Diablo 3 : Premiers retours sur la beta

Diablo, la première fois que j’ai lu ce mot ce devait être en 1996, sur un fichier .avi issu de mon CD de Warcraft 2. Il y avait une petite vidéo d’une minute environ où un démon rouge écarlate perché sur des sabots de chèvres et des genoux cagneux grognait de façon inquiétante devant un pentagramme.

 

Si seulement j’avais alors ignoré ce titre de chez Blizzard North… J’aurai certainement pu allouer des milliers d’heures de ma vie à étudier durement à l’école pour réussir brillamment ma vie !

Mais non, au lieu de ça j’ai préféré sauver le monde de Tristram en broyant ma première souris, tout en produisant des factures téléphoniques gigantesques à cause des connexions à l’antre de tous les maux, j’ai nommé le « Battle.net ».

 

Des années plus tard et un second opus qui m’a fait rater mon lycée ou presque, le troisième épisode est annoncé. Première idée qui me vient en tête : « Non j’ai passé l’age pour ça, j’ai un métier maintenant, c’est fini ces conneries. » Et puis le temps passe, je fais le tour des sites de jeux vidéos, regardé les quelques captures écran, me dit que ce jeu utilise visiblement le moteur graphique de WoW tellement les donjons ont l’air de manquer de polygones, bref, je tente de me persuader que je m’en porterai pas plus mal de ne pas jouer à ce troisième opus.

 

Sauf que, un site web m’a alors donné une clé pour la beta de Diablo 3… Contre mon gré…

Alors certes, je leur avais gentillement demandé dans le concours qui était dédié à la distribution de clés beta, mais si j’avais posté là c’était, bien entendu, juste pour l’ambiance, absolument pas pour avoir une vrai clé comme vous vous en doutez. Évidemment quand on est désintéressé comme moi, les choses se passent différemment, et j’ai gagné, quel malheur… De plus, comme je suis quelqu’un qui estime normal de rendre hommage aux cadeaux que l’on reçoit, je me suis vu obligé de vous donner mon avis sur la chose.

 

Donc, place aux choses sérieuses, l’installation déjà, si vous avez un portable avec la technologie Optimus de NVIDIA attendez vous à quelques galères, car vous risquez de vous retrouver avec un écran noir, de la musique mais pas de jeu à afficher. Ce n’est pas une généralité, mais bien entendu ça m’est arrivé, dans ce cas, tentez une mise à jour de vos drivers, ça peut toujours servir. Moi de mon coté suite à cette mésaventure, je l’ai installé sur mon PC fixe.

 

Passons à l’interface d’accueil, comme souvent dans les betas, l’interface de connexion et de sélection des personnages est ce qui peut changer au dernier moment, donc on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise. Cela étant, l’interface actuelle fait un peu bâclée au vu des moyens que peut déployer une société comme Blizzard, même le petit feu de camp de Diablo 2 avec les 5 (ou 7) personnages faisait plus travaillé que ce qu’on a là. En résumé, sur la gauche on sélectionne la classe et le sexe de son personnage et au centre on a le résultat qui s’affiche, du très classique en somme.

Cela étant, l’ensemble est tout de même cohérent et ne souffre pas de défauts si ce n’est que les personnages de plein pied sont franchement peu travaillé pour un jeu récent. Guild Wars sorti en 2005 faisait mieux que ça, on aurait aimé plus de détails à l’heure où les résolutions de type 1080p sont la norme.

 

Depuis l’interface d’accueil on peut également ouvrir l’hôtel des ventes qui nous fait comprendre que l’or porté par les persos ne sera donc pas propre à chacun, mais bien global au compte. Un peu dommage pour les gens qui veulent démarrer un niveau 1 sans bénéficier des ressources nettement plus conséquentes d’éventuels autres personnages. L’hôtel des ventes en lui même est bien foutu, un moteur de recherche étendu, des filtres qui ne marchent pas vraiment bien, mais cela sera sûrement corrigé d’ici la sortie et dans un menu dédié, la possibilité de ne pas payer en pièces d’or mais en « Beta Coin ». On se doute qu’une fois le jeu sortie, on verra à cet endroit l’achat des armes et armures en espèces sonnantes et trébuchantes.

