais d’abord te répondre sur le second point mon ami.
Après avoir vaincu les anciens Dieux qui régissaient Azeroth, le Titans bannirent les Seigneurs élémentaires et leurs affiliés dans une dimension-prison. Mais l’eau, la terre, l’air, le feu et toutes ces choses devaient être confiés aux Aspects, c’était primordial, il fallait que cette partie du monde soit maîtrisée.
Neltharion se vit donc confier la Terre, mais uniquement cela, on ne voulait pas confier un pouvoir trop grand sur ce monde à un seul Dragon, car il était bien fougueux sous son apparence avisée.
Les autres éléments furent alors placés sous la garde d’Ikarius qu’on pensait plus sage. Et pour cela il avait reçu l’habilité de voyager sur le plan élémentaire. Ses voyages entre les plans lui plaisaient beaucoup, et il disparaissait souvent pour de longues périodes en repoussant les limites à chaque fois. C’est ainsi qu’il fut la première créature de notre monde à pénétrer sur Draenor. Et c’est là qu’il trouva la Volonté.
Un objet d’une puissance inouïe. L’Âme du Démon concentrait la puissance des Aspects, mais la Volonté était le concentré, la quintessence d’une planète entière !
- Une planète entière ? Mais comment est-ce possible ? C’est ahurissant qu’un tel objet ait pu être créé, lâcha Rhonin stupéfié.
- Nous ne l’avons jamais su Rhonin et nous ne le saurons jamais probablement. Ikarius lui-même ne devait pas le savoir. En revanche, il avait parfaitement conscience de la puissance de cet objet, et lorsqu’il la maîtrisa il déclencha la guerre. C’est comme ça qu’il pu tenir tête à tous les autres dragons.

L’expression de sérieux qui s’éteint peinte sur les traits de Krasus s’alourdit encore, il regarda de nouveau le squelette et reprit son récit :

- Tu n’as pas idée du carnage qui a ravagé nos rangs. Nous nous battions contre les nôtres. Nous les gardiens du monde nous nous déchirions. C’était absurde, comme le gâchis de toutes ces vies… Tous les dragons fidèles à Alextrasza et Neltharion faillirent bien avoir combattu en vain, car Ikarius gagnait la guerre.
- Comment avez-vous inversé la tendance ?
- Ce n’est pas nous qui l’avons inversée, c’est lui. Nous, nous essayions de survivre à l’époque. Ikarius, lui, était soûl de sa force, de sa puissance, de ses victoires, alors il a péché par orgueil : il a ouvert un second front.
- Ce qui signifie ?
- Les Titans nous avaient certes laissé la garde du monde à nous, les dragons ; mais ils n’étaient pas inconscients. Pour protéger l’ordre qu’ils avaient eu tant de mal à bâtir sur le chaos, deux précautions valaient mieux qu’une. Il créèrent un second groupe de gardiens, une sorte d’ordre secret, dont nous ne connaissions rien, sinon l’existence. Ils l’appelèrent le Phénix.
- Le « Phénix » ? Qu’est-ce que c’est que ça.
- Ne va pas t’imaginer un concile d’hommes en robes de bure mon jeune ami. Les Elfes n’existaient même pas à l’époque et les humains encore moins.
Il regroupait sûrement les demi-divinités et les Esprits majeurs du monde. À la Vérité, nous n’en n’avons jamais rien su.
Nous ne savions que trois choses du Phénix en fait : son origine, qui était la même que la notre ; sa mission qui elle aussi était semblable ; et enfin qu’il devait nous surveiller et agir si nous commettions des erreurs ou faisions preuve de faiblesse.
- Ce qui a été le cas quand Ikarius gagnait la guerre ?
- Oui, le Phénix s’apprêtait à agir semble-t-il, mais Ikarius a voulu tirer en premier. Il l’a regretté amèrement. Il n’a pu lutter contre deux ennemis à la fois. Les pouvoirs dont disposait le Phénix nous ont permit d’inverser la tendance, de le chasser et de le traquer jusque sur Draenor. Ici-même dans son sanctuaire.

Rhonin contempla de nouveau l’immensité de la salle.