 

Autre nouveauté positive dans l’interface d’accueil en opposition avec les autres Diablos, c’est ici que l’on choisit la quête dans laquelle on va se lancer. De ce fait, on peut être d’un niveau élevé et pourtant générer un monde qui concerne la toute première quête du jeu. Fini donc les parties où l’on se rend compte après coup que l’on ne peut pas finir sa quête parce que le créateur de la partie l’avait déjà bouclé comme c’était le cas dans Diablo2. D’ailleurs, pour rejoindre une partie, on sélectionne la quête que l’on veut faire dans l’interface pour jouer avec d’autres joueurs et on est parachuté dans une partie qui correspond à notre demande. Plus besoin donc de chercher une partie de type « Meph Run Fast 01 » si l’on veut se farcir le seigneur de la haine (à la condition qu’il soit présent dans Diablo 3), sélectionner la quête en question suffira à trouver d’autres joueurs souhaitant réaliser la même chose.

 

Le jeu maintenant, l’interface en elle même est épurée, on retrouve très vite ses repères, la boule de vie à gauche, la mana ou son équivalent à droite. Les potions sont désormais réparties sur une seule case du fait d’un cooldown conséquent dessus, fini les personnages accrocs à la potion, désormais on pourra en boire une toutes les 30 secondes, grand maximum. Les aptitudes ont désormais leur place dans l’interface, ce qui est non sans rappeler les MMORPG récents, mais ce n’est franchement pas un mal.

 

L’inventaire a été simplifié par rapport aux autres Diablos, on n’aura pas l’occasion de faire du Tetris avec ses objets, ces derniers prennent désormais entre une et deux cases, on peut donc en ramasser bien plus qu’avant, tant mieux.

Concernant l’équipement du personnage maintenant, à ma grande surprise, il y a plus de pièces d’équipements que dans les opus précédents, on a désormais droit à un pantalon ainsi qu’à des épaulettes et des brassards! La gestion des pièces d’armures n’a donc pas été simplifiée, mais face à un jeu qui compte sur ses joueurs pour dépenser des euros dans le but d’habiller leurs idoles virtuelles, ce n’est finalement pas si étonnant.

Pour finir, la page dédiée aux aptitudes est par contre plutôt une mauvaise surprise, il y a 6 types d’aptitudes qui se débloquent au fil des niveaux et l’on peut choisir ce que l’on veut, quand on veut. (Il faut simplement attendre la fin d’un cooldown de 15 secondes environ entre chaque modification).

Alors certes, cela permet de changer ses sorts en fonction des situations, mais on perd complètement le principe du « build » cher à Diablo 2, où l’on prévoyait à l’avance le destin de son personnage au moment de l’allocation des points de compétences.

Fini également les points d’attributs qui avaient fait le succès des deux premiers épisodes, désormais quand on prend un niveau les points sont attribués automatiquement.

Blizzard a du estimer qu’en 2012, les joueurs étaient désormais trop bêtes pour arriver à distribuer correctement 5 points d’attributs sur les 4 attributs possibles (Force, Dextérité, Vitalité et Énergie pour rappel).

A titre personnel, je trouvais la partie répartition des attributs et des aptitudes un des moments les plus agréables de Diablo2, du fait que l’on devait réfléchir un peu sur le futur de son personnage à chaque passage de niveau. (Et pour les plus maniaques, dont je faisais partie, calculer au point près comment il fallait répartir ses précieux points à bas niveau pour ne pas en avoir gâché n’en serait-ce que 1 au niveau 90 et plus).

 

Bref, il semblerait que la partie de réflexion qui demeurait dans Diablo 2 ait été mise dehors à grand coup de pied dans le derrière pour être remplacée par du plaisir instantané sans grande difficulté, comme pour la majorité des jeux récents malheureusement.

 

Toutefois, une fois les premières quêtes commencées et la déception passée face à ces changements, on se dit quand même que Blizzard a bien travaillé. Les graphismes de type aquarelle sont magnifiques, le style est un renouveau par rapports au deux autres volets et se prête parfaitement au thème du jeu. On sentirait presque les nappes de brouillard sortir de notre écran en se baladant dans les divers cimetières. La bande son est au top, comme dans presque tous les jeux de Blizzard je serais tenté de dire, quelques équilibrages sont encore à faire sur le volume des bruits par rapport à la musique d’ambiance, mais rien de grave.

Les donjons sont par contre un peu plus décevant, on ressent un manque de polygones et le moteur graphique vieillissant mais retravaillé d’un WoW à l’œuvre.

Cela étant, la gestion des morceaux de monstres et les débris en tous genres viennent vite faire oublier ce détail. A l’image de Starcraft 2, désormais quand des éléments (monstres ou objets) sont détruits, des résidus restent au sol et tiennent compte des manifestations physiques qui ont lieu ainsi que de la gravité terrestre. Ne vous étonnez donc pas de voir un squelette tomber par dessus un bord de mur après que vous lui ayez éclaté la tête en bonne et due forme et attendez vous à voir des morceaux de toutes sortes voler pendant les combats.

 

D’ailleurs, au sujet des combats, tous les personnages ont dès les premiers niveaux des sorts qui permettent de vous en mettre plein la vue, là où dans un Diablo2 on se sentait puissant à partir du niveau 30 environ, ici dès que l’on est niveau 6, on est déjà capable de broyer du monstre par paquet de 20 et de les éparpiller aux 4 coins de Paris en petits bouts façon puzzle. L’impression de puissance est renforcée par des monstres un peu faiblards qui n’arrivent à aucun moment à mettre à mal les joueurs, malgré le fait que les dégâts des créatures auraient été doublés récemment. N’oublions toutefois pas qu’il s’agit des premiers niveaux et que la difficulté devrait se corser considérablement par la suite (espérons le en tout cas).

Toujours au sujet des combats, l’ajout des globes de vie s’avère ici être une excellente idée, ces derniers tombent de manière aléatoire à la façon des objets lorsque l’on tue un monstre. En s’approchant d’eux ils sont instantanément consommés ce qui a pour effet de vous remplir votre bulle de vie d’environ 20%. Il suffit donc de quelques globes pour être à nouveau frais et dispo après un combat, voir même à vous garder sur pied pendant le combat. Grâce à cette invention, le rythme des combats reste très soutenu à bas niveau et les potions sont clairement ramenées au second rang, rendant leur long cooldown tout à fait justifié.

 

Petite parenthèse sur le craft maintenant, là où dans les opus précédents on avait seulement un système de paris peu rentable et un enchantement par niveau de difficulté (ainsi qu’un cube Horadrim à tout faire), cette fois dans Diablo3 on a un vrai forgeron qui nous fabrique l’objet de notre choix avec des propriétés aléatoires. Le principe est basé sur le fait que pour crafter un objet il nous faut tout d’abord recycler les objets magiques trouvés au long de vos parties. Chaque objet magique nous donne alors une espèce de poudre magique, qui sert ensuite à produire un nouvel objet, moyennant un paiement de quelques centaines de pièces d’or. Avec ce système, on se retrouve à ramasser avec frénésie tous les objets magiques du jeu, là où avant on les laissait traîner par terre du fait de leur intérêt plus que réduit. Notons que ce système basique n’est valable que pour les objets magiques, des objets rares peuvent aussi être produits à plus haut niveau, mais ils nécessitent des composants supplémentaires.

Il semblerait également que les gemmes soient présentes dans Diablo 3 comme ce fût le cas dans Diablo 2 à son époque. Bien que celles-ci ne soient pas disponibles dans le jeu pour l’instant, l’hôtel des ventes dispose bien d’une catégorie dédiée aux pierres précieuses, ce qui est plutôt un bon présage.