- Grâce à la puissance de la Volonté de Draenor il avait même transformé son propre sanctuaire en une gigantesque forteresse volante. Les membres du Phénix et les autres Aspects on défait Ikarius dans cette pièce, et l’on tué. C’est son squelette que tu peux voir.
Le reste de ses partisans fut impitoyablement massacré ici et son repaire brisé en deux dans les airs s’écrasa pour moitié dans cette région, pour l’autre, sous l’actuel Auchindoun. La Volonté fut cachée ici et son accès rendu impossible aux dragons, qui seuls ont la puissance pour l’utiliser. Elle fut laissée à la garde de plusieurs Balrogs, des créatures de feu et d’ombre qui en furent les derniers gardiens. Et ce mausolée fut scellé des protections magiques les plus puissantes.
Ikarius et les siens furent condamnés à la damnation mémorielle, tout souvenir d’eux devait disparaître de la mémoire collective et de la face du monde. C’est pour cela que tu n’en a jamais entendu parler. Même nous, nous n’en parlons jamais entre nous, avoua le mage dragon. C’est un tabou qui est scrupuleusement respecté.
- Que sont devenus les gardiens de la Volonté ?
- Le dernier d’entre eux gît mort de l’autre côté de la pièce visiblement ; quant à la Volonté, elle a disparue. Comme tu peux donc le constater, la situation est grave.
- Et Alextrasza pense que tout ceci à un rapport avec ceux qui se font appeler le Vol Infini ? C’est pour cela qu’elle nous envoie enquêter ici ?
- Elle a pensé que c’était une des pistes à explorer. Et elle a vu juste, malheureusement. Tout ceci est forcément lié : l’ouverture de la Porte des Ténèbres, l’apparition de ce nouveau vol, la disparition de la Volonté. Ce sont trois évènements majeurs arrivés en en laps de temps trop court pour que ce soit une coïncidence. Si ce qui s’est passé ici il y a quelques jours est contemporain des deux autres crises que je viens d’évoquer, ces trois choses sont donc liées. Reste à savoir à qui.

Rhonin se mit à réfléchir et émit alors une hypothèse :

- Pourrait-on imaginer que ce soit encore l’œuvre du Vol Noir ? Maintenant la Porte rouverte, Deathwing en a peut-être profité pour s’emparer de la Volonté pour créer ce nouveau Vol.
- C’est une hypothèse audacieuse, mais elle ne colle pas. On ne crée pas des dragons du jour au lendemain, même avec la Volonté en sa possession. De plus nous ne savons rien du Sort de Deathwing, il peut-être même mort comme son cher jumeau, nous ne le savons pas.
- En somme si je résume : la Porte est rouverte, de nouveaux dragons maîtrisant le voyage dans le temps font leur apparition, un des plus puissants artefact qui soient a disparu de sa cachette millénaire, dans cette même cachette ses gardiens ont disparu et on se retrouve ici avec une tombe et un tas de cadavres d’Orcs.
- Tu résumes admirablement le salmigondis de problème dans lequel nous nous trouvons.

Si Krasus et Rhonin étaient inquiets, le Roi-Liche avait reçu plus d’informations qu’Il n’osait en espérer. Plus que tout, l’existence de la Volonté de Draenor focalisait Son attention, et ce que le seul Vrai Roi voulait, le seul Vrai Roi l’avait. Les deux mages restaient cloîtrés dans un silence et une immobilité qui indiquait que le gros des explications était fini. Le temps de la retraite était venu pour le chevalier de la Mort et la banshee.

Les directives affluèrent dans leur conscience. Le Roi-Liche voulait leur retour rapide et discret. Son esprit s’unit aux leurs, et Leur insuffla la puissance nécessaire pour permettre une telle fuite. Enchevêtrés sous les corps d’Orcs, Darshanesh avait pris soin de ménager un espace de mouvement pour ses mains et celles d’Anthem. La puissance du Fléau mise à leur service, ils invoquèrent une porte de la Mort vers le sol. La puissance de leur Souverain les aidant et Les couvrant, ils purent former avec une rapidité et une soudaineté édifiante un portail vers Azeroth. En un instant un disque de brume crépitant d’énergie se forma au sol. En un instant l’amas de morts tomba dedans En un instant la porte se referma, et tout ce que purent remarquer Krasus et Rhonin fut la disparition pure et simple des corps. Et en un instant, ils se retrouvèrent au pied du Trône de Glace.


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