 

Coté Multijoueurs, il n’y a plus de canaux de discussion et lorsque vous créez une partie, par défaut celle-ci est générée pour vous et vous seul. Vous avez alors le choix d’ouvrir cette partie au public et des joueurs peuvent alors vous rejoindre. Si vous avez la chance d’avoir des amis (si si, c’est précieux un ami), vous pouvez bien entendu les inviter dans votre partie sans l’ouvrir au public, aucune chance d’avoir des personnes indésirables dans votre parties privées sous ces conditions. Notons également que l’on est désormais capable de quitter une partie en groupe et de générer une partie en groupe. Lorsque l’on effectue cette action, on voit d’ailleurs l’ensemble du groupe dans l’interface de connexion, vous en premier plan et les autres membres du groupe plus petits en arrière plan. Le multijoueur a donc bien été travaillé, seul bémol, on aurait aimé avoir une touche de PvP à la sortie sur jeu, qui, comme vous le savez tous, ne sera disponible qu’avez un patch futur.

 

Autre ajout tiré des MMORPG, les « hauts faits », désormais on a le droit a une liste longue comme le bras de joyeusetés qu’il faudra accomplir afin de débloquer des bannières et sûrement d’autres éléments décoratifs, ce qui permettra de rouler des mécaniques auprès des autres joueurs. Si la plupart sont assez simples à réaliser de façon naturelle, d’autres le sont beaucoup moins et nécessitent une lecture préalable des hauts faits, sans quoi on risquerait de finir le jeu sans jamais les accomplir. La plus value apportée au jeu est toutefois appréciable, comme dans un hack’n slash on est plutôt dans la boucherie de répétition, ajouter des hauts faits y semble plutôt adapté. Notons également l’ajout de petites « pops ups » venant vous rappeler à chaque massacre mémorable de monstres combien vous venez d’en envoyer au tapis. On se surprend rapidement à tenter de faire mieux que les fois précédentes, avec Diablo 3 l’effet bourrin est à son paroxysme et ça pour notre plus grand bonheur.

 

Coté équilibrage du jeu, après avoir monté les 5 personnages au niveau 13 je dirais que 3 d’entre eux sont de niveau de puissance similaire, à savoir le demon hunter, le moine et le sorcier. Le barbare de son coté est une brute en puissance qui nettoie bien plus vite les zones que ses autres collègues et le witch doctor ne sert pas à grand chose à part faire le malin avec ses araignées / chiens-zombis / crapeaux / chauves souris etc…

Cela se ressent relativement peu dans des parties où l’on est seul, car les monstres y ont peu de points de vie, mais une fois que l’on est dans une partie à 4, là où le barbare donne deux coups pour liquider un pack de monstres, le witch doctor a le temps d’aller se servir un café le temps que ses créatures entament la barre de vie du premier squelette. Je pense donc qu’un peu d’équilibrage est franchement nécessaire à ce niveau là.

 

Pour terminer cet article, je dirais que Blizzard a une fois de plus réussi à réinventer une de ses licences phare et que ce nouvel opus de la série des Diablo s’annonce sous de très bons jours.

La plupart des points négatifs constatés le seront probablement seulement pour les anciens joueurs de Diablo 2, les nouveaux venus y verront probablement un excellent jeu sans défaut apparent. Ce nouvel épisode tente donc clairement de satisfaire le plus grand monde, mais vu la richesse des premiers niveaux du jeu, il est plus que probable que cet objectif sera atteint.

Bref, vivement le 15 mai !

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Un commentaire sur “Diablo 3 : Premiers retours sur la beta
  1. Kysse dit :

    Merci pour l’artcile !!!
    N’ayant pas testé la béta personnellement, c’est toujours sympa d’avoir un avis comme ça !

    En tant qu’ancien joueur de D1&2, je me dois de jouer au 3. Mais j’avoue que j’ai un peu peur…le PVP qui ne sera plus présent de la manière…la disparition des build/stats…le « trade » avec un vrai troc à l’ancienne où l’échange, le dialogue avait une plus grande importance qu’aujourd’hui avec les AH qui fixe les prix et minimise les échanges entre joueurs.
    Cela en ajoutant les dimensions de jeu supérieur qu’on apporté les MMO avec WoW&Co…
    J’ai vraiment peur de me retrouver sur un jeu simple, qui freine la recherche d’optimisation et qui me semblera « pâle » face à un GW2 par exemple…